En passant...



Voici un petit aperçu de mes lectures,
passées ou en cours.

Et comme un blog se nourrit aussi
des commentaires de ses lecteurs,
n'hésitez pas à vous exprimer, vous aussi !

mardi 27 décembre 2011

Joyeux Noël !

Je l'ai déjà dit sur l'autre blog, mais là, je l'ai un peu zappé...
Alors puisque Noël est un tout petit peu passé (pour ceux qui, comme moi, ont du mal à suivre, on est déjà le 27 !), bon Noël en retard, et déjà bonne année à tous !

mercredi 21 décembre 2011

Princesse Sara, tome 3 : Mystérieuses héritières, de Audrey Alwett, Nora Moretti et Claudia Boccato



Ce tome 3 débute à Moscou, où l'on suit l'homme de confiance de l'ami de monsieur Crewe, qui est à la recherche de Sara. Il l'a cherchée à Paris, et il est maintenant en Russie, où un renseignement émanant d'un pensionnat lui a dit que la jeune fille était. Plein d'espoir, il la rencontre et prépare tout pour la ramener en Angleterre.
Dans le même temps, Sara fait la connaissance du serviteur de son voisin, un Indien, et cette rencontre va quelque peu compenser les brimades et privations dont elle est l'objet de la part de Miss Minchin.

Je n'en dis pas plus sur l'histoire, pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte... Le dessin est toujours aussi beau, aussi expressif, les couleurs sont magnifiques, et le lecteur découvre un peu mieux Sara et son caractère. Contrairement au dessin animé, cette version-ci confirme un aspect de la personnalité de Sara qui apparaît semble-t-il dans le roman mais a totalement été occulté dans la série animée : l’héroïne se prend réellement pour une princesse. Mais ce qui est ici intéressant, c'est qu'elle semble avoir assimilé aussi qu'en plus des privilèges que lui octroie son rang, elle a aussi des devoirs. La scène devant la boulangerie, avec la petite mendiante qui a encore plus faim qu'elle est à cet égard très révélatrice de cet état d'esprit.
De très belles choses, donc, dans cet opus, en attendant d'avoir le temps d'aller chercher le dernier tome, paru il y a un peu moins d'un mois.
Petite précision quand même : le format de l'album a changé entre le deuxième et le troisième. Celui-ci est un peu plus petit que les deux autres. C'est un peu dommage...

Paru aux éditions Soleil, 2011 (Blackberry). ISBN : 978-2-3020-1524-1

vendredi 16 décembre 2011

Humeur, suite, mais ça va mieux !

Mon mari s'est finalement rangé à mon avis. Ouf, enfin !!!!
Pour deux raisons :
- nous sommes engagés en couple dans la préparation au mariage, et toutes les dates ont été données aux couples concernés, ainsi qu'aux prêtres et aux animateurs. Cela engage quand même pas loin de 40 personnes, et il est hors de question pour mois de remettre tout en cause à ce niveau-là. Il s'agit d'un engagement à deux, donc il n'est pas non plus envisageable que j'y aille seule, c'est un fait acquis.
- hier, j'ai appris que la date retenue pour notre voyage à Paris avec les collègues tombait la même semaine, c'est-à-dire le jour où mon mari aurait dû partir. Là, il s'agit d'un déplacement professionnel déjà reporté (il devait avoir lieu en décembre) parce que mon beau-frère nous avait donné la date du salon lui-même, sans tenir compte des livraisons. Et donc, je ne pouvais pas y aller (mais la date n'arrangeait pas tout le monde non plus parmi mes collègues), et a été repoussée au mois de janvier. Il s'agit donc là d'un déplacement professionnel qui concerne mes collègues de l'école, mais aussi ceux des cinq écoles d'Alsace, ainsi que nos hôtes parisiens, pour qui cela signifie de réserver une salle, organiser leur absence au travail... bref, là aussi, cela fait 8 personnes concernées au minimum, en plus de moi.
Devant ces deux seuls arguments, et après une discussion assez longue mais finalement plutôt sereine, j'ai obtenu de mon mari qu'il ne parte pas fin janvier, et tant pis pour les 1500 €.
Non mais !

