samedi 14 mars 2015

Au travers des yeux de Jésus, tomes 2 et 3, de Carver Alan Ames




Carver Alan Ames est australien et il a vécu, semble-t-il, ce que l’Église Catholique appelle des "Révélations privées". La particularité de ces révélations est qu'elles consistent en des visions où Alan Ames assiste à la vie de Jésus et de ses disciples, comme s'il était à l'intérieur du corps de Jésus. [À certains égards, cela m'a fait penser à une autre « voyante », Anne-Catherine Emmerich, qui, au 18e siècle, a eu aussi des visions de l’Évangile. Plus qu'une simple « voyante », Anne-Catherine est une mystique qui a été déclarée bienheureuse en 2004. Je crois que je vais d'ailleurs activer la lecture du livre que j'ai commencé !]

Le récit d'Alan Ames est à la première personne du singulier. Et si c'est bien lui qui écrit, ce n'est pas lui qui parle, mais Jésus. Tous les événements qui sont décrits dans ces pages le sont du point de vue du Christ. Sachant que le Christ est Dieu, c'est à la fois une narration à la première personne et un point de vue omniscient dans la mesure où le Christ sonde les cœurs et les pensées et qu'Il connaît tout de la vie de ses disciples mais aussi des personnes qu'Il rencontre. Il connaît aussi l'avenir...
D'abord un peu sceptique, je me suis plongée dans le tome 2, puis le tome 3, parce que ces récits me donnent l'impression de mieux connaître Jésus. Ces écrits ne sont pas indispensables à la foi. Le seul vraiment indispensable au croyant, c'est la Bible. La Parole de Dieu. Mais si ce livre n'apporte rien sur le fond (tout ce qui concerne la vie du Christ est déjà dans les Évangiles), il éclaire d'un jour nouveau cette vie du Fils de Dieu en nous la faisant partager dans ce qu'elle a de plus banal et de plus quotidien.

En fait, pour moi, le Christ était vrai Dieu, mais j'avais un peu de mal à percevoir en quoi il pouvait être aussi vrai homme. Ce récit a changé ma façon de voir en me montrant Jésus sur les routes, avec ses disciples, vivant avec eux la fatigue, la faim, la mémoire de son enfance, sa relation avec Marie et Joseph, les parents que Dieu Lui a donnés sur cette terre.
Si j'ai compris une chose à la lecture de ces deux livres, c'est bien cela, ce qu'énonce le Credo comme une vérité : Jésus-Christ est Vrai Dieu et Vrai homme. Il a partagé notre condition humaine, notre vie, notre humanité, en tout, sauf le péché. Ces deux livres, en fait, rendent concrète cette réalité et en font pour moi une personne plus proche, remplie d'amour pour chaque homme. Les rencontres et les guérisons décrites dans ces pages montrent aussi la soif de l'homme d'être aimé et les miracles que peut faire l'Amour dans la vie d'un homme. J'y trouve aussi un chemin pour mieux suivre le Christ au quotidien à travers ceux qui m'entourent : mon mari, mes enfants, mes frère et sœurs, mes amis…
Un autre élément important dans ce livre : la présence de Satan et des démons et la facilité avec laquelle l'homme tombe dans le péché malgré tous les efforts qu'il fait pour vivre saintement. Le personnage de Judas, disciple du Christ qui, plus tard, trahira Jésus pour de l'argent, est très important à cet égard. Très présent, il est une sorte de contre-exemple permanent : avarice, orgueil, égoïsme… Et pourtant, dans tout le récit, Jésus ne cesse de lui parler comme à un ami très cher, en sachant très bien ce qui l'habite : ses parts d'ombre et ses parts de lumière. Avec toujours un immense amour et un grand respect pour les choix qu'il fait et qu'il fera. Jamais de reproche, sachant pourtant ce qui se passera plus tard, à Jérusalem. En fait, la place de Judas au sein des disciples m'éclaire sur la liberté qui nous est laissée, à nous, être humains, de suivre ou non le Christ et Dieu. Avec un amour infini, immense, une douceur et une tendresse incroyable, Dieu et le Christ nous guident, si et seulement si nous sommes d'accord pour les suivre, avec la grâce de l'Esprit Saint.


