mardi 27 août 2013

Un lieu incertain, de Fred Vargas


Certains diront sans doute que je fais les choses de manière totalement illogique... c'est sans doute vrai, mais on ne se refait pas.
Je suis tombée l'autre jour, au supermarché (oui, je sais, un supermarché n'est pas une librairie, mais quand un livre vous « tombe » dessus de cette manière-là, que voulez-vous faire ?), sur l'offre d'été des éditions J'ai lu (en gros, pour deux livres achetés, un troisième était offert). J'aime beaucoup les cadeaux et quand, en plus, ce sont des maisons d'édition qui les font, mon bonheur est total. La même offre était faite également par les éditions LGF pour le Livre de Poche, mais j'ai résisté, difficilement et vaillamment et ai réussi à ne pas succomber à la tentation d'acheter deux nouveaux livres.
Bref, trêves de bavardages, j'ai fait porter mon choix sur Un lieu incertain, de Fred Vargas, auteur prolifique dont on m'avait déjà abondamment parlé et que je n'avais jamais encore lu. Alors bien sûr, je ne commence pas par le premier de la série, mais tant pis...

J'ai donc fait la connaissance d'Adamsberg et de sa Brigade, pour une enquête difficile, plutôt surréaliste, et finalement autant horrible que cocasse.
Un meurtrier sévit à Garches, qui découpe ses victimes, les hache, les broie, les émiette, bref, en fait de tous petits morceaux, s'acharne, quoi. Juste avant la découverte du « cadavre », Adamsberg et Danglard étaient à Londres pour une conférence au sujet de la politique migratoire des deux pays, et ils y ont eu l'opportunité de rencontrer... des pieds. Sans les corps qui devaient, un jour, s'y trouver attachés.
Commence alors l'enquête qui va emmener Adamsberg en Europe de l'Est, à la découverte des légendes et des mets locaux, mais aussi d'une histoire sanglante dont, je suis sûre, il n'est pas près d'oublier les ressorts. C'est aussi l'occasion de rencontrer des personnages hauts en couleurs (déjà que c'est gratiné, dans sa Brigade), et d'en apprendre beaucoup sur lui... J'ai beaucoup aimé tous ces personnages, justement. Un brin déjantés, totalement humains, quelque peu caricaturaux et foncièrement attachants, un vrai régal.

Bref, j'ai dévoré ce roman à très grande vitesse (quelques tétées m'ont suffit pour le lire en entier) (je sens que dans les prochains temps, mon nouvel étalon-temps sera la tétée, c'est quand même vachement pratique !) et si je retombe sur un nouveau Fred Vargas, je me laisserai sûrement tenter !

Paru aux éditions J'ai lu, 2013. ISBN : 978-2-290-02350-1.

dimanche 25 août 2013

Kafka sur le rivage, de Haruki Murakami


J'avais lu 1Q84 (le tome 1, il va falloir que je me penche dans mes cartons pour récupérer les tomes 2 et 3 et lire la fin, un jour !), et j'avais vraiment beaucoup aimé. J'étais donc curieuse de lire celui-ci, dont on m'avait dit beaucoup de bien (et même que Kafka sur le rivage était mieux que 1Q84 !). En tout cas, je ne regrette pas le temps passé à lire ce livre magnifique. C'est un pavé (plus de 600 pages quand même), mais je dispose de plusieurs heures par jour grâce à l'allaitement (6 tétées par jour, environ 50 minutes par tétée, ça laisse du temps de lecture quand même, et c'est vraiment appréciable !).

Donc, Kafka sur le rivage, c'est une sorte de roman initiatique, bizarre, déroutant, étonnant... les qualificatifs sont nombreux et je pense que même en les utilisant tous, ils ne reflèteraient que très imparfaitement la complexité et la beauté de ce roman.
Kafka Tamura, 15 ans, fugue de chez lui, prend le train et se réfugie dans une bibliothèque (voilà qui ne pouvait que me plaire !) où il fait la connaissance de Oshima et de Mademoiselle Saeki, les deux membres du personnel de cette bibliothèque pas comme les autres. Il y trouve un refuge, une maison, des amis...
Parallèlement, on suit l'histoire et le périple de Nakata, un vieil homme qui a vu sa vie chamboulée lors d'un incident assez mystérieux au moment de la Seconde Guerre mondiale. Il en est sorti handicapé du point de vue des exigences sociales « normales », mais doté de capacités inédites et incompréhensibles, qui plus est qui ne sont pas pérennes et évoluent au gré du temps et des événements. Les deux personnages, tels des aimants, semblent s'attirer mutuellement, être liés d'une manière ou d'une autre, manière qui, en tout cas, échappe totalement au lecteur durant tout le roman (et qui, bien sûr, s'éclaircit à la fin, sinon ce serait assez frustrant).

