mercredi 25 février 2026

Thorgal, tome 42 : Özurr le Varègue, de Frédéric Vignaux et Yann


Thorgal et sa famille sont de retour au village viking. Et ils ne sont pas les seuls : Özurr, le frère de Gandalf-le-Fou, l'ancien chef, revient dans son village, après des années au service de l'armée Byzantine suite à son bannissement. A son retour, il doit payer le Wergild, le prix du sang pour la faute commise des années auparavant. Mais quand il découvre que Gandalf-le-Fou a été tué par Jorund-le-Taureau, il réclame le droit de venger son frère.

Nous sommes ici dans un épisode plus « calme » que les précédents : pas d'aventures au loin, pas de dieux à vaincre, mais deux combats : celui que va mener Özurr et celui qui oppose la famille de Thorgal à la « sage-femme » du village...

Une histoire un peu plus calme, donc, qui revient aux origines de la série, en quelque sorte. Ce qui n'en fait pas une histoire morne pour autant : l'intrigue avance, peu à peu, et les membres de la famille de Thorgal sont, pour certains au moins, mis à rude épreuve, avec plusieurs arcs narratifs simultanés. Un bon opus !


Paru aux éditions Le Lombard, 2024. ISBN : 978-2-8082-1293-9


mercredi 18 février 2026

Les Piliers de la Terre, tome 2 : Le Feu de Dieu, de Didier Alcante et Steven Dupré.

 


Tom le bâtisseur, Alfred et Martha ses enfants, Ellen sa nouvelle compagne et son fils Jack sont à nouveau sur les routes, en plein hiver. Les deux garçons ne s'entendent pas, ce qui ne va pas sans poser des problèmes. Mais ils arrivent finalement au prieuré de Kingsbridge où Tom espère trouver un abri et, pourquoi pas ? Un travail. Il remarque en effet très vite que l'une des tours de l'église du prieuré est en très mauvais état, et même en partie déjà effondrée. Mais le nouveau prieur de Kingsbridge, Philipp, n'a pas les moyens de faire les travaux : il ne fait qu'entretenir la ruine pour qu'elle ne s’abîme pas plus, mais n'a pas de quoi payer un artisan pour reconstruire. C'est que la gestion du prieuré, comme va s'en rendre compte Philipp, laisse à désirer et le prieur doit en premier s'attacher à y mettre un peu d'ordre.

Seulement, un incendie va rapidement changer la donne et forcer Philipp à essayer de trouver une solution pour sa communauté.

Pendant ce temps, en haut lieu, des alliances se nouent pour, comme toujours, que les grands puissent obtenir plus de terres, de pouvoir, d'argent... et Philipp découvre qu'il risque d'être, dans cette histoire, le jouet des puissants. Sauf s'il arrive à manœuvrer intelligemment.

Enfin, la jeune Aliéna et son frère Richard sont toujours prisonniers des Hamleigh. Et William n'a pas encore digéré le refus de la jeune fille de l'épouser.

C'est... épatant ! Comme le premier épisode, c'est beau, bien mené... et c'est un vrai exploit en soit que les auteurs parviennent à mettre en cases un roman aussi dense que celui de Ken Follett. Je ne sais pas combien de tomes sont prévus, mais je suis fan de la série !


Paru aux éditions Glénat et Robert Laffont, 2024. ISBN : 978-2-344-05940-1.

mercredi 11 février 2026

Alix, tome 6 : Les Légions perdues, de Jacques Martin


Une nuit d'orage étouffante, à Rome, Alix se réveille brusquement. Alors qu'il observe l'orage, il aperçoit un homme qui tente d'échapper à des soldats en se sauvant par les toits. L'homme est agile mais les soldats le rattrapent, l'obligeant à les affronter à l'épée. Au cours du combat, il tombe et disparaît. Alix et son serviteur partent à sa recherche mais ne peuvent trouver son corps. Ils apprennent rapidement que cet homme, Agérix, est un esclave gaulois qu'il a été vendu à un organisateur de combats de gladiateurs pour avoir tenté de s'échapper. Alix tente de le racheter, car cet homme a crié son nom lors de sa tentative d'escapade sur les toits.