Paru aux éditions du Parvis, 2013 (t.2) et 2001 (t.3). ISBN : tome 2 : 978-2-88022-151-5. tome 3 : 978-2-88022-171-3.

jeudi 12 mars 2015

De Lumière en Lumière : Vie de la Bienheureuse Chiara Badano, de Mariagrazia Magrini



Chiara Badano est née à Savone, dans le Nord de l'Italie, le 29 octobre 1971. Elle est morte dans son village, à Sassello, où elle a passé la majeure partie de sa vie, le 7 octobre 1990. Une vie très courte (pas tout à fait 19 ans), et pourtant Chiara a vécu dans la foi et la sagesse de Dieu depuis sa plus tendre enfance. Elle est la quatrième jeune non martyre béatifiée par l'Eglise, le 25 septembre 2010.
Une de mes amies m'a prêté ce livre parce qu'elle est particulièrement touchée par ces jeunes, ces enfants qui mènent des vies saintes, dans la foi. Mais j'ai attendu pas mal de temps avant de le lire, parce que je n'avais pas envie d'avoir sous les yeux la description de la souffrance incroyable de cette jeune fille, morte d'un des pires cancer des os qui existent après deux ans de douleurs intenables. Je pensais devoir faire face à la mort, à la souffrance... mais c'était sans compter la bonté de Dieu. En même temps que Chiara a eu à subir la douleur, Dieu lui a donné la grâce de la vivre dans la joie, dans l'abandon et le don total d'elle-même pour son "Premier Époux", son bien-aimé, Jésus, en s'unissant à ses souffrances sur la Croix. Aimée de Dieu, elle a eu la force de tout vivre et accepter pour Lui.

Le récit de la vie de Chiara Luce, du surnom qui lui a été donné par Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari dont Chiara Badano a fait partie très jeune, est illuminé par cette joie profonde, sincère, qui l'habite dès l'enfance. La joie et aussi la volonté d'aimer l'autre, c'est-à-dire d'aimer Jésus à travers l'autre ou encore d'aimer l'autre comme s'il était Jésus. De mettre toujours Jésus "au milieu", de toujours chercher à le reconnaître dans la personne en face d'elle. C'est à travers les Mouvement des Focolari que Chiara approfondit sa foi et la vit au quotidien. Ce mouvement est vraisemblablement un élément essentiel de sa formation spirituelle et sera déterminant dans la manière de vivre l'épreuve et l'offrande.
Autre caractéristique de cette jeune fille : elle a toujours offert à Jésus ses peines, ses souffrances, ses difficultés, qu'elles soient d'ordre relationnel, scolaire ou personnel.
Une des choses qui m'a le plus frappée, c'est la manière dont elle a accepté le diagnostic final, la réaction qu'elle a eue face à sa mère, au retour de l'hôpital où le médecin lui a appris qu'elle ne guérirait pas, que tout était perdu. Elle a demandé à sa mère de se taire, de ne pas lui parler maintenant et est restée assise dans le canapé et y est restée prostrée pendant... 25 minutes. Vingt cinq minutes au bout desquelles elle a dit à sa mère : "Tu peux parler". Entre-temps, on ne peut que supposer ce qui s'est passé. Sans doute a-t-elle confié sa vie au Christ, sans doute est-ce le temps qu'il lui a fallu pour accepter le verdict et ce qu'il voulait dire, avec la grâce de Dieu et dans l'abandon, la confiance totale et l'amour pour le Christ dont elle fait preuve depuis sa petite enfance : "Si tu le veux, Jésus, je le veux, moi aussi".

En dehors de la manière dont elle a vécu la maladie, ce qui est frappant, chez Chiara Luce, c'est sa manière de vivre avec les autres. Bien que réservée, cette jolie jeune fille a toujours été entourée d'amis, elle était aimée de tous. Et vivait tout dans la paix et la sérénité, qu'elle savait communiquer à tous ceux qui venaient la voir, les soutenant et les réconfortant.

