lundi 13 juillet 2020

À l'Hôtel Bertram, d'Agatha Christie


J’ai acheté le roman au début du mois de juin et j’ai du attendre d’avoir terminé La Jeune fille à la perle avant de lire celui-ci. Et je n’ai pas été déçue.

Jane Marple passe deux semaines à Londres, à l’hôtel Bertram, où elle avait déjà passé quelques jours durant son enfance. Et si elle a décidé d’y aller, c’est parce qu’elle voulait savoir si l’endroit avait changé. Il faut dire que Jane Marple est maintenant une femme plutôt âgée !

Étrangement, l’hôtel est resté fidèle à ses souvenirs. Rien ne semble y avoir changé, un peu comme si l’établissement était hors du temps.

Fidèle à son habitude, la vieille femme observe ce qui se passe autour d’elle et remarque un certain nombre de petites choses, tant à l’hôtel qu’à Londres, où elle passe beaucoup de temps pour ses achats de linge de maison et autres objets de vaisselle.

L’hôtel Bertram n’est pourtant pas aussi tranquille qu’il en a l’air. Tout d’abord, il y a cette jeune fille, Elvira Blake, que Miss Marple rencontre par hasard assise à une terrasse en compagnie d’un homme qui ne semble pas être fait pour elle. Et puis le chanoine Pennyfather disparaît, pour réapparaître quelques jours plus tard dans un endroit où il ne se souvient pas du tout être allé. Pourtant, Jane Marple est certaine de l’avoir vu quitter sa chambre à trois heures du matin, alors même qu’il n’y était pas rentré…Enfin, Mike Gorman, le portier de l’hôtel, est tué en voulant protéger Elvira qui est victime, en plein brouillard, d’une tentative d’assassinat.

L’inspecteur-chef Davy aura fort à faire pour dénouer les fils de cette enquête compliquée et il comprend rapidement l’intérêt d’écouter les dires de Jane Marple, qui n’a pas ses yeux dans sa poche et qui connaît, à force de l’observer, les différents visages du Mal.

De ce roman, que je n’avais jamais lu, je connaissais la version téléfilm, de 1984, avec Joan Hickson, dans la série de la BBC « Miss Marple ». Contrairement à la version suivante (2007), où l'intrigue de l’épisode est plus complexe encore que ne l’est le roman, avec des personnages supplémentaires et des intrigues secondaires ajoutées à l’histoire originelle, celle de 1984 est très fidèle au roman d’Agatha Christie et tout y est, notamment cette ambiance délicieusement surannée qui fait, justement, le charme de l’hôtel Bertram... et l'un des ressorts même de l'intrigue !

Paru aux éditions LGF, 2013 (Le Livre de Poche). ISBN : 978-2-253-05904-2.


lundi 6 juillet 2020

La Jeune fille à la perle, de Tracy Chevalier

J'ai ce roman dans ma bibliothèque depuis une éternité... Il a suivi le déménagement de 2012 sans avoir été ouvert, et je viens de le découvrir. Et je n'ai pas du tout été déçue du voyage !

Griet a seize ans quand son père, céramiste, est victime d'un accident qui le prive de la vue... et de revenus. Pour survivre à Delft, en plein milieu du dix-septième siècle, sa mère la place comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Griet va vite se retrouver un peu femme à tout faire, depuis la lessive et l'aide aux cuisines jusqu'à la surveillance des six enfants du couple, sans parler du ménage dans l'atelier de peinture du maître. C'est d'ailleurs expressément pour cette tâche très particulière qu'elle a été embauchée en plus de Taneke, la gouvernante. Le maître tient absolument à ce que, quand le ménage est fait dans l'atelier, rien, absolument rien, ne soit déplacé.

Griet va donc déployer des trésors d'ingéniosité pour s'acquitter de sa tâche et contenter le maître de maison. Et, peu à peu, s'intéresser à la peinture et aux œuvres de Vermeer, elle qui vient d'une famille où la céramique, les tons bleus en particulier, font partie du quotidien.

Le peintre, de son côté, est souvent surpris par les paroles de la jeune fille, son sens de la lumière, sa sensibilité artistique... au point de la laisser petit à petit entrer dans son univers...

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. C'est simple : j'ai eu beaucoup de mal à le lâcher !

C’est beau, remarquablement bien écrit sans rallonger les descriptions. Les relations entre les personnages, tant entre Griet et sa famille qu’avec ses employeurs sont très joliment esquissées, avec une sorte de délicatesse subtile qui dévoile sans trop en dire, laissant le reste à l’imagination du lecteur.

