En passant...



Voici un petit aperçu de mes lectures,
passées ou en cours.

Et comme un blog se nourrit aussi
des commentaires de ses lecteurs,
n'hésitez pas à vous exprimer, vous aussi !

samedi 23 novembre 2013

Astérix chez les Pictes, de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad


Astérix, c'est toute mon enfance. Dire que j'ai appris l'histoire de France grâce à lui serait sans doute aller trop loin, mais avec Yoko Tsuno et Tintin, Astérix et Obélix font partie de ces héros qui ont bercé mes jeunes années et avec lesquels j'ai appris à lire. C'est pourquoi je regarde toujours avec beaucoup de curiosité chaque nouvel album qui sort et que celui-ci n'a pas fait exception. Parce que pour la première fois, ce n'est pas Uderzo qui est aux commandes. Alors il y avait, en plus de l'attrait d'un nouvel album, la curiosité. Que devient Astérix (et avec lui, tous les villageois que nous connaissons si bien) entre les mains de ses nouveaux auteurs ?

Ben... disons-le tout net : Rien.
Enfin si, l'histoire est là, l'aventure aussi. Les auteurs n'ont pas pris beaucoup de risques : la trame ressemble pas mal à d'autres, comme Astérix chez les Belges, Astérix chez les Bretons ou autres. En gros, un "perturbateur" étranger débarque par un moyen quelconque dans le village, et il a besoin d'Astérix et d'Obélix pour résoudre une situation difficile pour lui et pour son village.
Sauf que, d'habitude, c'est drôle. Très drôle, même.
Et pas ici. Ici, c'est simplement une aventure banale, où Astérix et Obélix viennent en aide à un Picte qui a débarqué de manière assez étrange dans le village. Il y a bien des éléments comiques (et le comique de répétition fonctionne plutôt bien ici, je dirais), avec des références au "patrimoine" musical (chansons anglo-saxonnes en particulier). Encore faut-il bien connaître ces références ! Et en dehors de ça, le comique est loin, très loin...

Je n'irai pas plus avant, j'aurais peur de démolir brutalement et méchamment cet album, alors que mes enfants, qui n'ont pas mon vécu "bédéesque" ont apprécié cette histoire (ils n'ont pas connu la grande époque du Tour de Gaule ou de La Serpe d'Or...). Seulement, quand mon petit garçon de 9 ans a lu cet album, je n'ai pas entendu, comme pour les autres albums que je lui ai mis entre les mains, les grands éclats de rire auxquels il m'a habituée...
C'est décidé : cette année, pour Noël, j'investis.
Dans les premiers albums. Histoire de leur permettre de savourer.

Paru aux éditions Albert René, 2013. ISBN : 978-2-86497-266-2.

jeudi 21 novembre 2013

La Liste de mes envies, de Grégoire Delacourt


Arras, ville sinistrée du Nord de la France. Jocelyne tient une mercerie et un blog qui connaissent chacun leur petit succès (grandissant, en ce qui concerne celui du blog d'ailleurs). Elle est mariée, mère de deux enfants. Elle a des amies, des jumelles qui tienne nt l'institut de beauté d'à côté et qui jouent chaque semaine au loto. Un jour, elles persuadent leur amie de jouer aussi. Le montant en jeu fait rêver : 18 millions d'euros au bas mot. Et si elle gagnait, que ferait-elle avec tout cet argent ?

Jocelyne aime sa vie telle qu'elle est, avec ses envies simples et accessibles. Cet argent pourrait tout changer en bien, mais n'a-t-elle pas beaucoup à perdre ?

Difficile de parler de ce livre sans en dire trop. On rêve tous de gagner le gros lot. On rêve tous d'avoir une vie plus facile, plus confortable, d'offrir à ceux qu'on aime ce dont ils ont envie. C'est tellement simple quand on n'a pas à compter à la fin du mois.
Ce roman invite à se poser la question de l'essentiel. Finalement, ce qui fait le moteur d'une vie, son essence, peut-il s'acheter ? Dommage que le livre soit si court. J'aurais bien suivi un peu plus longtemps le périple de Jocelyne et de ses proches.

Paru aux éditions JC Lattès, 2013. ISBN : 978-2-7096-3818-0.

mardi 19 novembre 2013

La Femme du Ve, de Douglas Kennedy


Harry est un professeur d'université aux États-Unis, viré à cause d'une aventure avec l'une de ses étudiantes où l'on ne badine pas avec la morale. L'histoire ayant tourné au drame, sa femme Susan l'a quitté et sa fille Megan refuse de lui parler, ses collègues l'évitent et Harry a du fuir l'Ohio. Il débarque à Paris juste après Noël, avec l'ambition d'y écrire son premier roman. Il connait alors la vie des émigrés sans le sou, sans permis de travail, sans moyens de subsistance ou presque. D'hôtel miteux en chambre de bonne, de rencontre désastreuse en rencontre exaltante, il côtoie des gens dangereux, prêts à tout pour sauvegarder leur business.

J'avoue avoir eu un peu de mal à rentre dans l'histoire de cet homme déchu, dépossédé de tout. J'ai eu l'impression que l'auteur faisait pleuvoir sur lui tous les malheurs du monde et que ça ne s'arrangeait jamais, quoique fasse le héros. En gros, qu'il était trop bête ou trop naïf pour s'en sortir seul... Même la rencontre avec Margit, qui laisse un temps un peu d'espoir, m'a d'emblée aussi laissé un sentiment étrange, comme si elle semblait pleine de pièges, malsaine depuis le début.

Et puis quand même, il faut bien reconnaître que passées les premières pages, qui me sont de toute façon toujours difficiles et auxquelles je dois parfois revenir pour mieux les comprendre, j'ai été happée par l'intrigue. Avec cet énervement quand même (« Bon sang, il n'a vraiment pas de bol, c'est pas possible ! ») mais il faut bien avouer que l'auteur a un style d'écriture « accrocheur », qui ne lâche aps le lecteur. Le suspense est bien mené, les questions posées se résolvent et/ou se complexifient peu à peu... On croise dans cette histoire des marchands de sommeil, des truands, des êtres étranges, imbus d'eux-mêmes et suffisants jusqu'à l'insignifiance, des allers-retours dans le passé, une description de la vie parisienne peu commune et plutôt réaliste....
Ce que j'ai bien aimé, en revanche, ce sont les descriptions des différents états par lesquels passe Harry, son tourment intérieur, sa volonté d'être autre chose que ce que lui permet sa condition, qui le pousse en avant et l'oblige à prendre des risques. C'est un côté du personnage que j'ai beaucoup apprécié, et qui fait en quelque sorte le « moteur » de l'intrigue. L'homme peut paraître passif au premier coup d’œil, subissant les tempêtes qui s'abattent sur lui, mais en réalité, ce sont plutôt ses actes qui le poussent vers l'abîme, c'est parce qu'il fait des choix selon sa conscience et ses aspiration, avec souvent un certain courage, qu'il voit sa situation changer, en mieux ou en pire d'ailleurs...
La fin, comme ça arrive parfois, m'a un peu laissée sur ma faim, comme si le parti-pris était un peu « facile » et ne résolvait rien. C'est donc un sentiment assez étrange qui domine à l'issue de cette lecture : un livre que je n'ai pas pu lâcher, mas qui ne me laissera sans doute pas un souvenir impérissable.

Paru aux éditions Pocket, 2008. ISBN : 978-2-266-17976-8.

dimanche 17 novembre 2013

Niklos Koda, tome 1 : A l'arrière des Berlines, de Jean Dufaux et Olivier Grenson



J'ai bien du mal à résister quand les éditeurs offrent des livres. Surtout quand il s'agit de BD. En septembre, pour l'achat de deux BD « Troisième Vague », celle-ci était offerte. Une troisième BD, donc, un tirage spécial pour l'opération, parce que la série est assez ancienne là encore, avec onze tomes parus.
J'ai lu cette BD plus pour la connaître que pour la suivre au départ, parce que ce personnage ombrageux de Niklos Koda ne m'attirait pas particulièrement. Et j'avais peut-être tort.

L'intrigue commence dans un hôtel très chic, au moment du départ de deux « touristes ». La femme de chambre et le maître d'hôtel voient ces hôtes un peu bizarres s'en aller avec soulagement, avant de découvrir l'état dans lequel ils ont mis la chambre. On est tout de suite propulsé dans l'irrationnel, le dingue, le bizarre, l'étrange.
Ca continue dans une île de l'Atlantique où le corps d'un noyé est retrouvé, porteur d'un étrange symbole également présent sur le sol de la chambre d'hôtel précitée.
C'est là le début d'une sorte d'enquête qui démarre à Paris. Cette enquête n'a d'ailleurs rien d'officiel. Pas question ici de police, mais d'une mystérieuse agence dont l'un des employés est Niklos Koda, réputé être le meilleur sur ce genre d'affaires.

J'ai été assez hermétique à cette bd, même si je me suis laissée prendre au jeu à certains moments. Peut-être est-ce dû à la fatigue ? En tout cas, j'ai eu quelques difficultés à comprendre l'intrigue, plutôt ésotérique. Mais il est vrai qu'à l'issue de ce tome 1, l'histoire n'est pas finie et qu'elle se poursuit dans le tome suivant. Je verrai si je la trouve à la bibliothèque de mon village, celle-là, histoire de connaître le fin mot de l'intrigue, mais je pense que je n'irai pas au-delà.

