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samedi 19 octobre 2024

Harry Potter, tome 7 : Harry Potter et les Reliques de la Mort, de J. K. Rowling


Harry vient d'avoir 17 ans. Ou plutôt, au moment où le dernier tome de la saga commence, il est sur le point d'avoir 17 ans. 17 ans, chez les sorciers, c'est l'âge de la majorité. C'est aussi la dernière année de formation à Poudlard et le moment où Harry devient un sorcier à part entière, où il peut faire de la magie sans avoir le Ministère de la Magie sur le dos... Sauf que les choses ont changé depuis la mort de Dumbledore.

Cette année, Harry ne retourne pas à l'école : Dumbledore, avant de mourir, lui a confié une mission qu'il doit mener en secret avec Ron et Hermione pour seule aide. Il s’agit pour eux de trouver et détruire les Horcruxes dans lesquels Voldemort a caché des morceaux de son âme.

Par ailleurs, Voldemort et les Mangemorts à sa solde ont pris le pouvoir dans le monde des sorciers. Ils se sont rendus maîtres du Ministère de la magie et c’est Severus Rogue qui a pris la direction de Pudlard. Dans le nouveau monde tel que voulu par Voldemort, les « Sangs-Purs ne sont pas inquiétés, mais les autres, en particulier les « Nés Moldus », comme Hermione, sont impitoyablement pourchassés et emprisonnés, s’ils ne sont pas tués avant. Mais les « Sang-Mêlés » et les « Sangs-Purs » comme les Weasley qui viendraient en aide aux « Nés Moldus » sont, bien sûr, considérés comme des traîtres à leur sang et subissent le même sort. Les trois jeunes sorciers sont donc contraints à la clandestinités, pour pouvoir mener à bien leur quête.

Plus qu’une simple collecte d’objets – et le moyen de les détruire -, cette dernière mission est aussi, et surtout, une sorte de rite de passage vers l’âge adulte pour Harry et ses deux amis. Au fil des pages, le lecteur les suit et les voit affronter de multiples épreuves qui, toutes, leur permettent de grandir. Grandir en intelligence, en courage et en sagesse, bien sûr, mais aussi apprendre et renforcer leur confiance mutuelle. Plus que tout, cette dernière mission permet à Harry de vivre et de comprendre le sens du mot « sacrifice ».

Si ce dernier tome est aussi le plus noir de la saga, il recèle des moments lumineux où Harry se révèle être, pour qui parvient un tant soit peu à lire entre les ligues, une magistrale figure christique. J. K. Rowling est de confession chrétienne, et cela se sent, c’est même particulièrement évident ici.

Je n’irai pas plus loin : je dois être l’une des dernière qui n’avait pas encore lu cette saga en entier avant ce jour. Entre les livres et les films qui en ont été tirés, l’histoire elle-même est bien connue. Au sujet des films, d’ailleurs, ils suivent, eux aussi, la progression de plus en plus noire des romans. Et, comme toute adaptation, prennent des libertés certaines avec l’œuvre originale. C’est le cas en particulier du 8e opus, qui relate la seconde moitié du tome 7, avec le combat de Poudlard. Le parti-pris du film est quelque peu différent de celui du livre, et fonctionne très bien aussi à l’écran. Le livre, tout en étant moins spectaculaire (forcément ! ), me semble malgré tout avoir une force symbolique plus grande. C’est sans doute une question d’interprétation…

En tout as, cette saga peut se lire à tout âge, même si elle est estampillée « Jeunesse ». Le jeune lecteur sera emballé par le souffle épique qui se dégage des sept volumes tandis que le lecteur plus mâture y trouvera matière à réflexion sur le don de soi, l’amour inconditionnel, la confiance et le pardon...


Paru aux éditions Gallimard Jeunesse, 2008 (Folio Junior). ISBN : 978-2-07-061537-7

lundi 29 juillet 2024

Harry Potter, tome 6 : Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, de J. K. Rowling

Ça n'aura pas échappé aux lecteurs de ce blog, je poursuis ma lecture de la saga de J. K. Rowling (enfin, me direz-vous ! Et vous aurez raison). Dans ce sixième tome des aventure de Harry, Ron et Hermione, on retrouve les trois jeunes gens, juste avant leur rentée en sixième année à l'école des sorciers de Poudlard. Mais, contrairement à ce qui se passe d'habitude, cette année, c'est Dumbledore lui-même, directeur de Poudlard, qui vient chercher Harry chez les Dursley. Il a une mission à lui confier, mission que Harry réussit sans vraiment s'en rendre compte, et sans réellement comprendre ni comment, ni pourquoi d'ailleurs.