Merci en tout cas pour votre soutien, et il va falloir qu'on trouve une solution pour organiser à l'avenir ces déplacements ensemble, mon mari, mon beau-frère et moi...

jeudi 15 décembre 2011

Le Chuchoteur, de Donato Carrisi



Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de Thriller. Et je n'ai pas été déçue du voyage. J'avais vu ce livre sur plusieurs blogs, mais n'avais pas lu les avis à son sujet pour ne pas être influencée dans ma lecture ni, plus tard, dans ma critique. Alors quand une de mes amies m'a dit qu'on lui avait prêté le livre mais qu'elle n'était pas en état de le lire à ce moment-là, j'ai sauté sur l'occasion et je lui ai emprunté (c'est donc un livre voyageur que celui-là, même si du coup, le voyage se fait en dehors de tout circuit et cheminement balisé, mais peu importe. Ça me rappelle ce que m'avait dit Fatou Diome en juin, quand j'ai eu la chance de la rencontrer : un livre vendu, c'est dix lecteurs avec le jeu des prêts...). Fin de la parenthèse.

Et le livre ? Ben... je dirais diaboliquement efficace !
L'histoire commence avec la découverte d'un cimetière de bras, tous des bras gauches, qui indiquent par là que leurs propriétaires (5 fillettes enlevées récemment dans la région où se déroule l'histoire, aux États-Unis) sont mortes. Les enquêteurs vont donc se mettre à la recherche d'un tueur en série. Sauf qu'un sixième bras est retrouvé... sans 6e victime signalée. Pour la retrouver, l'équipe d'enquêteurs se tourne alors vers Mila, spécialiste de la question et qui a acquis une bonne renommée dans les affaires d'enlèvement. D'ailleurs, le lecteur fait sa connaissance lors de la conclusion de l'une de ses affaires, et il n'y a pas de doute : non seulement elle est efficace, mais elle ne craint pas le danger, et c'est une tête brûlée.

A partir de là, le lecteur suit l'enquête à travers les yeux de Mila (le récit est à la troisième personne, mais c'est bien la jeune femme que l'on suit, et on rencontre ses coéquipiers à travers son ressenti et son vécu à elle), et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'affaire est pleine de rebondissements, jusqu'au final assez... déroutant, et en même temps parfaitement logique. En fait, les faits se déroulent sous les yeux du lecteur ébahi avec beaucoup de vraisemblance et comme si ces conclusions étaient des évidences...

Voilà. Ce que je retiens de ce livre, c'est un rythme haletant, de nombreuses fausses pistes (presque trop, en fait, mais comme elles sont parfaitement logiques et vraiment bien ficelées, ça passe très bien). Les personnages sont sympathiques et complexes, et le lecteur les découvre tout au long de l'intrigue, comme Mila elle-même qui apprend à connaître ses coéquipiers au fur et à mesure que l'enquête avance. J'aime particulièrement cette manière de présenter les personnages, parce que leur complexité s'approche finalement de la réalité : personne n'est jamais tout blanc ou tout noir... chacun a ses troubles, ses petits secrets, ses peurs, ses beautés, aussi, et cet aspect du roman est particulièrement bien réussi à mes yeux de lectrice. Au cours du récit, il y a aussi des incursions dans la tête d'un personnage, et j'avoue que j'ai eu la surprise jusqu'au bout, j'ai marché à fond dans l'intrigue et la construction, même si celle-ci est quelque peu alambiquée. Je me suis posé la question du pourquoi du titre tout au long de ma lecture, mais comme l'explication vient à la fin, je ne vais rien en dire. Juste une chose : cette explication est tout à fait plausible, et du coup, ça fait froid dans le dos pendant encore quelques temps après la fin de la lecture !
Bref, ce fut un très bon moment, dans un genre qui tient là toutes ses promesses.
Un grand merci à Christine pour le prêt !

Traduit de l'Italien par Anaïs Bokobza
Paru aux éditions LGF, 2011 (Le livre de poche). ISBN : 978-2-253-15720-5

mercredi 14 décembre 2011

Billet d'humeur

J'avais prévu de faire un billet sur la sortie de Sasmira, le tome 2, mais bon, aujourd'hui, j'ai une journée m****que, donc ce sera, une fois n'est pas coutume, un billet d'humeur qui, en plus, n'a strictement rien à voir avec la lecture (oui, mon blog, comme l'atelier, commence à ressembler à du grand n'importe quoi, je m'en excuse d'avance auprès de mes quelques lecteurs).
J'ai un blog privé, sur lequel j'aurais pu écrire tout ça, mais non, j'ai besoin que ce coup de gueule devienne public, parce que ça fait trois ans que je garde ça sur le cœur, trois ans que je ravale ma hargne, et trois ans que finalement, avec mon mari, on en arrive au clash parce que simplement certaines personnes sont incapables d'organiser correctement quelque chose.

Voici donc de quoi il s'agit.

