mercredi 21 juillet 2021

Mauvais garçons, de Linwood Barclay

 

Zack Walker, l'écrivain de science fiction que nous avons suivi dans « Mauvais pas », a déménagé avec sa famille pour retourner dans son ancien quartier. Il a aussi changé de travail : il est devenu journaliste au « Métropolitain », le journal local. Il entame, dans le cadre de son nouveau métier, une enquête avec un détective privé, Lawrence Jones, qui travaille sur une série de cambriolages à la voiture bélier. Seulement voilà, quand Zack Walker, angoissé chronique, est dans les parages, les choses se passent rarement comme elles le devraient. Meurtre, course-poursuite avec un énorme 4x4, fusillade en pleine rue… tout y passe ! Au point que, mis au courant, le directeur du journal demande à Zack de se calmer. Mais rien n’y fait, comme le montreront les événements suivants.

Zack, pour les besoins d’un autre reportage (et aussi pour pouvoir acheter à bas prix une seconde voiture et ainsi éviter des crises à répétition avec sa fille étudiante), se rend avec Lawrence à une vente aux enchères de la police. Là, il « craque » sur une voiture hybride « Virtue » et l’achète au nez et à la barbe d’un homme étrange, qui arbore une poupée Barbie à son porte-clef. Ce détail finira par l’identifier : il s’agit de « Barbie » Bullock, un gangster plutôt redoutable que Zack va recroiser un certain nombre de fois dans cette histoire.

On est là dans un thriller, avec pas mal de suspense et de rebondissements. Des personnages bien campés, fidèles à ce qu’on savait déjà d’eux dans le premier tome de cette série, et qui se dévoilent un peu plus ici. Dans le premier tome, l’accent était surtout mis sur les troubles de Zack et sa propension à s’angoisser pour tout et n’importe quoi. Dans ce roman, c’est surtout sa relation avec sa fille Angie qui est au cœur de l’histoire et mise en valeur, toujours à travers les angoisses de Zack. On retrouve donc ici les manies et les lubies du héros.

Globalement, si j’ai apprécié ma lecture, je l’ai quand même trouvée moins drôle que la précédente. Le but n’est d’ailleurs sans doute pas de donner dans le comique, mais j’avais particulièrement aimé cet aspect lors de ma lecture de « Mauvais pas ».

Petite déception, donc, sur ce point-là, mais c’était malgré tout un bon moment de lecture : le thriller annoncé est haletant et bien mené d’un bout à l’autre !

Paru aux éditions J’ai Lu, 2014. - ISBN : 978-2-290-07870-9.


lundi 14 juin 2021

La Machine Ernetti, de Roland Portiche



Une plongée au cœur de l’Europe, du XXe siècle, de la Guerre Froide et du Christianisme. Rien de moins !

Ce roman est basé sur une histoire vraie, comme l’indique l’auteur dans son avant-propos. Entre 1956 et 1965, le Père Pellegrino Ernetti aurait construit une machine à « voir » dans le temps. Et cette machine, reposant sur des principes de la physique quantique, aurait fonctionné, puis aurait été démontée sur l’ordre du Pape Paul VI. Dissimulée dans les caves les plus secrètes du Vatican, elle est à l’origine de ce thriller où se mêlent meurtres, trahisons, espionnage, énigme scientifico-religieuse, géopolitique, histoire et foi.

1955. Le Père Ernetti, physicien et prêtre, est mandaté par le Pape Pie XII, avec le Père Montini, futur Paul VI, pour construire le « chronoviseur », inventé dans les années trente par le physicien Ettore Majorana. Le but : prouver l’existence du Christ et réveiller la foi des fidèles, voire l’étendre, au moment où le monde, en pleine guerre froide et à l’aube de bouleversements sociaux et sociétaux majeurs, se soucie de moins en moins de Dieu.

Pour ses « promenades » dans la Palestine du temps de Jésus, Ernetti se voit adjoindre l’aide de Natacha, archéologue israélienne et agent du Mossad. De leur côté, les Russes et les Américains, qui ont au Vatican leurs informateurs, aimeraient bien savoir ce que Pie XII, puis Paul VI, fabriquent en grand secret (et à grands frais!) dans les sous-sols des Archives Secrètes du Vatican.

La mission du Père Ernetti et de ses collaborateurs s’avère plus périlleuse que prévu…

Ce roman m’a beaucoup plu. Il parvient à associer une histoire d’espionnage, un thriller scientifique et un roman historique avec pour toile de fond l’Église Catholique et le Vatican et pour personnages principaux des prêtres ! C’était un vrai tour de force, et ça tient parfaitement la route.

J’ai apprécié, parce que l’auteur évite les clichés classiques et faciles sur l’Église et les prêtres, sans tomber non plus dans l’angélisme béat. Les hommes d’Église y sont présentés pour ce qu’ils sont : des êtres humains, de conviction, prêts, parfois, à commettre des actes pas toujours très reluisants pour défendre leurs convictions, et surtout leur foi.

Ou comment et pourquoi certains secrets devraient rester cachés, et certains mystères… voilés !

528 pages de bonheur !


Paru aux éditions LGF (Le Livre de Poche), 2021. - ISBN : 978-2-253-10397-4.

mercredi 2 juin 2021

Blake et Mortimer, tome 17 : Les Sarcophages du 6e continent, tome 2 : Le Duel des Esprits, de Yves Sente et André Juillard


Le présent album est la suite du précédent (bien sûr… !:)) et on retrouve Blake et Mortimer au moment où ils arrivent à l’aéroport de Cape Town où ils espèrent embarquer sur la Madeleine, le navire du Professeur Labrousse qui doit les emmener en Antarctique pour y résoudre le problème lié aux attentats qui perturbent les préparatifs de l’Exposition Universelle de Bruxelles.

La Madeleine a déjà quitté le port, mais Blake et Mortimer rencontrent à la capitainerie Sir Archibald, qui leur propose son hydravion pour les déposer près du navire.

Après un certain nombre de difficultés, les deux amis et Nasir finissent par arriver à la base de Halley, mais la situation là-bas est compliquée par l’intervention des hommes d’Açoka, l’empereur éternel, qui font tout pour mener à bien les perturbations de l’Exposition Universelle.

Il faudra tout le courage des trois amis pour venir à bout de l’empereur et de ses sbires…

Le sous-titre de cet album, « Le Duel des Esprits », met l’accent sur l’action décisive de cet opus, qui voit Mortimer affronter Olrik dans un duel technologique dont je ne parlerai pas davantage, afin de ne pas « spoiler » l’histoire, pour ceux qui n’ont pas encore lu cet album. Mais, si cette partie de l’histoire est bel et bien spectaculaire, elle n’en constitue pas, et de loin, l’aspect le plus important. Olrik, d’ailleurs, ne joue dans cet album, une fois n’est pas coutume, qu’un rôle très minime, mais ce n’est finalement pas pour me déplaire : il est parfois bon d’avoir un autre ennemi que celui qu’on préfère !

Globalement, cet album, s’il n’est sans doute pas le meilleur de la série, remplit pourtant bien son office. Tous les éléments nécessaires à une bonne intrigue y sont présents, selon les codes propres à la série : de l’action, des traîtres, des méchants vraiment très méchants… et une fin laissant supposer que, justement, ce n’est pas encore « vraiment » la fin. Un bon moment de lecture, donc, avec 56 pages d’action sans temps morts et une histoire bien ficelée.

Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2013. - ISBN : 978-2-8709-7181-9

mercredi 26 mai 2021

Blake et Mortimer, tome 14 : La Machination Voronov, par Yves Sente et André Juillard


Quatorzième tome de la série, daté d’octobre 2013, cet opus fait partie des albums créés après le décès d’Edgar P. Jacobs, à partir de son univers. Cet ouvrage m’a été offert par mon très gentil mari, pour mon anniversaire, et je suis maintenant bien partie pour compléter ma collection !

Ceci mis à part, je vais vous en dire un peu plus sur cet album, qui m’a, encore une fois, bien plu.

L’histoire commence au Kazakhstan, au cosmodrome de Baïkonour, au mois de janvier (nous n’en connaîtrons pas l’année, bien sûr, mais la période est bien balisée : nous sommes en pleine guerre froide, donc on va dire entre 1945 et 1989, ce qui laisse pas mal de marge, on est bien d’accord). Les soviétiques sont sur le point de lancer une fusée, sous les ordres du professeur Ilioutchine, directeur de l’équipe scientifique qui veut différer le lancement à cause d’une pluie de météorites. De son côté, le Général Oufa, militaire et responsable des programmes, refuse tout report et ordonne le lancement de la fusée. Tout se déroule bien au départ, mais la fusée rencontre effectivement des météorites et sa tête redescend très rapidement. Le professeur Ilioutchine envoie immédiatement une équipe de récupération sur le lieu d’atterrissage de l’engin, mais la situation empire : un des militaires appelle le général et lui fait part de l’étrange situation à laquelle lui et ses hommes sont confrontés : une étrange maladie, extrêmement rapide et brutale, a tué toute l’équipe en deux heures, y compris le lieutenant qui a réussi à alerter le général. Informé, le Professeur Ilioutchine envoie une nouvelle équipe, cette fois-ci équipée de combinaisons hermétiques, récupérer les corps et la tête de la fusée, et alerte le docteur Voronov, directeur de la clinique du KGB.