Par la suite, Dumbledore décide de lui donner des cours particuliers dans son bureau, cours qui se répèteront à intervalles plus ou moins réguliers, au gré des absences et des retours du directeur dans l'enceinte du château. Il faut dire que la situation à Poudlard s'est sérieusement détériorée à l'école des sorciers depuis la fin de l'année scolaire précédente et le combat qui a eu lieu au Ministère de la Magie entre Dumbledore et Lord Voldemort, en présence de Harry. Bref, la situation est compliquée, les élèves sont susceptibles d'être en danger, au point que certains parents prennent la décision de retirer leurs enfants de l'école...

Harry et ses amis Hermione et Ron commencent donc leur avant-dernière année à Poudlard avec certaines menaces pesant sur eux et sur les autres élèves. Menace diffuse mais bien réelle, quand une élève est victime d'un sortilège qui la mènera à passer le plus clair de l'année à l'hôpital Ste Mangouste, un hôpital spécialisé dans le traitement des maladies et atteintes magiques. Dumbledore, bien qu'absent assez régulièrement de l'école, n'est pas en reste concernant les mystères qui émaillent la vie à Poudlard et, pour la première fois depuis son entrée à l'école, il commence à transmettre Harry son savoir et lui donne d'étranges cours qui ont tous pour objet de le plonger dans le passé de Tom Jedusor, ancien élève de l'école lui aussi, plus connu sous le nom qu'il s'est choisi, celui de Voldemort.

Mais le danger ne vient pas que de lui : un ennemi intérieur, installé dans le château, prépare en secret une action dont le lecteur n’apprendra que dans les dernières pages quel en est l’objet. Harry a tôt fait de démasquer le coupable et soupçonne certaines complicités…

Ce sixième tome s’inscrit bien plus dans la suite du précédent que ne le faisaient les premiers. On pouvait presque les lire indépendamment, mais là, il s’agit d’une suite qui monte crescendo dans la noirceur. L’intrigue se « corse », les plans des « amis » (ou plutôt des alliés) de Voldemort se précisent et le filet se resserre autour des sorciers du « camp du bien ».

J’ai été captivée par la lecture de ce volume. La lecture est facile, malgré les mots inventés par l’auteur pour désigner certaines réalités du monde des sorciers. C’est vrai qu’au bout de 6 tomes, il faudrait être idiot pour ne pas comprendre ce langage ! Certaines longueurs sont toutefois un peu pénibles mais avec le recul, elles servent le récit plutôt bien. On aimerait juste en savoir un peu plus plus rapidement : la personnalité du « Prince de Sang-Mêlé », par exemple, arrive vraiment très tardivement dans le récit, au point de m’avoir donné l’impression d’être tombée comme un cheveu sur la soupe, une révélation faite en passant, comme ça, l’air de rien…

Un bon « cru » malgré tout, qui a le mérite de mettre en place tous les éléments de l’intrigue du dernier volume de la saga, que je vais m’empresser de lire (mais pas tout de suite : un autre roman, pour adultes, cette fois, est en cours et semble prometteur!)


Paru aux éditions Gallimard Jeunesse (Folio Junior), 2007. ISBN : 978-2-07-061241-3.

samedi 22 juin 2024

Harry Potter, tome 5 : Harry Potter et l'Ordre du Phénix, de J. K. Rowling



Harry Potter va commencer, avec Ron et Hermione, sa cinquième année à Poudlard. La rentrée s’annonce compliquée : Voldemort est de retour, Harry est en danger (et surveillé de très près pour cette raison, tant par ceux qui veulent son bien que par ceux qui lui veulent du mal d’ailleurs). Ron et Hermione ont appris qu’ils se verraient confier la mission de préfet de leur maison de Gryffondor. Mais dès avant d’arriver à l’école, les choses se gâtent : durant les vacances d’été, Harry et Dudley, son cousin, sont attaqués par des détraqueurs et Harry est contraint d’utiliser la magie pour les faire reculer et ainsi sauver la vie de son cousin. Cet acte de bravoure a des conséquences importantes pour Harry, qui connaît les règles concernant l’utilisation de la magie dans le monde des Moldus : un rappel à la loi pour la première utilisation et ensuite, l’expulsion pure et simple de Poudlard…

