mercredi 14 décembre 2011

Billet d'humeur

J'avais prévu de faire un billet sur la sortie de Sasmira, le tome 2, mais bon, aujourd'hui, j'ai une journée m****que, donc ce sera, une fois n'est pas coutume, un billet d'humeur qui, en plus, n'a strictement rien à voir avec la lecture (oui, mon blog, comme l'atelier, commence à ressembler à du grand n'importe quoi, je m'en excuse d'avance auprès de mes quelques lecteurs).
J'ai un blog privé, sur lequel j'aurais pu écrire tout ça, mais non, j'ai besoin que ce coup de gueule devienne public, parce que ça fait trois ans que je garde ça sur le cœur, trois ans que je ravale ma hargne, et trois ans que finalement, avec mon mari, on en arrive au clash parce que simplement certaines personnes sont incapables d'organiser correctement quelque chose.

Voici donc de quoi il s'agit.

Pour ceux qui ne le savent pas, mon mari est viticulteur bio en Alsace. Il fait d'ailleurs de l'excellent vin (et c'est un avis totalement objectif, puisque je connaissais son vin avant de le connaître, lui). La crise étant passée par là, il a fallu abandonner les pratiques anciennes, qui consistaient à attendre patiemment que le client daigne s'arrêter à l'exploitation pour goûter et acheter le vin. Il a fallu commencer à sortir, et de deux ou trois salons bios dans l'année, on est passé à plus de 20 (en gros, un week-end sur deux). Tous les ans, je demande à mon beau-frère, le gérant et comptable de l'entreprise familiale, de me donner le plus tôt possible (idéalement au mois de septembre), les dates de ces salons, pour que je puisse organiser mon emploi du temps professionnel, bien sûr, mais aussi planifier tous les engagements bénévoles que j'ai par ailleurs (notamment au niveau de la préparation au mariage, de l'animation des messes ou des veillées, ou encore envisager le catéchisme ou les bricolages de Noël avec les mamans de l'école, les activités de l'association des parents d'élèves bilingues... etc.).
Il est fondamental pour moi de connaître ces dates à l'avance, parce que je ne peux pas tout faire dans une seule journée. En particulier, il m'est impossible d'aller travailler les jours où mon mari est absent, pour la bonne raison que pour aller travailler, j'ai deux heures de transports aller-retour, et que si je dois partir après avoir conduit les enfants à l'école et rentrer avant qu'ils n'en sortent, autant ne pas aller travailler du tout, parce que cela m'oblige à tronquer mes journées (une heure le matin, et presque trois l'après-midi), et donc à aller travailler un jour de plus pour compenser.

Cette année, en octobre, nous étions à une réunion préparatoire pour un nouveau parcours de préparation au mariage, et pour planifier correctement les interventions, nous avions demandé à mon beau-frère de nous donner toutes les dates de l'année, à compter du mois de janvier et jusqu'au mois de juin. Il nous les avait données.
Seulement voilà, les organisateurs de certains salons cumulent les tares et les problèmes d'organisation. Sachez, chers blogueurs-lecteurs, que certains organismes sont capables d'envoyer des bulletins d'inscription et d'encaisser les paiements sans indiquer la date précise du salon lui-même. Et ils donnent la date... quand ils veulent ! Là, un salon qui a d'habitude lieu au début du mois de février a été déplacé en janvier, soit dans un mois et quelques jours, et ce sans aucun préavis. Évidemment, ce week-end-là, mon mari et moi sommes engagés ailleurs. Parce que bien sûr, quand on nous donne une date, nous prenons pour acquis qu'elle est exacte, et quand on repose trois fois la question à mon beau-frère en lui demandant s'il y a d'autres dates et que la réponse est toujours non, nous en concluons toujours très logiquement qu'effectivement, il n'y a pas d'autres dates à ajouter au planning.
Eh ben, chers lecteurs, abandonnez ici toute logique : quand il n'y a plus de dates à ajouter, il est possible qu'il y en ait quand même à ajouter, et quand une date est annoncée, il est possible aussi que ce ne soit pas la bonne, qu'elle change, et qu'elle soit déplacée... d'un mois ! C'est le cas pour un salon qui aurait dû avoir lieu fin février et qui est déplacé... fin mars ! Oui !