Voilà le point de départ de cette aventure, où vont se mêler, comme d’habitude dans cette série, espions, traîtres, hommes intègres, ennemis… Nous y retrouvons bien entendu les personnages récurrents de la série : Blake et Mortimer évidemment, mais aussi l’inratable Olrik, comme toujours présent là où un coup douteux peut être monté.

Le grand « méchant » de l’histoire, cette fois-ci, est bien le docteur Voronov, directeur de la clinique du KGB, qui entend bien profiter de cette mystérieuse maladie foudroyante pour prendre le pouvoir, non sans avoir au passage semé le trouble et la zizanie entre les dirigeants soviétiques et le monde occidental.

Ce sont toujours un peu les mêmes ressorts, mais ils sont encore une fois efficaces et bien menés. Au final, la bande dessinée est bien montée, fidèle aux « canons » de la série. Blake reprend du service en tant qu’espion, Mortimer est à sa place comme scientifique chargé de comprendre comment la maladie se transmet, et pourquoi, et surtout comment la soigner…

Bien que daté de 2013, cet opus, lu en 2021, résonne particulièrement en cette période de pandémie, où nous sommes, bien plus qu’auparavant, sensibilisés aux problématiques liées aux virus et vaccins, aux transmissions inter-humaines, aux questions qui ne manquent pas de surgir en cas d’émergence d’une nouvelle maladie, aux théories souvent fumeuses quant à son origine… J’ai bien aimé cette lecture, parce qu’elle a été, outre une belle évasion en temps de confinement et couvre-feu, une forme d’exutoire face aux théories complotistes liées au Covid-19. Cette bande dessinée m’a permis, étrangement, de prendre un peu de recul face à notre situation anxiogène. Et tout ce qui me permet de m’évader un peu de la lourdeur actuelle est très bienvenu !

Dans ces cas-là, rien ne vaut, en fait, la lecture...

Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2021. ISBN : 978-2-8709-7178-9.

lundi 24 mai 2021

Autre Monde, tome 1 : L'Alliance des Trois, de Maxime Chattam


New York, aux environs de Noël. Matt, adolescent, est témoin d’étranges événements quelques jours avant le déclenchement d’une tempête qui ravage tout sur son passage et transforme radicalement le monde. Durant cet événement fondateur, de très nombreux adultes disparaissent, comme vaporisés par de gigantesques éclairs en forme de mains. Ceux qui ont survécu sont maintenant très différents, certains semblant avoir muté, d’autres être devenus sauvages… tous sont hostiles.

Matt et son ami Tobias parviennent à quitter la ville, devenue un immense territoire hostile peuplé de monstres effrayants et se dirigent vers le Sud. C’est là qu’ils font la rencontre d’un adulte qui cherche immédiatement à emmener Matt. Celui-ci se défend et parvient, grâce à son épée et non sans mal, à transpercer son agresseur, mais celui-ci, avant de mourir, lui inflige de sérieuses blessures qui le plongent dans un coma dont il ne se réveillera que cinq mois plus tard. Il découvre alors, sur l’île Carmichael où est parvenu à le transporter Tobias, que le monde a bien changé et que, si les adultes ont « muté », les enfants et adolescents, eux aussi, ne sont plus tout à fait comme avant.

D’autres enfants ont en effet survécu, non sans peine d’ailleurs, et se sont regroupés et organisés en clans dispersés, reliés entre eux par certains adolescents parmi les plus âgés, les « Longs Marcheurs », chargés de faire le lien entre les différentes communautés naissantes, d’apporter les nouvelles d’un clan à l’autre, afin d’aider ces enfants à comprendre et à survivre dans ce monde devenu subitement hostile, mais pas inhospitalier.