J'ai été littéralement scotchée par cette biographie. J'y ai vu l'histoire d'une sorte de comète ou d'étoile filante. Une vie de foi dont la fulgurance est incroyable : Si l'Eglise a béatifié Chiara, c'est qu'elle est un exemple de confiance et de foi dans notre monde qui a mis Dieu aux oubliettes depuis bien longtemps. Nous avons besoin de ces vies de Saints, de ces exemples de vies tout entières données au Christ et, par ricochet, données aux autres, puisque l'un ne va pas sans l'autre. Ce que j'ai appris, avec cette lecture, c'est qu'il ne peut y avoir de sainteté seule. L'amour pour le Christ est forcément fécond et ne peut qu'être tourné vers les autres. Et puis, l'exemple de Chiara Luce donne des "pistes" pour vivre une vie sainte, tournée vers le Christ et les autres. L'offrande et la prière en particulier. L'offrande de tout ce qui fait la vie quotidienne, des bonnes comme des mauvaises choses. Des joies de la journée comme des souffrances, physiques ou morales, des humiliations, des vexations ou des réussites, offrande aussi des renoncements, abandon à la volonté de Dieu.

Et puis, Chiara est un exemple d'humilité. Se faire petite fait partie de cette offrande, puisqu'elle semble en être un peu la conséquence. Si j'offre tout à Dieu, c'est que je reconnais aussi que rien ne vient de moi, que tout vient de Lui. Je n'ai donc aucune gloire à retirer de mes réussites : tout vient de Dieu. Je peux donc aussi tout lui offrir... et la boucle est bouclée.
C'est étonnant comme les choses se font bien. Le Seigneur pense à nous dans les moindres détails. Cette lecture, que j'ai terminée le week-end dernier, vient confirmer ce que m'a dit un prêtre samedi soir et me donner concrètement les moyens de faire ce qu'il m'a demandé de faire : offrir et me faire "petite"... J'ai maintenant des moyens concrets pour avancer sur ce chemin de la sainteté, auquel tous les baptisés sont appelés. Ben... y'a plus qu'à ! Et c'est là le plus difficile, mais quel défi, avec la grâce de Dieu !

Paru aux éditions du Jubilé, 2011. ISBN : 978-2-86679-530-6.

jeudi 12 février 2015

Arraché à l'enfer : la résurrection d'un toxico, de Laurent Gay



Ce livre m'a été prêté par une amie et sur le coup, je n'ai pas eu tellement envie de le lire. Trop « toxico » à mon goût. Témoignage sur la drogue et la sortie de la drogue (oui, ça existe !), encore un... non, vraiment, je n'avais pas envie de le lire. Et puis, sans trop savoir pourquoi, finalement, je l'ai ouvert et n'ai plus été capable de le lâcher. L'histoire de Laurent Gay commence on ne peut plus banalement. Un enfant de 8 ans, victime, comme tant d'autres, de harcèlement à l'école. Un « grand » qui lui pique d'abord son goûter, puis le rackette franchement... jusqu'à ce que Laurent décide un jour que ça n'irait pas plus loin. Un coup de boule dans la tête du « grand » qui le terrorisait et s'en fut fini du racket. Mais ce ne fut que le début de la descente aux enfers du « petit » Laurent qui se tailla bien vite une réputation de caïd dans sa banlieue. Avec sa bande de copains, plus rien ne l'arrête (cambriolages, vols, agressions...) à l'exception de deux choses : on ne s'attaque pas aux femmes et aux enfants.

L'enfant qu'il était grandit, rencontre assez vite le cannabis et se fait renvoyer de plusieurs établissements scolaires. Petit à petit, il plonge dans la délinquance ordinaire. Sa rencontre avec le cannabis, véritable « porte d'entrée » vers la drogue dure et le grand banditisme, l'amènera à voler de plus en plus souvent pour obtenir sa dose quotidienne, puis à tuer. Il se constitue prisonnier, est incarcéré... et tout change à ce moment-là. Non pas parce que la prison l'a changé (ce serait plutôt le contraire qui se passe la plupart du temps et qui aurait pu se passer là aussi), mais parce que du fond de sa cellule et de son désespoir, Laurent « rencontre » Dieu, qui le sauve. Il lui demande tout, sachant que seul, il ne peut rien.
Après sa sortie de prison, malgré cette rencontre, il replonge dans la drogue et cumule les ennuis de santé (sida, hépatite...) qui vont l'amener à entamer une cure de désintoxication et à accepter une hospitalisation. Durant laquelle une autre rencontre va compléter la première et le mener sur un chemin de lumière.

