mercredi 2 septembre 2026

Largo Winch, tome 24 : Le Centile d'Or, par Philippe Francq et Eric Giacometti

 

La deuxième partie du diptyque commencé dans La Frontière de la Nuit commence par un flashback sur l'enfance de Jarod Manskind, qui a invité Largo pour une escapade en navette suborbitale, afin de trouver une solution dans le différend qui les oppose. Dans la navette, tout ne se passe pas comme prévu : les deux milliardaires perdent connaissance durant le vol, victimes d'une panne d'oxygène orchestrée par une organisation d'éco-combattants qui a déclaré la guerre aux riches : We Blue.

Quand Largo reprend connaissance, il parvient à réveiller Jarod, juste à temps pour apprendre que We-Blue a aussi pris le contrôle de la navette et a décidé de les éradiquer tous les deux. La navette fonce vers la Terre, et s'écrasera quatre minutes plus tard...

Bien sûr, la vie de Largo, le héros de la série, ne va pas s'arrêter à la page 3 de l'album, donc on se doute qu'il finira bien par trouver une solution. Mais le suspense est bien là !

Parallèlement, Simon poursuit son enquête et découvre que l'Indomining, partenaire de Largo dans l'exploitation d'une mine en Indonésie, a monté une embrouille afin d'obliger Largo à fermer la mine et à lui vendre ses parts afin d'en prendre le contrôle.

Les deux intrigues se déroulent donc en parallèle, avec d'une part le sauvetage de Lardo et Jarod, et, d'autre part, l'enquête de Simon en Indonésie.

Mais là encore, tout ne se passe pas comme prévu, et l'adversaire est de taille, provoquant un drame qui va demander à Largo tout son courage pour rétablir la situation.

Je reste attachée à cette série, parce qu'elle m'a vue évoluer durant la fin de mon adolescence et le début de ma vie d'adulte, mais j'ai de plus en plus de mal à entrer dans les intrigues.

Je dois malgré tout reconnaître que les auteurs parviennent à « coller » à l'actualité, dans les thèmes qu'ils abordent. Ici, la question écologique et le grand reproche qui est fait aux « riches », accusés de polluer sans vergogne et d'exploiter les plus pauvres pour toujours s'enrichir davantage. Le personnage de Largo est intéressant de ce point de vue : il fait partie de ces milliardaires qui, dans l'imaginaire collectif de nos sociétés, sont dans le camp du « mal » ou des « méchants » pollueurs/exploiteurs. Mais Largo est le héros de la série, et il véhicule l'image d'un milliardaire en blue-jeans qui utilise sa fortune pour rétablir la justice, et non pour en tirer profit personnellement. Dans ce nouveau diptyque, le lecteur se rend compte que le problème n'est pas d'être riche – et donc méchant – ou pauvre – et gentil, mais de savoir comment on utilise sa richesse, ses biens, son travail, son savoir, ses rêves, pour en faire quelque chose de bon ou de mauvais pour soi et pour les autres. C'est donc un peu plus subtil que ce que nos « élites » (hommes et femmes politiques de droite, d'extrême droite ou gauche, ou écologistes par exemple) cherchent à nous faire croire. Et rien que pour ça, cette série est plus intelligente qu'il n'y paraît.

Et j'avoue que j'aime particulièrement ce qui est subtil, intelligent, et qui tord le cou aux idées simplistes et binaires. La vie est toujours, toujours en technicolor, et non en noir et blanc... Et, je vous rassure, comme c'est une bande dessinée, c'est bien le héros qui triomphe et qui fait triompher la justice, au bout du compte. Pour savoir comment, il va quand même falloir lire la BD !


Paru aux éditions Dupuis, 2023. ISBN : 979-1-0347-7090-8.

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