mercredi 24 avril 2019

Sara Lone, tome 3 : Sniper Lady, de Erik Arnoux et David Morancho




Mars 1962. Nous retrouvons Joy Carruthers, qui se fait désormais appeler Sara Lone, définitivement, en Virginie du Nord (ou dans le nord de la Virginie ? En tout cas, c'est dans le sud... des États-Unis) à la basse militaire d'Union Springs, où elle termine son entraînement et est devenue une tireuse d'élite. Elle y retrouve Rip Vandoorne, le mystérieux agent de l'USSS (United States Secret Service, les services secrets américains) qui lui sert d'ange gardien depuis deux tomes maintenant. Cette fois-ci, la série prend un nouveau cours. Le premier diptyque a en quelque sorte clos l'intrigue de départ (l'assassinat du père de Sara) et jeté les bases de la seconde, sans en dévoiler trop pour autant. Avec ce troisième tome, on entre directement (et ce dès les premières pages) dans la crise qui va secouer le monde en 1962 : la Crise des Missiles de Cuba.

Nous sommes en pleine guerre froide. Le Mur de Berlin a été érigé l'année précédente. Le monde est coupé en deux, sous domination des Russes, Communistes, à l'Est, et sous hégémonie américaine à l'Ouest. Dans cette nouvelle guerre, tous les coups semblent permis, depuis le bluff jusqu'aux complots, et peu importe si cette guerre engendre des pertes civiles. Après tout, « on en fait pas d’omelette sans casser des œufs »… Sara Lone va se retrouver au cœur de l’action mais de moins en moins à son corps défendant. Le personnage évolue, s’endurcit, mûrit, jusqu’à s’affranchir totalement de la tutelle exercée sur elle par son « ange gardien ».

Graphiquement, c’est toujours aussi beau, aussi bien, précis, réaliste. Le tempo est haletant, l’action toujours présente à chaque page avec nombre de rebondissements.
De la très bonne BD !

Paru aux éditions Sandawe, 2017. ISBN : 978-2-39014-188-4.



samedi 20 avril 2019

Le Siècle, tome 2 : L'Hiver du monde, de Ken Follett



Ce tome 2 du « Siècle » commence en 1933, soit environ dix ans après « La Chute des Géants ». On retrouve la famille Von Ulrich en Allemagne, où Maud et Walter vivent avec leur fils Erik et leur fille Carla. Maud est restée en lien avec Ethel Williams, son ancienne femme de chambre, qui s’est mariée avec un militant travailliste et qui vit à Londres avec leurs deux enfants, Lloyd et Millie. Du côté des États-Unis, nous retrouvons la famille Dewar. Gus, sénateur, s’est marié et a eu lui aussi deux enfants, Woody et Chuck. Lev Pechkov, immigré russe, s’est marié également et a une fille, Daisy. Il a également deux maîtresses et un fils illégitime, Greg.
En Russie, Grigori Pechkov, le frère de Lev, est un héros de la Révolution Russe. Marié à Katerina, l’ancienne petite amie de Lev, il élève leurs deux enfants, Vladimir (dit Volodia) et Ania.

Les familles sont dans des situations assez complexes, dans ce tome deux. Au niveau personnel : émigrés, enfants illégitimes, adultères, mais aussi d’un point de vue politique. 1933, c’est l’année de l’accession au pouvoir d’Hitler, avec son lot de violences et toutes les conséquences qui s’en suivront.
Entre restrictions des libertés personnelles, instauration de dictatures, lutte pour la liberté et la démocratie, pour survivre, aussi, tout simplement, les différents protagonistes se battent, se rebellent, cherchent (et parfois trouvent) des solutions à leurs difficultés.