Ce témoignage peut paraître incroyable. Pour beaucoup, ces « rencontres » ne seront que le fruit du hasard, de la chance ou autres (mais Dieu se sert des hommes, de nos propres mains, pour agir), et certains verront dans sa « résurrection » comme il l'appelle lui-même le fruit de sa propre volonté ou de la force de son psychisme. Et pourtant ce serait méconnaître ce témoignage, car Laurent le dit lui-même : seul, il n'aurait rien pu faire. Le piège de la drogue est tellement puissant qu'il faut bien plus que la volonté (inexistante d'ailleurs chez un toxico) pour s'en sortir. Pour moi, ce témoignage corrobore ce que j'ai déjà vécu : Dieu prend soin de ses enfants, si tant est que ses enfants Lui demandent de veiller sur eux. Il suffit de demander, parfois, il est vrai, avec insistance, pour être exaucé. Faire confiance. Confiance en Dieu, en la Vie, qui est plus forte que la mort et que le Malin.

Ce petit livre se lit très vite et il est édifiant. Il m'a permis de comprendre diverses choses, comme par exemple le fait que l'orgueil humain fait toujours croire qu'on est capable de s'en sortir seul, par sa propre volonté. Ou qu'on est plus fort que l'adversité. Alors qu'en fait, il faut bien admettre que, seul, face au Mal, il peut être difficile d'en sortir vivant. Seul Dieu sauve. Pour peu qu'on veuille être sauvé et qu'on fasse appel à Lui... Un livre à lire d'urgence quand on voit l'état du monde aujourd'hui...


Éditions des Béatitudes, 2007. ISBN : 978-2-84024-284-0.

mardi 3 février 2015

La Patrouille des Castors, l'intégrale tome 5, 1968-1975, de Michel Tacq et Jean-Michel Charlier



Mes enfants ont découvert cette série il y a deux ans, totalement par hasard. Suite au décès de l'une de mes grand-tantes, nous avions récupéré chez elle, à la demande ses enfants, un carton de livres qui auraient, au mieux, fini chez Emmaüs. Dans ce carton, une bande dessinée très abîmée : un exemplaire d'une édition originale du tome 2 de la série La Patrouille des Castors, intitulé Le Disparu de Ker-Aven. Suite à cette découverte, mon second a farfouillé dans les bacs de la bibliothèque de l'école et y a découvert d'autres volumes de la série : La Bouteille à la mer, Le Trophée de Rochecombe, Le Hameau englouti, Le Traître sans visage, La Couronne cachée, et, enfin, Le Fantôme.
Pour Noël, mon second a donc, fort logiquement, demandé un album de la série, qu'apparemment on ne trouve plus qu'en version intégrale. Son parrain a eu du mal, mais il a finalement pu trouver le seul volume où les quatre aventures racontées ici étaient inconnues de mes trois aînés.
En réalité, l'intégrale 5 regroupe bien quatre albums, mais ce sont en fait deux diptyques : Le Pays de la mort et Les Démons de la nuit, qui raconte une aventure se déroulant en Afrique, où un pays se trouve étrangement condamné à la famine suite à la mort subite de sa flore et de sa faune ; d'autre part, Vingt milliards sous la terre et El Demonio, une aventure se déroulant dans les Pyrénées, à la frontière espagnole, où les scouts ont décidé de faire de la spéléologie durant leur camp d'été.
Ces quatre albums sont les derniers de la série. Ils sont parus, pour le premier d'entre eux, plus de 4 ans après le précédent, à cause du planning très chargé de Jean-Michel Charlier, le scénariste, sollicité de toute part pour des projets éditoriaux et télévisuels. Il est entre autres l'auteur de la série Tanguy et Laverdure, adaptée à la télévision sous le titre Les Chevaliers du ciel, adaptation qui lui demande beaucoup de temps et le rend peu disponible pour ses autres travaux de bande dessinée, dont La Patrouille des Castors.
Du coup, entre Le Fantôme et Le Pays de la mort, qui le suit, les scouts ont grandi et ils sont désormais de jeunes gens qui forment une troupe de Pionniers, la branche aînée des scouts, où les jeunes gens portent des chemises rouges au lieu des bleues que portent les plus jeunes.