Alix ira jusque dans l'arène pour sauver cet homme, qui lui révèle alors qu'un complot a été ourdi contre César par Pompée. Et le maître d'Agérix, Garofula, est un des rouages de ce complot.

Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue, qui va mener Alix sur les routes avec plusieurs compagnons, dont certains sont plutôt surprenants ! On est là dans les débuts des albums de la série Alix, Jacques Martin est encore seul à la manœuvre et ça se voit. Le style narratif, le dessin, les cartouches dans les cases pour décrire les scènes... C'est un peu comme si on était encore dans la phase transitoire entre les deux époques de la bande dessinée franco-belge... Bref, c'est une bonne bande dessinée, avec une action qui ne s'arrête qu'à la dernière case, et ça fait du bien de revenir aux fondamentaux !

Pour ceux qui découvrent la série : amusez-vous bien en plongeant dans ce monde un peu particulier de l'empire romain d'occident...


Paru aux éditions Casterman, 1965. ISBN : 978-2-203-31201-2.


lundi 9 février 2026

La Communication Non Violente à l'usage de celles et ceux qui veulent changer le monde, de Nathalie Achard


D'habitude, je n'aime pas trop ces livres de psychologie qui prétendent donner des recettes pour mieux vivre en société, par exemple. Là, j'y ai été un peu obligée, parce que l'an dernier, j'ai suivi une formation à la CNV (Communication Non Violente) et j'avais acheté ce livre afin de pouvoir approfondir la question.

Et j'avoue que j'avais jugé un peu trop rapidement ce type d'ouvrages. Celui-ci est plutôt bien fait, facile et rapide à lire. Il est axé particulièrement sur « celles et ceux qui veulent changer le monde », mais en réalité, les techniques présentées sont utilisables dans le quotidien des relations interpersonnelles, que ce soit au travail, en famille, dans le cercle d'amis. On y apprend de nombreuses choses, notamment à différencier émotions et besoins, par exemple.

Le livre est construit en trois parties :

  • Les premiers pas en communication non-violente ;

  • Changer de regard, changer le monde ;

  • À la découverte de nos inépuisables ressources intérieures.

Il s'agit donc d'un parcours découverte de cette technique de communication très intéressante, puisqu'elle remet à leur juste place les émotions et leurs manifestations, les sentiments, les besoins, pour centrer ces émotions sur la personne qui les ressent, afin que cette dernière cherche à comprendre quel besoin non satisfait une émotion négative exprime, par exemple. Le but de tout cela, c'est bien entendu d'apprendre à exprimer à son interlocuteur ses émotions, inconforts, besoins... sans entrer dans l'accusation, J'ai bien apprécié cette lecture, mais je pense qu'elle mériterait une mise en pratique à plusieurs, parce que la CNV, ce n'est pas juste théorique, c'est extrêmement incarné. C'est d'ailleurs l'intérêt... D'ailleurs, le livre regorge d'exemples de situations potentiellement conflictuelles, avec les « solutions » utilisables pour éviter le conflit : comment on aurait pu formuler telle demande, telle observation... il s'agit donc, à mon avis, d'un bon outil, à condition de le maîtriser correctement et de l'utiliser à bon escient. En tout cas, c'est quelque chose à creuser.


Paru aux éditions Marabout (Poche Psy), 2020. ISBN : 978-2-501-16691-1.


lundi 26 janvier 2026

La Peste, d'Albert Camus


Bizarrement, je me suis aperçue que je n'avais jamais lu « La Peste », de Camus. Un livre si connu, et il m'avait échappé... Pourtant, il avait connu à la faveur du confinement de 2020, un regain d'intérêt, tout comme « Notre Dame de Paris » de Victor Hugo avait explosé les ventes de 2019 suite à l'incendie de la Cathédrale... Mais non. Même là, je ne l'avais pas ouvert.