L’histoire est assez terrible, et magnifique !

Paru aux éditions Folio, 2004. ISBN : 2-07-041794-8.


mercredi 1 juillet 2020

Les Tuniques Bleues, tome 9 : La Grande Patrouille, de Louis Salvérius et Raoul Cauvin

Mon mari a parfois des idées bizarres en matière de cadeaux. Mais là, pour le coup, il est étonnamment bien tombé. C’est la deuxième fois qu’il m’offre un album de la série « Les Tuniques Bleues », alors que je ne suis pas forcément très fan de cette série, sans doute parce que je ne la lisais pas quand j’étais petite et que, devenue adulte, je lis moins de bandes dessinées destinées aux enfants (à l’exception notable de Yoko Tsuno, mais là, c’est une toute autre histoire. Allez juste voir dans les archives de ce blog, et vous verrez que je suis « accro » à Yoko, et pas qu’un peu!). Bref, « Les Tuniques Bleues » n’ont jamais vraiment fait partie de mon éducation en matière de bande dessinée… Peut-être qu’inconsciemment, c’est pour lui qu’il les achète ? Ou pour nos enfants ?

Peu importe, en fait. Parce que pour le coup, il est plutôt bien tombé cette fois.

Cet album est un peu particulier, parce qu’il regroupe des histoires courtes de Cauvin, illustrées par Salvérius. Ce n’est pas un album récent : j’avais un an quand il est paru. Et Salvérius était mort depuis quatre ans… C’est justement ce qui, à mes yeux, fait son intérêt. Il s’agit en fait d’un album qui reprend post-mortem des histoires écrites par Salvérius avant même que « Les Tuniques Bleues » ne deviennent la série qu’on connaît aujourd’hui qui, si je ne m’abuse, compte maintenant plus de soixante albums. On est donc là au tout début de la série, dans ce qui fait son essence. Et mon côté documentaliste y trouve largement son compte !

Ce sont des histoires courtes, de moins d’une page pour la première à quelques pages pour la plus longue, avec un scénario et une chute. Et là, on voit tout le talent de ces deux hommes qui parviennent, en quelques cases, à faire naître une situation (burlesque la plupart du temps) et à peindre des personnalités, des atmosphères… C’est cocasse, drôle, bien vu et bourré de jeux de mots (rien que le titre de l’album est un magistral clin d’oeil au film de Gérard Oury, avec Bourvil et De Funès). Il y a là-dedans des références, de la culture, des pieds-de-nez… et ça fait vraiment du bien, cette légèreté, tout en sachant que les auteurs ne prennent pas les enfants (et les adultes qui lisent aussi ces albums) pour des imbéciles heureux. En lisant cet album, j’ai bien ri, et malgré les apparences un peu « gros sabots », j’y ai perçu une certaine finesse. Oui, vraiment, je ne saurais pas trop dire pourquoi, mais j’aime bien cet album ! Je verrai à l’avenir si mon cher et tendre me déniche d’autres pépites du genre !

Paru aux éditions Dupuis, 1976. ISBN : 978-2-8001-0866-7


mercredi 24 juin 2020

Blake et Mortimer, tome 13 : L'Affaire Francis Blake, de Jean Van Hamme et Ted Benoît

Cet album s’ouvre sur une réunion de crise qui se tient au siège de l’Intelligence Service, dans les locaux de Scotland Yard. Il semblerait qu’il y ait une « taupe » dans les services secrets d’Angleterre. Blake, chef du MI5, est bien entendu de la partie et a déjà perdu un agent du contre-espionnage dans cette histoire. Il a une piste, qui repose sur une « boîte aux lettres morte », un endroit anodin où un agent secret peut déposer un message. Malheureusement, les photos qui ont été prises ont été endommagées et il faut attendre les travaux du laboratoire pour savoir ce qu’il y a sur le film, si tant est qu’il est encore récupérable.

Le soir, préoccupé, il s’ouvre néanmoins à Mortimer, qui, de son côté, lui fait part au cours du dîner de son intention de se rendre en Écosse où doit se tenir un séminaire scientifique.

Le lendemain, un technicien du laboratoire remet à l’adjoint de Blake les tirages des photos évoquées la veille. Et sur l’une d’elles, tous reconnaissent l’espion qui fait passer des informations… le capitaine Francis Blake lui-même !

