mercredi 25 janvier 2023

XIII, tome 23 : Le Message du martyr, de Iouri Jigounov et Yves Sente

 

Dans ce quatrième tome du deuxième cycle de la série XIII, nous retrouvons Jason Mac Lane, seul, cherchant un moyen de délivrer Jones et Carrington, retenus en otages à la frontière du Pakistan. Il n’a toujours pas retrouvé la mémoire, mais les traitements qu’il a subis lui en ont rappelé quelques bribes. Aussi poursuit-il en parallèle cette quête de son histoire, qui va l’amener à se rendre dans un premier temps en Europe, et plus précisément aux Pays-Bas, où l’attend une piste susceptible de reconstituer au moins une partie du puzzle qu’est devenu sa vie.

Bien entendu, les choses ne sont pas simples, puisque XIII a à ses trousses une puissante organisation qui n’a aucun intérêt à ce qu’il en sache trop…

Comme toujours dans cette mythique série, il y a de l’action. Beaucoup d’action. Ça va vite, très vite, avec beaucoup de rebondissements, de lieux, de personnages différents qui constituent une sorte de galaxie, de galerie de portraits renvoyant parfois, comme c’est le cas dans cet album, à des personnages rencontrés bien plus tôt dans la série. Les liens sont complexes et c’est ça justement que je redécouvre avec ce deuxième cycle (j’ai lu les premiers tomes du cycle 2 il y a déjà plusieurs années) : les auteurs, qui ont repris le travail après Vance et Van Hamme, font de cette série un véritable univers à part entière, avec sa cohérence propre et parviennent ici à créer une nouvelle intrigue, sur plusieurs volumes bien sûr, qui est à la fois cohérente en elle-même mais aussi avec le premier cycle. Certains faits parviennent même à redonner un nouveau sens à des événements secondaires des débuts de la série…

Je viens de lire trois albums d’affilée, et je retrouve cette question que j’avais à mon adolescence : que se passe-t-il donc ensuite ?


Paru aux éditions Dargaud, 2017. ISBN : 978-2-5050-6769-6.


mercredi 11 janvier 2023

Blake et Mortimer, tome 18 : Le Sanctuaire du Gondwana, de Yves Sente et André Juillard


Ce nouvel opus commence en Afrique, où un explorateur allemand découvre, un peu par hasard, une grotte visiblement habitée. Revenu à la surface, il est blessé et semble être très mal en point.

Quelques mois plus tard, Mortimer se rend chez son médecin pour une visite de routine en lien avec des maux de tête importants. Le praticien lui ordonne le repos et l’engage à écrire ses mémoires, afin de le forcer à lever un peu le pied. Il faut dire que le savant a été très fatigué et fortement secoué par sa dernière aventure en Antarctique. Son assistante, Nastasia, lui fait malgré tout part des résultats de recherches concernant un échantillon trouvé, justement, sur le 6e Continent. Et c’est un peu par hasard que Mortimer fait alors le lien avec l’aventure de l’explorateur allemand.

Il n’en fallait pas plus pour le lancer dans une nouvelle aventure, à la recherche d’une civilisation très ancienne, bien plus ancienne que tout ce qui est connu sur terre à ce moment-là.

J’ai lu cet album très rapidement, happée par l’histoire. Les auteurs nous plongent dans un nouvel univers comme il en existe maintenant plusieurs dans le monde des deux héros anglais : réalités alternatives, voyages à l’autre bout du monde, rencontres improbables… Cet album ne déroge pas à la règle qui fait depuis longtemps la marque de la série. Encore une fois, le scénario est très bien monté, les retournements de situation sont, même attendus, très bien amenés sans empêcher le suspense jusqu’aux dernières cases…

J’ai toujours un peu peur des reprises de séries par d’autres auteurs, mais il faut bien l’avouer : en ce qui concerne Blake et Mortimer, c’est une réussite !


Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2008. ISBN : 978-2-8709-7182-6.

lundi 9 janvier 2023

L'Usurpateur, de Jorn Lier Horst

Bonne année !

Je m'aperçois avec effarement que je n'ai plus écrit ici depuis février 2022... Comme si je n'avais rien lu depuis onze mois ! La réalité est bien plus prosaïque : j'ai repris des études et ai lu beaucoup de livres et de documents, dont il n'était pas nécessaire de parler ici.