J’ai poursuivi avec beaucoup de plaisir la lecture de cette saga qui a déjà plus de vingt ans ! J’avoue qu’avoir vu les films, il y a quelques mois maintenant, m’a incitée à lire les romans : je m’étais arrêtée aux deux premiers volumes. D’habitude, c’est plutôt l’inverse qui se produit : je découvre au cinéma l’adaptation d’un livre que j’ai bien aimé… C’était déjà le cas pour « Le Seigneur des Anneaux », par exemple, ou pour les séries et films dérivés des écrits d’Agatha Christie ou de Sir Arthur Conan Doyle.

Globalement, ce livre-ci est plus long que les précédents, plus « noir » aussi, tant dans son intrigue que dans l’ambiance qui règne à Poudlard. L’auteur développe les relations entre les personnages, et l’on en apprend davantage en particulier sur Rogue et ses relations avec les parents d’Harry, James Potter et Lily Evans. On ignore toujours le rôle exact que joue Rogue dans la lutte entre le camp du bien (celui de Dumbledore, en fait) et celui du mal (Voldemort, Lucius Malefoy et la « petite nouvelle » de cette nouvelle année : Dolores Ombrage, professeur de lutte contre les forces du mal et Grande Inquisitrice, une nouvelle fonction à Poudlard, créée spécialement pour elle d’ailleurs). D’autres personnages se révèlent être plus drôles et caustiques que ce qu’ils laissaient paraître dans les précédents volumes, et à ce titre, on retrouve avec joie les professeurs McGonagall et Flitwick.

En définitive, ce roman jeunesse est fidèle à sa réputation : bien écrit, avec une intrigue très bien construite et différents niveaux de lecture qui en font un livre – comme les autres de la série d’ailleurs – que l’on peut lire à tout âge.


Paru aux éditions Gallimard Jeunesse, 2003. ISBN : 2-07-055685-9.

lundi 8 avril 2024

Harry Potter, tome 4 : Harry Potter et la coupe de feu, de J. K. Rowling


Harry Potter entame sa quatrième année à Poudlard, mais le déroulement de celle-ci sera bien particulier : Tout commence par la coupe du monde de Quidditch, à laquelle Harry peut assister grâce à la bienveillance de la famille Weasley. Il y rencontre nombre de personnes qui auront une grande importance durant cette année scolaire un peu particulière : le Ministre de la Magie, M. Croupton, Krum, l’elfe Winky… Tout ce petit monde se retrouve peu ou prou mêlé à la vie de Pourdlard, par la « magie » (sans mauvais jeu de mots) du Tournoi des Trois Sorciers, qui voit s’affronter un élève de chacune des écoles de sorcellerie. Seulement voilà, ce ne sont pas trois, mais bien quatre sorciers qui devront s’affronter : le nom de Harry a été déposé dans la Coupe de Feu… et pas par Harry lui-même !

Ce roman se trouve pile au milieu de la saga écrite par J. K. Rowling. C’est toujours aussi bien écrit (et aussi bien traduit d’ailleurs), avec un nombre plus conséquent de pages. On sent que la saga gagne en intensité, en force aussi, même si cela reste de la littérature jeunesse (et c’est très bien comme ça!). Globalement, l’intrigue est fort bien menée, bourrée de rebondissements, de fausses pistes, et les ressorts mis en place durant les trois premiers volumes commencent à faire sens. L’intrigue avance et gagne en tension dramatique. En noirceur également. Il y aurait des milliers de choses à dire sur les symboles utilisés, les rappels et renvois à la fois du côté des mythologies et des religions, en particulier chrétienne. Mais d’autres l’ont fait bien mieux que moi, alors je m’abstiendrai, d’autant plus que tout est très facilement accessible sur Internet. Il suffit de chercher un peu.

