En passant...



Voici un petit aperçu de mes lectures,
passées ou en cours.

Et comme un blog se nourrit aussi
des commentaires de ses lecteurs,
n'hésitez pas à vous exprimer, vous aussi !

mercredi 20 mars 2019

Blake et Mortimer – La Vallée des Immortels, tome 1, de Yves Sente, Teun Berserik et Peter Van Dongen



J'ai reçu cette bande dessinée dans le cadre de l'opération « La BD fait son festival », organisée comme chaque année par Rakuten. Et c’est une bonne surprise !

Je connais Blake et Mortimer depuis l’époque d’Edgar P. Jacobs, même si je n’ai pas lu tous les tomes parus, loin de là. Je dois dire que le côté très détaillé des vignettes, avec beaucoup de textes, m’avait un peu rebutée durant mon adolescence.
Ici, le style et l’esprit de la série d’origine sont respectés. On est au milieu du XXe siècle à peu près, le style narratif et graphique est bien le même que dans les débuts, du moins en apparence. Les codes de la série sont là : on est en terrain connu, classique, rassurant, presque. Ce n’est pas Edgar P. Jacobs, mais le résultat en est tout à fait digne, parce que tout en respectant le style originel, les auteurs apportent une touche de modernité.

L’histoire est bien menée, on sent la maîtrise du scénario, du découpage... et le graphisme est tout à fait dans le style de l’école Franco-Belge que nous connaissons tous.

Du point de vue de l’intrigue, l’histoire débute en Chine continentale, lorsque le Docteur Sun-Yi-Sun, conservateur du Musée du Palais Impérial, fait charger des milliers de caisses en bois sur quatre navires. Ces caisses renferment les trésors du patrimoine chinois, en vue de les soustraire aux Communistes dont l’avancée fait craindre pour leur sauvegarde.
Durant le trajet vers Taïwan, une tempête oblige le quatrième navire à se mettre à l’abri sur une île de la région, repaire de voleurs et trafiquants qui vont s’emparer de la cargaison.

Les trois autres navires arrivent à bon port et leur contenu est déchargé. Mais dans l’entrepôt, un accident survient et une caisse tombe, révélant un coffret et une statuette brisée qui renferme dans son socle un rouleau de soie sur lequel est inscrit le début d’un récit datant de l’ère du premier Empereur de Chine.

Voilà le point de départ de la nouvelle aventure de Blake et Mortimer, où l’on va retrouver le Colonel Olrik, l’inévitable méchant de la série, et plein d’autres personnages plus ou moins loyaux : des traitres, des espions, des personnes qui ne sont pas très claires, au point qu’il est parfois difficile de savoir à qui on peut faire confiance !
Une chose m’a fait tiquer : au début de l’histoire, Blake et Mortimer sont à bord d’avions de chasse et détruisent la ville de Lhassa. Alors soit j’ai raté un épisode, soit quelque chose ne va pas : dans mon souvenir, Mortimer était un scientifique, un archéologue, mais ni un militaire, ni un pilote de chasse… J’avais l’habitude d’un peu plus de cohérence dans les fonctions et métiers de l’un et de l’autre des deux héros, d’autant plus que j’ai trouvé que la seule participation de Blake à ce « raid » était pertinente et indispensable… C’est à croire que la présence de Mortimer ne sert qu’à justifier sa participation à l’intrigue, alors même que la rencontre avec l’assistant du Docteur Sun-Yi-Sun, à Londres, va lui donner toute sa place dans l’intrigue…

Je cherche peut-être la petite bête, me direz-vous… C’est sans doute mon côté perfectionniste, qui recherche surtout la cohérence dans ce que je lis, y compris lorsqu’il s’agit de bande dessinée. Ce petit point précisé, il s’agit tout de même d’une bonne BD, dans un genre bien classique, comme je les aime. Et ça fait du bien !

Merci à Rakuten pour cette belle découverte, qui m’a donné envie de me replonger et de compléter la série !

Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2018. ISBN : 978-2-8709-7244-1.

XIII - L'enquête, deuxième partie, de Philippe Xavier, William Vance, Jean Van Hamme




J'ai reçu cette bande dessinée dans le cadre de l'opération « La BD fait son festival », organisée chaque année par Rakuten. Elle m’intéressait parce que je suis la saga XIII depuis de nombreuses années et que j’aime bien quand, dans une série, les auteurs développent le monde dans lequel évoluent leurs personnages, comme dans le Cycle de Cyann, de Bourgeon et Lacroix.

Lors de la sortie de la première partie de l’enquête, j’avais donc été très contente de voir que la BD prenait un tour plus « réaliste », avec ces deux reporters qui se mettaient en chasse de l’identité de XIII et des tenants et aboutissants de cette saga complexe.

Étrangement, alors que lire la suite de cette enquête (qui reprend les faits à compter du tome 14 de la série) aurait dû me transporter de joie, j’ai été plutôt déçue.
Cette deuxième partie est bien plus « light » que ce à quoi je m’attendais. L’intrigue est inexistante (contrairement à la première partie où elle constitue une sorte d’histoire dans l’histoire). Et les « dossiers » s’enchaînent les uns aux autres sans lien, de manière trop plate à mon goût. De plus, cette deuxième partie de l’enquête est comme parasitée par tous les dossiers « XIII Mystery », ce qui est parfaitement normal et prévisible : les auteurs n’ont pas voulu faire de redites (ce qui est à leur honneur ), mais du coup, le contenu des « dossiers » de cette enquête perd en consistance.
Voilà pour les aspects qui m’ont déplu.

Il y a aussi de bonnes choses, heureusement ! Le dessin des deux parties (introduction et conclusion de l’enquête et des planches complémentaires à chaque dossier) est bon, digne du regretté William Vance. Le dessinateur assure une belle continuité avec celui du départ. Graphiquement, la « bd » est donc bien faite et ne déçoit pas. Les planches qui suivent chaque dossier sont aussi bien menées d’un point de vue scénaristique, mais plusieurs d’entre elles m’ont un peu laissée sur ma faim…

Globalement, j’ai l’impression que ce tome 2 de l’enquête semblait essentiel aux auteurs pour combler un « manque » ou un vide laissé dans la série à partir du tome 14 de la saga. Sauf qu’en réalité, il aurait pu aussi ne pas exister, les différents tomes du « XIII Mystery » faisant, à mon avis, office d’enquête en eux-mêmes…

Je suis donc légèrement déçue par cette deuxième partie de l’enquête, mais contente d’avoir pu y mettre le nez !

Merci à Rakuten pour cette opération, qui me donne envie de relire la saga XIII… On ne se refait pas !

Paru aux éditions Dargaud, 2018. ISBN : 978-2-5050-7267-6.

samedi 20 octobre 2018

Petite vie de Padre Pio, de Patrick Sbalchiero




Padre Pio, capucin, stigmatisé, doué du don de bilocation, capable de « voir » les péchés commis par ceux qu’il rencontrait, mystique qui avait des visions (Jésus, Marie, les démons, son ange-gardien…). Il est mort en 1968, à plus de quatre-vingts ans, après une vie de souffrances et de grâces immenses.
D’une humilité et d’une obéissance à toute épreuve, il a été donné comme « modèle » de sainteté à l’Église universelle lors de sa canonisation par Jean-Paul II, le 16 juin 2002. Jean-Paul II, à qui Padre Pio avait prédit qu’une jour, il serait pape…

Cette « Petite vie de... » se lit très vite et très facilement. De quoi en apprendre beaucoup sur la vie des saints de notre temps, donnés en modèle pour le monde, non pas en raison de leur perfection (parce qu’ils sont, comme tout un chacun, des pécheurs), mais en raison de leur chemin vers Jésus, vers la sainteté. Le Padre Pio était un homme libre dans l’obéissance, il avait à cœur de soulager les souffrances de ses frères. Pour cela, il utilisait tous les moyens à sa disposition, depuis la direction de conscience jusqu’à la confession, en passant par la construction d’un hôpital. Souffrant lui-même, il savait à quel point cela peut être difficile à vivre…
Sa vie est un modèle pour qui veut suivre, lui aussi, le Christ.