Mais voilà, en ce début d'année, comme souvent après Noël, j'ai reçu quelques ouvrages (livres et bandes dessinées) et je me mets donc à la tâche pour vous en faire un compte-rendu.

 

Ce livre-ci, je ne l'ai pas eu à Noël, mais je l'ai chiné l'été dernier. Je suis tombée dessus et comme je ne connaissais pas cet auteur, je me suis dit que c'était l'occasion de le lire. Et comme souvent, je n'ai pas été déçue ! Soit je suis un excellent public, soit... j'ai un sacré bol de tomber sur des livres qui me plaisent !! En même temps, il s'agit ici d'un roman policier, alors comme c'est un de mes genres préférés, je ne risquais que très peu de choses en réalité !

Ce roman fait partie d’une série apparemment, avec un personnage récurrent, en la personne de William Wisting, inspecteur dans la ville de Larvik. L’inspecteur est confronté à une enquête qui va avoir des ramifications tout à fait inattendues, tant pour les services de police scandinaves que dans sa vie personnelle. Le lecteur suit en effet deux enquêtes parallèles : celle des services de police à propos d’un corps retrouvé dans une forêt de sapins et porteur d’un papier portant les empreintes digitales d’un tueur en série recherché par le FBI d’une part, et celle de Line, la fille de l’inspecteur Wisting, journaliste, qui décide d’enquêter sur son voisin, lui aussi découvert mort, mais chez lui. Le seul point commun entre les deux est la date de leur décès : plus de quatre mois auparavant. Alors que Line se concentre sur son ancien voisin, sa vie, ses relations et sa solitude, son père concentre tous ses efforts à sa propre enquête, sachant que, dans l’hypothèse où le tueur serait encore dans le pays, la plus grande discrétion est essentielle et que l’inspecteur ne peut donc en parler à personne, pas même à sa fille. Et pourtant, les points communs entre les deux enquêtes se révèlent plus nombreux que les enquêteurs ne le pensaient au départ…

Alors sans surprise, j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman policier. Tout d’abord parce que les deux enquêtes sont très bien menées et très crédibles. Ce qui est assez logique, quand on sait que l’auteur est lui-même un ancien officier de police. Il a donc mis son expérience au service de son écriture, et on obtient avec ce roman un récit froid, réaliste et exempt des aberrations et facilités trop nombreuses que l’on trouve assez souvent dans d’autres récits moins « professionnels ».

De plus, c’est bien écrit, bien construit, bien mené. Je ne sais pas si l’auteur s’est inspiré de faits réels, mais en tout cas, c’est vraiment une histoire plausible, même si elle est complexe.

C’est donc une belle découverte, qui me donne envie, si j’en trouve le temps, de lire d’autres livres de cet auteur !


Paru aux éditions Folio (Policier). ISBN : 978-2-07-288424-5.



samedi 12 février 2022

Ouf ! Maman part au couvent, de Stéphanie Combe



Clémentine, mère de trois enfants et salariée, est à bout. Entre la vie de famille et les tâches ménagères et éducatives qui lui incombent et son travail avec une collègue plutôt acariâtre, elle se rend compte qu’elle ne peut plus continuer de la sorte. Elle a besoin d’une pause, et, comme elle est croyante, elle choisit comme lieu de ressourcement un couvent. Une semaine de retraite spirituelle avec enseignements, accompagnement spirituel et rencontres variées avec les autres retraitantes.

J’ai bien aimé ce roman, plutôt réaliste en ce qui concerne le vécu de Clémentine et ses questions, tant du point de vue familial que du point de vue spirituel. Je me suis plutôt bien retrouvée en cette héroïne qui cherche avant tout à bien faire, à faire au mieux, et qui se fracasse un jour contre le mur de la réalité…

L’auteur, elle aussi, est un peu « Clémentine », puisqu’elle est elle-même mère de trois enfants et journaliste à l’hebdomadaire catholique « La Vie ». Spécialiste des questions familiales, elle sait de quoi elle parle !