Reste le plaisir de la lecture : un des critères en ce qui me concerne, c’est la capacité d’un livre à me « scotcher », c’est-à-dire à captiver mon attention pendant la lecture. J’ai longtemps été très dubitative concernant la saga Harry Potter : je ne voulais pas rentrer dans la déferlante pour ne pas subir l’effet de mode. Mais je dois avouer que je me prends au jeu : l’une de mes prochaines lectures (mais j’en ai d’autres plus urgentes sur le feu) sera bien sûr le tome 5 de la saga...

Paru aux éditions Gallimard Jeunesse, 2001 (Folio Junior). - ISBN : 2-07-054351-X

lundi 11 septembre 2023

Harry Potter, tome 3 : Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, de J. K. Rowling



Troisième volet des aventures d’Harry Potter, le célébrissime magicien qu’on ne présente plus. Je reprends la lecture de cette saga, environ dix ans après avoir lu les deux premiers volumes. C’est que pendant tout ce temps, je n’ai pas pris du tout le temps de le faire. Trop de travail, quatre enfants… bref, pas le temps de chercher ces livres, d’autant plus que je n’avais pas à l’époque les moyens d’investir dans des ouvrages pour enfants qui n’intéressaient pas les miens. De plus, le succès aidant, les romans avaient pris beaucoup de valeur dans leurs éditions récentes. Et j’avais bien d’autres urgences financières à cette époque !

Seulement voilà, ma dernière fille (celle qui est née et que j’allaitais au moment où j’ai lu les tomes 1 et 2 de la saga) m’a demandé les livres pour son dixième anniversaire. Excellente occasion donc pour lire enfin la suite !

Que dit ce livre ? Harry Potter entre en troisième année à Poudlard, et il est immédiatement mis en garde par le ministre de la magie himself contre Sirius Black, un dangereux criminel qui s’est échappé de la forteresse d’Azkaban. A priori à l’abri à Poudlard, grâce aux défenses magiques qui l’entourent et à la présence des Détraqueurs dépêchés sur place par le Ministère pour y traquer Syrius, Harry fait la connaissance du Professeur Lupin, le nouveau professeur de Défense contre les forces du mal qui va l’aider durant cette année de cours. Année qui révèle d’ailleurs à Harry nombre de réalités sur son passé et celui de sa famille. Car, bien sûr, les choses ne sont pas aussi simples qu’il y paraît !

J’ai beau être adulte depuis un certain nombre d’années, lire enfin ces livres (oui, j’ai relu les tomes un et deux pendant les vacances, après avoir vu les huit longs métrages!) me fait du bien. Je n’ai pas terminé, loin de là, puisqu’il me reste à découvrir, à l’heure où j’écris ces lignes, les quatre volumes suivants. Mais j’avoue qu’avoir ce genre de lecture détend bien et permet une évasion bienvenue quand le quotidien est compliqué (ce qui est quasiment inévitable dans une vie d’adulte!). Donc c’est bien écrit (et bien traduit!), captivant même si c’est une lecture facile. Une bonne saga, une bonne histoire, efficace et prenante, avec des héros attachants et une intrigue plus complexe qu’il y paraît au premier abord… tous les ingrédients sont réunis pour un bon moment de lecture… sans prise de tête !


Paru aux éditions Gallimard Jeunesse (Folio Junior), 1999. ISBN : 2-07-052818-9.

lundi 23 septembre 2013

Harry Potter, tome 1 : Harry Potter à l'école des sorciers, de J. K. Rowling


J'ai enfin ouvert Harry Potter. Oui. Depuis des années, ce livre, ainsi que le second tome de la série, trônent sur mes étagères sans que je daigne y jeter un œil. Probablement avais-je peur d'ouvrir la boîte de Pandore ? De devenir accro ? De faire comme les millions de fans à travers le monde qui faisaient un sitt-in devant la librairie à chacune des sorties des nouveaux volumes, ou qui faisaient la queue toute la nuit devant le cinéma pour assister à la première ? Bref. Je ne voulais sans doute pas faire comme tout le monde.
Ben j'aurais dû.
Ou plutôt, je suis bien contente d'avoir finalement ouvert ce livre et de m'y être plongée. Parce que, franchement, ça a beau être de la littérature jeunesse (et je ne suis pas toujours fan de la littérature dite « jeunesse »), je comprends parfaitement le succès de Harry Potter et de sa bande de copains sorciers au collège de Poudlard...