Il a fallu les vacances de Noël et me retrouver chez mes parents (à qui j'avais « piqué » l'exemplaire plus ancien qu'ils avaient) pour que je l'ouvre enfin, ce chef-d’œuvre tant vanté ! Et bien m'en a pris, bien sûr...

Nous sommes à Oran, et le docteur Rieux est confronté à une maladie étrange que, pourtant, il reconnaît sans vouloir, au début, l'avouer : la peste. Les rats meurent d'abord par milliers, avant que la maladie s'attaquent aux habitants de la ville. Peu à peu, on suit le docteur, mais aussi divers personnages, comme le docteur Castel, ou encore le journaliste Rambert, ou Grand, Tarrou et Cottard... Tous ces personnages sont attachants et vivent l'épidémie et le confinement qui en résulte diversement. Avec plus ou moins de fortune d'ailleurs.

La lecture m'a happée, j'ai été comme envoûtée. Je ne sais pas trop comment exprimer cela. La qualité de la langue, le choix des mots, la naissance des images, les couleurs, la peur, la sueur, la fièvre... tout y est. Ce n'est pas étonnant qu'Albert Camus ait eu le prix Nobel de Littérature !

Ce qui m'a beaucoup plu, aussi, ce sont les très belles descriptions des comportements très humains de ces personnages qui font ce qu'ils peuvent dans la situation compliquée qu'ils rencontrent. L'auteur les décrit surtout avec une grande humanité, et même de la tendresse, même pour les personnages plutôt problématiques, les profiteurs, les resquilleurs, ceux qui sont ce qu'on appellerait aujourd'hui « moralement répréhensibles ».

Il est ici beaucoup – et surtout – question d'amour. De l'amour des personnages entre eux, bien sûr, avec ces relations qui se tissent entre des gens qui n'auraient finalement jamais du se croiser s'il n'y avait pas eu la peste pour les réunir. Et puis l'amour évident de l'auteur pour l'humanité.

C'est un livre magnifique. Simplement magnifique.


Paru aux éditions Gallimard (Folio), 1947. ISBN : 978-2-07-036042-0

lundi 19 janvier 2026

Petite Histoire de l’Église, de Francine Bay


J'ai acheté ce livre il y a quelques années, quand j'étais intervenante de religion, afin de mieux connaître l'Histoire de l’Église catholique et pouvoir répondre aux questions de mes élèves. Sauf qu'ils avaient tellement de questions et moi si peu de temps à l'époque que la lecture de ce livre a attendu, et attendu encore pendant des années.

Jusqu'à ce mois de décembre 2025, où je l'ai finalement ouvert en espérant qu'il m'aiderait à préparer mon devoir d'Histoire de l’Église au Haut Moyen-Age, dans le cadre de ma licence de théologie à la faculté de Strasbourg.

Eh ben... chou blanc !

Rien.

Nada.

Alors non, ce livre n'est pas plein de « vide ». Il retrace effectivement l'histoire de l’Église depuis les commencements (les temps apostoliques) jusqu'au pape François (mort en 2025, mais le livre étant sorti 10 ans plus tôt, l'information, bien sûr, n'y figure pas).

Alors ? Pourquoi ai-je écrit « Rien » ?

Eh bien tout simplement parce que ce livre ne m'a pas aidée vraiment. Il est bien trop peu détaillé pour donner ne serait-ce qu'une vague idée des débats, des grandes questions théologiques autres que les tartes à la crème « arianisme » et « nature divine ou humaine du Christ ». Ces problèmes sont bien abordés, mais jamais approfondis.

De plus, les termes employés sont plutôt ennuyeux : les protestants y sont traités d' « hérétiques », ce qui, du point de vue de la foi catholique, est sans doute vrai, mais qui pose quand même un problème dans un livre tel que celui-ci : on sent vraiment un parti-pris très important en faveur de l'Eglise catholique, et même plutôt en faveur de sa frange traditionnelle.

On est donc très loin, là, d'un cours d'histoire. Et c'est dommage, parce que ce livre aurait pu être une bonne entrée en matière. Mais les partis-pris sont tels que ça finit par poser problème : le dénigrement des protestants, par exemple, permet à l'auteur de passer carrément sous silence les raisons objectives qui ont fait que les protestants ont... protesté justement. Qui de la question des indulgences ? Des abus de pouvoir ? Quels étaient les points de désaccord théologiques entre catholiques et protestants ?