J'ai été happée par ma lecture. Haruki Murakami, dans ce roman comme dans 1Q84, a cette capacité à faire entrer le lecteur dans des mondes étranges, tels des mondes parallèles au monde que l'on connaît, comme si une autre réalité côtoyait la nôtre sans qu'on en ait vraiment conscience. J'aimerais vraiment explorer les autres livres de Murakami, histoire de mieux « voir » ce qu'il a dans la tête... C'est étonnant, plusieurs fois, durant ma lecture, j'ai trouvé des points communs avec l’œuvre de Miyazaki (Le Château Ambulant par exemple, ou Le Château dans le Ciel, ou encore Mon Voisin Totoro et Nausicaâ de la Vallée du Vent... on pourrait multiplier les exemples tant l’œuvre de Miyazaki est riche également). Je suppose qu'il faut y voir aussi une influence de la culture manga, de l'imaginaire japonais, finalement très éloigné du nôtre, occidentaux.
Si j'ai parfois été déroutée, je me suis plongée avec délices dans cette lecture, anxieuse de connaître la suite des aventures de Kafka et Nakata. Les personnages sont intéressants, profonds, complexes... et les personnages secondaires ne le sont pas moins : originaux, attachants, étranges, tout aussi complexes d'ailleurs. Les interactions entre les uns et les autres disent combien on peut voir sa vie modifiée par les rencontres que l'on fait ; à quel point nous sommes des êtres de contact, de communication, et combien nous avons besoin les uns des autres pour vivre, voire survivre en ce monde. Ce livre est finalement une belle leçon de tolérance et de respect !

Paru aux éditions 10/18, 2011. ISBN : 978-2-264-05616-0.

lundi 15 juillet 2013

Comme Dieu le veut, de Niccolò Ammaniti


Rino Zena et son fils Cristiano, âgé de 13 ans, vivent dans une maison à l'hygiène plus que douteuse. La mère de Cristiano a disparu ; son père est alcoolique, nazi et violent, et il éduque son fils par la terreur. Les services sociaux suivent cette famille de près, via l'assistant de service social Beppe Trecca et, selon Rino, ce dernier n'attend qu'une occasion pour placer l'enfant en famille d'accueil.
Les amis de Rino, Danilo Aprea et Quattro Formaggi, ne sont pas moins alcooliques ou plus sains d'esprit. Paumés comme lui, ils vivent d'expédients, avec des rêves plein la tête... si on peut appeler de cette manière leurs obsessions.

Une nuit de tempête, l'irruption, bien malgré elle, de Fabiana Ponticelli, une adolescente de 14 ans qui fréquente le même collège que Cristiano, dans ce cercle amical quelque peu bancal va bouleverser radicalement la vie des trois hommes et de Cristiano...

Quelques jours après avoir terminé ma lecture, j'avoue que je ne sais pas trop quoi dire à propos de ce roman. J'en ai beaucoup aimé plusieurs aspects : le rythme, les chapitres courts, les phrases enlevées, les personnages tous plus déjantés les uns que les autres... L'auteur les dépeint avec une certaine tendresse, malgré la rudesse de leurs vies, leurs problèmes et leurs caractères très trempés, voire explosifs... L'intrigue aussi est excellente, bien menée, avec une bonne dose d'humour noir qui ne gâte en rien le tableau et permet au lecteur de prendre de la distance avec ce qu'il lit. À certains moments, on sort carrément du roman pour entrer dans l'absurde, et ça fait du bien.

Comme dans d'autres livres lus récemment, notamment celui-ci, ce qui m'a dérangée à la lecture est la référence constante à la sexualité, mais pas à cause de la sexualité en elle-même, plutôt à cause de la vulgarité de nombre de dialogues et de descriptions, qui m'ont parfois donné la nausée... Avec un tout petit peu de recul, je me rends compte que finalement, ce « reproche » n'en est pas un réellement. Les mots utilisés, la vulgarité, le propos souvent salace, font partie intégrante de l'univers de ces pauvres hères qui n'ont pour horizon que les films pornos et leurs désirs plus ou moins bestiaux... Il n'en demeure pas moins vrai que certains personnages semblent chercher une voie plus élevée, conscients qu'ils valent mieux que cela. Ouf, l'humanité peut être tranquille : tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir !

Paru aux éditions LGF (Le Livre de Poche), 2010. ISBN : 978-2-253-12923-3

mardi 9 juillet 2013

La Voyageuse de nuit, de Françoise Chandernagor



La Voyageuse de nuit, c'est Olga Sarov, fille de Micha et de Solange. Micha est immégré Russe, échoué dans le Limousin, ancien maquisard, résistant, gérant du bar du village, hérité de son beau-père. Olga, marié à un marin Breton, Yvan Le Guellec, est aussi mère de quatre filles, Katia, qui raconte l'histoire, Véra, Sonia et Lisa.

Olga, malade, coupe toute communication avec son entourage. Elle ne parle plus, n'ouvre plus les yeux, ne se déplace plus... Ce sont ses filles qui s'occupent d'elle, lui donnent à manger, font sa toilette... jusqu'à son hospitalisation au service de soins palliatifs. Et qui finissent par ouvrir les yeux sur leur vie, ce qui les sépare, ce qui les rapproche, sur leur mère aussi, si présente, si proche, si volontaire.
Ce roman est l'histoire de l'agonie et de la mort d'Olga, mais aussi de sa famille, de ses filles, de la façon dont tous (le père aussi) vivent cette période délicate. Et de l' « après », la manière dont chacun tourne la page, fait son deuil de cette mère si présente, presque « envahissante ». Une vraie Mater familias en tout cas.

J'ai dévoré ce roman. C'est formidablement bien écrit, avec des chapitres un peu à part, permettant d'entrer dans la vie des trois soeurs de Katia, au cours du récit de celle-ci. On y découvre les caractères des différents membres de cette famille, leur vécu, leurs secrets, leurs troubles et leurs déboires. On y voit aussi leur affection mutuelle, leurs incompréhensions, leurs questions...

Le seul reproche que je ferais à ce roman, c'est la fin. Un peu trop bizarre pour moi, un peu trop laissée en suspens. Il n'y a pas de réelle fin, les personnages sont laissés « en plan », comme si le livre n'était pas terminé. Il ne s'agit pas, à mon sens, d'une « fin ouverte » comme on en voit dans de nombreux romans, mais d'une vraie coupure, comme si l'auteur s'était arrêtée en plein milieu, comme si elle n'avait plus rien à dire alors que son histoire n'est pas terminée. J'ai cherché un « tome 2 » et n'en ai pas trouvé. Je vais donc devoir me contenter de cette pseudo-fin, mais j'avoue être déçue, parce que je me suis attachée aux personnages et j'aimerais bien savoir comment ils vont s'en sortir...
Malgré ce petit bémol, ce roman reste excellent !

Paru aux éditions Gallimard, 2007. ISBN : 978-2-07-078122-5.

mercredi 3 juillet 2013

Evil under the sun, d'Agatha Christie


J'avais vu à la télévision (plusieurs fois !) le film « Meurtre au soleil », avec Peter Ustinov. Et j'avais été scotchée, j'avais vraiment beaucoup aimé l'ambiance, l'intrigue... et du coup, je voulais lire le roman. Sauf que je ne savais pas du tout duquel il s'agissait. Forcément : le réalisateur du film lui avait donné un autre nom que le livre dont il était l'adaptation ! Jusqu'à ce que je tombe, dans une librairie de Besançon, sur « Evil under the sun ». Bon sang, mais c'est bien sûr ! Voilà le titre original ! Dont acte. Par la suite, j'ai compris que le livre a été édité, en Français, sous le titre "Les vacances d'Hercule Poirot" (rien à voir avec le titre original, donc...)

Eh bien je n'ai pas été déçue. Lire en VO, c'est quand même toujours un vrai plaisir, que je me refuse trop souvent et il va vraiment falloir que je réitère plus souvent, parce que franchement, c'est autre chose que la version française (un peu comme les films, quoi).
Alors quelle est l'intrigue ? Hercule Poirot se rend sur une île dans la baie de Leathercombe, dans un hôtel de luxe comme les lecteurs d'Agatha Christie en ont l'habitude, et observe les autres pensionnaires. Kenneth Marshall y séjourne avec sa femme Arlena Stuart et sa fille, issue d'un premier mariage. S'y trouvent aussi d'autres couples, avec ou sans enfants, dont les Redfern, les Gardener ou les Cowan, ainsi que le Major Barry, Rosamund Darnley et Horace Blatt entre autres... Tout ce petit monde s'observe, se jauge... le Mal rôde. Hercule Poirot en est persuadé : tout cela finira mal. Et effectivement, Arlena Stuart est retrouvée morte, étranglée, sur la plage de Pixy Cove.
Commence alors l'enquête, à laquelle participe Hercule Poirot. Et ses « petites cellules grises » ne seront pas de trop pour résoudre le problème qui est posé par ce meurtre, chaque suspect ayant un alibi en béton armé...