Je ne vous ferai pas l'affront de vous dire de quoi ça parle : je suis vraisemblablement la seule à ne pas avoir encore lu cette série (hem... non, je n'en ai pas honte : il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !). J'ai beaucoup aimé ce début de saga. Harry, le jour de son anniversaire, entre dans une nouvelle vie... un peu comme nos jeunes entrent dans l'adolescence. Le parallèle avec ma fille aînée me fait rire : elle est, elle aussi, entrée au collège en ce mois de septembre. Un collège bien moins étonnant, enthousiasmant, que celui de Harry, mais pas moins étrange pour elle, fraîche émoulue de l'école primaire.
Bref, vous l'aurez deviné : j'ai littéralement accroché. Ca y est, je suis bel et bien devenue accro. À tel point que j'ai dévoré le tome 2 dans la foulée, et que je vais m'empresser d'emprunter à une amie la suite de la saga, histoire de savoir ce qui arrive à Harry et à ses amis (parce que, dans le fin fond de ma petite cervelle, je n'ai jamais voulu connaître l'histoire. J'ai donc résisté aux films et à leurs rediffusions télés pour ceux qui sont déjà passé à la télé, mais aussi à toutes lectures concernant de près ou de loin Harry Potter. J'ai donc un oeil presque neuf, et pour le coup dégagé de toute actualité susceptible de parasiter ma lecture. Une bonne manière, à mon sens, de découvrir un livre (d'où, et vous m'en excuserez j'espère, le décallage actuel entre mes lectures et l'actualité littéraire... pour laquelle on repassera, ce que démontreront les prochains billets !).

Paru aux éditions Gallimard-Jeunesse (Folio Junior), 1998. ISBN : 2-07-051842-6.

Harry Potter, tome 2 : Harry Potter et la chambre des secrets, de J. K. Rowling


Ce deuxième tome de la saga Harry Potter prend la suite directe du premier (logique, jusque-là, me direz-vous), et l'histoire commence là où s'était arrêté le tome 1 : Harry est en vacances après sa première année à Poudlard. On retrouve Harry chez les Dursley, ses oncle et tante qui l'élèvent depuis la mort de ses parents, et Harry a hâte de les quitter pour retourner au collège, tant ses vacances sont un calvaire. Ca se gâte encore le jour de son anniversaire, bien sûr, et Harry fait bientôt la connaissance de Dobby, un elfe de maison, qui tente de le sauver d'un danger dont on ne sait rien au début de l'histoire. Mais son intervention sera à l'origine de bien des problèmes pour Harry, problèmes qui mettront toute l'année scolaire pour être résolus et vont entraîner Harry et ses amis dans une sombre enquête liée à l'histoire de son collège.

Ce tome deux est tout aussi addictif que le premier ! On en apprend davantage sur Harry, sur le directeur Dumbledore (qui tient là un rôle bien plus actif que dans le tome 1), sur Ron et Hermione aussi, qui ont une place bien plus importante que dans le premier et, surtout, sur Voldemort, le sorcier qui a tué les parents de Harry.

J'ai particulièrement aimé (mais ça, je le savais déjà), le fait que Harry et ses amis « grandissent » à chaque tome. Harry a maintenant 12 ans, il entre en plein dans l'adolescence, et s'il est toujours tourné vers le bien, il repousse encore davantage les limites qui lui sont imposées par ses professeurs pour mener son enquête au bout.
À la lecture de ce deuxième opus, je me dis que, finalement, ce collège Poudlard est sans doute une métaphore pour parler de l'éveil et de l'éducation de nos enfants, pour évoquer le fait qu'ils grandissent, qu'ils ont besoin de plus en plus d'autonomie, mais aussi d'interdits pour grandir sereinement et droits. Ils ont besoin d'une autorité contre laquelle se dresser pour l'éprouver et l'assurer... En fait, nos enfants ont besoin d'un cadre pour « pousser droits ». C'est juste le principe de base de l'éducation qui est repris ici, et c'est sans doute là qu'il faut chercher le succès immense de cette saga... Vite, la suite !!!

