mercredi 22 février 2023

XIII, Tome 25 : The XIII history, par Iouri Jigounov et Yves Sente

 


Autant le dire tout de suite, j’ai été un peu déçue par cet album. Il n’apporte que peu d’éléments nouveaux à l’histoire, excepté à la marge. Tout comme les deux albums « The XIII Mystery - L’Enquête » dans le premier cycle, celui-ci est centré sur un personnage secondaire, Danny Finkelstein, journaliste comme son frère Ron, auteur de l’enquête suscitée avec Warren Glass. Danny est le correspondant de Jason dans la presse et se trouve être le destinataire des copies des documents découverts par Jason en Hollande et qu’il a pour mission de publier si, et seulement si Jason Mac Fly lui donne le feu vert. En attendant, il va devoir en écrire une version intelligible, afin que le public puisse en comprendre les tenants et les aboutissants.

Sous forme de huit « dossiers », entrecoupés de courts épisodes narratifs durant lesquels nous suivons essentiellement Danny et ses démêlés avec les membres de la Fondation Mayflower, Danny raconte l’histoire des ascendants de Jason Mac Fly et de ce qui a conduit à la situation actuelle.

Si j’ai été déçue, c’est surtout par l’impression de redite qui se dégage de cet album par rapport aux informations données dans le précédent. Les faits décrits sont plus détaillés, certes, mais l’essentiel avait déjà été révélé auparavant, ce qui limite fortement l’intérêt de cet album-ci, sauf à entrer plus avant dans les détails de l’histoire.

En revanche, ce qui est plutôt bien fait, ce sont les courtes histoires racontées sous forme de cases de bande dessinée, qui rendent plus vivants les récits essentiellement rédigés des « dossiers » de Danny Finkelstein.

L’intrigue avance très peu, donc, et surtout à la marge, mais cela comporte malgré tout un avantage certain : il n’est pas impossible du tout de comprendre l’intrigue sans lire cet opus et on peut donc lire le cycle 2 en passant directement du tome 24 au tome 26… qu’il va donc falloir que je me procure !


Paru aux éditions Dargaud, 2019. ISBN : 978-2-5051-1962-3

mercredi 8 février 2023

XIII, tome 24 : L’Héritage de Jason Mac Lane, par Yves Sente et Iouri Jigounov

 

Ce nouvel opus s’ouvre sur l’assemblée de la puissante Fondation du Mayflower et le sujet principal de discussion des membres n’est autre que Jason Mac Lane, alias XIII, qui est seul susceptible de bousculer les assises bien établies de la fondation en question. Il est en effet en possession de documents qui pourraient remettre en question tout un pan de l’histoire américaine… et lui permettre de prendre possession d’un héritage dont sa famille a été spoliée depuis plus de trois siècles.

Parallèlement, nous suivons les démêlés de Benjamin Carrington et le Colonel Jones au Banichistan, où ils sont retenus en otages, affaiblis mais bien vivants. Leur périple sera encore long avant qu’ils ne recouvrent la liberté, il sera aussi douloureux.

Enfin, la quête de XIII se poursuit : les documents qu’il a récupérés aux Pays-Bas sont pour lui incompréhensibles et doivent être traduits pour prendre sens et permettre à Jason de mesurer l’impact de leur révélation au grand jour.

Commence alors un va-et-vient entre le présent et le passé, au fil des révélations apportées par l’homme qui a pu décrypter les documents en question.

Nous sommes dans la série XIII, une série d’action, forcément, où les événements s’enchaînent avec une violence et une vitesse importantes, forçant les différents protagonistes à réagir rapidement pour rester en vie ou libres, selon les cas. En tout cas, alors que dans certains tomes de la fin du cycle un, on pouvait sentir une sorte d’essoufflement, là, ce n’est plus le cas. L’intrigue avance, avec son lot de trahisons, de rebondissements, de retournements de situations qui sont la marque même de la série depuis ses débuts.


Paru aux éditions Dargaud (2016). ISBN : 978-2-5050-6770-2


mercredi 25 janvier 2023

XIII, tome 23 : Le Message du martyr, de Iouri Jigounov et Yves Sente

 

Dans ce quatrième tome du deuxième cycle de la série XIII, nous retrouvons Jason Mac Lane, seul, cherchant un moyen de délivrer Jones et Carrington, retenus en otages à la frontière du Pakistan. Il n’a toujours pas retrouvé la mémoire, mais les traitements qu’il a subis lui en ont rappelé quelques bribes. Aussi poursuit-il en parallèle cette quête de son histoire, qui va l’amener à se rendre dans un premier temps en Europe, et plus précisément aux Pays-Bas, où l’attend une piste susceptible de reconstituer au moins une partie du puzzle qu’est devenu sa vie.