Paru aux éditions Le Lombard (Troisième Vague), 2013. ISBN : 978-2-8036-3335-7.

vendredi 15 novembre 2013

Danse Noire, de Nancy Huston


Milo Noirlac est scénariste. Paul Schwartz est réalisateur. Les deux hommes sont amants et ont travaillé ensemble sur de nombreux films. Celui-ci sera le dernier, car Milo se meurt dans sa chambre d'hôpital. Comme dans « Lignes de faille », on est là dans la saga familiale, chaque membre du clan éclairant, par son histoire, le devenir de la génération suivante. Trois personnes sont au centre de l'intrigue : Milo, sa mère Awinita et son grand-père Neil, le père de son père Declan. Sur un siècle et trois continents, Nancy Huston emmène son lecteur de l'Irlande au Québec, à New York et au Brésil.
C'est dense, fort, rythmé... L'écriture est agréable, fluide, comme on y est habitué avec cet auteur. Pas de surprise, donc, Nancy Huston confirme une fois de plus son talent.

De ma lecture, j'ai retenu deux aspects qui m'ont particulièrement interpellée. Le premier, c'est la place de la sexualité dans ce roman. De la relation de Milo et Paul à celle d'Awinita et Declan, ou encore de Neil et Marie-Jeanne, sa femme, dont on n'entend parler qu'à travers les maternités successives (treize enfants quand même !), la sexualité est présente dans tout le roman et c'est l'occasion de l'aborder sous différents angles : la maternité d'une part, en particulier avec Neil et Marie-Jeanne, donc ; la prostitution pour Awinita, à laquelle se double la relation stable avec Declan, le fils de Neil, puis les relations de Milo et de ses différents partenaires, masculins et féminins d'ailleurs. Si une trop grande place de la sexualité dans certains romans me semble parfois nuire au récit, ici, ce n'est pas du tout le cas à mon avis. La sexualité n'est qu'un prétexte, finalement, pour mettre en avant les couples dont il est question, même si certains personnages sont plus effacés que d'autres.
Par ailleurs c'est un aspect important du livre, parce qu'il reflète les évolutions des sociétés et des mentalités dans leur ensemble, à travers le temps. Finalement, ce roman décrit non seulement une famille à travers trois générations, mais aussi l'évolution sociale, le contexte dans lequel ces personnages évoluent. Il s'agit là, somme toute, de l'essence même d'un bon roman, en plus du talent propre de l'écrivain.

Le second aspect du récit qui m'a beaucoup plu est relatif aux savoureux dialogues entre les différents protagonistes de l'histoire. Ces dialogues ont deux particularités : ils sont, d'une part, en anglais, irlandais ou canadien. L'orthographe particulière permet sans doute d'identifier l'origine géographique, mais je ne m'y connais pas suffisamment pour dire avec plus de précisions quelle orthographe traduit l'accent irlandais ou canadien. La seule hypothèse que je peux faire est qu'il s'agit de l'anglais canadien puisque c'est la nationalité de l'auteur et qu'une grande partie du récit se situe au Canada, mais le personnage de Neil étant Irlandais, on peut dès lors supposer que la langue utilisée et l'accent transcrit pourraient être irlandais également.
La seconde particularité est que les dialogues ont été traduits en « Français » par l'auteur. Je mets des guillemets, parce que la traduction du texte lui-même est bien en Français, pour l'édition française en tout cas, alors que la langue utilisée pour la traduction des dialogues est sensiblement différente. Et là, c'est formidable d'un point de vue linguistique. Parce que quand on lit l'Anglais en V.O., normalement, on n'a pas besoin de traduction, et, souvent d'ailleurs, la traduction amoindrit la force du propos en général. C'est parfois le cas quand on regarde un film en langue étrangère traduit en français : il peut perdre de sa force avec la traduction, ou bien le message transmis n'est plus tout à fait le même. Mais ici, la traduction s'impose pour plusieurs raisons : d'une part, la langue de traduction n'est pas le Français mais le Québécois ce qui, en soi, est déjà savoureux en ce que c'est porteur de découvertes linguistiques. D'autre part, à de nombreux endroits, il ne s'agit pas à proprement parler, me semble-t-il, d'une traduction littérale mais plus probablement d'une réécriture des dialogues, ce qui est intéressant et complémentaire de la version anglaise et permet d'aller plus loin dans la compréhension des personnages.
J'ai été particulièrement sensible à cet aspect parce que deux membres de ma fratrie ont émigré, l'une à Québec et l'autre à Montréal. Tous les deux me font régulièrement part de leurs « découvertes linguistiques » ou de leurs étonnements à ce sujet. Et à la lecture de ce livre, j'ai bien mieux compris ce qu'ils essaient de me faire comprendre depuis longtemps déjà : le Québécois, finalement, a depuis longtemps évolué parallèlement au Français, se nourrissant autant d'apports anglophones que de ceux d'émigrants de diverses régions de France ou d'ailleurs. En définitive, il s'agit d'une langue riche de termes inconnus en France, ou dont l'usage n'a plus cours ici depuis longtemps.

On pourrait encore parler du côté « saga », de l'immigration, de la violence, de la quête identitaire, tous aspects qui émaillent ce roman et en font un texte dense, riche, où il y a « à manger », en quelque sorte, lui conférant une consistance et une force indéniable. Mais il est difficile de décrire ici tous les aspects du roman !

Forte de toutes ces découvertes, de ces voyages à travers le temps, l'espace et les langues, j'ai littéralement savouré, dégusté même ce roman. Et s'il fallait mettre une note, ce serait donc sans problème un 19 sur 20.

Un très, très grand merci aux éditions Actes Sud et à Price Minister, puisque cette lecture est faite dans le cadre des « Matchs de la Rentrée Littéraire », organisés conjointement par Price Minister et les éditeurs des livres sélectionnés par les quatre marraines de l'édition 2013 ! Je n'ai bien sûr pas lu tous les ouvrages de la sélection, mais s'ils sont tous à la hauteur de celui-ci, le « match » promet d'être serré !

Paru aux éditions Actes Sud (Domaine Français), 2013. ISBN : 978-2-330-02265-5.




jeudi 14 novembre 2013

Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier


Julie a vingt-huit ans, elle travaille dans une banque et a largué son petit ami rocker raté, qui ne s'intéressait à elle que parce qu'elle jouait à la perfection le rôle de groupie.
Julie a aussi plusieurs amies, célibataires comme elle, qu'elle retrouve régulièrement pour des dîners entre copines. Ensemble, elles se soutiennent, s'entraident dans leurs galères.
Et puis, un jour, un nouveau voisin débarque dans l'immeuble où habite Julie. C'est d'abord son nom qui l'attire. Il s'appelle Ric Patatras. Un nom tellement bizarre que Julie se demande qui se cache derrière un tel patronyme. Elle va alors tout faire pour en savoir plus sur lui, quitte à se mettre dans des situations rocambolesques, voire ridicules, pour satisfaire sa curiosité.

J'ai ri ! Ri ! Comme rarement à la lecture d'un roman.
C'est drôle, inventif, bienveillant, mystérieux, déjanté au possible, totalement rocambolesque, voire invraisemblable, et pourtant on veut y croire à cette sorte de conte de fées moderne.
Les personnages sont pour certains pathétiques et antipathiques, pour d'autres enjoués ou étonnants, tous sont attachants, humains, complexes. Ca fourmille de partout, ça n'arrête pas, c'est inventif et très drôle !
Même si le roman est écrit comme une sorte d'énigme policière (même si la police n'intervient pas !), ce n'est qu'une apparence, qui n'est pas sans rappeler que chacun est finalement un mystère pour l'autre, y compris lorsqu'on se connaît bien... Finalement, ce livre ne rend compte que de la vie quotidienne, drôle et émouvante, d'une jeune femme qui cherche avant tout à voir ce qu'il y a de bon dans son voisin, sa collègue, sa boulangère ou le client aigri qui vient tous les matins pourrir la journée des voisins du quartier.
Ce roman m'a fait un bien fou. Il devrait carrément être remboursé par la Sécurité Sociale, au rayon « antidépresseurs » !

Paru aux éditions Pocket, 2013. ISBN : 978-2-266-23304-0.

mardi 12 novembre 2013

Je reviens te chercher, de Guillaume Musso


Je suis assez dubitative après la fin de la lecture de ce roman.Comme ça m'arrive assez souvent en ce moment, j'ai été absorbée par ma lecture au point d'avoir beaucoup de mal à lâcher le livre et, pour autant, je ne pourrais pas dire qu'il s'agit d'un coup de cœur, loin de là.

Ethan se réveille le samedi 31 octobre 2007, à bord de son bateau, auprès d'une femme qu'il ne reconnaît pas. Dans sa vie apparemment réussie, où tout semble lui sourire (argent, luxe, notoriété, célébrité alimentée par les nombreux articles et passages à la télévision, destinés à promouvoir ses livres), Ethan est pourtant très seul. Il y a 15 ans, il a quitté tout ce qui faisait sa vie d'alors pour pouvoir se battre et quitter sa condition. Et aujourd'hui, alors que tout lui réussit, le vide de sa vie l'engloutit.
Cette journée du 31 octobre va tout changer, pour lui comme pour ses proches.