Alors je vous le demande : mon planning professionnel, prévu jusqu'à fin mars, maintenant que nous avons décidé l'ouverture du centre de ressources documentaires où je travaille le vendredi après-midi, j'en fais quoi ??? Toutes mes dates sont bouclées et programmées jusqu'au 30 mars. Elles ont été validées par la direction de l'école, et mes collègues ont changé leurs plannings pour me remplacer les semaines où je ne peux pas assurer l'ouverture le vendredi.
Sauf que là, bien sûr, il va me falloir retourner voir la direction en janvier, et renégocier mon planning parce que des imbéciles ne sont pas fichus de prévoir une date précise pour un salon qu'ils organisent eux-mêmes ???
Mais on vit dans quel monde, là ?
Et si ce week-end-là, il y avait déjà eu un autre salon ?
En plus, ces "organisateurs" se donnent le droit de demander aux participants de payer d'avance les frais du salon (en l'occurrence, il s'agit quand même de la modique somme de 1500 euros), et de garder cet argent si le participant ne peut plus venir ! Un comble, non ? (ce ne serait évidemment pas choquant si les participants avaient le droit de savoir la date dès le début, mais là, ce n'est pas le cas !).
Donc voilà, j'en ai marre, et pour plusieurs raisons :
- je mets tout en oeuvre pour que mon mari, qui est indépendant, puisse travailler et faire vivre son entreprise au mieux.
- j'organise mon emploi du temps professionnel en fonction du sien.
- à chaque fois que ce genre de choses se produit, même si je râle, ça finit toujours de la même manière : mon beau-frère fait valoir qu'ils vont perdre 1500 €, et donc je me vois dans l'obligation de tout rechanger pour m'adapter à des demandes qui relèvent d'un manque total d'organisation et de respect pour les participants de la part des organisateurs de ces salons.
- en prime, j'ai droit à un clash au niveau conjugal à chaque fois, clash que je provoque moi-même, bien sûr, parce que j'ai horreur qu'on m'impose des choses au niveau professionnel, surtout quand celui qui me les impose n'est ni mon mari, ni mon employeur, mais mon beau-frère ou un "organisateur" tellement pas organisé qu'il n'est pas fichu de savoir la date de l'événement qu'il organise un mois avant !
- et puis, après, j'ai de la colère, de la hargne, des envies de vengeance, des velléités de départ du domicile conjugal ("n'a qu'à se débrouiller tout seul après tout ! Moi, j'ai donné, ça suffit comme ça, je ne suis pas un chien ou quelqu'un dont on peut disposer à sa guise, j'ai droit aussi à un minimum de considération, zut alors !"), et donc, en prime, je culpabilise.

Ça y est, c'est dit. Ça ne va pas mieux pour autant parce que, pour l'instant il n'y a pas de solution, mais messieurs les organisateurs de salons bios, si jamais vous lisez ces lignes un jour, arrêtez de prendre les gens pour des pions et ayez un peu de conscience professionnelle, de respect pour les autres et pour leurs vies ! 
Je veux bien faire des concessions (il y en a toujours à faire dans un couple), mais j'en ai marre de devoir toujours être la dernière roue du carrosse : Il est fini le temps où Bobonne restait à la maison pour s'occuper des enfants ! Messieurs : ces dames travaillent et ont aussi le droit à un minimum de respect, que diable ! Est-ce que vous apprécieriez si d'autres décidaient en permanence de votre emploi du temps, familial, conjugal, professionnel et personnel ?????

Pour les lecteurs qui seront allés jusqu'au bout de ce billet, je ne peux que vous remercier de m'avoir lue jusqu'au bout. Si jamais vous voulez m'apporter votre soutien moral dans les commentaires, sachez qu'il sera fort apprécié !
Promis, très vite, je vous l'écris, ce fameux billet sur le tome 2 de Sasmira !