Bien entendu, les choses ne sont pas simples, puisque XIII a à ses trousses une puissante organisation qui n’a aucun intérêt à ce qu’il en sache trop…

Comme toujours dans cette mythique série, il y a de l’action. Beaucoup d’action. Ça va vite, très vite, avec beaucoup de rebondissements, de lieux, de personnages différents qui constituent une sorte de galaxie, de galerie de portraits renvoyant parfois, comme c’est le cas dans cet album, à des personnages rencontrés bien plus tôt dans la série. Les liens sont complexes et c’est ça justement que je redécouvre avec ce deuxième cycle (j’ai lu les premiers tomes du cycle 2 il y a déjà plusieurs années) : les auteurs, qui ont repris le travail après Vance et Van Hamme, font de cette série un véritable univers à part entière, avec sa cohérence propre et parviennent ici à créer une nouvelle intrigue, sur plusieurs volumes bien sûr, qui est à la fois cohérente en elle-même mais aussi avec le premier cycle. Certains faits parviennent même à redonner un nouveau sens à des événements secondaires des débuts de la série…

Je viens de lire trois albums d’affilée, et je retrouve cette question que j’avais à mon adolescence : que se passe-t-il donc ensuite ?


Paru aux éditions Dargaud, 2017. ISBN : 978-2-5050-6769-6.


mercredi 11 janvier 2023

Blake et Mortimer, tome 18 : Le Sanctuaire du Gondwana, de Yves Sente et André Juillard


Ce nouvel opus commence en Afrique, où un explorateur allemand découvre, un peu par hasard, une grotte visiblement habitée. Revenu à la surface, il est blessé et semble être très mal en point.

Quelques mois plus tard, Mortimer se rend chez son médecin pour une visite de routine en lien avec des maux de tête importants. Le praticien lui ordonne le repos et l’engage à écrire ses mémoires, afin de le forcer à lever un peu le pied. Il faut dire que le savant a été très fatigué et fortement secoué par sa dernière aventure en Antarctique. Son assistante, Nastasia, lui fait malgré tout part des résultats de recherches concernant un échantillon trouvé, justement, sur le 6e Continent. Et c’est un peu par hasard que Mortimer fait alors le lien avec l’aventure de l’explorateur allemand.

Il n’en fallait pas plus pour le lancer dans une nouvelle aventure, à la recherche d’une civilisation très ancienne, bien plus ancienne que tout ce qui est connu sur terre à ce moment-là.

J’ai lu cet album très rapidement, happée par l’histoire. Les auteurs nous plongent dans un nouvel univers comme il en existe maintenant plusieurs dans le monde des deux héros anglais : réalités alternatives, voyages à l’autre bout du monde, rencontres improbables… Cet album ne déroge pas à la règle qui fait depuis longtemps la marque de la série. Encore une fois, le scénario est très bien monté, les retournements de situation sont, même attendus, très bien amenés sans empêcher le suspense jusqu’aux dernières cases…

J’ai toujours un peu peur des reprises de séries par d’autres auteurs, mais il faut bien l’avouer : en ce qui concerne Blake et Mortimer, c’est une réussite !


Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2008. ISBN : 978-2-8709-7182-6.

lundi 9 janvier 2023

L'Usurpateur, de Jorn Lier Horst

Bonne année !

Je m'aperçois avec effarement que je n'ai plus écrit ici depuis février 2022... Comme si je n'avais rien lu depuis onze mois ! La réalité est bien plus prosaïque : j'ai repris des études et ai lu beaucoup de livres et de documents, dont il n'était pas nécessaire de parler ici.

Mais voilà, en ce début d'année, comme souvent après Noël, j'ai reçu quelques ouvrages (livres et bandes dessinées) et je me mets donc à la tâche pour vous en faire un compte-rendu.

 

Ce livre-ci, je ne l'ai pas eu à Noël, mais je l'ai chiné l'été dernier. Je suis tombée dessus et comme je ne connaissais pas cet auteur, je me suis dit que c'était l'occasion de le lire. Et comme souvent, je n'ai pas été déçue ! Soit je suis un excellent public, soit... j'ai un sacré bol de tomber sur des livres qui me plaisent !! En même temps, il s'agit ici d'un roman policier, alors comme c'est un de mes genres préférés, je ne risquais que très peu de choses en réalité !