J'ai donc été totalement absorbée par ma lecture, parce que je voulais savoir ce qui allait arriver à Ethan, mais aussi à Céline et Jessie, ou encore à Jimmy ou Marisa. L'écriture est nerveuse, rapide, efficace et la brièveté des chapitres avec les nombreux rebondissements de l'intrigue m'ont empêchée de lâcher le récit.
Mais je ne saurais trop dire pourquoi, j'ai eu une impression de « déjà lu », comme si les ressorts utilisés étaient déjà connus. Voilà, c'est ça : je n'aime pas trop, en littérature, les « recettes » qui « marchent ». j'ai bizarrement eu l'impression d'un livre commercial... et ce malgré le très bon moment de lecture que j'ai passé.

Contradictoire, moi ?

Paru aux éditions Pocket, 2008. ISBN : 978-2-266-19236-1.

dimanche 10 novembre 2013

Les 7 vies de l'Epervier, tome 1 : La Blanche Morte, de P. Cothias et André Juillard


Les 7 vies de l’Épervier, c'est une série « historique » (romancée, bien sûr, on n'est pas non plus dans un livre d'histoire) qui se déroule sous Henri IV, juste après la fin des guerres de religions.
L'histoire débute en Auvergne, en septembre 1601, où le froid précoce a fait venir la neige. Une femme court, tente d'échapper à des chiens. Elle est sur le point d'accoucher et donne naissance à sa fille Ariane dans la neige, le même jour que la reine qui met au monde l'héritier du trône.

Huit ans plus tard, on retrouve les deux enfants. Le fils du roi satisfait tous ses caprices pendant que la petite fille observe ce qui se passe en ville en n'hésitant pas à provoquer les gardes. Dans cette région sévit un mystérieux homme masqué, l’Épervier, qui dénonce les excès des riches et appelle les simples à la révolte. Ariane et lui vont se rencontrer et l'homme ne quittera plus les pensées de l'enfant.

Cette BD est en plusieurs tomes, dont je n'ai lu que le premier. C'est une série ancienne (près de trente ans), et cela fait un drôle d'effet de la lire maintenant, alors que les codes de la BD ont quelque peu évolué. On est là dans du très classique qui, s'il a un peu vieilli, a quand même gardé tout son charme. J'espère vraiment avoir l'occasion de lire la suite !

Paru aux éditions J'ai Lu (BD), 1988. ISBN : 2-277-33077-9.

jeudi 7 novembre 2013

L'Arme à l'oeil, de Ken Follett



1940, à Londres. L'intrigue commence au début de la guerre, où l'on rencontre les différents protagonistes du récit.
Faber, tout d'abord. Espion allemand qui tue facilement ceux dont il se méfie, à l'aide d'un stylet. Ce mode opératoire lui a d'ailleurs valu son surnom de Die Nadel, l'Aiguille.
Percival Godliman, veuf, historien spécialiste du Moyen-Age, amené par son oncle à travailler pour les services de renseignements britanniques.
David et Lucy Rose, jeunes mariés, qui débutent leur vie commune par un accident de voiture en plein black-out et trouvent refuge sur l'Île des Tempêtes, au large d'Aberdeen.
Et plein d'autres.

On retrouve tout ce petit monde en 1944. Les Allemands s'attendent à un débarquement mais ignorent où il va avoir lieu. De leur côté, les Alliés ont monté une formidable base militaire, sur la côte, où s'entassent chars, avions et canons, tout cela en toile peinte et en carton-âte. Ce décor esst destiné à tromper les Allemands et à faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais. Mais Die Nadel découvre ce secret qui peut faire basculer le cours des choses et faire perdre ou gagner la guerre à celui qui sera détenteur de l'information.

On est là dans un roman d'espionnage pur et dur. Rien n'est épargné, des manoeuvres de la police aux coups mortels de Faber... jusqu'à l'issue finale. Le suspense est très présent, bien mené, rendant l'histoire haletante et m'empêchant de « décrocher » ne serait-ce qu'une minute.
J'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman, comme nombre de ceux de l'auteur que j'ai déjà pu lire d'ailleurs (Les Pilliers de la Terre, La Marque de Winfield, Le Troisième Jumeau...) dans des genres et styles très différents. Je me suis attachée aux personnages, ai suivi leurs vies, leurs doutes, leurs questionnements... et n'ai pas pu le lâcher avant la dernière page. Du bon divertissement, quoi !

Paru aux éditions LGF (Le Livre de Poche), 2000. ISBN : 2-253-02778-2.

lundi 4 novembre 2013

I.R.S. All Watcher, tome 1 : Antonia, de Alain Queireix et Stephan Desberg


I.R.S. All Watcher, c'est une sorte de spin-of de la série I.R.S., déjà chroniquée ici. Comme pour la série XIII, elle fonctionne sur un mode différent de la série-mère, avec un personnage central par album. Ici, Antonia.

Je n'ai lu que ce premier tome, j'ignore donc de quoi vont parler les autres, mais il semble qu'ils soient au nombre de sept, formant un tout cohérent et une histoire complète. Le terme All Watcher semble désigner une entité mystérieuse qui, telle un vrai trou noir financier, aspirerait des milliards de dollars.
Cet album-ci est donc le premier de la série. Larry B. Max, après une enquête sur les comptes secrets du Vatican (tomes 9 et 10 d'I.R.S.), rencontre Antonia, jeune femme de 23 ans, très belle, fragile, mais dotée d'une hérédité compliquée qui va la mener malgré elle sur des sentiers où elle ne veut pas aller. Sa rencontre avec Larry pourrait permettre à ce dernier de clore son enquête italienne mais, comme souvent dans ce genre d'histoires, les choses se compliquent quelque peu. Antonia est la fille d'un tueur à gages qui a décidé pour elle de lui transmettre le flambeau familial. Cet album est celui de son initiation, mais la jeune femme ne se sent pas faite pour ce « travail » et lutte de toutes ses forces pour conserver sa vie et sa conscience.
Entre BD d'espionnage et intrigue financière, encore une BD à laquelle j'ai bien accroché, même si, n'ayant pas lu toute la série I.R.S., j'ai parfois eu quelques soucis pour raccrocher tous les wagons. Ceci dit, ce n'est quand même pas trop compliqué, et je suppose que l'une peut très bien se lire sans l'autre.

Paru aux éditions Le Lombard (Troisième Vague), 2010. ISBN : 978-2-8036-2535-2.

samedi 2 novembre 2013

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, de Dai Sijie


J'avais été attirée par ce livre, dans la librairie que je fréquente régulièrement, à cause du coffret qui le protégeait, sorte d'écrin de tissu coloré et bien fini, attirant et exotique, qui donne au livre un côté précieux. Je suis une excellente cible pour les experts marketting des maisons d'éditions, c'est un fait et j'assume. Et c'est là qu'on voit que le marketting, ça paie, puisque ça fait vendre. Et que l'on peut vérifier l'adage qui dit que « l'habit ne fait pas le moine »...

L'histoire se passe en Chine, durant la Révolution Culturelle, et commence par l'arrivée de deux garçons de dix-sept ans, de la ville, en rééducation dans un village de la Montagne du Phénix du Ciel. Ils y ont été envoyés, comme bon nombre d'autres jeunes, par le régime communiste car leurs parents sont médecins et dentistes et sont susceptibles de s'opposer au régime en place. Il faut donc soustraire leurs enfants à l'influence capitaliste de leurs parents et les confier à l'Etat pour les rééduquer (ou les endoctriner, ce serait sans doute plus juste et plus honnête).
Dans le village voisin, ils rencontrent un autre jeune garçon de leur âge, fils d'un écrivain et d'une poétesse, qui devient leur ami. Ils rencontrent aussi la Petite Tailleuse, fille du tailleur du village, et Luo, l'ami du narrateur, tombe amoureux de la jeune fille. Leur ami du village a un secret, bien gardé dans une valise, mais les deux jeunes garçons le percent à jour et s'en emparent. C'est de cette manière qu'ils entrent en possession d'un, puis de plusieurs livres et découvrent la littérature occidentale, interdite en Chine sous le régime communiste de Mao.

Ce livre aurait dû me plaire. Il parle de littérature, de la liberté qu'apportent les livres, de leur capacité à faire s'évader le lecteur, mais aussi de l'ouverture d'esprit qu'ils donnent. Il parle aussi d'endoctrinement par le régime, ce qui n'est pas sans rappeler, d'ailleurs, une certaine réforme toute récente, en France, de l'école, ainsi que les propos tenus par le ministre de l'Education nationale et la ministre des Droits des femmes sur leur volonté conjointe d'éloigner les enfants de la sphère et de l'influence familiale afin de leur inculquer les principes et la « religion » laïcs portés par le gouvernement.
C'est aussi une jolie histoire d'amour et de liberté.

Oui, mais voilà : je me suis ennuyée pendant plus de la moitié du récit ! C'est assez rare pour être souligné, parce que je suis plutôt bon public la plupart du temps.
Heureusement pour moi, la fin (le troisième tiers, environ) rattrappe un peu le début, même si les dernières pages me laissent un goût d'amertume et d'inachevé.
C'est très dommage, parce que les thèmes abordés sont vraiment porteurs et font écho chez moi à mes aspirations et questionnements du moment.

Paru aux éditions Gallimard (Folio), 2000. ISBN : 978-2-07-035964-6.

jeudi 31 octobre 2013

I.R.S. Tome 1 : La Voie fiscale et Tome 2 : La Stratégie Hagen, de Vrancken et Stephen Desberg




Je viens de découvrir cette série BD, pourtant pas toute récente. Elle m'attirait depuis un moment, sans que j'aie l'occasion de m'y mettre. Ce diptyque a pour thème « Les Nazis et l'or juif » et on y rencontre Larry B. Max, agent spécial de l'IRS détaché aux affaires les plus sensibles. L'IRS, Internal Revenue Service, ou le Fisc américain, est en guerre contre l'argent noir et les fraudes, y compris les plus criminelles.
Cette enquête fait d'emblée voyager le lecteur de l'Amérique à la Suisse, au fur et à mesure des meurtres qui jalonnent les découvertes de Larry.
En lisant cette BD, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Largo Winch. Même terrain de jeu : l'Amérique. Même style : le héros sans peur et sans reproche, qui ne fait pas dans la dentelle mais (presque) toujours en respectant le droit et l'adversaire, sans se voiler la face sur la noirceur du monde auquel il appartient (le capitalisme débridé de ce début de XXIe siècle). On n'est pas au pays des Bisounours, c'est clair. Même graphiquement, les deux séries se ressemblent, jusque dans le format des histoires (deux albums pour une histoire complète).
Dans l'ensemble, j'ai plutôt apprécié, même si je n'ai pas tout compris (la finance et moi, on n'est pas copines en général). Les personnages sont attirants à défaut d'être attachants (ce qui n'est pas le but non plus), en particulier le personnage de Larry B. Max. L'intrigue est bien menée, intéressante même si elle fait appel à des faits qui me sont assez étrangers et dont j'ignorais l'existence (je savais bien que les Nazis s'étaient approprié les biens des Juifs qu'ils avaient déporté et gazés, mais j'ignorais qu'ils l'avaient fait à cette échelle...). J'ai du coup appris un certain nombre de choses et passé un bon moment, bien divertissant et dépaysant. Une série que je vais sans doute suivre.

Paru aux éditions Le Lombard (Troisième Vague).
Tome 1 : 2006. ISBN : 978-2-8036-1396-0
Tome 2 : 2006. ISBN : 978-2-8036-1411-0

mardi 1 octobre 2013

Les Démons de l'Ile de Skye, de John-Erich Nielsen


James Callahan, le plus célèbre acteur écossais, a disparu avec sa femme Shauna Powers et leur fille adoptive, Lucy. L'inspecteur Sweeney, de la police criminelle d'Edimbourg est appelé pour enquêter aux côtés du Superintendant Rolling, de Scotland Yard, à la demande de ce dernier. Rolling et Sweeney se connaissent, le second ayant été l'élève du premier. Un vieux différend les oppose, mais, bien sûr, l'inspecteur Sweeney ne doit pas laisser ses sentiments personnels entraver l'enquête...

J'ai bien aimé ce roman policier, son intrigue, son ambiance... et son personnage principal. On est là dans l'Ecosse profonde, puisque l'enquête mène de l'un des nombreux châteaux que compte la région à l'Ile de Skye, l'un des endroits les plus sauvages d'Ecosse. J'ai une affection particulière pour ces régions reculées à cause de mes voyages en Irlande, Ecosse et Angleterre au cours de mes études et de mon adolescence en général. J'avais donc un a priori très positif par rapport à ce livre et je ne suis pas déçue.
L'inspecteur Sweeney est un jeune homme de 27 ans, un peu négligé, original, intelligent et très sympathique. Toute l'intrigue est vue de son point de vue et l'on suit son cheminement intellectuel, ses égarements, ses rancœurs, ses questionnements et déductions. Les autres personnages sont tout aussi bien campés, sympathiques et attachants et finalement, ce petit livre se lit bien, sait être drôle et étonnant, même si on n'est pas là dans les grands romans policiers ou chez Agatha Christie. Néanmoins, j'ai passé un moment très agréable et j'ai beaucoup aimé le style de l'écrivain. Ce tome-ci est le 7e (oui, comme d'habitude, je ne commence pas par le début...) et j'ai le tome 8 dans ma PAL. Je crois que si je tombe sur les premiers de la série, je serai peut-être tentée !

Paru aux éditions Head over Hills, 2010. ISBN : 978-2-9524127-6-6.

dimanche 29 septembre 2013

Mai 13 Rébellion !, de Daniel Ange


Daniel Ange est prêtre, fondateur de l'école Jeunesse Lumière, une école qui forme, pendant un an, des jeunes de 18 à 30 ans environ à la foi, au témoignage, à l'évangélisation. À ce titre, il est un grand connaisseur de la jeunesse, des jeunes adultes d'aujourd'hui, et il a suivi de très près les débats sur le « mariage » pour tous et l'engagement de ces mêmes jeunes tant dans les manifestations du début de l'année 2013 que dans le très récent mouvement des Veilleurs.
Il dénonce ici l'idéologie qui sous-tend la loi Taubira (et celles qui suivent relatives à la fin de vie, à la recherche sur l'embryon, à l'éducation, à la famille via la PMA et la GPA...), l'idéologie liée aux études de genre, plus communément appelée « idéologie du genre » ou « gender ». En bref, cette idéologie dominante actuellement dans les milieux politiques et qui modifie radicalement la perception que l'on a de l'homme, qui en fait un objet technologique (c'est-à-dire fabriqué) en lieu et place de l'homme biologique qu'il a toujours été.
Comme nombre de personnes attachées à l'humanité de l'être humain (ça paraît être redondant, comme ça, mais ce n'est plus aussi évident aujourd'hui, tant les dérives liées aux nouvelles technologies de la procréation sont grandes), Daniel Ange voit avec le gender les dégâts qu'il porte en germe sur les jeunes et les enfants d'aujourd'hui et de demain. Il apporte donc, avec ce petit livre, son regard, son expérience, son discernement et démontre que oui, tout est lié...

Le livre en lui-même est écrit dans l'urgence. Il est émaillé de fautes de frappe, de ponctuation, heureusement pas d'orthographe ! Mais ces manquements à la langue française sont comme des témoignages de l'urgence qu'il y a à avertir, à former, à informer sur cette déconstruction de l'homme, sur cette négation, même, de l'homme. Parce que, finalement, à vouloir donner les mêmes droits aux personnes homosexuelles, on en arrive, par cette loi, à nier jusqu'à leur identité et, en définitive, à nier l'homme en tant qu'être humain.
Ce livre est salutaire et important parce qu'il interroge les consciences, il réveille ceux qui veulent bien mettre leur nez dedans. Il est magnifiquement documenté, avec nombre de références au droit, aux textes tant des décideurs politiques que des chefs religieux, et basé sur ces mêmes textes de loi, relayés par la presse la plupart du temps. Mais que l'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit en aucun cas d'un plaidoyer pour la foi, mais d'un cri d'alarme sur et pour l'humanité.
À lire d'urgence.

Paru aux éditions du Jubilé, 2013. ISBN : 978-2-86679-553-5.

vendredi 27 septembre 2013

La Mère, de Pearl Buck



Dans un hameau de la vaste campagne chinoise, La Mère et ses trois enfants partagent avec leurs cousins l'existence rude des paysans d'avant Mao. Leur vie quotidienne est faite du dur labeur des champs au rythme des saisons, de la recherche d'argent pour améliorer le quotidien, des ambitions personnelles du mari toujours déçues, de la vie après son départ et des soins à dispenser aux anciens comme aux enfants qui se succèdent.

Pearl Buck, fille de missionnaires américains, est arrivée en Chine à 3 mois et y a vécu jusqu'à la révolution qui verra son retour aux Etats-Unis, où elle avait fait une partie de ses études.
Ce roman m'a habitée pendant de longues années. Je l'avais lu alors que j'étais au collège (je me souviens même d'un exposé en Français sur ce livre), et j'avais ensuite dévoré d'autres livres de l'auteur, dont Vent d'Est, vent d'Ouest, dont je suis restée longtemps imprégnée et qui m'a profondément marquée. Outre l'attrait, à l'époque, pour ce qui venait « de loin », je pense que ce qui m'a touchée dans ce livre, c'est l'universalité de ce quotidien pauvre et rempli d'espoir. La Mère n'a pas de prénom. Une très forte personnalité, oui, mais pas d'identité. Ses enfants non plus, ni sa belle-mère, ni ses cousins et voisins les plus proches. Ni, finalement, aucun des protagonistes de cette histoire, à l'exception du mari, dont on apprend, alors qu'il n'est déjà plus là, qu'il se prénomme Li.
Cette histoire, c'est donc celle de toutes les paysannes pauvres de Chine qui luttent au quotidien pour que leurs enfants aient quelque chose à manger, pour pouvoir les vêtir convenablement malgré la pauvreté, pour leur assurer un avenir, que celui-ci passe par la possession de terre ou par le mariage. Les deux n'étant pas exclusifs l'un de l'autre d'ailleurs.
C'est aussi l'histoire d'une femme qui se bat pour son honneur, pour le respect des traditions de son pays et de son village à l'aube de l'arrivée du communisme en Chine.
Et, finalement, c'est simplement l'histoire d'une vie faite de labeur et de courage, de hontes et de joies, sorte de biographie universelle de toutes ces femmes indigentes qui n'épargnent pas leur courage et leur sueur pour vivre dignement malgré la pauvreté des moyens. Et là, ce n'est pas uniquement en Chine qu'elles se trouvent.
Un très beau roman, un peu daté aujourd'hui, certes, mais qui offre un regard acéré sur la Chine traditionnelle d'avant le Communisme.