Princesse Sara, tome 2 : La princesse déchue, de Audrey Alwett, Nora Moretti et Claudia Boccato



Dans ce deuxième volume, on retrouve Sara au moment où elle apprend la mort de son père. Miss Minchin décide de la garder, en la prenant à son service : elle sera fille de cuisine. De brimades en privations, Sara découvre la dure condition des domestiques à Londres, ainsi que la pauvreté.
Cet album réserve aussi de très bonnes surprises, outre la qualité graphique déjà remarquée dans le tome 1 et qui se confirme ici. Le fil rouge des automates, source de la fortune des Crewe, est ici repris et développé, et dans cet album, on découvre toute la dextérité et le savoir de Sara avec ces outils. Par ailleurs, des personnages n'apparaissant pas dans la série animée sont ici introduits, qui permettent de faire la connaissance d'un ami de monsieur Crewe, rentré, lui, en Angleterre et habitant à côté du pensionnat où se trouve Sara. Ce deuxième opus est aussi l'occasion de voir évoluer les relations entre les pensionnaires, de les voir aussi en famille. De la même manière, le fonctionnement du pensionnat est un peu développé, on entre plus dans les "coulisses"... L'histoire s'installe bien, sans changement majeur toutefois. On est là bien assis dans une suite, un entre-deux.

Graphiquement, l'histoire est plus sombre que le premier tome, et cette atmosphère se traduit inévitablement dans les couleurs, très harmonieuses par ailleurs.

La semaine prochaine, je vous parlerai du tome 3 !

Paru aux éditions Soleil, 2011 (Blackberry). ISBN : 978-2-3020-1524-1

mercredi 7 décembre 2011

Princesse Sara, tome 1 : Pour une mine de diamants, de Audrey Alwett, Nora Moretti et Claudia Boccato



Tout le monde, ou presque, connaît l'histoire de Sara Crewe, cette jeune fille arrivant des Indes au pensionnat de Miss Minchin, à Londres. Son père est riche, très riche même, et à son arrivée, Miss Minchin la prend en grippe mais fait bonne figure, voyant là son intérêt et celui de son pensionnat : une jeune fille de la qualité de Sara ne peut que redorer le blason de son école.
Ce tome 1 raconte les dernières heures de Sara avec son père avant son retour aux Indes, son arrivée au pensionnat, et jusqu'à son anniversaire et la nouvelle de la mort de M. Crewe.

Audrey Alwett est de ma génération, et a vu, comme moi, le dessin animé Princesse Sara à la télévision quand elle était petite. Et je suppose qu'elle n'est pas la seule, ses collaboratrices sont sans doute du même âge ou à peu près. Et ça se sent. Et c'est très bien comme ça.
Dans ce que j'avais lu à propos de cette série, j'avais compris que Audrey Alwett voulait adapter en bande dessinée le livre, en restant plus fidèle à l'original que ne l'était le dessin animé. Tout en y apportant une touche personnelle, visible en particulier par la présence d'automates qui remplacent certains humains (comme Amélia, la sœur de Miss Minchin par exemple dans la série animée, son assistante personnelle dans la bande dessinée, ou Mariette, la gouvernante de Sara). Le dessin est impeccable, relativement fidèle au manga dans l'esprit, avec par ailleurs une vraie personnalité. Côté scénario, je ne connais pas l'original (je ne l'ai encore jamais lu), mais la personnalité de Sara est sensiblement différente de la Sarah du dessin animé : elle est plus pétillante, et sans doute aussi plus pénible pour ses camarades de classes. Ma fille qui découvre actuellement ce premier tome m'a dit pendant que je rédigeais ce billet : "Tu sais, maman, je trouve que Sara, elle fait son intéressante". La vérité sort de la bouche des enfants... j'ai effectivement l'impression que contrairement à l'héroïne du dessin animé, celle-ci se prend réellement pour une princesse. Elle prend quelque peu ses grands airs, tout en étant foncièrement généreuse. Mais comme elle le dit elle-même, c'est facile d'être altruiste quand on a tout. Le serait-elle si elle devait surmonter de nombreuses épreuves ?
L'intérêt de ce premier volume est qu'il pose le contexte, avec notamment un aperçu intéressant tant du luxe qui entoure Sara que de l'importance de son imaginaire. Par ailleurs, on découvre ici le Londres du XIXe siècle et les automates du père de Sara. Je crois avoir vu récemment sur Internet une définition du style Steampunk. J'ai l'impression que cette bande dessinée entre dans ce style assez particulier. Les lecteurs assidus de ce blog me diront si je fais erreur.