Ce roman fait partie d’une série apparemment, avec un personnage récurrent, en la personne de William Wisting, inspecteur dans la ville de Larvik. L’inspecteur est confronté à une enquête qui va avoir des ramifications tout à fait inattendues, tant pour les services de police scandinaves que dans sa vie personnelle. Le lecteur suit en effet deux enquêtes parallèles : celle des services de police à propos d’un corps retrouvé dans une forêt de sapins et porteur d’un papier portant les empreintes digitales d’un tueur en série recherché par le FBI d’une part, et celle de Line, la fille de l’inspecteur Wisting, journaliste, qui décide d’enquêter sur son voisin, lui aussi découvert mort, mais chez lui. Le seul point commun entre les deux est la date de leur décès : plus de quatre mois auparavant. Alors que Line se concentre sur son ancien voisin, sa vie, ses relations et sa solitude, son père concentre tous ses efforts à sa propre enquête, sachant que, dans l’hypothèse où le tueur serait encore dans le pays, la plus grande discrétion est essentielle et que l’inspecteur ne peut donc en parler à personne, pas même à sa fille. Et pourtant, les points communs entre les deux enquêtes se révèlent plus nombreux que les enquêteurs ne le pensaient au départ…

Alors sans surprise, j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman policier. Tout d’abord parce que les deux enquêtes sont très bien menées et très crédibles. Ce qui est assez logique, quand on sait que l’auteur est lui-même un ancien officier de police. Il a donc mis son expérience au service de son écriture, et on obtient avec ce roman un récit froid, réaliste et exempt des aberrations et facilités trop nombreuses que l’on trouve assez souvent dans d’autres récits moins « professionnels ».

De plus, c’est bien écrit, bien construit, bien mené. Je ne sais pas si l’auteur s’est inspiré de faits réels, mais en tout cas, c’est vraiment une histoire plausible, même si elle est complexe.

C’est donc une belle découverte, qui me donne envie, si j’en trouve le temps, de lire d’autres livres de cet auteur !


Paru aux éditions Folio (Policier). ISBN : 978-2-07-288424-5.



samedi 12 février 2022

Ouf ! Maman part au couvent, de Stéphanie Combe



Clémentine, mère de trois enfants et salariée, est à bout. Entre la vie de famille et les tâches ménagères et éducatives qui lui incombent et son travail avec une collègue plutôt acariâtre, elle se rend compte qu’elle ne peut plus continuer de la sorte. Elle a besoin d’une pause, et, comme elle est croyante, elle choisit comme lieu de ressourcement un couvent. Une semaine de retraite spirituelle avec enseignements, accompagnement spirituel et rencontres variées avec les autres retraitantes.

J’ai bien aimé ce roman, plutôt réaliste en ce qui concerne le vécu de Clémentine et ses questions, tant du point de vue familial que du point de vue spirituel. Je me suis plutôt bien retrouvée en cette héroïne qui cherche avant tout à bien faire, à faire au mieux, et qui se fracasse un jour contre le mur de la réalité…

L’auteur, elle aussi, est un peu « Clémentine », puisqu’elle est elle-même mère de trois enfants et journaliste à l’hebdomadaire catholique « La Vie ». Spécialiste des questions familiales, elle sait de quoi elle parle !

J’ai eu néanmoins quelques difficultés avec ce roman, même si je trouve l’histoire plutôt sympa. L’auteur termine chacun de ses chapitres (un par jour) avec une liste de « pistes » pour aller plus loin. Ce parti-pris a bien sûr un côté sympa, car il permet de récapituler les éléments distillés tout au long de l’histoire, tels des débuts de solutions pour faire face aux problèmes et questions de Clémentine. Mais, répété chapitre après chapitre, il donne au roman un côté « catalogue des choses à faire pour aller mieux », avec le risque de faire, en plus, culpabiliser celle qui ne mettrait pas en place ces « solutions », et ce au détriment du côté « évasion » propre à la littérature romanesque.

Il y a donc dans la forme de ce roman (plus que dans l’histoire elle-même), un petit côté « pratico-pratique », où le roman semble construit autour de ces petites choses et grandes décisions que la mère de famille au bord du burn-out devrait faire pour s’en sortir. Et cela m’a gênée, parce que ce n’était pas vraiment ce que j’attendais de ce roman. Pour moi, un roman est essentiellement un espace d’évasion, de détente, et surtout pas un recueil de recettes pour changer de vie ou aller mieux. Même si je reconnais, par ailleurs, l’intérêt de ces « recettes ». Il aurait peut-être été plus judicieux de les regrouper à la fin, dans une sorte d’appendice, comme l’auteur l’a fait pour la bibliographie (très fournie et vraiment très intéressante d’ailleurs).

J’ai en fait été déçue par le livre parce que, connaissant et ayant lu plusieurs livres de cet éditeur, je m’attendais à quelque chose de léger, de drôle… ce qui est bien le cas dans l’histoire elle-même, mais est alourdi par le côté quasi-obsessionnel de distiller des conseils dans l’histoire. J’aurais sans doute préféré un livre où l’on voit aussi les autres mamans/retraitantes se planter, être un peu déjantées, avoir des réactions peu orthodoxes… bref, un peu plus de fantaisie dans ce livre, surtout que le sujet, quand on connaît la vie de famille « en vrai », peut regorger de ces situations de pétage de plomb et de n’importe quoi pour détendre l’atmosphère.

Avis mitigé, donc, même si le fond est plutôt bon et les conseils fort judicieux !

Paru aux éditions Quasar, 2019. ISBN : 978-2-36969-066-5.

samedi 5 février 2022

Cavale d'un curé de campagne et autres bonnes nouvelles, de Olivier Mathonat

 



Huit nouvelles dans ce recueil, toutes centrées sur les Évangiles et ceux qui essaient d’en vivre. l’auteur nous fait rencontrer des prêtres, dont l’un se fait littéralement la malle et l’autre reste dans l’ombre malgré sa proximité avec le Pape. Le lecteur rencontre aussi des personnages assez déjantés, comme cet homme d’affaires désabusé qui se prend de passion pour les arbres, une journaliste qui cherche un sens à sa vie, deux étudiantes de Sciences Po que tout oppose ou presque, et spécialement leur rapport à Dieu, un homme décidé à restaurer l’une des frontières de l’État Pontifical et, du même coup, la mémoire de son aïeul, un homme qui doit recevoir la légion d’honneur ou encore une religieuse, Mère Supérieure d’un couvent en perdition.

Tous ces personnages sont campés à merveille par l’auteur, dont on sent qu’il a une fine connaissance des travers des êtres humains, mais aussi des rouages et de l’enseignement de l’Église et du message des Évangiles.

C’est bien écrit, drôle, piquant parfois sans jamais devenir méchant et… bien trop court ! Personnellement, j’en redemande.

C’est aussi une lecture plus profonde qu’elle en a l’air de prime abord, parce que les personnages ainsi décrits sont porteurs de beaucoup de défauts, tares, orgueil, questionnements auquel tout-un-chacun est amené, un jour ou l’autre, à faire face. Depuis le dévoiement d’une bonne intention (et le retour en force de vieux démons) à la plus grande humilité en passant par la peur, le manque de confiance en Dieu, en soi, jusqu’à l’abandon à la volonté du Père, tout, ou presque, y passe. De plus, l’auteur dépeint aussi plutôt bien notre société actuelle, ce qui empêche le lecteur de chercher dans cette peinture de l’Église le côté suranné, passéiste et quelque peu réconfortant de l’Église, telle qu’on peut encore l’imaginer, sur le mode « c’était mieux avant ». Ici, le lecteur est au contraire confronté à l’Église d’aujourd’hui, avec une vision plutôt légère qui fait du bien, à une période de grands troubles et d’attaques (fondées, d’ailleurs, et à ne pas passer sous silence, bien sûr).

Pas de récits glauques, d’attaques frontales concernant les récents scandales (pédophilie, démission de Monseigneur Aupetit…), mais plutôt les petits travers des catholiques bon ton qui cherchent à faire au mieux coïncider leur foi et leur vie… avec plus ou moins de succès et de belles crises de rire et d’autodérision au passage !

J’ai donc particulièrement apprécié ce recueil de nouvelles, qui m’a permis de bien m’évader à un moment où j’étais surchargée de travail. Et il n’y a pas de doute, ça fait du bien au moral !

Paru aux éditions Quasar, 2021. ISBN : 9-782-36969-087-0.