Dans le premier diptyque, les jeunes gens partent au Moanda, où le père de Faucon, l'un des cinq scouts, a été appelé en tant que biologiste, par le souverain du pays pour y enquêter sur une mystérieuse maladie qui décime les plantations et la flore en général de la plus riche du pays, véritable grenier à blé pour la population. Touché par cette mystérieuse maladie, le pays risque la famine et le roi craint d'être évincé du trône sous la pression des trusts industriels qui s'accapareraient bien les richesses du pays. Entre magie et technologie, maladie et mauvais sort, les scouts auront fort à faire pour démêler l'écheveau.

Le second diptyque voit les scouts débarquer dans le sud des Pyrénées pour un camp « explo » spéléo au gouffre connu comme le « Trou d'enfer ». Le lieu a été choisi pour la légende qui y est attachée : au 16e siècle, un bandit surnommé « El Demonio » aurait écumé la région et se serait caché dans ces grottes dont on dit qu'elles abritent un passage reliant la France à l'Espagne. Mais personne n'a jamais pu trouver ledit passage ni explorer le gouffre. Aucun de ceux qui s'y sont essayé n'en est revenu vivant.
A peine arrivés, les jeunes gens apprennent qu'un corps a été retrouvé à proximité du gouffre et une suite de rencontres étranges et d'incidents inexplicables se produit, les enjoignant à quitter leur campement. Il faut toute la persuasion de Poulain, le chef de patrouille, pour que les scouts décident de mener leur exploration à bien, ce qui ne se fera pas très simplement tant les difficultés et contre-temps sont nombreux…

Si les aventures sont difficilement crédibles (les scouts ne partent pas en camp à une seule patrouille, par exemple), il n'en demeure pas moins vrai que le scénario est efficace, à rebondissement, et qu'il a tout pour plaire. Les héros sont attachants, bien identifiables par leurs caractères et leurs personnalités et les auteurs ont respecté la philosophie scoute : cet aspect-là de leurs aventures est donc tout à fait crédible. En fait, cette série fait partie, sans doute, des ouvrages capables d'exalter certaines qualités chez les jeunes et de leur donner matière à rêver. Tout comme la série de romans pour enfants Signes de pistes, sur le monde scout également, cette série véhicule les valeurs chrétiennes et scouts sans pour autant faire de ces lectures des ouvrages de catéchisme. Il faut sans doute y voir l'origine du succès de ces séries, capables de faire rêver des générations d'enfants. D'excellentes lectures, encore aujourd'hui, pour les filles comme pour les garçons, d'ailleurs.

À noter dans cet album, comme dans les autres de la série et des intégrales Dupuis : un excellent cahier racontant l'histoire de la bande dessinée et apportant un vrai « plus » par rapport aux albums classiques avec les carnets de croquis et les esquisses diverses, les essais du dessinateur pour les couvertures… en plus de rappeler le contexte de l'écriture de chacun des albums. Une vraie mine d'informations.


Paru aux éditions Dupuis, 2014. ISBN : 978-2-8001-6115-0.

lundi 2 février 2015

Bonnes nouvelles sur le sexe et le mariage, de Christopher West



Le Seigneur fait bien les choses. Lors de la sortie de ce livre, en mars ou en avril 2014, j'avais lu un article dans la presse catholique à son propos. Il y était dit, en gros, que cet ouvrage permettait au lecteur de débuter dans la connaissance de la Théologie du Corps de Saint Jean-Paul II (pas encore canonisé à ce moment-là), que l'article décrivait comme étant une "bombe théologique à retardement" (des mots mêmes de l'auteur du livre). Soucieuse de vivre au mieux, dans mon couple et dans ma famille, l'enseignement de l'Eglise sur la question de la sexualité, je pensais commander le livre, sans pour autant passer à l'acte et remettant à plus tard.
Et puis, à la fin du mois de juillet 2014, avec mon mari, nous avons participé à une retraite d'une semaine dont le thème était justement la Théologie du Corps. La conférencière était une religieuse américaine, en France depuis quelques années, formée à l'Institut Jean-Paul II, aux Etats-Unis, et condisciple de Christopher West, l'auteur du livre. C'est à cette occasion que je me suis procuré le livre, curieuse de savoir ce qu'il pourrait m'apporter après la riche retraite sur ce thème universel du corps, de l'amour et de la sexualité.
Je n'ai pas pu lire le livre tout de suite. La retraite et ses enseignements étaient encore trop frais, trop présents, trop proches dans le temps. Et ce n'est que six mois après que j'ai enfin pu m'y mettre sérieusement.