Paru aux éditions Gallimard-Jeunesse (Folio Junior), 1999. ISBN : 2-07-052455-8.

vendredi 21 octobre 2011

Mon bel oranger, de José Mauro de Vasconcelos



Zézé est un petit garçon de 5 ans, très doué. Sans jamais avoir été à l'école, il sait déjà lire, et il est curieux de tout, des mots en particulier, qu'il demande à son oncle Edmundo de lui expliquer, même les plus compliqués. Il est très vivant, débrouillard, espiègle... il a 5 ans, et c'est un petit diablotin qui ne tient pas en place. Il est l'avant-dernier d'une fratrie nombreuse, où chacun prend en charge un plus petit que soi. Il est donc aidé particulièrement par Totoca, son grand frère, qui lui apprend beaucoup de choses, mais se sert aussi de lui quand ça l'arrange, et par Gloria, sa sœur de quinze ans, qui l'aime beaucoup et est la seule de la famille à ne pas le battre quand il fait des bêtises. Et il en fait souvent !
Son père au chômage, la famille doit déménager parce qu'ils n'ont plus les moyens de payer le loyer. Ils arrivent dans une nouvelle maison, juste après Noël, et Zézé, dont l'imagination est très fertile, se prend d'amitié pour un petit pied d'oranges douces, à qui il donne un nom, à qui il parle, et qui lui répond. Zézé va enfin à l'école, où de nouvelles découvertes l'attendent, et au cours de cette année, il apprend aussi la tendresse et l'amitié auprès du Portugâ, un homme du village. Un drame va alors faire découvrir au petit garçon toute l'étendue de la douleur, de la souffrance humaine.

J'ai découvert ce roman il y a quelques jours par l'intermédiaire d'une amie qui le relit régulièrement, tant ce livre l'a marquée. J'y ai trouvé beaucoup de choses intéressantes, outre le fait que c'est très bien écrit : l'histoire d'un petit garçon vif et intelligent, la description sans pathos de la pauvreté, de la vie de famille quand elle est difficile, voire impossible, l'ambiance villageoise, la débrouillardise des gamins... Mais au-delà de la peinture sociale, ce qui est intéressant ici, c'est bien l'extraordinaire imagination de cet enfant, sa capacité à transformer le réel. Sa relation avec son petit frère, Luis, est à ce titre particulièrement bien campée. On y voit non plus le petit diable qui passe son temps à faire des tours pendables aux voisins, mais un gentil garçon très attentif à ce petit frère, très tendre, et véritablement ébahi par les capacités que ce tout petit garçon a déjà, son intelligence, sa capacité à parler... Il y a aussi sa relation particulière avec Minguinho, son pied d'oranger, qui prend une place importante, et qui est finalement une sorte de symbole de l'enfance magique qu'il vit. Cette relation va se transformer radicalement au moment du drame, révélant alors la nouvelle maturité de l'enfant. C'est donc un très beau conte initiatique qui nous est donné ici.

A partir de 11 ans.

Traduit du Brésilien par Alice Raillard.
Paru aux éditions LGF (Le livre de poche Jeunesse), 1986. ISBN : 978-2-253-02333-3
Réédition 2007. ISBN : 978-2-013-22415-4

mardi 12 juillet 2011

Un bleu si bleu, de Jean-François Dumont


C'est l'histoire d'un petit garçon un peu étrange, un rien bizarre. Il dessine, il peint. Et un jour, en rêve, il voit un beau bleu, un bleu si bleu et si beau qu'il ne peut s'empêcher, le matin venu, de partir à sa recherche. Il commence alors un très long voyage, une grande quête de ce beau bleu.
Voilà une très belle histoire de couleur, de musique, une histoire sur la beauté, l'amour... Le graphisme est très doux, riche et nuancé, la couleur, ou plutôt les diverses nuances de bleu sont omniprésentes sans pour autant surcharger le dessin, si bien que le lecteur glisse de la réalité, du plausible, au rêve, sans même s'en rendre compte. J'ai beaucoup aimé cet aspect, d'ailleurs, parce qu'il traduit très bien, pour moi, l'univers enfantin. Jusqu'à un certain âge, en effet, les enfants ne voient aucune objection, dans les livres, et même parfois dans la réalité, à ce que l'irréel, l'imaginaire fasse irruption dans la réalité, dans le quotidien. Et ce trait spécifique à l'enfance est, je crois, une des explications de toute cette poésie que l'on retrouve dans leurs mots d'enfants, dans ce qu'ils perçoivent du monde qui les entoure et des événements qu'ils vivent. Ce livre est un peu écrit de la même manière, et j'ai trouvé cet aspect vraiment intéressant !
Un beau livre pour les enfants poètes, rêveurs et sensibles, autour de 7 ans.
Un grand merci à mon libraire préféré, pour ses bons et avisés conseils !