Paru aux éditions Desclée de Brouwer (Petite vie de…), 2011. ISBN : 978-2-220-05252-6.

mercredi 17 octobre 2018

La Tour, de François Schuiten et Benoît Peeters




J'ai eu de la chance, cet été, de tomber un peu par hasard sur cette BD chez un bouquiniste. « Les Cités Obscures », c'est une série mythique que, pour je ne sais quelle raison, je n'ai jamais cherché à compléter. À tort, sans doute, si on regarde le petit bijou qu'est « La Tour ». Un récit en noir et blanc, très onirique, où le vrai et le faux, l’invraisemblable et le probable se mêlent au point qu’il devient difficile, pour le lecteur, de savoir de quel côté du miroir il se trouve. C’est là, l’un des traits de génie des auteurs incroyables que sont François Schuiten et Benoît Peeters et qui font de cette série une sorte d’OVNI de la BD où il faut bien plus qu’une lecture pour saisir la portée du récit.

Le sous-titre de cette BD, c’est « l’Histoire véridique de l’homme qui la traversa ». Cette histoire est une quête, un mythe, où se mêlent récits biblique et historique propres à exalter le courage de l’homme. Si vous ne connaissez pas cet ouvrage, plongez-y ! C’est simplement superbe !

Paru aux éditions Casterman (Les Cités Obscures), 1987. ISBN : 2-203-33433-9.

samedi 13 octobre 2018

Le Garçon, de Marcus Malte




Conseillée par mon libraire préféré, j'ai mis beaucoup de temps à lire ce roman. Non pas par manque d'intérêt, mais par manque de temps essentiellement : trop de choses à faire, de lectures en retard... C'est que ce roman est un fourmillement, une plongée dans l'histoire qui nécessite un peu plus que trois minutes consécutives d'attention. J'ai donc pris le temps.

Le récit s'ouvre sur la vie quotidienne d'un enfant dont on ne sait ni le nom, ni celui du pays où il habite. On découvre peu à peu que ce garçon ne parle pas, que personne ne le connaît, qu'il vit totalement isolé depuis la mort de sa mère et qu'il n'a donc aucun nom, aucune histoire connue et aucune société, communauté à laquelle il peut se rattacher. Entièrement libre de ses mouvements, il se débrouille très vite seul et avance dans la vie au gré des rencontres plus ou moins bienveillantes qu'il va faire durant sa vie de pérégrinations. Marginal, c'est souvent parmi les marginaux, les exclus, qu'il va trouver la chaleur humaine dont il a besoin, comme tout être humain, pour vivre. Et ces expériences lui permettent de survivre, puis de s'adapter au monde dans lequel il vit et qui change très vite autour de lui.

La qualité d'écriture est au rendez-vous, le récit est prenant, haletant, intrigant, aussi. Le lecteur se laisse mener sur les routes en compagnie de cet étrange garçon, à la fois hors de la société, coupé du monde, et totalement acteur de ce monde qui lui est étranger et dans lequel, pourtant, il semble évoluer avec ce qui ressemble presque à de l'aisance. Le mystère qui l'entoure ne sera jamais réellement levé, mais, finalement, cela importe peu. Ce garçon, c'est un peu tous ces hommes anonymes qui, parce qu'ils étaient là, à cet endroit précis et à ce moment particulier, ont fait l'histoire, celle qui porte un grand « H » et celle, plus modeste, qui fut la leur.
Un roman exigeant, parfois cru, dérangeant, mais magnifique.