Le livre est composé de neuf chapitres, tous (à l'exception du premier) construits de la même façon : une suite de questions et de réponses. Des questions très concrètes, d'ailleurs, du style "Je trouve assez ironique que de vieux célibataires cherchent à imposer une morale sexuelle aux autres" (chapitre 2, "Qui le dit ?") ou "Pourquoi l'Eglise ne vit-elle pas avec son temps en admettant que certains mariages ne marchent pas, tout simplement ?" (Chapitre 3 : "À quoi disons-nous "oui" ?") ou encore "Mais enfin, que peut-il bien y avoir de mal à recourir à la contraception ?!" (Chapitre 6 : "Oui... mais non").
Le premier chapitre, lui, est consacré au "grand mystère", c'est-à-dire à la théologie du corps elle-même, l'enseignement de l'Eglise sur la sexualité et le mariage. C'est une présentation rapide et pourtant assez détaillée de la place de la sexualité dans l'amour de Dieu et dans son plan pour l'humanité.

Ce qui m'a frappée dans ce livre et, surtout, dans l'enseignement de l'Eglise sur le corps et la sexualité, c'est sa très grande cohérence. De fait, ce que ce livre pointe, ce sont nos incohérences à nous, êtres humains, face à la sexualité et au mariage.
Par exemple, dans le mariage chrétien, catholique, ce à quoi nous disons "oui", c'est bien la participation de Dieu dans la vie du couple : on lui demande, par le sacrement du mariage, d'être partie prenante dans le mariage, c'est-à-dire d'accompagner et d'aider les époux à vivre le mariage et, de préférence, à "bien" le vivre. De fait, Dieu étant Trinité, l'Esprit Saint est présent dans la chambre à coucher. Il est même l'Amour, à l'image de ce qu'Il est dans la Trinité Sainte. C'est par ailleurs cet Amour qui est créateur, féconde et rend le couple fécond, lui donnant la joie d'accueillir des enfants (dans la plupart des cas, ce qui ne veut pas dire que les couples qui connaissent la stérilité ne sont pas féconds d'une autre manière). Du coup, l'enseignement de l'Eglise se comprend mieux, notamment au regard de la contraception. Utiliser la pilule dans le mariage catholique revient à mettre l'Esprit Saint dehors, hors de la relation et de la chambre à coucher alors même que, par le sacrement, les époux lui ont demandé d'être présent. C'est incohérent, pas de la part de l'Eglise mais de la part des hommes et des femmes agissant ainsi à l'encontre de ce qu'ils ont pris comme engagement.

L'enseignement de l'Eglise est universel. Il s'adresse à tous et peut être reçu par tous, si tant est que l'on cherche à vivre l'amour en vérité. En suivant les enseignements de l'Eglise sur le corps, le mariage et la sexualité, il est possible de vivre une sexualité ouverte à l'autre, au don de soi, dans le respect de l'autre. Cela suppose de renoncer à certaines choses, en particulier à ce qui semble être l'un des moteurs essentiels de la sexualité aujourd'hui : la recherche du plaisir pour soi, du plaisir pour le plaisir. Vécue de cette manière, la sexualité conduit à toutes les dérives que l'on constate aujourd'hui. Mais vécue dans le don gratuit de soi à l'autre, c'est-à-dire selon ce qu'enseigne l'Eglise, la sexualité est bonne et rend pleinement heureux, telle un avant-goût de paradis.
C'est un chemin exigeant, difficile peut-être, car il exige de la personne qu'elle reconsidère parfois toute sa manière d'être. Mais quelle récompense, quelle joie, quels fruits pour le couple et la famille quand ce qui en fait le cœur, l'essence même, est vécu dans le don de soi !