J’ai eu néanmoins quelques difficultés avec ce roman, même si je trouve l’histoire plutôt sympa. L’auteur termine chacun de ses chapitres (un par jour) avec une liste de « pistes » pour aller plus loin. Ce parti-pris a bien sûr un côté sympa, car il permet de récapituler les éléments distillés tout au long de l’histoire, tels des débuts de solutions pour faire face aux problèmes et questions de Clémentine. Mais, répété chapitre après chapitre, il donne au roman un côté « catalogue des choses à faire pour aller mieux », avec le risque de faire, en plus, culpabiliser celle qui ne mettrait pas en place ces « solutions », et ce au détriment du côté « évasion » propre à la littérature romanesque.

Il y a donc dans la forme de ce roman (plus que dans l’histoire elle-même), un petit côté « pratico-pratique », où le roman semble construit autour de ces petites choses et grandes décisions que la mère de famille au bord du burn-out devrait faire pour s’en sortir. Et cela m’a gênée, parce que ce n’était pas vraiment ce que j’attendais de ce roman. Pour moi, un roman est essentiellement un espace d’évasion, de détente, et surtout pas un recueil de recettes pour changer de vie ou aller mieux. Même si je reconnais, par ailleurs, l’intérêt de ces « recettes ». Il aurait peut-être été plus judicieux de les regrouper à la fin, dans une sorte d’appendice, comme l’auteur l’a fait pour la bibliographie (très fournie et vraiment très intéressante d’ailleurs).

J’ai en fait été déçue par le livre parce que, connaissant et ayant lu plusieurs livres de cet éditeur, je m’attendais à quelque chose de léger, de drôle… ce qui est bien le cas dans l’histoire elle-même, mais est alourdi par le côté quasi-obsessionnel de distiller des conseils dans l’histoire. J’aurais sans doute préféré un livre où l’on voit aussi les autres mamans/retraitantes se planter, être un peu déjantées, avoir des réactions peu orthodoxes… bref, un peu plus de fantaisie dans ce livre, surtout que le sujet, quand on connaît la vie de famille « en vrai », peut regorger de ces situations de pétage de plomb et de n’importe quoi pour détendre l’atmosphère.

Avis mitigé, donc, même si le fond est plutôt bon et les conseils fort judicieux !

Paru aux éditions Quasar, 2019. ISBN : 978-2-36969-066-5.

samedi 5 février 2022

Cavale d'un curé de campagne et autres bonnes nouvelles, de Olivier Mathonat

 



Huit nouvelles dans ce recueil, toutes centrées sur les Évangiles et ceux qui essaient d’en vivre. l’auteur nous fait rencontrer des prêtres, dont l’un se fait littéralement la malle et l’autre reste dans l’ombre malgré sa proximité avec le Pape. Le lecteur rencontre aussi des personnages assez déjantés, comme cet homme d’affaires désabusé qui se prend de passion pour les arbres, une journaliste qui cherche un sens à sa vie, deux étudiantes de Sciences Po que tout oppose ou presque, et spécialement leur rapport à Dieu, un homme décidé à restaurer l’une des frontières de l’État Pontifical et, du même coup, la mémoire de son aïeul, un homme qui doit recevoir la légion d’honneur ou encore une religieuse, Mère Supérieure d’un couvent en perdition.

Tous ces personnages sont campés à merveille par l’auteur, dont on sent qu’il a une fine connaissance des travers des êtres humains, mais aussi des rouages et de l’enseignement de l’Église et du message des Évangiles.

C’est bien écrit, drôle, piquant parfois sans jamais devenir méchant et… bien trop court ! Personnellement, j’en redemande.

C’est aussi une lecture plus profonde qu’elle en a l’air de prime abord, parce que les personnages ainsi décrits sont porteurs de beaucoup de défauts, tares, orgueil, questionnements auquel tout-un-chacun est amené, un jour ou l’autre, à faire face. Depuis le dévoiement d’une bonne intention (et le retour en force de vieux démons) à la plus grande humilité en passant par la peur, le manque de confiance en Dieu, en soi, jusqu’à l’abandon à la volonté du Père, tout, ou presque, y passe. De plus, l’auteur dépeint aussi plutôt bien notre société actuelle, ce qui empêche le lecteur de chercher dans cette peinture de l’Église le côté suranné, passéiste et quelque peu réconfortant de l’Église, telle qu’on peut encore l’imaginer, sur le mode « c’était mieux avant ». Ici, le lecteur est au contraire confronté à l’Église d’aujourd’hui, avec une vision plutôt légère qui fait du bien, à une période de grands troubles et d’attaques (fondées, d’ailleurs, et à ne pas passer sous silence, bien sûr).

