mercredi 27 mai 2026

Lefranc, tome 8 : L'Arme absolue, de Jacques Martin et Gilles Chaillet

 

Cette nouvelle aventure de Guy Lefranc, journaliste français, débute bien avant la naissance du héros de la série, en 1928. A Paris, en octobre, Pierre Lorrain, pilote d'avion, est accueilli au restaurant par Sylvain Lagarde et Yvonne Garand. Lagarde propose un contrat à Lorrain, dont les talents de pilote ne sont, à son avis, pas correctement exploités. Le contrat est juteux : donc dangereux. En effet, l'avion piloté par Lorrain, avec Yvonne Garand comme radio, disparaît peu après avoir passé la frontière suisse, du côté français, en Alsace.

C'est en tout cas la version que Lefranc entend du fils de Pierre Lorrain, bien des années plus tard. Mais ce dernier a reçu une étrange lettre de son père, qui laisse entendre que les occupants de l'avion n'aurait pas trouvé la mort dans l'accident qui se serait produit du côté de Zellwiller. De quoi lancer Lefranc dans une nouvelle aventure, où il se rend sur place pour essayer de comprendre ce qui s'est réellement passé, et, si c'est encore possible, de retrouver Pierre Lorrain.

Bien sûr, tout ne va pas se dérouler aussi facilement que prévu, et Lefranc est très vite entraîné contre son gré dans une histoire étrange qui va l'amener à explorer certains châteaux en ruines de la région. C'est là, en effet, qu'il a repéré quelques hommes louches qui, il le découvrira plus tard, ne sont pas sans rapport avec la disparition de Pierre Lorrain et la fameuse « arme absolue » dont le titre fait mention. Mais je n'en dirai pas plus, bien sûr.

J'ai été agréablement surprise par cet album, en partie parce qu'il reflète très bien la région où j'habite, l'Alsace. On reconnaît parfaitement la région, et notamment la ville d'Obernai, où se déroule une grande partie de l'histoire. Les dessins sont précis, parfaitement documentés et réalistes. Jacques Martin est en cela un maître de la bande dessinée franco-belge réaliste de la seconde moitié du XXe siècle, même si, pour cet album comme pour d'autres, il a laissé le dessin à Gilles Chaillet. Ce dernier montre le même souci du détail et du réalisme dans le dessin, ce qui donne à tous les albums de la série que j'ai lus jusqu'à présent une belle unité graphique, même si le dessinateur change au fil du temps.

Comme toujours avec Jacques Martin, le scénario est bien monté, même si les ressorts sont désormais bien connus. L'inévitable Axel Borg, grand ennemi de Guy Lefranc, est bien sûr de la partie, mais pas du tout dans le rôle qui lui est habituellement dévolu. Et ça fait aussi du bien de le voir autrement, ce « vilain méchant » ! Parce que, parfois, à force de voir toujours le même ennemi, il finit par en devenir caricatural. Ce qui est, de fait, moins le cas ici.

Un bon cru, donc, que je ne regrette pas d'avoir lu !


Paru aux éditions Casterman, 1971. ISBN : 978-2-203-31408-5.

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire