En passant...



Voici un petit aperçu de mes lectures,
passées ou en cours.

Et comme un blog se nourrit aussi
des commentaires de ses lecteurs,
n'hésitez pas à vous exprimer, vous aussi !

samedi 20 octobre 2018

Petite vie de Padre Pio, de Patrick Sbalchiero




Padre Pio, capucin, stigmatisé, doué du don de bilocation, capable de « voir » les péchés commis par ceux qu’il rencontrait, mystique qui avait des visions (Jésus, Marie, les démons, son ange-gardien…). Il est mort en 1968, à plus de quatre-vingts ans, après une vie de souffrances et de grâces immenses.
D’une humilité et d’une obéissance à toute épreuve, il a été donné comme « modèle » de sainteté à l’Église universelle lors de sa canonisation par Jean-Paul II, le 16 juin 2002. Jean-Paul II, à qui Padre Pio avait prédit qu’une jour, il serait pape…

Cette « Petite vie de... » se lit très vite et très facilement. De quoi en apprendre beaucoup sur la vie des saints de notre temps, donnés en modèle pour le monde, non pas en raison de leur perfection (parce qu’ils sont, comme tout un chacun, des pécheurs), mais en raison de leur chemin vers Jésus, vers la sainteté. Le Padre Pio était un homme libre dans l’obéissance, il avait à cœur de soulager les souffrances de ses frères. Pour cela, il utilisait tous les moyens à sa disposition, depuis la direction de conscience jusqu’à la confession, en passant par la construction d’un hôpital. Souffrant lui-même, il savait à quel point cela peut être difficile à vivre…
Sa vie est un modèle pour qui veut suivre, lui aussi, le Christ.

Paru aux éditions Desclée de Brouwer (Petite vie de…), 2011. ISBN : 978-2-220-05252-6.

mercredi 17 octobre 2018

La Tour, de François Schuiten et Benoît Peeters




J'ai eu de la chance, cet été, de tomber un peu par hasard sur cette BD chez un bouquiniste. « Les Cités Obscures », c'est une série mythique que, pour je ne sais quelle raison, je n'ai jamais cherché à compléter. À tort, sans doute, si on regarde le petit bijou qu'est « La Tour ». Un récit en noir et blanc, très onirique, où le vrai et le faux, l’invraisemblable et le probable se mêlent au point qu’il devient difficile, pour le lecteur, de savoir de quel côté du miroir il se trouve. C’est là, l’un des traits de génie des auteurs incroyables que sont François Schuiten et Benoît Peeters et qui font de cette série une sorte d’OVNI de la BD où il faut bien plus qu’une lecture pour saisir la portée du récit.

Le sous-titre de cette BD, c’est « l’Histoire véridique de l’homme qui la traversa ». Cette histoire est une quête, un mythe, où se mêlent récits biblique et historique propres à exalter le courage de l’homme. Si vous ne connaissez pas cet ouvrage, plongez-y ! C’est simplement superbe !

Paru aux éditions Casterman (Les Cités Obscures), 1987. ISBN : 2-203-33433-9.

samedi 13 octobre 2018

Le Garçon, de Marcus Malte




Conseillée par mon libraire préféré, j'ai mis beaucoup de temps à lire ce roman. Non pas par manque d'intérêt, mais par manque de temps essentiellement : trop de choses à faire, de lectures en retard... C'est que ce roman est un fourmillement, une plongée dans l'histoire qui nécessite un peu plus que trois minutes consécutives d'attention. J'ai donc pris le temps.

Le récit s'ouvre sur la vie quotidienne d'un enfant dont on ne sait ni le nom, ni celui du pays où il habite. On découvre peu à peu que ce garçon ne parle pas, que personne ne le connaît, qu'il vit totalement isolé depuis la mort de sa mère et qu'il n'a donc aucun nom, aucune histoire connue et aucune société, communauté à laquelle il peut se rattacher. Entièrement libre de ses mouvements, il se débrouille très vite seul et avance dans la vie au gré des rencontres plus ou moins bienveillantes qu'il va faire durant sa vie de pérégrinations. Marginal, c'est souvent parmi les marginaux, les exclus, qu'il va trouver la chaleur humaine dont il a besoin, comme tout être humain, pour vivre. Et ces expériences lui permettent de survivre, puis de s'adapter au monde dans lequel il vit et qui change très vite autour de lui.

La qualité d'écriture est au rendez-vous, le récit est prenant, haletant, intrigant, aussi. Le lecteur se laisse mener sur les routes en compagnie de cet étrange garçon, à la fois hors de la société, coupé du monde, et totalement acteur de ce monde qui lui est étranger et dans lequel, pourtant, il semble évoluer avec ce qui ressemble presque à de l'aisance. Le mystère qui l'entoure ne sera jamais réellement levé, mais, finalement, cela importe peu. Ce garçon, c'est un peu tous ces hommes anonymes qui, parce qu'ils étaient là, à cet endroit précis et à ce moment particulier, ont fait l'histoire, celle qui porte un grand « H » et celle, plus modeste, qui fut la leur.
Un roman exigeant, parfois cru, dérangeant, mais magnifique.