Paru aux éditions de l'Emmanuel, 2014. ISBN : 978-2-35389-286-0.

vendredi 30 janvier 2015

Les Sisters, tome 4 : C'est Nikol Crème !, de Christophe Cazenove et William



Wendy et Marine sont deux soeurs d'environ 12 et 8 ans. Wendy, l'aînée, est aussi brune que Marine, sa petite soeur, est blonde. Et les deux filles s'entendent... comme des soeurs : elles se chamaillent, passent leur vie à se taper dessus, mais ne peuvent pas se passer l'une de l'autre. Elles s'aiment et se détestent tout à la fois, quoi. En fait, elles sont normales !
Les différentes planches de cette bande dessinée racontent le quotidien de ces deux soeurs un peu déjantées, plutôt dégourdies, et de leurs relations en famille ou avec les copains et les copines. Les planches sont toutes indépendantes les unes des autres, certaines se suivent, d'autres non...
Mes filles (12 et 8 ans) et mon fils (10 ans) dévorent chaque tome (ils en ont 6 sur les 7 parus) et je les entend souvent rire des situations plus ou moins cocasses racontées ici. D'ailleurs, nombre de ces histoires sont tout à fait transposables à notre vie quotidienne, et c'est sans doute pour cela que ça "fonctionne" avec mes enfants... qui y trouvent une exagération drôle de leurs propres situations de conflits fraternels !
Bref, une bd sympa pour enfants !


Paru aux éditions Bamboo, 2009. ISBN : 978-2-35078-782-4.

dimanche 18 janvier 2015

Une Île au coeur du monde, de Michael D. O'Brien



Le héros de cette fresque, c'est Josip Lasta, né en 1933 dans les Balkans. Au moment où débute le récit, nous sommes en pleine Seconde Guerre Mondiale et les montagnes yougoslaves voient s'affronter les armées d'occupation (allemandes et italiennes) et les diverses factions rebelles. Josip habite un village des montagnes, préservé parce que minuscule, enclavé et sans aucun intérêt stratégique. Le nom de ce village, Rajska Polja, signifie "Les Champs Célestes"...

Mais un jour, Josip voit son monde s'effondrer et basculer dans l'horreur. Le jeune garçon va d'abord connaître la peur, la fuite, l'exil, puis l'emprisonnement, la maladie, l'exil à nouveau et, enfin, la renaissance. L'enfant, puis le jeune homme, doit faire face à des conditions de vie déshumanisantes, à une souffrance sans nom. Et pourtant, malgré la prison, les mauvais traitements, la faim, la perte de ceux qu'il aime, la haine dont il est l'objet, il parviendra à survivre et à garder son identité et son humanité.

J'ai été profondément bouleversée par ce roman. Plus de 820 pages pour raconter une vie, la vie de cet homme, traversée par la guerre, mondiale, civile, qui lui fera tout perdre. Mais sur la route de Josip se trouvent aussi des personnes qui l'aideront à "tenir" dans certains moments difficiles, puis à se reconstruire et à revivre. Un roman où l'on suit un homme très simple, habité simplement par la foi et l'envie de vivre, malgré la haine, la guerre, la souffrance physique et morale. Jamais il ne perd son humanité, même si les aléas de sa vie l'emmènent bien souvent au bord du gouffre. À chaque fois, une personne ou une autre, sortes d'anges gardiens dans ce monde hostile, lui permettent d'avancer et l'aident à préserver ce qui fait de lui un homme et non pas un animal...
On voyage beaucoup, aussi, depuis la Yougoslavie jusqu'à New York en passant l'Italie... Josip y fait de très belles rencontres, des gens humains qui font passer leur prochain avant leur profit et sont prêts à donner un peu, voire beaucoup de ce qu'ils ont pour l'aider.
Plus tard, une fois sorti de l'enfer que sont devenus les Balkans, en exil, Josip aidera d'autres, parfois plus jeunes, moins chanceux peut-être, à avancer eux aussi en restant dignes, à leurs yeux et à ceux des membres de leurs familles. En particulier, la rencontre avec le jeune Caleb est touchante parce qu'elle permet de voir Josip faire pour ce jeune garçon ce que d'autres ont fait pour lui auparavant et qui lui a permis de ne pas sombrer.

Ce magnifique roman, souvent difficile pour les images qu'il véhicule, est rempli d'espérance, de cette espérance chrétienne qui me dit que quoi qu'il arrive, je ne suis jamais seule, que Dieu m'accompagne sur le chemin de vie qui est le mien. Quelles que soient les souffrances que l'on doit traverser, c'est la Vie qui est au bout du chemin.


Paru aux éditions Salvator, 2011. ISBN : 978-2-7067-0800-8.