Tous les ingrédients sont donc réunis pour une excellente intrigue, et une fois de plus, j'ai beaucoup aimé (mais je suis un peu une inconditionnelle d'Agatha Christie, que je lis toujours avec un immense plaisir). C'est toujours aussi l'ambiance qui m'attire, celle de cette Angleterre chic, de la haute société, de ce monde que je ne connaîtrai jamais « en vrai » mais qui m'offre une évasion en forme de cocon avec le thé de cinq heures et les muffins tout juste sortis du four... Si j'aime autant ces romans, je pense que c'est en grande partie pour ça.

Paru aux éditions Harper (Poirot), 2001. ISBN : 978-0-00-711926-4.

samedi 15 juin 2013

Aterrissage réussi !

Je le disais à l'instant en réponse au commentaire d'Asphodèle dans le billet précédent : notre "petite" famille s'est agrandie il y a quelques jours d'une petite Louise-Marie. Elle est née le 4 juin, pesait à ce moment-là 3,280 kg, pour 49 cm. Je rassure tout de suite les lecteurs assidus de ce blog : elle va très bien, mange bien (c'était pas gagné au départ, quand on voyait le nombre d'heures passées à dormir !), reprend peu à peu du poil de la bête (elle a perdu beaucoup de poids à la naissance, et a eu un peu de mal à remonter la pente, mais cette fois-ci, ça semble aller dans le bon sens !) et est de plus en plus éveillée.

De mon côté, je suis très heureuse, bien sûr, l'accouchement s'est très bien passé, j'ai été admirablement soutenue par mon mari (je ne sais pas ce que j'aurais fait sans lui, en fait, ce jour-là) et je me remets plus vite que ce que j'avais imaginé au moment de la naissance. La fatigue est là, alimentée par les nuits courtes et surtout entrecoupées par les tétées. Mais c'est pour la bonne cause !

Allez... une petite photo de la 8e merveille du monde ?


(J'ai l'impression qu'elle venait de découvrir, ce jour-là, qu'elle avait une main... Dieu seul sait ce qu'elle fera avec plus tard. Quant à l'autre, je vous rassure tout de suite : elle est simplement "planquée" dans la manche du pyjama. Promis, on l'a "livrée" finie, avec tout ce qu'il faut. Rien ne manque !)

samedi 1 juin 2013

Le Petit grumeau illustré : Chroniques d'une apprentie maman, de Nathalie Jomard


Une de mes amies m'a offert ce livre (que je voulais lire depuis longtemps !!!) lors de notre dernier passage chez elle. Il faut dire qu'il était temps que je me cultive à ce sujet : je suis actuellement enceinte de mon quatrième enfant, et la naissance est prévue pour dans quelques jours !

Cette bande dessinée n'en est pas vraiment une. C'est plutôt un recueil des notes parues durant quelques années sur le blog de l'auteur. Alors il s'agit là du tome 1, le tome 2 est aussi paru (et depuis, Maman Grumeau a un deuxième Grumeau, c'est pas piqué des vers non plus, ça... Bref, vous avez compris le concept, je pense).
Alors un Grumeau, au départ, c'est « un spécimen particulièrement agité mais néanmoins adorable de bébé fille », comme le dit fièrement la 4e de couverture. Et par extension, un grumeau, ce n'est pas ces petits agglomérats de farine que l'on trouve dans une béchamel ou une pâte à crêpe ratées, mais « un bébé ou un enfant, fille ou garçon ».

Alors en feuilletant ces 200 pages, j'ai simplement cru que j'allais accoucher sur place... de rire ! Je connaissais déjà le blog, j'avais lu il y a quelques temps (comprendre quelques années, hein...) les aventures grumeaulandesques, mais là, vraiment, l'avoir dans les mains, c'était absolument jubilatoire. Le dessin est hilarant, l'humour décapant, les situations plus vraies que nature (oui, il faut être jeune parent pour apprécier tout le sel des situations décrites, mais je rassure ceux qui ne le sont pas encore : on comprend très bien quand même !). Nathalie Jomard a du talent, c'est indéniable. Elle a en tout cas cette capacité de dire énormément de choses en un dessin ou deux, pour certains quasiment sans texte, et c'est juste très, très drôle.

Tiens, je vais retourner sur son blog pour voir comment a évolué la « république bananière et autoproclamée du Grumeauland », moi !

Paru aux éditions Michel Lafon, 2009. ISBN : 978-2-7499-0991-2.