Bizarrement, je me suis aperçue que je n'avais jamais lu « La Peste », de Camus. Un livre si connu, et il m'avait échappé... Pourtant, il avait connu à la faveur du confinement de 2020, un regain d'intérêt, tout comme « Notre Dame de Paris » de Victor Hugo avait explosé les ventes de 2019 suite à l'incendie de la Cathédrale... Mais non. Même là, je ne l'avais pas ouvert.
Il a fallu les vacances de Noël et me retrouver chez mes parents (à qui j'avais « piqué » l'exemplaire plus ancien qu'ils avaient) pour que je l'ouvre enfin, ce chef-d’œuvre tant vanté ! Et bien m'en a pris, bien sûr...
Nous sommes à Oran, et le docteur Rieux est confronté à une maladie étrange que, pourtant, il reconnaît sans vouloir, au début, l'avouer : la peste. Les rats meurent d'abord par milliers, avant que la maladie s'attaquent aux habitants de la ville. Peu à peu, on suit le docteur, mais aussi divers personnages, comme le docteur Castel, ou encore le journaliste Rambert, ou Grand, Tarrou et Cottard... Tous ces personnages sont attachants et vivent l'épidémie et le confinement qui en résulte diversement. Avec plus ou moins de fortune d'ailleurs.
La lecture m'a happée, j'ai été comme envoûtée. Je ne sais pas trop comment exprimer cela. La qualité de la langue, le choix des mots, la naissance des images, les couleurs, la peur, la sueur, la fièvre... tout y est. Ce n'est pas étonnant qu'Albert Camus ait eu le prix Nobel de Littérature !
Ce qui m'a beaucoup plu, aussi, ce sont les très belles descriptions des comportements très humains de ces personnages qui font ce qu'ils peuvent dans la situation compliquée qu'ils rencontrent. L'auteur les décrit surtout avec une grande humanité, et même de la tendresse, même pour les personnages plutôt problématiques, les profiteurs, les resquilleurs, ceux qui sont ce qu'on appellerait aujourd'hui « moralement répréhensibles ».
Il est ici beaucoup – et surtout – question d'amour. De l'amour des personnages entre eux, bien sûr, avec ces relations qui se tissent entre des gens qui n'auraient finalement jamais du se croiser s'il n'y avait pas eu la peste pour les réunir. Et puis l'amour évident de l'auteur pour l'humanité.
C'est un livre magnifique. Simplement magnifique.
Paru aux éditions Gallimard (Folio), 1947. ISBN : 978-2-07-036042-0

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