Paru aux éditions Zulma, 2016. ISBN : 978-2-84304-760-2.

mercredi 10 octobre 2018

ICTUS tome 1 : La Fille du Temple, de Luc Borza et Bruno Martineau




Maria Valtorta est une mystique italienne qui aurait eu des visions de l’Évangile, un peu comme si elle avait été témoin de la vie de Jésus depuis la naissance de Marie jusqu'à la mort du Christ. Si l’Église catholique reste très prudente sur l'authenticité de ces écrits, les promoteurs de Maria Valtorta n'hésitent pas à vanter la justesse et la précision du récit. Polémique mise à part, cette bande dessinée est le premier tome d'une série tirée des écrits de Maria Valtorta, « L’Évangile tel qu'il m'a été révélé ».
Dans ce premier volume, le lecteur fait la connaissance d’Anne et Joachim, un couple juif âgé qui désespère d’avoir un jour un bébé. Après un pèlerinage à Jérusalem, Anne apprend qu’elle est enceinte alors qu’elle est déjà trop âgée pour être mère. Elle donne naissance à Marie, qui deviendra à son tour, de manière tout aussi mystérieuse, la mère de Jésus. Cette première partie relate l’histoire jusqu’au mariage de Marie avec Joseph de Nazareth, modeste charpentier de son état et descendant du roi David.

J’ai beaucoup apprécié le dessin et l’histoire de la naissance de Marie, jamais relatée dans les Évangiles. Pour qui s’intéresse un peu à l’histoire sainte, cette bande dessinée permet de s’approprier un peu plus le contexte dans lequel Jésus a grandi. Mais il ne faut pas oublier cette recommandation de l’Église catholique : Si ce récit semble fidèle aux écrits évangéliques, la Parole de Dieu suffit.

Paru aux éditions Maria Valtorta, 2016. ISBN : 978-2-36463-366-7.

mardi 21 août 2018

Le Renard des Grèves, une enquête de Mary Lester, de Jean Failler





Je suis « tombée » sur ce roman en deux tomes chez mes parents, en Finistère. Une fois n’est pas coutume, le roman du terroir est un roman policier, ce qui me va très bien, moi qui ai été nourrie à Agatha Christie et Charles Exbrayat…

Mary Lester est capitaine de la police nationale, à Quimper, dans le Sud-Finistère. Elle rentre d’une enquête à Nantes et fait son compte-rendu au commissaire divisionnaire qui l’envoie illico sur une autre enquête dans le Nord-Finistère, dans un petit port où, depuis quinze ans, une série de sabotages a cours. L’enquête de la gendarmerie piétine, la vindicte populaire a son coupable, le « Renard », mais aucune preuve ne vient étayer cette thèse. Mary Lester va donc devoir débrouiller cette affaire et se retrouve confrontée à un vieil ennemi en la personne de Charraz, déjà rencontré lors d’une précédente enquête à Camaret. De perquisitions en déconvenues, elle se rend compte alors que l'enquête est bien plus compliquée qu'il n'y paraît du premier abord. Elle rencontre les différents protagonistes de cette histoire où s'entremêlent jalousie, rancoeur et appât du gain et où les bons ne sont pas toujours ceux que l'on croit. Où, d'ailleurs, il semble que rien ne soit aussi simple que "Radio léonarde" le dise...

J’ai lu très vite ces deux tomes, plutôt bien écrits. L’enquête est intéressante, émaillée de termes provenant du langage de la pêche et de mots bretons (traduits en notes, ne vous en faites pas!). C’est facile à lire, les personnages sont attachants et plutôt bien croqués, avec des caractères bien trempés. J'ai passé un excellent moment.
Bref, j’ai bien aimé et je recommande, si vous aimez les romans policiers et la Bretagne !

Paru aux éditions du Palémon, 2003. ISBN tome 1 : 2-907572-58-x ; tome 2 : 2-907572-59-8.