Paru aux éditions LGF (Le Livre de Poche), 1988. ISBN : 2-253-00622-X.

mercredi 25 septembre 2013

La Légende de Saint Julien l'Hospitalier, de Gustave Flaubert


Je poursuis mes lectures « sorties du carton » et en cherchant quelque chose à lire, je suis tombée sur ce tout petit livre que je n'avais encore jamais ouvert. À une période, lorsque j'étais étudiante et sans le sou, j'achetais régulièrement ces petits livres « à dix francs », histoire de me dire que si, j'avais lu (ou je lirai bientôt) les grands auteurs de la littérature classique. J'ai ainsi emmagasiné un certain nombre d'ouvrages que je n'ai jamais pris le temps d'ouvrir, parce que, comme chacun sait, sauf à étudier en Lettres, ce n'est pas quand on est étudiant qu'on dispose de beaucoup de temps pour se cultiver (!).

Flaubert, je ne connais pas trop. Comme tout le monde, j'ai étudié Madame Bovary au lycée, mais c'est à peu près tout. Ici, on est dans un registre totalement différent du roman. Il s'agit plutôt d'une nouvelle, en tout cas un texte très court, reprenant une vie de saint faisant partie d'un triptyque écrit par Flaubert aux alentours de 1875.
Julien est un enfant né sous une bonne étoile. Ses parents, au moment de sa naissance, ont tous les deux une vision, toutefois fort différente l'une de l'autre. À sa mère il est prédit que son fils sera un saint, et à son père « beaucoup de sang, de gloire, la famille d'un empereur ». Le jeune Julien est donc élevé dans la foi, mais aussi comme un guerrier. Il apprend à chasser et s'y plait tellement qu'il en fait une sorte de passion ou de raison de vivre. Sa vie est alors faite de chasse et d'errance, jusqu'à la rencontre avec un grand cerf qui lui prédit un destin funeste.

Une vie en trois époques, trois parties, trois périodes. Les fastes de la jeunesse, la rigueur de la vie d'homme, la misère de la rédemption.
J'ai bien aimé ce récit court, pas trop compliqué pour mon esprit quelque peu fatigué en ce moment. L'histoire de Julien est dure et cette « malédiction » m'a amenée à me poser des questions : y a-t-il des événements incontournables dans la vie ? Les choses sont-elles écrites ? Quelle est notre part de libre-arbitre, de choix, dans les événements qui jalonnent nos vies ? Avons-nous le choix, finalement ? Tout est question de foi, je dirais. Il y a ceux qui croient au Karma, à la destinée, pour qui tout est déjà écrit. Et il y a ceux qui pensent que quels que soient les événements, on peut agir sur eux, ou au moins changer le cours des choses : ce sont finalement nos choix personnels qui influent sur les événements. Pour moi, je ne vous le cache pas, la deuxième option me semble plus optimiste !
En tout cas, la fin de la vie de Julien, que celle-ci soit réelle ou imaginaire, est édifiante dans le sens premier du terme. Elle montre à quel point l'on peut aller dans le service de l'autre, de son prochain, et finalement, c'est très évangélique, tout ça... Oui, ça me plait bien !

Paru aux éditions Mille et une nuits, 1996. ISBN : 2-84205-069-X.

lundi 23 septembre 2013

Les Vins d'Alsace, les vendanges de l'histoire, de Didier Eberlé et Claude Muller



Une nouvelle BD des éditions du Signe, éditeur strasbourgeois qui fait actuellement un gros travail de vulgarisation de l'histoire de l'Alsace, au travers notamment de la série BD Cette histoire qui a fait l'Alsace, donc je vous avais parlé ici, mais aussi, sur le même mode, de l'histoire de plusieurs villes alsaciennes (voir leur site ici avec le catalogue en ligne pour plus de précisions).
Le commercial de l'éditeur est venu un jour voir mon mari, viticulteur alsacien et membre du collectif des Vignerons indépendants pour lui proposer de promouvoir la bande dessinée auprès de ses clients. Alors on pourrait penser qu'il s'agit là d'un billet sponsorisé, ben pas du tout (je préfère mettre tout de suite les choses au point ;) !).

Cette bande dessinée débute en 1849, aux Hospices civils de Strasbourg, où Gretel et Hansel visitent une cave et tombent sur des fûts renfermant des vins de différentes époques, remontant jusqu'en 1472. Sur l'un de ces fûts, un verrou représente Bacchus, le dieu du vin. Gretel est passionnée par le vin et l'oenologie, et son grand rêve est d'intégrer la confrérie Saint Etienne qui, malheureusement, ne reçoit en son sein que des hommes. Quant à son cousin Hansel, lui, il n'y connaît strictement rien. Suite à un accident de tonneau, les deux jeunes gens se retrouvent propulsés dans le temps par Bacchus, qui promet de les ramener à leur époque s'ils comprennent ce qui s'est passé ou s'ils résolvent l'énigme qu'il leur soumet.
C'est le début d'une ballade à travers les siècles où Gretel apprend à Hansel (et au lecteur) l'histoire des vins d'Alsace.

Cette bande dessinée se veut être un ouvrage de vulgarisation, et j'avoue que pour une première approche de l'histoire des vins d'Alsace, c'est plutôt bien vu. On ne retiendra sans doute pas tout : l'histoire est un domaine trop complexe et trop riche pour être réduite à un ouvrage de 56 planches, mais il donne un bon aperçu des différentes étapes de la construction du vignoble alsacien et de sa renommée. De plus, il s'enrichit de données botaniques et géographiques, indispensables pour comprendre pourquoi et comment le vignoble peut s'installer et perdurer en Alsace et pas partout...
Pour moi, il s'agit donc là d'une réussite, d'autant plus que l'histoire elle-même, l'aventure des deux jeunes gens est plutôt sympathique et non exempte de mystère.

Et pour ceux que ça intéresse, mon mari est donc viticulteur en centre Alsace, à Bergheim, où il élève un vin biologique de grande qualité. Les principes qui guident sont travail sont simples : respect de la vigne, du terroir, de la météo. Il travaille en agriculture biologique, n'ajoute aucun produit phytosanitaire dans les vignes, aucun produit chimique dans le vin, ni au moment de la récolte, ni dans les tonneaux, ni, plus tard, dans les bouteilles, à l'exception du souffre indispensable à la tenue du vin (mais dans des proportions minimales pour éviter le classique mal de tête des vins blancs et particulièrement des vins d'Alsace). Les grappes sont récoltées à la main, à maturité, et aucun sucre n'est ajouté pour faire grimper artificiellement le taux d'alcool dans le vin final.
Mais le mieux, c'est peut-être de vous rendre sur le site de l'entreprise pour plus de détails !
(ça, c'était la séquence pub de ce blog, mais, promis, je retourne très vite à des considérations plus livresques !)

Edit : Au fait, quelques exemplaires de la BD sont en vente au caveau, à Bergheim, pour les amateurs de vin et de BD. J'en connais parmi les lecteurs de ce blog qui se reconnaîtront peut-être ! :)

Paru aux éditions du Signe, 2013. ISBN : 978-2-7468-3003-5.

Harry Potter et la chambre des secrets, de J. K. Rowling


Ce deuxième tome de la saga Harry Potter prend la suite directe du premier (logique, jusque-là, me direz-vous), et l'histoire commence là où s'était arrêté le tome 1 : Harry est en vacances après sa première année à Poudlard. On retrouve Harry chez les Dursley, ses oncle et tante qui l'élèvent depuis la mort de ses parents, et Harry a hâte de les quitter pour retourner au collège, tant ses vacances sont un calvaire. Ca se gâte encore le jour de son anniversaire, bien sûr, et Harry fait bientôt la connaissance de Dobby, un elfe de maison, qui tente de le sauver d'un danger dont on ne sait rien au début de l'histoire. Mais son intervention sera à l'origine de bien des problèmes pour Harry, problèmes qui mettront toute l'année scolaire pour être résolus et vont entraîner Harry et ses amis dans une sombre enquête liée à l'histoire de son collège.

Ce tome deux est tout aussi addictif que le premier ! On en apprend davantage sur Harry, sur le directeur Dumbledore (qui tient là un rôle bien plus actif que dans le tome 1), sur Ron et Hermione aussi, qui ont une place bien plus importante que dans le premier et, surtout, sur Voldemort, le sorcier qui a tué les parents de Harry.

J'ai particulièrement aimé (mais ça, je le savais déjà), le fait que Harry et ses amis « grandissent » à chaque tome. Harry a maintenant 12 ans, il entre en plein dans l'adolescence, et s'il est toujours tourné vers le bien, il repousse encore davantage les limites qui lui sont imposées par ses professeurs pour mener son enquête au bout.
À la lecture de ce deuxième opus, je me dis que, finalement, ce collège Poudlard est sans doute une métaphore pour parler de l'éveil et de l'éducation de nos enfants, pour évoquer le fait qu'ils grandissent, qu'ils ont besoin de plus en plus d'autonomie, mais aussi d'interdits pour grandir sereinement et droits. Ils ont besoin d'une autorité contre laquelle se dresser pour l'éprouver et l'assurer... En fait, nos enfants ont besoin d'un cadre pour « pousser droits ». C'est juste le principe de base de l'éducation qui est repris ici, et c'est sans doute là qu'il faut chercher le succès immense de cette saga... Vite, la suite !!!

Paru aux éditions Gallimard-Jeunesse (Folio Junior), 1999. ISBN : 2-07-052455-8.

Harry Potter à l'école des sorciers, de J. K. Rowling


J'ai enfin ouvert Harry Potter. Oui. Depuis des années, ce livre, ainsi que le second tome de la série, trônent sur mes étagères sans que je daigne y jeter un œil. Probablement avais-je peur d'ouvrir la boîte de Pandore ? De devenir accro ? De faire comme les millions de fans à travers le monde qui faisaient un sitt-in devant la librairie à chacune des sorties des nouveaux volumes, ou qui faisaient la queue toute la nuit devant le cinéma pour assister à la première ? Bref. Je ne voulais sans doute pas faire comme tout le monde.
Ben j'aurais dû.
Ou plutôt, je suis bien contente d'avoir finalement ouvert ce livre et de m'y être plongée. Parce que, franchement, ça a beau être de la littérature jeunesse (et je ne suis pas toujours fan de la littérature dite « jeunesse »), je comprends parfaitement le succès de Harry Potter et de sa bande de copains sorciers au collège de Poudlard...

Je ne vous ferai pas l'affront de vous dire de quoi ça parle : je suis vraisemblablement la seule à ne pas avoir encore lu cette série (hem... non, je n'en ai pas honte : il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !). J'ai beaucoup aimé ce début de saga. Harry, le jour de son anniversaire, entre dans une nouvelle vie... un peu comme nos jeunes entrent dans l'adolescence. Le parallèle avec ma fille aînée me fait rire : elle est, elle aussi, entrée au collège en ce mois de septembre. Un collège bien moins étonnant, enthousiasmant, que celui de Harry, mais pas moins étrange pour elle, fraîche émoulue de l'école primaire.
Bref, vous l'aurez deviné : j'ai littéralement accroché. Ca y est, je suis bel et bien devenue accro. À tel point que j'ai dévoré le tome 2 dans la foulée, et que je vais m'empresser d'emprunter à une amie la suite de la saga, histoire de savoir ce qui arrive à Harry et à ses amis (parce que, dans le fin fond de ma petite cervelle, je n'ai jamais voulu connaître l'histoire. J'ai donc résisté aux films et à leurs rediffusions télés pour ceux qui sont déjà passé à la télé, mais aussi à toutes lectures concernant de près ou de loin Harry Potter. J'ai donc un oeil presque neuf, et pour le coup dégagé de toute actualité susceptible de parasiter ma lecture. Une bonne manière, à mon sens, de découvrir un livre (d'où, et vous m'en excuserez j'espère, le décallage actuel entre mes lectures et l'actualité littéraire... pour laquelle on repassera, ce que démontreront les prochains billets !).

Paru aux éditions Gallimard-Jeunesse (Folio Junior), 1998. ISBN : 2-07-051842-6.

samedi 14 septembre 2013

L'Ouvrier de la nuit, de Bernard Clavel


Ce livre, pioché au hasard de mes cartons, m'a littéralement happée. C'est un récit à la première personne, qui pourrait être autobiographique. Le narrateur y décrit ses premières années, son adolescence, sa jeunesse, les premières années de son mariage. Il y dépeint sa soif de création, qu'elle soit picturale ou littéraire, ses combats pour mener à bien ses rêves, pour vendre sa peinture, pour faire éditer ses romans. On y voit son courage, sa détermination, sa misère, son acceptation du quotidien difficile et épuisant... Il y a un quelque chose qui force l'admiration, devant une telle abnégation, une telle place laissée à la création littéraire et artistique.

Mais j'y ai vu autre chose aussi. J'y ai vu un homme foncièrement égoïste, prêt à sacrifier la vie de ses parents, puis celle de sa femme, pour assouvir sa passion. J'y ai vu un homme tellement sûr d'être un génie que le simple fait de travailler « comme tout le monde » pour nourrir sa famille (trois enfants quand même !) lui paraissait impossible, dégradant, humiliant. Un homme qui n'a pas hésité à demander à sa femme des sacrifices de plus en plus nombreux, simplement parce qu'il préférait aller se promener auprès du fleuve pour y trouver l'inspiration plutôt que de gagner son pain pour offrir à sa famille un logement décent en lieu et place du bouge insalubre où ils vivaient...

Est-ce à dire qu'un écrivain se doit de tout sacrifier, femme, enfants, logement, pour pouvoir écrire, créer ? La création artistique doit-elle prendre le pas sur la vie même, sur l'équilibre personnel, pour être aboutie ? Et ceux et celles qui choisissent de donner une place à leurs proches sont-ils condamnés à ne pas pouvoir créer, à ne rien pouvoir écrire de valable et de digne d'être publié ?
C'est un peu fort et exigeant, un peu « jusqu'au-boutiste »... mais peut-être est-ce le prix à payer ?
En tout cas, je me suis plongée avec un intérêt grandissant dans ce récit, dans ce Jura puis pays lyonnais des années 1950. C'est bien écrit, dans une langue belle et imagée. Et à la fin de ma lecture, je me dis que oui, peut-être, la création littéraire doit sans doute exiger qu'on s'y donne en totalité...

Paru aux éditions LGF (Le Livre de Poche), 1971. ISBN : 2-253-00028-0.

jeudi 12 septembre 2013

Manuel du Guerrier de la Lumière, de Paulo Coelho


J'avais acheté ce petit livre à sa sortie, en 2000, à une époque où on parlait beaucoup de Paulo Coelho à cause de l'Alchimiste. Bizarrement, je n'ai jamais lu ce dernier titre, sans doute à cause de ma propension à éviter les trop grands succès de librairie, de peur d'être déçue. Et puis celui-ci était court, me « parlait » bien sur le moment... sauf que je ne l'avais jamais ouvert. Je l'ai redécouvert lors de mes fouilles dans mes cartons à la recherche d'un peu de lecture au cours de mes nombreuses heures d'allaitement, et je me dis que j'ai bien fait de ne l'ouvrir qu'aujourd'hui. Il y a 15 ans; je n'y aurais sans doute rien compris. Comme quoi, il y a un temps pour lire certains livres.

Ce livre, plutôt qu'un texte suivi, est un recueil de très courts préceptes relatifs au « guerrier de la lumière » et à son combat, son entraînement, sa philosophie de vie. D'ailleurs, la 4e de couverture le dit bien : « On trouvera dans ce livre bref, simple et précieux, la synthèse de la philosophie humaniste de Paulo Coelho : un message de confiance et de vie [...] ».
Je me suis tout d'abord beaucoup interrogée, à la lecture de ce petit opuscule. Qu'est-ce que c'est que cette philosophie ? Que sont les « guerriers de la lumière » ? Quelle idéologie, religion, sous-tend ce texte ?
Au fil de ma lecture, j'ai trouvé de plus en plus de références à Dieu, au Christ, à la Bible. Et je m'y suis sentie mieux. Ouf, il ne s'agissait pas d'une quelconque philosophie orientale, de celles contre lesquelles je me suis battue il y a trois ans et qui ont failli me perdre. Non, là, il s'agit d'une « philosophie » humaniste, basée sur la foi chrétienne, bien identifiée.
J'y ai retrouvé beaucoup de choses qui, aujourd'hui, me font vivre. Le non-jugement, la vision positive de l'homme et de la vie, la place première de Dieu, le respect de l'autre, y compris de l'ennemi ou de l'adversaire, la certitude de la présence du Mal dans cette vie, contrairement à ce qu'on veut nous faire croire...
Ce livre a un défaut : à vouloir s'adresser à tous, peut-être pour ouvrir le lectorat aux non-croyants, sa force en est amoindrie. Il y aurait tant de choses à dire sur la vision chrétienne du combat entre le Bien et le Mal... pourquoi se contenter d'une vision édulcorée ? Pour ne pas faire fuir les lecteurs ? Le courage, n'est-ce pas aussi aller jusqu'au bout de ses idées, de ses principes, de ses convictions profondes ? Tant qu'à y aller, pourquoi ne pas y aller « vraiment » ?
C'est simplement dommage...

Paru aux éditions LGF (Le Livre de Poche), 1998. ISBN : 2-253-14772-9.

mardi 10 septembre 2013

Les Voisins d'à côté, de Linwood Barclay


Troisième ouvrage de l'offre « Deux livres achetés, un livre offert » des éditions J'ai Lu de cet été. Et troisième « polar ». Un vrai, comme je les aime. Pas trop sanglant (moins, en tout cas, que Level 26), plutôt bien écrit, prenant, souvent drôle, bref, ce qu'il faut pour passer un bon moment de lecture.

Comme dans beaucoup de romans policiers, celui-ci commence par un meurtre bien horrible. La famille Langley, le père, la mère et leur fils Adam, est sauvagement assassinée dans sa maison, alors qu'ils allaient partir en vacances pour une semaine. Derek Cutter, le fils des voisins et meilleur ami d'Adam, est le seul témoin du crime.
Ça aurait pu être une banale histoire policière. Mais le récit est à la première personne, raconté par Jim, le père de Derek, d'abord sous le choc de la découverte du triple meurtre, puis sous celui de l'arrestation de son fils, soupçonné de l'avoir commis.
On suit donc la famille Cutter à travers les péripéties de l'enquête : l'emprisonnement de Derek, les interrogatoires, l'enquête parallèle menée par le père qui, tout en continuant son travail, règle ses comptes et tente de trouver une solution au marasme dans lequel se trouve sa famille.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Le point de vue du narrateur est intéressant, drôle souvent (les déboires de Jim avec Lance, le chauffeur du maire de la petite ville, et avec le maire lui-même, sont assez truculents), et laisse quantité de pistes plausibles quant à l'assassin des Langley. Jusqu'au dénouement final, assez inattendu même si on sent à la lecture qu'il y a « anguille sous roche »... Oui, j'ai vraiment passé un bon moment en lisant ce livre !

Paru aux éditions J'ai Lu, 2012. ISBN : 978-2-290-03256-5.

jeudi 29 août 2013

Level 26, de Anthony E. Zuiker


Un nouveau thriller... eh oui, c'est l'été, c'est la période (franchement, je préfère lire ce type de livre maintenant qu'en plein hiver, quand il fait froid, sombre...). Donc là, il s'agit du livre offert par les éditions J'ai Lu pour l'achat de deux livres du même éditeur. Quand j'ai vu l'auteur et la couverture, je me suis demandé ce que pouvait bien donner un thriller écrit par le créateur de la série télévisée Les Experts. Et puis, j'ai vu en dessous du nom : « avec la collaboration de D. Swierczynski ». Eh bien franchement, c'est plutôt mieux que ce que j'avais imaginé.

Sqweegel est un monstre, un tueur en série dont on ne sait même pas combien de meurtres il a bien pu commettre en plus de vingt ans. Ce qu'on sait, en revanche, c'est qu'il est tellement pervers, tellement atroce, qu'il dépasse de loin tous les autres serial killers connus. Au point qu'une classe spéciale a été créée pour lui dans la classification des meurtriers, qui ne va que jusqu'au niveau 25 : le niveau 26. Steve Dark est l'agent spécial du FBI qui l'a approché au plus près, mais il en a été tellement abimé qu'il a « raccroché » et a pris sa retraite. Seulement voilà, dans les hautes sphères, on tient absolument à voir ce meurtrier sous les verrous (ou, plus exactement, sous terre), et Steve va donc être dans l'obligation de reprendre sa traque.

Voilà, en gros, le début de l'histoire, qui emmène le lecteur dans les méandres de cette enquête décrite comme hors normes compte-tenu de la personnalité et des capacités de nuisance du tueur.
L'enquête elle-même tient le lecteur en haleine, même si un certain nombre de ressorts sont cousus de fil blanc et bien connus des lecteurs habitués du genre. Le livre se lit bien, les chapitres, très courts, donnant un rythme rapide et haletant, un peu comme doit l'être l'enquête, finalement. J'ai été happée par l'histoire, écrite de manière très visuelle. On sent bien là l'influence du petit écran et le fait que l'auteur soit le créateur de l'une des séries les plus regardées au monde y est forcément pour quelque chose. D'ailleurs, dans la construction du récit, on voit très clairement le parallèle avec une saison entière d'une série (policière ou autre d'ailleurs), puisqu'à la fin, un rebondissement inattendu annonce la suite sans rien en dévoiler pour autant, promettant au lecteur de nouvelles surprises. Sinon, au niveau du récit lui-même, j'ai trouvé finalement que l'intrigue était assez convenue. Bien menée, mais manquant quelque peu d'originalité en elle-même.
Ce qui est en revanche tout à fait original, ce sont les « bonus ». Comme dans un DVD en fait. Comme dans la série BD Le Cycle de Cyann également, où La Clé des Confins est une sorte de hors-série qui complète et renseigne les deux premiers volumes, sans pour autant que sa lecture soit indispensable à la compréhension du diptyque. Le procédé est donc connu, mais c'est la première fois que je le vois adapté pour Internet. Ici, à la fin de certains chapitres, le lecteur est invité à se connecter sur le site level26.com, où il peut visionner de courtes vidéos en rapport avec le livre et l'endroit où il se trouve dans l'intrigue. On entre là dans la tête de l'auteur, et si le lecteur n'a pas besoin des images pour comprendre le livre, il serait quand même dommage de s'en passer. Pour ma part, mes conditions de lecture (toujours durant mes heures d'allaitement) ne me permettant pas de me connecter en même temps, j'ai lu le livre d'une traite, puis ai visionné les images. C'est sans doute plus pertinent de le faire au fur et à mesure de la lecture, parce qu'ainsi, on « entre » vraiment dans le « film » de ce qu'on lit. Mais certaines vidéos sont carrément malsaines et flippantes, alors finalement, je suis bien contente de les avoir visionnées de manière déconnectée, après avoir pris un peu de recul. Paradoxalement, d'ailleurs, elles m'ont fait moins peur que la lecture elle-même. Comme si le fait de mettre le livre en images restreignait mon imaginaire, bien pire que les images que j'ai visionnées sur Internet. Du coup, je me pose quand même la question de l'intérêt de cette interactivité. Cela rejoint la remarque que je me suis toujours faite quant aux adaptations cinématographiques de livres que j'ai lus : les images me paraissent toujours moins fortes que les mots...

En gros, je dirais que l'expérience est intéressante, avec le double support livre/internet. Heureusement, il n'est nul besoin des vidéos pour comprendre le livre ! Deux autres volumes suivent celui-ci. Il se peut que je me laisse tenter par la suite, si j'en ai le temps, et si je ne suis pas happée par une autre lecture (j'en ai une en cours, pas piquée des vers non plus, j'espère que je ne serai pas déçue !).

Paru aux éditions J'ai Lu, 2010. ISBN : 978-2-277-00819-4.

mardi 27 août 2013

Un lieu incertain, de Fred Vargas


Certains diront sans doute que je fais les choses de manière totalement illogique... c'est sans doute vrai, mais on ne se refait pas.
Je suis tombée l'autre jour, au supermarché (oui, je sais, un supermarché n'est pas une librairie, mais quand un livre vous « tombe » dessus de cette manière-là, que voulez-vous faire ?), sur l'offre d'été des éditions J'ai lu (en gros, pour deux livres achetés, un troisième était offert). J'aime beaucoup les cadeaux et quand, en plus, ce sont des maisons d'édition qui les font, mon bonheur est total. La même offre était faite également par les éditions LGF pour le Livre de Poche, mais j'ai résisté, difficilement et vaillamment et ai réussi à ne pas succomber à la tentation d'acheter deux nouveaux livres.
Bref, trêves de bavardages, j'ai fait porter mon choix sur Un lieu incertain, de Fred Vargas, auteur prolifique dont on m'avait déjà abondamment parlé et que je n'avais jamais encore lu. Alors bien sûr, je ne commence pas par le premier de la série, mais tant pis...

J'ai donc fait la connaissance d'Adamsberg et de sa Brigade, pour une enquête difficile, plutôt surréaliste, et finalement autant horrible que cocasse.
Un meurtrier sévit à Garches, qui découpe ses victimes, les hache, les broie, les émiette, bref, en fait de tous petits morceaux, s'acharne, quoi. Juste avant la découverte du « cadavre », Adamsberg et Danglard étaient à Londres pour une conférence au sujet de la politique migratoire des deux pays, et ils y ont eu l'opportunité de rencontrer... des pieds. Sans les corps qui devaient, un jour, s'y trouver attachés.
Commence alors l'enquête qui va emmener Adamsberg en Europe de l'Est, à la découverte des légendes et des mets locaux, mais aussi d'une histoire sanglante dont, je suis sûre, il n'est pas près d'oublier les ressorts. C'est aussi l'occasion de rencontrer des personnages hauts en couleurs (déjà que c'est gratiné, dans sa Brigade), et d'en apprendre beaucoup sur lui... J'ai beaucoup aimé tous ces personnages, justement. Un brin déjantés, totalement humains, quelque peu caricaturaux et foncièrement attachants, un vrai régal.