Ce qui m’a le plus gênée, en débutant ce deuxième tome, ça a été le changement de personnages. Les protagonistes du tome 1, devenus adultes et parents, se retrouvent au second plan de l’intrigue, qui laisse la place aux enfants, quasiment sans transition (si ce n’est le fait de refermer le tome 1 pour ouvrir le tome 2). J’ai trouvé cela assez violent, parce que je m’étais attachée aux personnages. Après, l’intrigue aidant, j’ai pu m’attacher également aux « nouveaux » personnages principaux, avec toutefois le regret de ne presque plus rien savoir de leurs parents. Ceci dit, ce tome comporte, lui aussi, plus de mille pages… Sans doute fallait-il faire des choix.
Comme dans le tome 1 (et les autres ouvrages de Ken Follett), c’est bien écrit, avec nombre de rebondissements dans l’intrigue, que ce soit sur le plan de l’histoire ou celui des personnages et de leurs histoires personnelles. Et comme d’habitude, je suis gênée par la propension de l’auteur à mettre beaucoup trop de sexe dans ses textes, même si ces scènes sont bien amenées et apportent quelque chose au récit. Mais je me demande si l’obsession des personnages de savoir quand et comment ils pourront mettre une femme dans leur lit ne finit pas, à la longue, par nuire quelque peu au récit...

Paru aux éditions Librairie Générale Française, 2013 (Le Livre de Poche), 1068 p. ISBN : 978-2-253-12596-9.

mercredi 17 avril 2019

Sara Lone, tome 2 : Carcano Girl, de Erik Arnoux et David Morancho




Avril 1961. On en sait un peu plus sur le contexte de cette série. Et tout de suite, j'ai un souci. Afin d'avoir plus de détails sur le contexte, j'avais cherché la date de la sortie d' Unchained Melody sur Internet. Et, à moins d'une erreur, il semblerait que Unchained Melody soit sortie en... 1965. Dommage pour l'anachronisme. Ceci dit, c'est juste un léger détail qui ne gâche en rien l'histoire.

L'histoire, vraiment, est bien faite. Bien montée. On retrouve Sara Lone, neuf mois après la mort de son père, qui a repris la pêcherie de crevette dont elle a hérité à sa mort. Elle tente de la sauver de la faillite en partant à la recherche d'un trésor que son père et ses deux amis avaient trouvé par hasard.
De son côté, son « ange gardien », Rip Vandoorne, est aux abonnés absents, trop occupé à essayer de régler un problème lié à l’élection du dernier Président, John Fitzgerald Kennedy.
Enfin, le voile se lève peu à peu sur ce qui s’est réellement passé le soir de la mort du père de Sara/Joy, Ron Carruthers.

Dans l’Amérique des années 60, il n’est pas bon être noir de peau… surtout dans un état comme le Texas ! Le Klan tire savamment les ficelles, n’hésitant pas à user d’intimidation, de trafic, voire de meurtres pour arriver à ses fins…

Un certain nombre de questions restent en suspens, dans ce deuxième tome. Si l’on connaît maintenant l’origine du trésor et le mobile des meurtriers de Ron Carruthers, on n’en sait pas beaucoup plus sur les motivations de Rip Vandoorne, l’ « ange gardien » de Sara…
En tout cas, je suis bien heureuse d’avoir commandé les quatre tomes en une fois. Attendre la suite eut été difficile !

Paru aux éditions Sandawe, 2015. ISBN : 978-2-930623-29-0.

samedi 13 avril 2019

Requiem pour Nagasaki : Biographie de Takashi Nagai, le « Gandhi japonais », de Paul Glynn