En tout cas, pour moi, ce premier tome augure de bonnes choses, et c'est un vrai coup de cœur !

Adapté des œuvres de Frances Hodgson Burnett : A little Princess et Sara Crew : or, What happened at Miss Minchin's boarding school
Paru aux éditions Soleil, 2009 (Blackberry). ISBN : 978-2-30200-768-0.

jeudi 1 décembre 2011

La tête dans le carton à chapeaux, de Marck Childress



Un roman étonnant que celui-là ! Emprunté depuis des lustres à la bibliothèque où je travaille (oui, je suis une plaie pour les bibliothécaire, je suis incapable de rendre mes livres dans les temps !), j'ai enfin trouvé (pris ?) le temps de lire celui-là. Et, sauf un léger bémol à la fin, je ne suis pas déçue du voyage, c'est le moins que l'on puisse dire.

L'histoire commence en 1993, à San Francisco, avec Peter Joseph, adulte, qui va s'avérer être l'un des principaux personnages. Il reçoit un appel téléphonique d'une certaine Lucille, sa tante, dont il n'a plus de nouvelles depuis des années, et cet appel le replonge illico dans son enfance, en Alabama, en 1965.
Peejo, comme il est surnommé affectueusement par sa famille, vit chez sa grand-mère avec son frère aîné, depuis la mort de leurs parents. Il y coule une enfance plutôt heureuse, même si la grand-mère, pauvre, n'a pas grand-chose à leur offrir. Elle déborde d'affection pour ses petits-fils, en revanche, et ceux-ci la lui rendent bien. Peejo rêve de suivre les traces de son oncle Dove, le frère de son père et de la fameuse Lucille, et de devenir entrepreneur de pompes funèbres. Un matin, Lucille, sa tante, débarque avec ses six enfants chez sa mère, et, tout excitée, lui annonce qu'elle part en Californie pour y tenter sa chance. Elle a en effet décroché un entretien avec un agent et son rêve de faire carrière au cinéma ou sur le petit écran a peut-être enfin une chance de se réaliser. Mais pour pouvoir partir, elle a besoin de l'aide de sa mère, et lui demande de garder ses enfants. Celle-ci hésite, ayant déjà deux enfants à charge et presque rien pour prendre soin d'eux, et Lucille lui démontre, preuve à l'appui, qu'elle n'a personne pour l'aider hormis sa mère. Et la preuve, c'est... qu'elle a tué son mari Chester qui l'étouffait et l'empêchait d'être elle-même. Pour on ne sait quelle raison mystérieuse, elle lui a coupé la tête et l'a emportée avec elle, dans... un Tupperware ! Et pour appuyer ses dires, elle file à la voiture chercher le Tup' en question...
C'est là le démarrage d'une histoire rocambolesque, une course-poursuite à travers tous les États-Unis (de l'Est à l'Ouest, on ne va pas dans le Nord...). Lucille est un personnage fantasque, c'est aussi une belle femme, pleine de ressources, encore très bien de sa personne malgré six accouchements (je veux savoir comment elle a fait pour garder la ligne !!!), et elle croit en sa chance. Elle ira coûte que coûte en Californie et obtiendra ce rôle dans la série télévisée la plus regardée des États-Unis !

A cette intrigue s'en ajoute une autre, beaucoup plus sombre, mettant en scène Peejo et son frère, recueillis par leur oncle Dove. Ils vont habiter chez lui, dans une petite ville nommée Industry, où règne encore la ségrégation raciale, où les enfants de couleur ne peuvent pas se baigner dans la même piscine que les blancs, et où la haine est prégnante à chaque instant. Là aussi, l'histoire est inventive, rocambolesque aussi, improbable, et pourtant tellement bien vue qu'on y croit...