Paru aux éditions Zulma, 2016. ISBN : 978-2-84304-760-2.

mercredi 10 octobre 2018

ICTUS tome 1 : La Fille du Temple, de Luc Borza et Bruno Martineau




Maria Valtorta est une mystique italienne qui aurait eu des visions de l’Évangile, un peu comme si elle avait été témoin de la vie de Jésus depuis la naissance de Marie jusqu'à la mort du Christ. Si l’Église catholique reste très prudente sur l'authenticité de ces écrits, les promoteurs de Maria Valtorta n'hésitent pas à vanter la justesse et la précision du récit. Polémique mise à part, cette bande dessinée est le premier tome d'une série tirée des écrits de Maria Valtorta, « L’Évangile tel qu'il m'a été révélé ».
Dans ce premier volume, le lecteur fait la connaissance d’Anne et Joachim, un couple juif âgé qui désespère d’avoir un jour un bébé. Après un pèlerinage à Jérusalem, Anne apprend qu’elle est enceinte alors qu’elle est déjà trop âgée pour être mère. Elle donne naissance à Marie, qui deviendra à son tour, de manière tout aussi mystérieuse, la mère de Jésus. Cette première partie relate l’histoire jusqu’au mariage de Marie avec Joseph de Nazareth, modeste charpentier de son état et descendant du roi David.

J’ai beaucoup apprécié le dessin et l’histoire de la naissance de Marie, jamais relatée dans les Évangiles. Pour qui s’intéresse un peu à l’histoire sainte, cette bande dessinée permet de s’approprier un peu plus le contexte dans lequel Jésus a grandi. Mais il ne faut pas oublier cette recommandation de l’Église catholique : Si ce récit semble fidèle aux écrits évangéliques, la Parole de Dieu suffit.

Paru aux éditions Maria Valtorta, 2016. ISBN : 978-2-36463-366-7.

mardi 21 août 2018

Le Renard des Grèves, une enquête de Mary Lester, de Jean Failler





Je suis « tombée » sur ce roman en deux tomes chez mes parents, en Finistère. Une fois n’est pas coutume, le roman du terroir est un roman policier, ce qui me va très bien, moi qui ai été nourrie à Agatha Christie et Charles Exbrayat…

Mary Lester est capitaine de la police nationale, à Quimper, dans le Sud-Finistère. Elle rentre d’une enquête à Nantes et fait son compte-rendu au commissaire divisionnaire qui l’envoie illico sur une autre enquête dans le Nord-Finistère, dans un petit port où, depuis quinze ans, une série de sabotages a cours. L’enquête de la gendarmerie piétine, la vindicte populaire a son coupable, le « Renard », mais aucune preuve ne vient étayer cette thèse. Mary Lester va donc devoir débrouiller cette affaire et se retrouve confrontée à un vieil ennemi en la personne de Charraz, déjà rencontré lors d’une précédente enquête à Camaret. De perquisitions en déconvenues, elle se rend compte alors que l'enquête est bien plus compliquée qu'il n'y paraît du premier abord. Elle rencontre les différents protagonistes de cette histoire où s'entremêlent jalousie, rancoeur et appât du gain et où les bons ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Où, d'ailleurs, il semble que rien ne soit aussi simple que "Radio léonarde" le dise...

J’ai lu très vite ces deux tomes, plutôt bien écrits. L’enquête est intéressante, émaillée de termes provenant du langage de la pêche et de mots bretons (traduits en notes, ne vous en faites pas!). C’est facile à lire, les personnages sont attachants et plutôt bien croqués, avec des caractères bien trempés. J'ai passé un excellent moment.
Bref, j’ai bien aimé et je recommande, si vous aimez les romans policiers et la Bretagne !

Paru aux éditions du Palémon, 2003. ISBN tome 1 : 2-907572-58-x ; tome 2 : 2-907572-59-8.

samedi 19 mai 2018

Underground Railroad, de Colson Whitehead




Une fois n'est pas coutume : je ne suis pas trop éloignée de l'actualité littéraire avec cette chronique sur l'ouvrage de Colson Whitehead paru l'an dernier. Il faut dire que j'ai eu de la chance : il était dans la hotte du Père Noël et j'ai eu la grippe, méchante maladie qui m'a clouée au lit pendant plusieurs jours sans rien d'autre à faire que de passer mes journées à lire !

L'histoire se passe en Amérique, au XIXe siècle. Cora a seize ans et est esclave dans une plantation de coton de Géorgie, avant la guerre de Sécession et l'abolition de l'esclavage.
Abandonnée par sa mère six ans plus tôt, elle survit à sa condition mais, quand Caesar, arrivé récemment à la plantation, lui propose de s'enfuir avec lui, elle n'hésite pas très longtemps avant de lui emboîter le pas.
Leur but : les États libres du Nord.
Je ne connaissais rien, ou presque, à propos de l'esclavage aux États-Unis, sinon la vision romanesque qu'en donne Margaret Mitchell dans Autant en emporte le vent, tout simplement parce que je n'avais jamais rien lu d'autre sur le sujet. J'avoue que c'est un peu light pour se faire une idée de la question. Au mois de janvier, la lecture de Bakhita m'avait fait entrer dans une vision plus réaliste de l'esclavage à laquelle j'avais pu rajouter ce que je savais, par mes cours d'histoire, sur la traite des Noirs et commerce triangulaire ainsi que sur le pillage des ressources du continent africain.
Mais j'ignore toujours beaucoup de choses sur la question du racisme et de l'esclavage aux États-Unis, en dehors de la lutte de Martin Luther King pour les droits des Noirs, ou encore du tristement célèbre Ku-Klux-Klan et de leurs actes racistes odieux. La lecture de ce livre a donc été salutaire de ce point de vue-là, puisqu'elle me permet d'ouvrir un peu mon horizon sur les horreurs que les hommes sont capables de faire subir à leurs semblables.
La distance temporelle et spatiale ainsi que l'angle abordé rendent l'histoire presque acceptable. Car si j'ai découvert là un visage dur, atroce, de ce que les hommes ont infligé à leurs frères humains simplement à cause de la couleur de leur peau, j’ai appris aussi que tout un réseau d’entraide clandestin s’est développé pour permettre aux esclaves en fuite de commencer une nouvelle vie ailleurs. Dans le roman, ce réseau clandestin est devenu une véritable voie ferrée souterraine, matérialisant de fait cette entraide, lui donnant corps, chair et existence « réelle », rendant palpable aussi les risques pris par ceux qui faisaient en sorte que ce réseau puisse vivre…

L’histoire de Cora pourrait être celle de dizaines, de centaines d’esclaves. On en rencontre d’ailleurs un certain nombre au fil du récit, depuis ceux qui échouent dans leur évasion et sont rattrapés puis durement punis par leurs maîtres jusqu’à ceux qui, trompés, tombent dans une forme de fausse liberté, une liberté surveillée où tout est fait pour garantir qu’ils n’auront pas d’enfants et ne propageront pas leur « race », en passant aussi par ceux qui n’ont plus la force, qui sont trahis, traqués, pourchassés… La fin du roman est ouverte, laissant le lecteur imaginer la suite. Que deviendra Cora dans le monde où elle va aller ? Quelles seront les difficultés qu’elle va devoir affronter ?

Ce livre est dur, dense, salutaire aussi, en ce qu’il met en lumière les travers de la société, celle d’avant l’abolition de l’esclavage, bien sûr, mais qui n’est pas sans rappeler certains aspects de la société d’aujourd’hui.
Colson Whitehead a reçu le prix Pulitzer pour ce roman plus que nécessaire aujourd’hui.

Paru aux éditions Albin Michel (Terres d'Amérique), 2017. ISBN : 978-2-226-39319-7.


samedi 12 mai 2018

Neige, de Maxence Fermine et Georges Lemoine




J'avais acheté ce petit livre à la librairie, au moment de sa sortie, attirée par l'illustration de couverture (je suis très visuelle).
Et, je ne sais pas pourquoi, j'ai oublié de le lire (oui, oui, ça m'arrive !). Il a donc fini par se perdre dans ma bibliothèque et je l'y ai retrouvé il y a quelques semaines à la faveur d'un réaménagement de ladite bibliothèque. Je l'ai enfin ouvert.

J'ai été très surprise par ce livre. Si c'est un roman, il est très court (118 pages), avec des chapitres extrêmement concis et elliptiques (certains d'entre eux font quelques lignes seulement, le plus long faisant un peu plus de deux pages). Le texte est richement illustré « à la japonaise », dans le style des estampes classiques. C’est un beau petit livre, visuellement soigné et coloré, agréable à lire et à feuilleter.

Quant au texte, il s’agit d’un récit, celui de la maturation d’un jeune japonais du XIXe siècle qui voit éclore sa vocation de poète. Il se spécialise dans son art en travaillant uniquement celui de l’écriture exigeante et difficile du haïku et en limitant les sujets de ses poèmes à la neige exclusivement.
C’est sa rencontre avec le poète officiel de la cour de l’empereur qui va le mettre en mouvement et le lancer dans la quête de la seule chose qui lui manque : la couleur. Et, bien sûr, il trouvera au près de son maître bien plus que ce qu’il était venu chercher.

J’ai lu ce livre en un peu moins d’une heure. Le style court et incisif, économe en mots comme en descriptions évoque plus qu’il ne le dit les faits, les atmosphères et les personnages, leurs actes comme leurs émotions. En fait, je pense que si un roman pouvait ressembler à un haïku, il serait sans doute dans ce style-là.
J’ai bien aimé cet ouvrage, même si je regrette son côté un peu abrupt. Pour ma part, j’ai besoin que l’auteur m’entraîne dans la tête des personnages. De ce point de vue, je suis un peu restée sur ma faim. Il n’en reste pas moins vrai que Neige est un livre très poétique, à l’atmosphère délicate, silencieuse et éthérée, comme la neige qui tombe doucement, le soir, sur la campagne endormie.

Paru aux éditions Arléa, 2010. ISBN : 978-2-8695-9925-3.