Dans ce nouveau monde, Matt et Tobias découvrent que, si tout a changé, ils doivent faire face à de nombreux dangers, dont certains sont bien visibles (comme les adultes mutants, certaines espèces animales ou les poissons par exemple) et d’autres sont plus mystérieux et semblent en vouloir à Matt en particulier. L’un de ces ennemis, le Raupéroden, apparaît en songe à Matt qui n’aura de cesse de comprendre ce que ce monstre lui veut. Mais il va d’abord devoir se remettre de ses blessures et apprendre à survivre et, surtout, comprendre ce qui arrive aux autres enfants et qui, parmi eux, a visiblement décidé de s’allier, contre toute logique, avec leurs ennemis et pourquoi…

Ce roman est le premier tome d’une série de huit, qui plante le décor apocalyptique d’un nouveau monde terrifiant et plein de promesses à la fois. Entre anticipation et fable écologique, j’ai découvert très tardivement de livre, que j’avais dans ma bibliothèque depuis plusieurs années, suite aux opérations estivales lancées par les éditeurs de livres de poche pour les vacances estivales. Je ne regrette pas : je viens d’investir dans le second tome de la série, curieuse d’en savoir plus sur le devenir de « L’Alliance des Trois », formée par Matt, Tobias et Ambre, une jeune fille de presque 16 ans que Matt et Tobias ont rencontrée sur l’île Carmichael. Il y a fort à parier que leur épopée ne sera pas de tout repos : ce premier tome se termine sur une scène plutôt violente indiquant que les trois adolescents n’en ont pas terminé avec les nombreux dangers qui les guettent dans ce nouveau monde ! En tout cas, ce roman, pour qui aime le genre, est addictif...

Paru aux éditions LGF, 2016 (Le Livre de Poche). ISBN : 301-0-000-06444-2 (Édition « Cet été je lis 2016 »)


mercredi 5 mai 2021

Blake et Mortimer, tome 3 : Le Secret de l'Espadon, tome 3 : S.X.-1 contre-attaque, d'Edgar P. Jacobs


Ce troisième volume commence par plusieurs pages de rappels des deux épisodes précédents (je ne suis pas certaine que c’est le cas dans les éditions originales, mais c’est en tout cas ce que j’ai trouvé dans celle de 2020). Blake et Mortimer font donc face à une attaque surprise des forces de l’auto-proclamé empereur Basam-Damdu. Ce dernier a ordonné l’attaque de l’usine Scaw-Fell où Mortimer travaille à la mise au point d’une nouvelle arme : l’Espadon. Forcés de prendre la fuite, Blake et Mortimer, accompagnés de Nasir, sont rattrapés par les « Jaunes » et Mortimer est fait prisonnier. Il doit, pour le compte des « Jaunes » et sous la garde d’Olrik, leur donner les plans de l’Espadon. Heureusement, Blake parvient, avec l’aide de Nasir, à le faire évader, et ce troisième tome débute au moment où d’autres prisonniers des « Jaunes » sont transférés. Leur convoi est attaqué et les prisonniers peuvent s’évader et rejoindre les forces « libres », c’est-à-dire la base secrète où se trouvent Blake et Mortimer. Ce dernier achève la mise au point et la construction de l’Espadon, mais les Jaunes (et Olrik en particulier) ne l’entendent pas de cette oreille.

Ce troisième tome est à l’image des premiers, avec plus d’action, plus de suspense encore. C’est vraiment un album bien construit, avec pas mal de choses assez « téléphonées », mais plutôt rafraîchissantes en fait, aujourd’hui.

Ce que j’ai apprécié aussi, dans cette édition de 2020 et pour les trois tomes, ce sont les illustrations en pleine page qui émaillent le récit. Elles coupent un peu la lecture mais permettent d’apprécier le dessin et ses détails. Cela n’apporte rien à l’histoire, bien sûr, mais tant pis. L’histoire finit bien, évidemment (sinon, ce ne serait pas Blake et Mortimer : c’est comme pour Tintin, les gentils gagnent toujours et c’est rassurant!). J’aime bien cette série, en particulier les premiers épisodes, signés d’Edgar P. Jacob. On y trouve mêlés l’histoire, la science-fiction, l’anticipation, en un genre assez proche de la dystopie… C’est riche et foisonnant, et cette série me donne l’occasion de m’évader vraiment de ce quotidien qui, parfois, peut être assez lourd, entre pandémie, problèmes avec les enfants ou difficultés économiques.