Mon ancien accompagnateur spirituel m’avait demandé, au mois d’octobre dernier, de me renseigner sur Takashi Nagai, médecin militaire japonais, mort quelques années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. J’ai bien sûr commencé par Internet, en première exploration : qui était cet homme ? Avait-il écrit des ouvrages ? Une biographie existait-elle ? Et j’ai trouvé immédiatement beaucoup de réponses. Takashi Nagai, radiologue, a survécu à l’explosion de Fatman, la bombe qui est tombée sur la ville de Nagasaki, le 9 août 1945, trois jours après celle qui a détruit en grande partie Hiroshima.
De mes souvenirs d’histoire, je gardais en mémoire la martyre d’Hiroshima, les images de l’horreur absolue, la colère face aux destructions et surtout à l’atroce massacre d’innocents, immédiat, mais aussi à retardement, lié aux radiations. Jamais je n’avais osé ouvre cette fenêtre, ne voulant pas voir l’horreur en face.
Et voilà que ça m’était demandé par mon accompagnateur spirituel, comme quelque chose qui me permettrait d’avancer dans la foi.
Le « jeu », dans l’accompagnement, consiste, pour moi, à obéir à ce qui m’est demandé et de voir où cela me conduit, quitte à tout arrêter si c’est trop dur ou à différer si je ne suis pas prête. Ces arrêts, définitifs ou temporaires, font partie d’ailleurs de l’accompagnement.
Concernant Takashi Nagai, j’ai d’abord lu des résumés de sa vie et des extraits de son livre « Les Cloches de Nagasaki », me familiarisant peu à peu avec cet homme. Jusqu’à commander ce livre d’occasion, puisque introuvable neuf à des prix raisonnables.

Et j’ai commencé ma lecture.
Paul Glynn livre là plus qu’une biographie, puisqu’il retrace (succinctement, puisque ce n’est pas l’objet premier du livre) les vies du grand-père et du père de Takashi Nagai, vies indispensables à connaître pour comprendre Takashi lui-même. Mais il donne également de nombreuses clés pour permettre à l’occidentale que je suis de pouvoir un peu comprendre aussi la mentalité japonaise. Sans ces éléments, le récit brut de la vie de Takashi Nagai serait totalement incompréhensible, tant la mentalité japonaise du milieu du XXe siècle est éloignée de la nôtre, occidentaux.

Takashi Nagai est un jeune étudiant en médecine, athée, au moment où éclate la guerre sino-japonaise durant les années trente. Juste avant sa mobilisation, il avait trouvé un logement dans la maison des parents de Midori, à Nagasaki, dans le quartier chrétien d’Urakami. Cette famille, chrétienne, sera le point d’ancrage de Takashi et lui permettra de vivre un début de conversion au catholicisme à Noël 1932, quelques temps avant d’être envoyé comme médecin militaire sur le front chinois.
Après la guerre sino-japonaise, Takashi se convertit et épouse Midori. De leur union naîtront un fils puis une fille.

Takashi Nagai est ensuite devenu médecin radiologue, qui travaille d’arrache-pied pour permettre aux nombreux malades de la tuberculose de pouvoir bénéficier, grâce aux radios thoraciques récemment mises au point, d’être diagnostiqués puis traités à temps. Il étudie du même coup les radiations elles-mêmes et, le 8 août 1945, il apprend à sa femme, Midori, qu’il est atteint de leucémie, contractée suite à une trop grande et trop fréquente exposition aux radiations. Il n’a plus qu’une espérance de vie très limitée mais il repart à l’hôpital pour y assurer sa garde qui doit durer jusqu’au lendemain soir.
Le lendemain matin, 9 août, c’est l’explosion de la bombe sur Nagasaki, dont les effets vont être dévastateurs.
Takashi est à l’hôpital au moment de l’explosion, dont il va être protégé des effets directs, contrairement à nombre d’étudiants et, surtout, à Midori qui a été brûlée vive à 11h, ce matin-là.

Ce qui m’a frappée dans ce récit, c’est la personnalité de Takashi. Toute sa vie, après la bombe, a été éclairée par sa foi lumineuse. Takashi Nagai a, dans un premier temps, porté secours aux malades et aux mourants au sein même des ruines de l’hôpital où il se trouvait au moment de l’explosion. Ce n’est qu’au bout de trois jours qu’il a pu se rendre à l’endroit où se trouvait auparavant sa maison, où il n’a retrouvé que les cendres de son épouse, ainsi que son chapelet, intact. Par la suite, le docteur Nagai a organisé les secours dans les villages alentours, puis la reconstruction, en commençant par la cathédrale d’Urakami, lieu important pour la population de la ville, à majorité chrétienne. Son intervention et sa foi ont aussi permis que la haine n’envahisse pas les cœurs des survivants. À tel point que la perception du drame, sans en oublier ni en minimiser l’horreur, a été durablement différente de ce qui s’est passé à Hiroshima.