Pour ceux qui ne le savent pas, mon mari est viticulteur bio en Alsace. Il fait d'ailleurs de l'excellent vin (et c'est un avis totalement objectif, puisque je connaissais son vin avant de le connaître, lui). La crise étant passée par là, il a fallu abandonner les pratiques anciennes, qui consistaient à attendre patiemment que le client daigne s'arrêter à l'exploitation pour goûter et acheter le vin. Il a fallu commencer à sortir, et de deux ou trois salons bios dans l'année, on est passé à plus de 20 (en gros, un week-end sur deux). Tous les ans, je demande à mon beau-frère, le gérant et comptable de l'entreprise familiale, de me donner le plus tôt possible (idéalement au mois de septembre), les dates de ces salons, pour que je puisse organiser mon emploi du temps professionnel, bien sûr, mais aussi planifier tous les engagements bénévoles que j'ai par ailleurs (notamment au niveau de la préparation au mariage, de l'animation des messes ou des veillées, ou encore envisager le catéchisme ou les bricolages de Noël avec les mamans de l'école, les activités de l'association des parents d'élèves bilingues... etc.).
Il est fondamental pour moi de connaître ces dates à l'avance, parce que je ne peux pas tout faire dans une seule journée. En particulier, il m'est impossible d'aller travailler les jours où mon mari est absent, pour la bonne raison que pour aller travailler, j'ai deux heures de transports aller-retour, et que si je dois partir après avoir conduit les enfants à l'école et rentrer avant qu'ils n'en sortent, autant ne pas aller travailler du tout, parce que cela m'oblige à tronquer mes journées (une heure le matin, et presque trois l'après-midi), et donc à aller travailler un jour de plus pour compenser.

Cette année, en octobre, nous étions à une réunion préparatoire pour un nouveau parcours de préparation au mariage, et pour planifier correctement les interventions, nous avions demandé à mon beau-frère de nous donner toutes les dates de l'année, à compter du mois de janvier et jusqu'au mois de juin. Il nous les avait données.
Seulement voilà, les organisateurs de certains salons cumulent les tares et les problèmes d'organisation. Sachez, chers blogueurs-lecteurs, que certains organismes sont capables d'envoyer des bulletins d'inscription et d'encaisser les paiements sans indiquer la date précise du salon lui-même. Et ils donnent la date... quand ils veulent ! Là, un salon qui a d'habitude lieu au début du mois de février a été déplacé en janvier, soit dans un mois et quelques jours, et ce sans aucun préavis. Évidemment, ce week-end-là, mon mari et moi sommes engagés ailleurs. Parce que bien sûr, quand on nous donne une date, nous prenons pour acquis qu'elle est exacte, et quand on repose trois fois la question à mon beau-frère en lui demandant s'il y a d'autres dates et que la réponse est toujours non, nous en concluons toujours très logiquement qu'effectivement, il n'y a pas d'autres dates à ajouter au planning.
Eh ben, chers lecteurs, abandonnez ici toute logique : quand il n'y a plus de dates à ajouter, il est possible qu'il y en ait quand même à ajouter, et quand une date est annoncée, il est possible aussi que ce ne soit pas la bonne, qu'elle change, et qu'elle soit déplacée... d'un mois ! C'est le cas pour un salon qui aurait dû avoir lieu fin février et qui est déplacé... fin mars ! Oui !

Alors je vous le demande : mon planning professionnel, prévu jusqu'à fin mars, maintenant que nous avons décidé l'ouverture du centre de ressources documentaires où je travaille le vendredi après-midi, j'en fais quoi ??? Toutes mes dates sont bouclées et programmées jusqu'au 30 mars. Elles ont été validées par la direction de l'école, et mes collègues ont changé leurs plannings pour me remplacer les semaines où je ne peux pas assurer l'ouverture le vendredi.
Sauf que là, bien sûr, il va me falloir retourner voir la direction en janvier, et renégocier mon planning parce que des imbéciles ne sont pas fichus de prévoir une date précise pour un salon qu'ils organisent eux-mêmes ???
Mais on vit dans quel monde, là ?
Et si ce week-end-là, il y avait déjà eu un autre salon ?
En plus, ces "organisateurs" se donnent le droit de demander aux participants de payer d'avance les frais du salon (en l'occurrence, il s'agit quand même de la modique somme de 1500 euros), et de garder cet argent si le participant ne peut plus venir ! Un comble, non ? (ce ne serait évidemment pas choquant si les participants avaient le droit de savoir la date dès le début, mais là, ce n'est pas le cas !).
Donc voilà, j'en ai marre, et pour plusieurs raisons :
- je mets tout en oeuvre pour que mon mari, qui est indépendant, puisse travailler et faire vivre son entreprise au mieux.
- j'organise mon emploi du temps professionnel en fonction du sien.
- à chaque fois que ce genre de choses se produit, même si je râle, ça finit toujours de la même manière : mon beau-frère fait valoir qu'ils vont perdre 1500 €, et donc je me vois dans l'obligation de tout rechanger pour m'adapter à des demandes qui relèvent d'un manque total d'organisation et de respect pour les participants de la part des organisateurs de ces salons.
- en prime, j'ai droit à un clash au niveau conjugal à chaque fois, clash que je provoque moi-même, bien sûr, parce que j'ai horreur qu'on m'impose des choses au niveau professionnel, surtout quand celui qui me les impose n'est ni mon mari, ni mon employeur, mais mon beau-frère ou un "organisateur" tellement pas organisé qu'il n'est pas fichu de savoir la date de l'événement qu'il organise un mois avant !
- et puis, après, j'ai de la colère, de la hargne, des envies de vengeance, des velléités de départ du domicile conjugal ("n'a qu'à se débrouiller tout seul après tout ! Moi, j'ai donné, ça suffit comme ça, je ne suis pas un chien ou quelqu'un dont on peut disposer à sa guise, j'ai droit aussi à un minimum de considération, zut alors !"), et donc, en prime, je culpabilise.