Paru aux éditions Flammarion (Les Albums du Père Castor), 2003. ISBN : 978-2-08162063-6.

mardi 21 juin 2011

L'incroyable exploit d'Elinor, de Tami Lewis Brown et François Roca


A six ans, Elinor Smith découvre les avions, mais aussi la liberté et le plaisir de voler. Elle n'aura de cesse, par la suite, d'apprendre à piloter. A 16 ans, elle obtient son brevet, et devient donc, en août 1928, le plus jeune pilote des Etats-Unis. Mais, dans la mentalité de l'époque, l'aviation et la mécanique sont des affaires d'hommes : Elinor n'y a donc pas sa place. Portée par son rêve, elle se lance le défi de passer sous les quatre ponts de la ville de New York. Et montrer de quoi les filles sont capables.

Ce livre, basé sur une histoire vraie et magnifiquement illustré, est une ode à la liberté, à la femme, aussi. Elinor, soutenue par ses parents qui savent que les rêves peuvent emmener très loin, a montré pendant toute sa vie qu'il est fondamental, pour vivre pleinement, de ne pas renoncer à ses rêves, à ses passions. Cette grande dame a par la suite relevé d'autres défis, jusqu'à un âge très avancé, prouvant ainsi que les limites à ce que l'on peut faire sont souvent celles que l'on se donne ou qui nous sont imposées, et qu'il vaut mieux continuer à se battre avec courage pour faire exister ses rêves et ses passions que d'y renoncer parce que d'autres auront décidé que ce n'était pas pour nous... C'est une belle leçon et un joli livre que l'on devrait mettre entre les mains de toutes les petites filles, pour qu'elles apprennent que l'on peut toujours oser, et surtout que l'on peut vivre la vie que l'on souhaite vivre.

Paru aux éditions Albin Michel Jeunesse, 2011. ISBN : 978-2-226-20865-1

mercredi 8 juin 2011

Comme une envie de voler, de Thierry Dedieu


Le titre exact et complet est Comme une envie de voler : Carnet de curiosités de Magnus Philodophe Pépin. Et c'est tout de suite beaucoup plus parlant. Parce que ce bel album se présente comme une sorte d'encyclopédie, avec croquis, figures et autres plans à l'appui. C'est joliment illustré et poétique à souhait !
J'ai acheté ce livre comme cadeau d'anniversaire pour un copain de mon petit garçon de 7 ans et je commence à me dire que j'aurais du acheter les deux exemplaires qu'il y avait sur le rayonnage de la librairie. Parce que cet album illustré est une vraie belle découverte !
Magnus Philodolphe Pépin est un tout petit être non identifié, accompagné d'un grillon, doté d'une curiosité infinie. Un jour, en observant une coccinelle, il décide de voler. D'essais malheureux en chutes vertigineuses, il décide de fabriquer une machine en prenant la nature pour modèle.
C'est drôle, plein de jolis dessins, de croquis, de plans... C'est aussi un livre rempli de poésie, de tendresse... l'histoire est plutôt simple mais efficace et l'ingéniosité de Magnus ne connaît pas de bornes.
Un livre à mettre très vite entre les mains des enfants rêveurs, curieux de tout, qui comprendront bien assez tôt que le rêve d'Icare a beau être difficile à réaliser, il n'interdit pour autant pas de regarder vers le ciel.

Paru aux éditions Petite plume de carotte, 2011. ISBN : 978-2-36154-013-5

dimanche 30 janvier 2011

Mais où est mon pantalon ? de Aurélie Vaissier et Tony Rochon


Les éditions Loustik ont sorti ce petit livre pour enfants au milieu de l'année 2010, et je l'ai reçu début janvier, pour un partenariat avec l'éditeur et BOB. Nous étions encore près de Noël, et j'étais enthousiaste à l'idée de découvrir un nouvel éditeur, de nouveaux auteurs pour enfants, et une nouvelle histoire à raconter aux miens.
Ben... Je leur laisse d'abord la parole, parce qu'ils ont dit très simplement ce que j'ai aussi pensé plus confusément (les enfants sont formidables... !).