« Hiroshima crie, Nagasaki prie. »

Aujourd’hui encore, plus de soixante-dix ans après, cette vision pacifique de Takashi Nagai imprègne encore les lieux mémoriels de Nagasaki.

Ce qui m’a frappée, c’est en particulier la lumière et la paix qui émaillent toute la vie de Takashi Nagai, en dépit des drames auxquels il a du faire face. Loin d’une sorte de « méthode Coué » qui l’aurait empêché de voir la réalité en face, il a observé, durant les cinq ans qui lui restaient à vivre après l’explosion de la bombe, en scientifique, les effets des radiations tant sur les sols que sur la végétation, les animaux ou les êtres humains. Et il s’observait lui-même en premier… Il était donc parfaitement conscient de ce qui se passait autour de lui, et en lui. Pourtant, cette paix intérieure et cette joie ne l’ont pas quitté. À la fin de sa vie, il s’est installé dans un minuscule abri tout proche de l’épicentre de l’explosion, où il n’a cessé d’écrire et de recevoir des visiteurs. Il était lumineux. Sa vie et celle de Midori disent beaucoup, en creux, de ce que peut être une réponse à la vocation des époux chrétiens. Ou comment la Foi parvient à transcender l’horreur absolue.

Paru aux éditions Nouvelle Cité, 1994. ISBN : 2-85313-267-6.

mercredi 10 avril 2019

Sara Lone, tome 1 : Pinky Princess, de Erik Arnoux et David Morancho




Cela faisait un moment que j'entendais parler de cette série sur le site de Sandawe, dont j'ai déjà lu certains ouvrages. Le travail d'un éditeur, en résumé, c'est de parier sur un auteur, de passer à la fabrication du livre puis d'en assurer la promotion et les ventes (et, normalement, de rémunérer les auteurs).
Ici, l'éditeur, ce sont des personnes, des lecteurs lambda comme vous et moi qui prennent sur leurs deniers pour financer la sortie d'un album, moyennant des contreparties (BD, version papier et/ou électronique, ex-libris, affiches, édition numérotée, tirage d'art...) en fonction de la somme investie. Et ça marche. Nombre de BD sont éditées de cette manière-là, et de ce que j'en ai vu, ce procédé a l'avantage non négligeable de permettre aux lecteurs-éditeurs d'entrer en contact direct avec le(s) auteur(s) et d'être partie prenante de l'aventure de la création d'un album.

Dans le cas de cette série, les édinautes semblent ne pas s'être trompés, puisque le tome 3 (sur 4) porte un autocollant disant : « Sara Lone, « meilleure série BD » du festival « Polar » de Cognac ». Ce qui veut dire qu’il ne s’agit pas seulement de la persévérance de copains des auteurs qui auraient voulu aider un ami à sortir une BD, mais d’une véritable reconnaissance d’une série, éditée certes de manière non conventionnelle, mais qui a fini par voir ses qualités reconnues dans le monde de l’édition de la BD et qui, de fait, fait jeu égal avec les autres circuits d’édition. Un travail de qualité, donc, couronné par plusieurs prix. Et, d’après ce que j’ai lu pour l’instant, avec raison !

Je n’ai lu que le premier tome avant de rédiger cette chronique, afin de ne pas voir mon jugement perturbé par la lecture du reste de la série.

Ce premier tome est en effet très prometteur. L’histoire se passe dans l’Amérique des années 60, ce qu’on peut évaluer grâce aux magnifiques dessins de David Morancho. Dès les premières pages, nous sommes dans l’ambiance.