Ainsi débute « L’Affaire Francis Blake », qui verra les deux héros de la série pourchassés, enfermés, et aux prises, une fois de plus, avec Olrik et ses sbires…

J’avoue qu’à la sortie de cet album, je me suis méfiée, parce qu’il s’agit là du premier opus « post-Jacobs ». Et je me demandais si les successeurs du créateur de la série seraient à la hauteur. Eh bien… oui !

C’est une très bonne intrigue, avec beaucoup d‘action, de nombreux rebondissements… et les auteurs respectent parfaitement les codes propres à la série. Une BD à avoir chez soi !

Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2020 (Première édition : 1996). ISBN : 978-2-8709-7177-2.


mercredi 17 juin 2020

Blake et Mortimer, tome 8 : S.O.S. Météores, de Edgar P. Jacobs


Dans ce nouvel opus (qui date, il est vrai, de 1959, mais il est nouveau pour moi, puisque je ne l'avais jamais lu !), Mortimer est en France où il doit rencontrer le Professeur Labrousse, météorologiste, qui a fort à faire : la météo, en France, comme ailleurs en Europe, semble totalement déglinguée : pluies incessantes et diluviennes, violents et brutaux orages, chutes de grêle intempestives... et même tempêtes de neige ! Ces événements climatiques semblent de plus être réfractaires à toutes les prévisions !

Mortimer se rend en taxi chez son ami mais, en cours de route, celui-ci a des ennuis mécaniques : la génératrice tombe en panne, privant le véhicule d'essuies-glaces et, ensuite, de lumière. Le chauffeur ne peut éviter l'accident. Heureusement, les deux hommes s'en sortent sans dommages, mais, alors que Mortimer attend près de la voiture le chauffeur de taxi parti chercher du secours, il est surpris par un appel lointain. À la recherche de celui qui semble avoir besoin d'aide, Mortimer, dans l'obscurité et sous une pluie battante, finit par tomber à l'eau et est emporté par les flots tumultueux. Il s'en sortira sans être blessé et parviendra à rejoindre la maison du Professeur Labrousse, mais le chauffeur de taxi a disparu.

Ainsi débute une nouvelle aventure où Mortimer, par la suite aidé de Blake, va devoir affronter un ennemi d'un genre un peu particulier : les éléments naturels. Mais bientôt se pose la question de savoir si tous ces événements climatiques sont si naturels que ça...

Le duo va une nouvelle fois se retrouver face à face avec l'éternel Colonel Olrik, bien sûr, ainsi que par ses habituels comparses, Sharkey et Freddy. Mais ils ne sont pas seuls : pour commander aux éléments, il fallait un scientifique… face auquel Mortimer aura fort à faire.

Comme d’habitude, c’est un bon cru. La série Blake et Mortimer est une valeur sûre dans le monde de la bande dessinée. C’est dense, rythmé, plein de rebondissements… de quoi passer un excellent moment de lecture.


Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2018. ISBN : 978-2-8709-7172-7.


mercredi 27 mai 2020

Blake et Mortimer, tome 5 : Le Mystère de la Grande Pyramide, tome 2 : La Chambre d'Horus, de Edgard P. Jacobs




Deuxième partie de ce diptyque mythique de la série « Blake et Mortimer ». Nous avions laissé Philip Mortimer horrifié quand il avait appris la mort de Francis Blake. Et il décide alors de continuer l’enquête, en commençant par honorer la promesse qu’il avait faite à Monsieur Grossgrabenstein, un archéologue allemand présent au Caire qui avait proposé de lui montrer sa riche collection d’œuvres d’art égyptiennes. Les événements qui se déroulent dans la propriété de l’archéologue confirment à Mortimer que quelque chose ne va pas et que l’Allemand est lié, d’une manière ou d’une autre, au mystère qui l’occupe, via le chantier de fouilles.

L’enquête va mener Philip Mortimer jusqu’au cœur du mastaba découvert par Grossgrabenstein et il va vivre des moments difficiles et aller de surprises en surprises : retrouvailles avec Olrik, l’éternel ennemi, chasse au trésor dans les tunnels et autres couloirs piégés qui serpentent sous terre, énigmes, magie… le récit est d’une grande richesse en rebondissements, aventures et péripéties diverses et variées.