Bref, j'ai dévoré ce roman à très grande vitesse (quelques tétées m'ont suffit pour le lire en entier) (je sens que dans les prochains temps, mon nouvel étalon-temps sera la tétée, c'est quand même vachement pratique !) et si je retombe sur un nouveau Fred Vargas, je me laisserai sûrement tenter !

Paru aux éditions J'ai lu, 2013. ISBN : 978-2-290-02350-1.

dimanche 25 août 2013

Kafka sur le rivage, de Haruki Murakami


J'avais lu 1Q84 (le tome 1, il va falloir que je me penche dans mes cartons pour récupérer les tomes 2 et 3 et lire la fin, un jour !), et j'avais vraiment beaucoup aimé. J'étais donc curieuse de lire celui-ci, dont on m'avait dit beaucoup de bien (et même que Kafka sur le rivage était mieux que 1Q84 !). En tout cas, je ne regrette pas le temps passé à lire ce livre magnifique. C'est un pavé (plus de 600 pages quand même), mais je dispose de plusieurs heures par jour grâce à l'allaitement (6 tétées par jour, environ 50 minutes par tétée, ça laisse du temps de lecture quand même, et c'est vraiment appréciable !).

Donc, Kafka sur le rivage, c'est une sorte de roman initiatique, bizarre, déroutant, étonnant... les qualificatifs sont nombreux et je pense que même en les utilisant tous, ils ne reflèteraient que très imparfaitement la complexité et la beauté de ce roman.
Kafka Tamura, 15 ans, fugue de chez lui, prend le train et se réfugie dans une bibliothèque (voilà qui ne pouvait que me plaire !) où il fait la connaissance de Oshima et de Mademoiselle Saeki, les deux membres du personnel de cette bibliothèque pas comme les autres. Il y trouve un refuge, une maison, des amis...
Parallèlement, on suit l'histoire et le périple de Nakata, un vieil homme qui a vu sa vie chamboulée lors d'un incident assez mystérieux au moment de la Seconde Guerre mondiale. Il en est sorti handicapé du point de vue des exigences sociales « normales », mais doté de capacités inédites et incompréhensibles, qui plus est qui ne sont pas pérennes et évoluent au gré du temps et des événements. Les deux personnages, tels des aimants, semblent s'attirer mutuellement, être liés d'une manière ou d'une autre, manière qui, en tout cas, échappe totalement au lecteur durant tout le roman (et qui, bien sûr, s'éclaircit à la fin, sinon ce serait assez frustrant).

J'ai été happée par ma lecture. Haruki Murakami, dans ce roman comme dans 1Q84, a cette capacité à faire entrer le lecteur dans des mondes étranges, tels des mondes parallèles au monde que l'on connaît, comme si une autre réalité côtoyait la nôtre sans qu'on en ait vraiment conscience. J'aimerais vraiment explorer les autres livres de Murakami, histoire de mieux « voir » ce qu'il a dans la tête... C'est étonnant, plusieurs fois, durant ma lecture, j'ai trouvé des points communs avec l’œuvre de Miyazaki (Le Château Ambulant par exemple, ou Le Château dans le Ciel, ou encore Mon Voisin Totoro et Nausicaâ de la Vallée du Vent... on pourrait multiplier les exemples tant l’œuvre de Miyazaki est riche également). Je suppose qu'il faut y voir aussi une influence de la culture manga, de l'imaginaire japonais, finalement très éloigné du nôtre, occidentaux.
Si j'ai parfois été déroutée, je me suis plongée avec délices dans cette lecture, anxieuse de connaître la suite des aventures de Kafka et Nakata. Les personnages sont intéressants, profonds, complexes... et les personnages secondaires ne le sont pas moins : originaux, attachants, étranges, tout aussi complexes d'ailleurs. Les interactions entre les uns et les autres disent combien on peut voir sa vie modifiée par les rencontres que l'on fait ; à quel point nous sommes des êtres de contact, de communication, et combien nous avons besoin les uns des autres pour vivre, voire survivre en ce monde. Ce livre est finalement une belle leçon de tolérance et de respect !

Paru aux éditions 10/18, 2011. ISBN : 978-2-264-05616-0.

lundi 15 juillet 2013

Comme Dieu le veut, de Niccolò Ammaniti


Rino Zena et son fils Cristiano, âgé de 13 ans, vivent dans une maison à l'hygiène plus que douteuse. La mère de Cristiano a disparu ; son père est alcoolique, nazi et violent, et il éduque son fils par la terreur. Les services sociaux suivent cette famille de près, via l'assistant de service social Beppe Trecca et, selon Rino, ce dernier n'attend qu'une occasion pour placer l'enfant en famille d'accueil.
Les amis de Rino, Danilo Aprea et Quattro Formaggi, ne sont pas moins alcooliques ou plus sains d'esprit. Paumés comme lui, ils vivent d'expédients, avec des rêves plein la tête... si on peut appeler de cette manière leurs obsessions.

Une nuit de tempête, l'irruption, bien malgré elle, de Fabiana Ponticelli, une adolescente de 14 ans qui fréquente le même collège que Cristiano, dans ce cercle amical quelque peu bancal va bouleverser radicalement la vie des trois hommes et de Cristiano...

Quelques jours après avoir terminé ma lecture, j'avoue que je ne sais pas trop quoi dire à propos de ce roman. J'en ai beaucoup aimé plusieurs aspects : le rythme, les chapitres courts, les phrases enlevées, les personnages tous plus déjantés les uns que les autres... L'auteur les dépeint avec une certaine tendresse, malgré la rudesse de leurs vies, leurs problèmes et leurs caractères très trempés, voire explosifs... L'intrigue aussi est excellente, bien menée, avec une bonne dose d'humour noir qui ne gâte en rien le tableau et permet au lecteur de prendre de la distance avec ce qu'il lit. À certains moments, on sort carrément du roman pour entrer dans l'absurde, et ça fait du bien.

Comme dans d'autres livres lus récemment, notamment celui-ci, ce qui m'a dérangée à la lecture est la référence constante à la sexualité, mais pas à cause de la sexualité en elle-même, plutôt à cause de la vulgarité de nombre de dialogues et de descriptions, qui m'ont parfois donné la nausée... Avec un tout petit peu de recul, je me rends compte que finalement, ce « reproche » n'en est pas un réellement. Les mots utilisés, la vulgarité, le propos souvent salace, font partie intégrante de l'univers de ces pauvres hères qui n'ont pour horizon que les films pornos et leurs désirs plus ou moins bestiaux... Il n'en demeure pas moins vrai que certains personnages semblent chercher une voie plus élevée, conscients qu'ils valent mieux que cela. Ouf, l'humanité peut être tranquille : tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir !

Paru aux éditions LGF (Le Livre de Poche), 2010. ISBN : 978-2-253-12923-3

mardi 9 juillet 2013

La Voyageuse de nuit, de Françoise Chandernagor



La Voyageuse de nuit, c'est Olga Sarov, fille de Micha et de Solange. Micha est immégré Russe, échoué dans le Limousin, ancien maquisard, résistant, gérant du bar du village, hérité de son beau-père. Olga, marié à un marin Breton, Yvan Le Guellec, est aussi mère de quatre filles, Katia, qui raconte l'histoire, Véra, Sonia et Lisa.

Olga, malade, coupe toute communication avec son entourage. Elle ne parle plus, n'ouvre plus les yeux, ne se déplace plus... Ce sont ses filles qui s'occupent d'elle, lui donnent à manger, font sa toilette... jusqu'à son hospitalisation au service de soins palliatifs. Et qui finissent par ouvrir les yeux sur leur vie, ce qui les sépare, ce qui les rapproche, sur leur mère aussi, si présente, si proche, si volontaire.
Ce roman est l'histoire de l'agonie et de la mort d'Olga, mais aussi de sa famille, de ses filles, de la façon dont tous (le père aussi) vivent cette période délicate. Et de l' « après », la manière dont chacun tourne la page, fait son deuil de cette mère si présente, presque « envahissante ». Une vraie Mater familias en tout cas.

J'ai dévoré ce roman. C'est formidablement bien écrit, avec des chapitres un peu à part, permettant d'entrer dans la vie des trois soeurs de Katia, au cours du récit de celle-ci. On y découvre les caractères des différents membres de cette famille, leur vécu, leurs secrets, leurs troubles et leurs déboires. On y voit aussi leur affection mutuelle, leurs incompréhensions, leurs questions...

Le seul reproche que je ferais à ce roman, c'est la fin. Un peu trop bizarre pour moi, un peu trop laissée en suspens. Il n'y a pas de réelle fin, les personnages sont laissés « en plan », comme si le livre n'était pas terminé. Il ne s'agit pas, à mon sens, d'une « fin ouverte » comme on en voit dans de nombreux romans, mais d'une vraie coupure, comme si l'auteur s'était arrêtée en plein milieu, comme si elle n'avait plus rien à dire alors que son histoire n'est pas terminée. J'ai cherché un « tome 2 » et n'en ai pas trouvé. Je vais donc devoir me contenter de cette pseudo-fin, mais j'avoue être déçue, parce que je me suis attachée aux personnages et j'aimerais bien savoir comment ils vont s'en sortir...
Malgré ce petit bémol, ce roman reste excellent !

Paru aux éditions Gallimard, 2007. ISBN : 978-2-07-078122-5.