Pas de récits glauques, d’attaques frontales concernant les récents scandales (pédophilie, démission de Monseigneur Aupetit…), mais plutôt les petits travers des catholiques bon ton qui cherchent à faire au mieux coïncider leur foi et leur vie… avec plus ou moins de succès et de belles crises de rire et d’autodérision au passage !

J’ai donc particulièrement apprécié ce recueil de nouvelles, qui m’a permis de bien m’évader à un moment où j’étais surchargée de travail. Et il n’y a pas de doute, ça fait du bien au moral !

Paru aux éditions Quasar, 2021. ISBN : 9-782-36969-087-0.

samedi 16 octobre 2021

Autre Monde, tome 2 : Malronce, de Maxime Chattam

 

Matt, Ambre et Tobias ont quitté le clan des Pans et se dirigent vers le Sud, afin de s’approcher du royaume de la Reine Malronce. Cette dernière est à l’origine de la « Quête des peaux », la raison d’être des enlèvements d’enfants (les « Pans ») par les « Cyniks » (les adultes de l’ancien monde qui ont survécu à la Tempête). Sur leur route, ils vont croiser de nombreux dangers et se heurter à plusieurs groupes de Pans, pas toujours aimables même si leur identique condition les expose aux mêmes dangers face aux Cyniks et les oblige à une forme de solidarité. Cette route est longue, difficile et dangereuse car le milieu est hostile. Confrontés aux Cyniks, les trois adolescents doivent faire preuve de volonté, de courage, mais aussi de ruse et de pragmatisme, quitte à aller chercher de l’aide auprès d’ennemis déclarés, et ce en toute connaissance de cause… et à leurs risques et périls.

Ce livre, comme le premier, est foisonnant. L’auteur déploie l’univers qu’il a créé avec brio et inventivité, dévoilant peu à peu les divers « mondes » créés par la Tempête et ses suites. Le récit est très soutenu et rythmé, ce qui fait qu’on n’a pas envie de lâcher le livre avant la dernière page. Je reste toutefois sur ma faim : le titre laissait présager autre chose que le contenu de ce deuxième volet de la saga « Autre Monde »...

Paru aux éditions LGF, 2013. ISBN : 978-2-253-17358-8.

mercredi 13 octobre 2021

Largo Winch, tome 22 : Les Voiles écarlates, de Philippe Francq et Eric Giacometti

 


Largo et Mary étaient restés prisonniers dans la salle du serveur d’un centre de trading à Haute Fréquence, à la recherche de preuves d’une opération frauduleuse. Ils sont maintenant au cœur d’un bel imbroglio bancaire, avec meurtres et explosions en tous genres. De l’action, quoi. Cette fois-ci, l’ennemi se trouve en Russie et met Largo en difficulté sur les titres de propriété du Groupe Winch.

Si cette série est toujours « au top » en ce qui concerne le dessin, le rythme et l’action, j’avoue que ce diptyque m’a moins plu que les précédents : histoire complexe pour qui n’est pas familiarisé avec le monde du trading 0 haute fréquence et celui de la Bourse en général, par exemple ; intrigue avec des rebonds qui font plus penser à James Bond ou XIII qu’à Largo Winch… Je suis quelque peu déroutée. Sans doute me faudrait-il reprendre les deux albums à tête reposée, sans la pause de presque un an entre les deux qui m’a fait perdre le fil. Encore faut-il en avoir le temps !

En tout cas, il faut reconnaître que les auteurs sont à la pointe de la question financière : quand j’ai ouvert le premier tome de ce diptyque, je venais de visionner un reportage sur la question du trading à Haute Fréquence, justement. Et ce que j’y avais appris m’a bien aidée pour comprendre de quoi il est question dans cet album ! Je suis loin d’être une spécialiste, mais ce que je constate, c’est que les auteurs sont, comme toujours, très bien renseignés sur les sujets qu’ils traitent. Et ça, c’est, pour moi, un argument essentiel et un gage de qualité, de travail sérieux et bien fait. Histoire de ne pas refermer le livre, fût-ce une bande dessinée, sans avoir rien appris...

Paru aux éditions Dupuis, 2019. ISBN : 979-10-347-3103-9