Ça y est, c'est dit. Ça ne va pas mieux pour autant parce que, pour l'instant il n'y a pas de solution, mais messieurs les organisateurs de salons bios, si jamais vous lisez ces lignes un jour, arrêtez de prendre les gens pour des pions et ayez un peu de conscience professionnelle, de respect pour les autres et pour leurs vies ! 
Je veux bien faire des concessions (il y en a toujours à faire dans un couple), mais j'en ai marre de devoir toujours être la dernière roue du carrosse : Il est fini le temps où Bobonne restait à la maison pour s'occuper des enfants ! Messieurs : ces dames travaillent et ont aussi le droit à un minimum de respect, que diable ! Est-ce que vous apprécieriez si d'autres décidaient en permanence de votre emploi du temps, familial, conjugal, professionnel et personnel ?????

Pour les lecteurs qui seront allés jusqu'au bout de ce billet, je ne peux que vous remercier de m'avoir lue jusqu'au bout. Si jamais vous voulez m'apporter votre soutien moral dans les commentaires, sachez qu'il sera fort apprécié !
Promis, très vite, je vous l'écris, ce fameux billet sur le tome 2 de Sasmira !

Princesse Sara, tome 2 : La princesse déchue, de Audrey Alwett, Nora Moretti et Claudia Boccato



Dans ce deuxième volume, on retrouve Sara au moment où elle apprend la mort de son père. Miss Minchin décide de la garder, en la prenant à son service : elle sera fille de cuisine. De brimades en privations, Sara découvre la dure condition des domestiques à Londres, ainsi que la pauvreté.
Cet album réserve aussi de très bonnes surprises, outre la qualité graphique déjà remarquée dans le tome 1 et qui se confirme ici. Le fil rouge des automates, source de la fortune des Crewe, est ici repris et développé, et dans cet album, on découvre toute la dextérité et le savoir de Sara avec ces outils. Par ailleurs, des personnages n'apparaissant pas dans la série animée sont ici introduits, qui permettent de faire la connaissance d'un ami de monsieur Crewe, rentré, lui, en Angleterre et habitant à côté du pensionnat où se trouve Sara. Ce deuxième opus est aussi l'occasion de voir évoluer les relations entre les pensionnaires, de les voir aussi en famille. De la même manière, le fonctionnement du pensionnat est un peu développé, on entre plus dans les "coulisses"... L'histoire s'installe bien, sans changement majeur toutefois. On est là bien assis dans une suite, un entre-deux.

Graphiquement, l'histoire est plus sombre que le premier tome, et cette atmosphère se traduit inévitablement dans les couleurs, très harmonieuses par ailleurs.

La semaine prochaine, je vous parlerai du tome 3 !

Paru aux éditions Soleil, 2011 (Blackberry). ISBN : 978-2-3020-1524-1

mercredi 7 décembre 2011

Princesse Sara, tome 1 : Pour une mine de diamants, de Audrey Alwett, Nora Moretti et Claudia Boccato



Tout le monde, ou presque, connaît l'histoire de Sara Crewe, cette jeune fille arrivant des Indes au pensionnat de Miss Minchin, à Londres. Son père est riche, très riche même, et à son arrivée, Miss Minchin la prend en grippe mais fait bonne figure, voyant là son intérêt et celui de son pensionnat : une jeune fille de la qualité de Sara ne peut que redorer le blason de son école.
Ce tome 1 raconte les dernières heures de Sara avec son père avant son retour aux Indes, son arrivée au pensionnat, et jusqu'à son anniversaire et la nouvelle de la mort de M. Crewe.