Blake et Mortimer à la sauce Jacobs, c’est une vraie valeur, que je (re)découvre chaque fois avec un immense plaisir. Cette série, comme Yoko Tsuno ou Tintin, fait partie des séries phares, de celles qui ont construit les assises et l’histoire de la bande dessinée franco-belge. Un peu comme des fondamentaux : en lisant ces bandes dessinées, on sait qu’on ne peut pas se tromper, on sait où on met les pieds. Les auteurs plus récents semblent tous s’être inspirés et avoir appris, d’une manière ou d’une autre, auprès de ces maîtres. Et par exemple, Roger Leloup a lui-même commencé son métier aux studios Hergé, avant de travailler pour d’autres puis de se lancer seul.
Chez Jacobs comme chez Leloup, tout est fait par la même personne : histoires, intrigues, dessins, découpage, scénario, même les indications de couleurs, en ce qui concerne Roger Leloup du moins. C’est donc un travail d’orfèvre qui est offert au lecteur…




Mon mari m’a offert ce diptyque en version intégrale (dont les références sont inscrites si-dessous). Et bien lui en a pris ! Dans cette édition, bien postérieure à l’édition originale, qui date des années 1950, il y a, avant le début de l’histoire elle-même, quelques pages en fac-simile, deux annonçant la prochaine publication, dans le Journal Tintin, du « Mystère de la Grande Pyramide », suivi de plusieurs autres, des reproductions des planche originales qui ont été redessinées en partie pour l’album. Les annotations sur le côté permettent de comparer ces planches avec celles de l’album, ce qui est toujours très intéressant !
Par ailleurs, les deux pages d’annonces ont été conçues sous la forme d’une interview et d’une page documentaire pour donner au lecteur du Journal Tintin un avant-goût (et surtout l’envie!) de lire la bande dessinée. Là aussi, c’est très instructif, et la qualité de la page en question laisse penser que, dans les années 1950, les enfants et les lecteurs du Journal Tintin n’étaient pas considérés comme des imbéciles… mais comme des lecteurs exigeants à qui il fallait donner « à manger », donc des connaissances aussi bien que de bonnes histoires et de belles bandes dessinées. De la qualité, donc.

Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2013. ISBN : 978-2-87097-169-7.

Également paru aux éditions Blake et Mortimer, 2011, en version intégrale. ISBN : 978-2-87097-163-5


mercredi 20 mai 2020

Blake et Mortimer, tome 4 : Le Mystère de la Grande Pyramide, tome 1 : Le Papyrus de Manethon, de Edgard P. Jacobs





Mortimer est à bord d’un avion de ligne qui le conduit, avec Nasir, de Londres au Caire, où l’attend un de ses amis, le professeur Ahmed Rassim Bey, conservateur du musée des antiquités égyptiennes qui a invité son ami pour quelques vacances.
Mais tout de suite, dès la première page, le lecteur est « témoin » d’un appel téléphonique où deux hommes, impossibles à identifier au départ, s’échangent des informations au sujet, justement, de l’arrivée de Philip Mortimer.

L’avion atterrit sans encombres et pendant que Mortimer et Ahmed s’occupent des formalités, Nasir part récupérer les bagages. Il s’aperçoit alors qu’il est observé par un homme qu’il semble reconnaître, sans pouvoir mettre de nom sur le visage. Mortimer ne le croit pas, même après que Nasir reconnaît l’homme au volant d’une Lincoln noire qui semble les avoir suivis…

Le lendemain, les vacances de Mortimer commencent par la visite du musée et une étrange énigme liée à des papyrus retrouvés dans un cartonnage de momie de l’époque des Ptolémées. Il y est fait mention d’une sorte de chambre secrète que Mortimer, en bon archéologue et égyptologue amateur, ne manque pas de relier au règne d’Aton.
C’est là le début d’une histoire de mystère, de recherches, de trahison, d’espionnage… et qui ne s’avérera pas sans danger pour Mortimer. Et c’est là qu’intervient un vieil ennemi de Mortimer : le Colonel Olrik est de retour !
Mortimer va aller jusqu’à faire appel à son ami Francis Blake, mais celui-ci aura quelques difficultés à rejoindre Philip, victime d’un attentat durant son voyage.
Le mystère s’épaissit…

Un grand classique de la BD, dont je vais m’empresser de lire la suite (ou plutôt de la relire!). Parce que c’est de la bonne BD !

Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2012. ISBN : 978-2-87097-168-0.

Également paru aux éditions Blake et Mortimer, 2011, en version intégrale. ISBN : 978-2-87097-163-5