Une plage, de nuit. Une voiture s’arrête sur la dune, un jeune homme et une jeune femme en sortent au son de Unchained Melody. Ils s’ébattent sur la plage avant de découvrir un cadavre enterré dans le sable, cadavre dont la tête, séparée du corps, semble les observer.
Commence alors l’enquête policière, menée par l’enquêteur Curtis. Cette enquête le conduit tout d’abord à la Nouvelle Orléans, où se trouve la fille du défunt, Joy Carruthers, connue sous le nom de scène de Sara Lone.
La jeune femme se trouve alors entraînée dans une sordide histoire de meurtre, dont elle est accusée à tort.
On suit donc en parallèle l’enquête de la police et la cavale de Sara/Joy, durant laquelle elle rencontre un homme dont on ne sait rien, sinon qu’il a le bras long, qu’il travaille pour le gouvernement, qu’il devient son « agent traitant » et qu’il se nomme lui-même « Janus ».

À ce stade de l’histoire, on peut penser à un programme de protection de témoin, moyennant une contrepartie dont Joy/Sara n’a pas connaissance pour le moment. Ce qui est certain, c’est que son père n’est pas, et de loin, le seul mort dans cette histoire… Nous voilà donc embarqués dans un polar à l’américaine bien ficelé, avec tout ce qu’il faut de charme, d’aventure, d’action et de mystère pour tenir en haleine le lecteur.

Édité sur le site Sandawe.com, après avoir été financé par des lecteurs, 2013. ISBN : 978-2-930623-19-1.


mercredi 20 mars 2019

Blake et Mortimer, tome 25 : La Vallée des Immortels, tome 1, de Yves Sente, Teun Berserik et Peter Van Dongen



J'ai reçu cette bande dessinée dans le cadre de l'opération « La BD fait son festival », organisée comme chaque année par Rakuten. Et c’est une bonne surprise !

Je connais Blake et Mortimer depuis l’époque d’Edgar P. Jacobs, même si je n’ai pas lu tous les tomes parus, loin de là. Je dois dire que le côté très détaillé des vignettes, avec beaucoup de textes, m’avait un peu rebutée durant mon adolescence.
Ici, le style et l’esprit de la série d’origine sont respectés. On est au milieu du XXe siècle à peu près, le style narratif et graphique est bien le même que dans les débuts, du moins en apparence. Les codes de la série sont là : on est en terrain connu, classique, rassurant, presque. Ce n’est pas Edgar P. Jacobs, mais le résultat en est tout à fait digne, parce que tout en respectant le style originel, les auteurs apportent une touche de modernité.

L’histoire est bien menée, on sent la maîtrise du scénario, du découpage... et le graphisme est tout à fait dans le style de l’école Franco-Belge que nous connaissons tous.

Du point de vue de l’intrigue, l’histoire débute en Chine continentale, lorsque le Docteur Sun-Yi-Sun, conservateur du Musée du Palais Impérial, fait charger des milliers de caisses en bois sur quatre navires. Ces caisses renferment les trésors du patrimoine chinois, en vue de les soustraire aux Communistes dont l’avancée fait craindre pour leur sauvegarde.
Durant le trajet vers Taïwan, une tempête oblige le quatrième navire à se mettre à l’abri sur une île de la région, repaire de voleurs et trafiquants qui vont s’emparer de la cargaison.

Les trois autres navires arrivent à bon port et leur contenu est déchargé. Mais dans l’entrepôt, un accident survient et une caisse tombe, révélant un coffret et une statuette brisée qui renferme dans son socle un rouleau de soie sur lequel est inscrit le début d’un récit datant de l’ère du premier Empereur de Chine.