Dans l'autre sens, les papes catholiques sont plutôt montrés sous leur meilleur jour, et quand il est impossible de cacher les problèmes, ceux-ci semblent vraiment minimisés... alors qu'il n'y a aucune raison de cacher la réalité des faits : on est là dans un livre d'histoire, pas de propagande (enfin... normalement !)

Bref. J'ai lu rapidement ce livre (c'est son avantage : il est facile à lire!) mais je n'en retire rien, ni pour ma foi, ni pour ma culture historique personnelle.

Finalement, j'ai ouvert mon cours d'Histoire et... j'y ai appris beaucoup plus de choses !


Paru aux éditions Transmettre, 2015. ISBN : 978-2-913708-32-7.

lundi 12 janvier 2026

Le Jour des cendres, de Jean-Christophe Grangé


J’ai lu peu d’ouvrages de Jean-Christophe Grangé, finalement, et c’est uniquement par manque de temps. Parce que j’aime bien cet auteur. Alors quand je suis tombée sur ce livre, un peu par hasard, j’ai sauté sur l’occasion. Et j’en suis heureuse. Parce qu’en plus, l’intrigue se déroule en Alsace (là où j’habite!) et dans le milieu viticole (et mon mari est viticulteur…). Si en plus on considère qu’il s’agit d’un roman policier, genre littéraire que j’apprécie particulièrement, celui-ci avait vraiment tout pour me plaire. Et la promesse a été largement tenue !

Pierre Niémans et son adjointe Ivana Bogdanovic (il est alsacien d’origine et elle croate), tous deux policiers, sont envoyé de Paris pour résoudre une énigme : un homme, Samuel, a été retrouvé mort dans une chapelle dont la voûte s’est effondrée. Il n’y aurait pas grand-chose de suspect là-dedans, sans doute un banal accident, mais Samuel est membre d’une communauté d’anabaptistes et le procureur de Colmar a décidé une enquête discrète pour éloigner tout risque.

Sauf que, quand Niémans arrive, un peu après Ivana qui joue les saisonniers en ces temps de vendanges tardives, il comprend vite que rien ne va dans cette histoire. L’autopsie n’a pas été faite dans les règles de l’art et le rapport est lacunaire, la communauté est très serviable, pacifique, et vit en totale autarcie, rejetant toute violence. Un meurtrier ne peut donc pas venir de l’intérieur, mais personne de l’extérieur, pas même les saisonniers, n’auraient pu commettre le crime… Tout est donc un peu trop parfait du côté des anabaptistes et trop de détails restent inexpliqués au sujet du corps de la victime, si Samuel a bien été victime d’un meurtre.

Niémans reçoit l’aide des gendarmes locaux, dont la capitaine Stéphane Desnos, tous en bons termes, d’ailleurs, avec les membres de la communauté. Tout semble pencher vers la thèse accidentelle, sauf que cette thèse ne résiste pas une seconde à un examen un peu plus scrupuleux de la scène du crime, même souillée, et du rapport d’autopsie, même incomplet.

La galerie des personnages est riche et haute en couleurs, et Samuel n’est, finalement, que le premier d’une longue liste de morts brutales. Une enquête menée tambour battant (le temps presse : les vendanges vont bientôt se terminer et Niémans va perdre son alliée infiltrée, qui va devoir quitter la communauté), enquête qui révèle de nombreuses surprises et rebondissements. La fin paraît presque trop « simple », d’ailleurs… Mais là, tout est affaire de mobile. Et celui-ci, bien que simple, compte parmi les plus puissants qui existent. Mais chut… je ne dirai rien pour ne rien dévoiler à ceux qui n’auraient pas encore lu ce roman !

Une bonne lecture, en tout cas, divertissante à souhait !


Paru aux éditions LGF (Le Livre de Poche), 2020. ISBN : 978-2-253-07946-0.