Alors j'ai juste un reproche à faire à cette histoire : après tant de rebondissements plus improbables les uns que les autres, après tant d'inventivité, de joie, d'humour noir, pourquoi, pourquoi, pourquoi une fin si convenue ???? Franchement... l'auteur aurait pu trouver mieux, non ? C'est le seul reproche que j'ai à faire à ce livre : par ailleurs, j'ai ri, beaucoup ri à certains passages, même, j'ai frémi avec les personnages, j'ai été horrifiée de ce que des hommes sont capables de faire à leurs semblables par haine... Oui, c'est vraiment bien ! D'ailleurs, le titre anglais est bien plus explicite qu'en français : Crazy in Alabama... tout un programme ! Avec une fin plus en accord avec le reste de l'histoire, ce livre aurait été un coup de cœur !

Traduit de l'américain par Yolande de Luart
Paru aux éditions Pocket, 1997. ISBN : 978-2-266-09895-3

mercredi 30 novembre 2011

Tokyo Story, des histoires japonaises, collectif



Au salon du livre de Colmar, le 26 novembre dernier, je suis tombée par hasard, au gré des stands des éditeurs et associations, sur une bande dessinée que j'avais repérée sur le blog de Frédéric Vervisch, mon cousin : Tokyo Story. C'est d'ailleurs lui qui a fait l'illustration de la couverture.
Ni une, ni deux, j'ai décidé rapidement de l'acheter, après avoir discuté un petit moment avec les responsables de l'association Fugue en bulles et je ne regrette pas mon achat.
Il est ici question, comme son nom l'indique, du Japon, bien sûr. Sous forme d'histoires courtes, les auteurs évoquent là un aspect du Japon, vu d'Europe.

La première histoire, Hibakusha, raconte en quelques pages le devenir imaginaire des survivants de la bombe atomique du 9 août 1945 à Nagasaki. L'histoire est construite sur trois double-pages et une page simple. Le dessin est beau, doux, en noir sur fond ocre, et dévoile au fil des pages l'horreur de la mort, le fond s'assombrissant petit à petit comme un ciel d'orage... c'est saisissant.

La seconde histoire, Vague à l'âme, raconte, avec un graphisme fouillé et assez sombre, bien qu'en couleurs, la vie au travail d'un homme de Tokyo. De facture plus classique que la première, avec des cases et des bulles, l'histoire se déroule simplement, jusqu'à la chute finale, dévastatrice, que rien ne laissait présager...

Tokyo X Story est la moins sombre des histoires de Tokyo Story. Là encore, un aspect de la culture japonaise est mis en avant, et il s'agit là des geisha. L'histoire pourrait se passer n'importe où. Le héros est un grand admirateur du Japon, pratique les arts martiaux, et demande à sa petite amie de jouer à la geisha pour lui. La chute est drôle, et l'histoire est vraiment de très bon goût, j'ai été étonnée : je m'attendais à tout autre chose ! C'est une très bonne surprise. Le dessin de celle-ci est aussi le plus doux de toutes ces petites histoires, sans céder à un réalisme à tout crin.

Hikikomori te salutant !, l'histoire suivante, m'a posé plus de difficultés. J'ai dû la relire pour la comprendre. Je ne suis pas une grande connaisseuse des jeux vidéos en ligne, et c'est sans doute pour cela que j'ai eu du mal à comprendre. Cette histoire est en effet une immersion dans la tête d'un jeune joueur en ligne, avec ses rêves, ses fantasmes, sa solitude... là encore, la chute est brutale, assez inattendue, mais elle symbolise bien le contraste entre cette vie virtuelle et la réalité simple de la vie quotidienne, avec l'inadaptation qui peut résulter d'une trop grande addiction aux jeux vidéo... Fin tragique, mais qui semble être plus fréquente qu'on ne le pense. Graphiquement, le dessin est sombre, épuré, dans des couleurs sombres et assez uniformes restituant l'ambiance glauque du jour ou de la nuit de jeu, d'isolement... c'est très suggestif en tout cas, et d'une grande maîtrise, très abouti.