Noémi, 8 ans, n'a d'abord pas osé me dire clairement ce qu'elle en pensait, de peur sans doute de dire du mal ou de me blesser. J'ai du lui expliquer pourquoi je lui demandais son avis sur ce livre, et à quoi ça allait servir. Alors elle m'a tout lâché en bloc :
« J'aime bien le lutin dans la botte du Père Noël [première double-page du livre], mais le livre ne me plaît pas trop : je n'aime pas trop le visage de la Mère Noël. En fait, je n'aime pas trop les dessins. Et je ne comprends pas trop pourquoi la fée des Neiges emporte la chemise de nuit de la Mère Noël. Je ne trouve pas l'histoire drôle, je ne l'aime pas. Et puis j'aime pas les rennes : on dirait des vaches ! »
Verdict sans appel.

Rébecca, 4 ans, a été beaucoup plus concise : « Moi, j'aime le caleçon du Père Noël, il est drôle ! Et j'aime bien quand il a des tâches sur son pantalon bleu. L'histoire n'est pas drôle, c'est le caleçon qui est drôle !! »
Soit. Au moins, c'est clair.

Nathanaël, 6 ans, est sans doute le plus secret de mes trois enfants. Et le livre s'adresse plus à son âge, donc son avis était très attendu : Après un échec sur mes filles plus jeune et plus âgée, le livre peut-il toucher un enfant de la tranche d'âge pour laquelle il a été conçu ?
« Moi, j'aime bien parce qu'à la fin, c'est Mère Noël qui perd sa chemise de nuit. Mais je n'aime pas les dessins et je n'aime pas trop l'histoire. J'aime bien quand on voit le caleçon du Père Noël, les tâches sur son pantalon bleu et l'image du Père Noël qui réfléchit sur le toit. L'histoire est un peu drôle quand la Mère Noël se moque du Père Noël. »

Globalement, donc, c'est pas vraiment l'extase du côté des enfants. Et la maman ???
Ben... la maman n'a pas du tout aimé. Globalement, je trouve les dessins assez durs, les visages sont étranges, manquent de douceur, de rondeur, d'un je ne sais quoi qui aurait pu toucher les enfants. Le fait de voir les traits de construction autour des personnages participe peut-être à cette impression de « vite-fait, mal fait » ?
Au niveau de l'histoire elle-même, j'ai du mal à la trouver drôle, en effet, alors que c'est visiblement ce qui est recherché. Ca aurait pu être plus fin, plus drôle, oui, mais il manque quelque chose, ou plutôt il y a trop de choses. Le texte est un peu trop long, mélangeant allègrement narration et dialogues, voire coupant la phrase de dialogue par une parenthèse narrative qui coupe l'effet. Le texte est trop long, donc, et quelque peu répétitif sans entrer dans le comique de répétition, justement, qui aurait justifié cet artifice. Un loupé aussi, donc, côté humour. Je trouve les phrases un peu compliquées pour des enfants de cet âge-là, qui donnent aussi l'impression d'auteurs pour jeunes s'adressant à des enfants, n'ayant pas forcément l'habitude de ce public particulier de 6 ans. Graphiquement et au niveau de la mise en page, il y a une volonté de mélanger les genres, alliant le classique album pour enfants à la bande dessinée. Du coup, on est ici entre deux genres, et en tout cas pour mes enfants, ça n'a pas plu.
Enfin, la dernière double-page avec la Mère Noël est tombée totalement à plat avec mes enfants, qui n'ont pas du tout vu l'aspect comique visiblement recherché.

Finalement, la seule chose qu'ils ont bien aimée, c'est la recherche des lutins dans les pages du livre !
Une grosse déception, donc, pour mes enfants et moi !
Un grand merci tout de même à BOB et aux éditions Loustik pour le partenariat. Merci aussi aux auteurs qui ont pris le temps de dédicacer le livre à l'intention des enfants : ça en revanche, ils ont beaucoup apprécié !

Paru aux éditions Loustik, 2010. ISBN : 2-9531849-2-1