Voilà le point de départ de la nouvelle aventure de Blake et Mortimer, où l’on va retrouver le Colonel Olrik, l’inévitable méchant de la série, et plein d’autres personnages plus ou moins loyaux : des traitres, des espions, des personnes qui ne sont pas très claires, au point qu’il est parfois difficile de savoir à qui on peut faire confiance !
Une chose m’a fait tiquer : au début de l’histoire, Blake et Mortimer sont à bord d’avions de chasse et détruisent la ville de Lhassa. Alors soit j’ai raté un épisode, soit quelque chose ne va pas : dans mon souvenir, Mortimer était un scientifique, un archéologue, mais ni un militaire, ni un pilote de chasse… J’avais l’habitude d’un peu plus de cohérence dans les fonctions et métiers de l’un et de l’autre des deux héros, d’autant plus que j’ai trouvé que la seule participation de Blake à ce « raid » était pertinente et indispensable… C’est à croire que la présence de Mortimer ne sert qu’à justifier sa participation à l’intrigue, alors même que la rencontre avec l’assistant du Docteur Sun-Yi-Sun, à Londres, va lui donner toute sa place dans l’intrigue…

Je cherche peut-être la petite bête, me direz-vous… C’est sans doute mon côté perfectionniste, qui recherche surtout la cohérence dans ce que je lis, y compris lorsqu’il s’agit de bande dessinée. Ce petit point précisé, il s’agit tout de même d’une bonne BD, dans un genre bien classique, comme je les aime. Et ça fait du bien !

Merci à Rakuten pour cette belle découverte, qui m’a donné envie de me replonger et de compléter la série !

Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2018. ISBN : 978-2-8709-7244-1.

XIII - L'enquête, deuxième partie, de Philippe Xavier, William Vance, Jean Van Hamme




J'ai reçu cette bande dessinée dans le cadre de l'opération « La BD fait son festival », organisée chaque année par Rakuten. Elle m’intéressait parce que je suis la saga XIII depuis de nombreuses années et que j’aime bien quand, dans une série, les auteurs développent le monde dans lequel évoluent leurs personnages, comme dans le Cycle de Cyann, de Bourgeon et Lacroix.

Lors de la sortie de la première partie de l’enquête, j’avais donc été très contente de voir que la BD prenait un tour plus « réaliste », avec ces deux reporters qui se mettaient en chasse de l’identité de XIII et des tenants et aboutissants de cette saga complexe.

Étrangement, alors que lire la suite de cette enquête (qui reprend les faits à compter du tome 14 de la série) aurait dû me transporter de joie, j’ai été plutôt déçue.
Cette deuxième partie est bien plus « light » que ce à quoi je m’attendais. L’intrigue est inexistante (contrairement à la première partie où elle constitue une sorte d’histoire dans l’histoire). Et les « dossiers » s’enchaînent les uns aux autres sans lien, de manière trop plate à mon goût. De plus, cette deuxième partie de l’enquête est comme parasitée par tous les dossiers « XIII Mystery », ce qui est parfaitement normal et prévisible : les auteurs n’ont pas voulu faire de redites (ce qui est à leur honneur ), mais du coup, le contenu des « dossiers » de cette enquête perd en consistance.
Voilà pour les aspects qui m’ont déplu.

Il y a aussi de bonnes choses, heureusement ! Le dessin des deux parties (introduction et conclusion de l’enquête et des planches complémentaires à chaque dossier) est bon, digne du regretté William Vance. Le dessinateur assure une belle continuité avec celui du départ. Graphiquement, la « bd » est donc bien faite et ne déçoit pas. Les planches qui suivent chaque dossier sont aussi bien menées d’un point de vue scénaristique, mais plusieurs d’entre elles m’ont un peu laissée sur ma faim…

Globalement, j’ai l’impression que ce tome 2 de l’enquête semblait essentiel aux auteurs pour combler un « manque » ou un vide laissé dans la série à partir du tome 14 de la saga. Sauf qu’en réalité, il aurait pu aussi ne pas exister, les différents tomes du « XIII Mystery » faisant, à mon avis, office d’enquête en eux-mêmes…

Je suis donc légèrement déçue par cette deuxième partie de l’enquête, mais contente d’avoir pu y mettre le nez !

Merci à Rakuten pour cette opération, qui me donne envie de relire la saga XIII… On ne se refait pas !

Paru aux éditions Dargaud, 2018. ISBN : 978-2-5050-7267-6.