Golgoth 666 est le récit écrit par mon cousin et illustré par son frère. Il y a là deux références au Japon : le titre est un clin d’œil à la série Goldorak (que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, mais qui a marqué tous les trentenaires, dont, comme mes cousins, je fais partie), et les Yakusa, la mafia japonaise. Si j'ai été un poil déçue par l'histoire, j'ai en revanche été subjuguée par le dessin. Tout est en noir et blanc uniquement. Pas de gris, pas d'entre-deux. Du noir et du blanc, des traits blancs sur fond noir pour suggérer les motifs de la couverture, une silhouette blanche sur fond noir ou des pieds noirs sur fond blanc pour que les éléments se distinguent bien les uns des autres : c'est tout simplement superbe. L'histoire, c'est celle d'une vengeance, à la hauteur du préjudice subi par la petite Ikuko... Assez improbable, et c'est bien cet aspect-là qui m'a gênée. A part cet aspect, l'histoire est bien menée, originale, et on y retrouve d'une certaine façon tout le rêve d'enfant, sa toute-puissance supposée aussi, la frontière très ténue entre le rêve et la réalité... La fin est grandiose, bien qu'extrêmement violente (j'ai du mal, beaucoup de mal avec la dernière case...).

Enfin, Promotion japonaise raconte l'histoire d'un homme qui travaille pour une grande firme japonaise. Il a gravi les échelons et attend sa prochaine affectation. Il est ici question, comme dans la seconde histoire, du rapport des Japonais avec le travail. Jusqu'où le dévouement du travailleur peut-il aller ? Quelle est la place de l'individu, de ses désirs, de sa vie personnelle, familiale ? Ce sont ces questions que pose cette histoire, et mon seul regret, c'est que la fin ne soit pas suffisamment claire. Quelle a été la décision de cet homme ? En quelques pages, on s'attache à lui, à sa jeune épouse qui va accoucher dans les jours qui viennent, et j'ai été presque frustrée de ne pas savoir quelle avait été sa décision, en définitive...

Globalement, ce recueil est une très très bonne surprise, même si je ne l'aurais peut-être pas acheté si mes cousins n'y avaient pas écrit. Je ne regrette rien : cette bande dessinée vaut vraiment le détour !

Paru aux éditions Fugue en bulles, 2011. ISBN : 978-2-919633-03-6. 10€


lundi 14 novembre 2011

Tag du portrait chinois

J'ai eu la surprise, à mon retour de livraison de vin avec mon mari, de voir que Marine-Rose m'avait taguée. Sur le principe du portrait chinois. C'est un exercice que je trouve assez compliqué ! Je vais tenter de m'y plier !

Donc... Si j'étais...
1- Un livre
Ben déjà, ça commence mal. Quel genre de livre ? BD ? Roman ? Ou un livre que j'ai écrit ? Parce que j'ai écrit "La Messagère du Temps". Mais je ne pourrais pas dire que ce livre me décrit... non. Si j'étais un livre, je serais peut-être simplement un petit opuscule entre deux romans, bien à l'abri sur une étagère, attendant qu'on veuille bien le lire !

2- Un pays
Ca, je trouve que c'est plus facile ! Sans doute serais-je la Belgique, pétrie de contradictions, bilingue (non, je n'ai pas cette prétention, mais j'aime beaucoup les langues, et y ai, semble-t-il, quelques facilités !).

3- Un bijou
Je ne sais pas trop, mais quelque chose de discret en tout cas !

4- Une personnalité
Ben ça... quelle question ! J'aime bien la mienne, de personnalité :) !

5- Une voiture
La mienne !

6- Une fleur
Aïe... J'y connais rien ! C'est un piège, là ! Euh... Joker ?

7- Un métier
J'aimerais bien "écrivain", mais j'ai tellement peu de temps pour écrire que, malgré mon roman, je ne me peux m'empêcher de penser que je ne le suis pas encore. Donc on va dire simplement documentaliste, parce que pour moi, c'est plus qu'un gagne-pain !

8- Une chanson
"Nos mains" de Jean-Jacques Goldman ! Je l'aime beaucoup pour tout ce qu'elle véhicule !

9- Une citation
Holà !!! Ca, c'est vraiment compliqué, il y a tellement de belles choses dans les livres ! Cependant, une citation me vient spontanément : "Les formes qui différencient les êtres importent peu si leurs pensées s'unissent pour bâtir un univers" : c'est dans "Les Titans", de la série Yoko Tsuno, de Roger Leloup (et c'est sans doute le premier livre "à moi" qui se trouve dans ma bibliothèque !)