En fait, ce type de lecture me fait du bien : pas trop longues, elles permettent de « prendre l’air » sans vraiment sortir de chez moi, en respectant les horaires du couvre-feu et les contraintes du confinement. Heureusement que les librairies restent ouvertes !

Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2020. ISBN : 978-2-8709-7167-3. 

Pour lire mon avis sur le tome 1, c'est ici ; pour le tome 2, c'est par là !


vendredi 30 avril 2021

Mauvais pas, de Linwood Barclay


Comme souvent, j’ai eu ce livre entre les mains un peu par hasard, parce que les éditions J’ai Lu faisaient une promotion un jour, sur le mode « Un livre offert pour deux achetés ». Et ce jour-là, je devais être dans une fièvre acheteuse, puisque j’ai hérité de ce roman sans trop savoir pourquoi je l’avais choisi.

Eh bien… le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne regrette pas ! Autant le dire tout de suite : j’ai dévoré ce livre, d’un bout à l’autre, en me payant au passage de belles tranches de rire. Si, si, et ce n’est pas vraiment courant quand on lit un thriller, donc je prends cela avec un plus grand plaisir encore. En fait, le seul autre auteur de romans policiers qui me fasse rire, c’est Exbrayat, avec son inénarrable Imogène… Autant dire que ça date (j’ai découvert cet auteur il y a un paquet d’années, puisque je rentrais à ce moment-là tout juste dans l’adolescence…) !

Donc voilà. Zack Walker est un écrivain de science-fiction. Il est marié, père de deux enfants et habite une banlieue tranquille depuis deux ans. Il faut dire qu’il est obsédé par la sécurité, et le quartier de la ville où il habitait auparavant, en plein centre, n’était plus assez sûr pour lui : drogue, prostitution, agressions en tous genres… le pas a été franchi après l’enlèvement d’une fillette de cinq ans, que Zack connaissait (comme il connaissait tous les habitants du quartier, d’ailleurs).

Du coup, depuis deux ans, Zack et sa famille découvrent les joies de la vie de banlieue : sûre, oui, éloignée du travail, des centres commerciaux, des petits commerces du centre-ville, du métro… Mais que ne ferait-on pas pour assurer la sécurité de ceux qu’on aime ?

Voilà qu’un jour, Zack, au centre commercial avec sa femme, se rend compte que celle-ci a oublié son sac à main sur le chariot. Ni une, ni deux, comme à son habitude, il prend le sac afin de lui donner une bonne leçon : plus jamais Sarah n’oubliera son sac dans son chariot !

Sauf que… ce n’est pas le sac de Sarah, mais d’une autre femme, qui était elle aussi à la recherche d’une sauce, dans le même rayon que Zack et Sarah. Honteux de son geste et redoutant un conflit avec sa femme (conflit qu’il aura bien cherché!), Zack décide de restituer le sac à sa propriétaire. Et c’est ainsi qu’il se retrouve face à un cadavre et mêlé à un véritable imbroglio politico-financiaro-immobilier. Bref, le genre de situation qui, sous la plume de Linwood Barclay, peut devenir particulièrement drôle !

Je l’ai déjà dit : j’ai dévoré ce livre. Et j’ai beaucoup ri, encore une fois. C’est bien écrit, très rythmé, et les enchaînements de situations sont tout aussi drôles qu’improbables, comme dans la vraie vie, quoi. Parce que c’est ça qui est marrant, en fait : même s’il s’agit d’un roman, l’auteur joue ici sur des situations de la vie quotidienne, telles que celles auxquelles des parents « normaux » sont confrontés régulièrement, avec des télescopages assez improbables et pourtant véridiques. Ou comment Zack va devoir gérer un meurtre, une réunion parents-profs, les peurs de sa fille et un cambriolage qui tourne mal en une seule et même soirée. Ce qui est drôle, ici, c’est vraiment l’accumulation de situations très ordinaires et qui, déjà, dans le monde réel, ont tendance à faire se transformer en chèvre une maman tout ce qu’il y a de saine d’esprit avec des situations totalement romanesques, mais plausibles, qui constituent la trame du roman policier. C’est vraiment du grand art !

Il paraît que ce tome est le premier d’une série de quatre. J’espère pouvoir bientôt mettre la main sur les trois autres, histoire de voir si l’auteur a su confirmer l’essai !


Paru aux éditions J'ai Lu, 2013 (J'ai Lu Thriller). ISBN : 978-2-290-06873-1.