10- Une matière
Du coton ! Matière naturelle, simple, et abordable !

Et le problème, c'est que j'ai déjà vu ce tag sur tous les blogs que je lis... Je ne sais donc pas vraiment à qui l'envoyer !

A quoi ressemble ma bibliothèque ??? Vaste question !


Semaine bizarre... je pars en week-end livraison avec mon viticulteur de mari, et quand je reviens, je me retrouve confrontée par deux fois à un exercice que je n'ai jamais fait encore : j'ai été taggée ! Si. Deux fois. Aujourd'hui par Asphodèle, à propos de ma bibliothèque, et samedi par Marine-Rose, pour le portrait chinois !
Donc voici à quoi ressemble ma bibliothèque (toute petite, quand je vois celles des autres !)...

Que contient votre (vos) bibliothèque(s) (BD, romans, essais, documentaires, jeunesse, policiers, guide de voyages, livres d’art… etc) ?
Des BD, beaucoup !, des romans, beaucoup aussi, dont un certain nombre de policiers, quelques essais, en particulier au niveau spiritualité. Les livres pour enfants sont... dans les bibliothèques de mes enfants ! Sinon, il y a aussi quelques livres de photos, dont ceux que j'ai faits moi-même !

Vos livres sont-ils classés d’une façon particulière ?
Je suis documentaliste de métier. Et j'ai un peu la manie du classement, comme toute bibliothécaire ou documentaliste qui se respecte. Alors mes livres sont inventoriés, classés par thème et rangés selon une classification que j'ai élaborée (non, je n'ai pas poussé le vice jusqu'à utiliser la Dewey ! :) )

Tous les livres de votre (vos) bibliothèque(s) vous appartiennent-ils (conjoint, enfants, prêts…) ?
La plupart m'appartiennent, oui, sauf ceux de mes enfants, qui leur appartiennent. Il y en a malgré tout quelques-uns que j'ai empruntés à la bibliothèque où je travaille. Il faudra d'ailleurs que je pense à les rendre ! J'en ai aussi un ou deux qui appartiennent à des amis...

Avez-vous lu tous les livres qui sont dans votre (vos) bibliothèque(s) ?
Tous ? Non, loin de là ! Entre ceux que j'ai reçus pour les partenariats et ceux que j'ai achetés, j'ai mis des priorités dans l'ordre de lecture. Donc les partenariats. Sauf que comme je suis un peu acheteuse compulsive, j'achète plus de livre que je n'ai de temps pour les lire... Il y en a donc sans doute une petite moitié, dans ceux qui m'appartiennent, que je n'ai pas encore lus... Oui, je sais...

Avez-vous des auteurs préférés ?
J'ai grandi avec Agatha Christie et Marcel Pagnol. En dehors de ceux deux auteurs, en ce qui concerne les romans en tout cas, je n'ai pas de préférences : j'apprécie pas mal d'auteurs ! Sinon, pour les BD, mon auteur préféré, c'est Roger Leloup ! Mais pour les BD comme pour les romans, je lis beaucoup d'auteurs écrivant dans des styles différents.

Avez-vous un livre préféré ?
Un livre, non, parce que j'en ai aimé tellement que je ne saurais faire un choix parmi eux. Une BD, en revanche, oui. Il s'agit de "La Frontière de la Vie", le 7e volume de la série Yoko Tsuno, de Roger Leloup, justement. J'ai grandi avec cette série, qui reste pour moi l'une des meilleures bandes dessinées ! Si j'aime en particulier cet album, c'est parce que je le trouve particulièrement abouti, d'une très grande sensibilité... et que je suis allée à Rothenburg-ob-der-Tauber, où se situe l'intrigue, et que je suis particulièrement attachée à cette ville aussi... L'un alimente peut-être l'autre !

Alors il paraît que l'on se doit de passer le flambeau ? J'avoue que je ne connais encore que très peu de blogueurs/blogueuses ! Alors que ceux et celles qui souhaitent partager leur bibliothèque le fassent !