Audrey Alwett est de ma génération, et a vu, comme moi, le dessin animé Princesse Sara à la télévision quand elle était petite. Et je suppose qu'elle n'est pas la seule, ses collaboratrices sont sans doute du même âge ou à peu près. Et ça se sent. Et c'est très bien comme ça.
Dans ce que j'avais lu à propos de cette série, j'avais compris que Audrey Alwett voulait adapter en bande dessinée le livre, en restant plus fidèle à l'original que ne l'était le dessin animé. Tout en y apportant une touche personnelle, visible en particulier par la présence d'automates qui remplacent certains humains (comme Amélia, la sœur de Miss Minchin par exemple dans la série animée, son assistante personnelle dans la bande dessinée, ou Mariette, la gouvernante de Sara). Le dessin est impeccable, relativement fidèle au manga dans l'esprit, avec par ailleurs une vraie personnalité. Côté scénario, je ne connais pas l'original (je ne l'ai encore jamais lu), mais la personnalité de Sara est sensiblement différente de la Sarah du dessin animé : elle est plus pétillante, et sans doute aussi plus pénible pour ses camarades de classes. Ma fille qui découvre actuellement ce premier tome m'a dit pendant que je rédigeais ce billet : "Tu sais, maman, je trouve que Sara, elle fait son intéressante". La vérité sort de la bouche des enfants... j'ai effectivement l'impression que contrairement à l'héroïne du dessin animé, celle-ci se prend réellement pour une princesse. Elle prend quelque peu ses grands airs, tout en étant foncièrement généreuse. Mais comme elle le dit elle-même, c'est facile d'être altruiste quand on a tout. Le serait-elle si elle devait surmonter de nombreuses épreuves ?
L'intérêt de ce premier volume est qu'il pose le contexte, avec notamment un aperçu intéressant tant du luxe qui entoure Sara que de l'importance de son imaginaire. Par ailleurs, on découvre ici le Londres du XIXe siècle et les automates du père de Sara. Je crois avoir vu récemment sur Internet une définition du style Steampunk. J'ai l'impression que cette bande dessinée entre dans ce style assez particulier. Les lecteurs assidus de ce blog me diront si je fais erreur.

En tout cas, pour moi, ce premier tome augure de bonnes choses, et c'est un vrai coup de cœur !

Adapté des œuvres de Frances Hodgson Burnett : A little Princess et Sara Crew : or, What happened at Miss Minchin's boarding school
Paru aux éditions Soleil, 2009 (Blackberry). ISBN : 978-2-30200-768-0.

jeudi 1 décembre 2011

La tête dans le carton à chapeaux, de Marck Childress



Un roman étonnant que celui-là ! Emprunté depuis des lustres à la bibliothèque où je travaille (oui, je suis une plaie pour les bibliothécaire, je suis incapable de rendre mes livres dans les temps !), j'ai enfin trouvé (pris ?) le temps de lire celui-là. Et, sauf un léger bémol à la fin, je ne suis pas déçue du voyage, c'est le moins que l'on puisse dire.

L'histoire commence en 1993, à San Francisco, avec Peter Joseph, adulte, qui va s'avérer être l'un des principaux personnages. Il reçoit un appel téléphonique d'une certaine Lucille, sa tante, dont il n'a plus de nouvelles depuis des années, et cet appel le replonge illico dans son enfance, en Alabama, en 1965.
Peejo, comme il est surnommé affectueusement par sa famille, vit chez sa grand-mère avec son frère aîné, depuis la mort de leurs parents. Il y coule une enfance plutôt heureuse, même si la grand-mère, pauvre, n'a pas grand-chose à leur offrir. Elle déborde d'affection pour ses petits-fils, en revanche, et ceux-ci la lui rendent bien. Peejo rêve de suivre les traces de son oncle Dove, le frère de son père et de la fameuse Lucille, et de devenir entrepreneur de pompes funèbres. Un matin, Lucille, sa tante, débarque avec ses six enfants chez sa mère, et, tout excitée, lui annonce qu'elle part en Californie pour y tenter sa chance. Elle a en effet décroché un entretien avec un agent et son rêve de faire carrière au cinéma ou sur le petit écran a peut-être enfin une chance de se réaliser. Mais pour pouvoir partir, elle a besoin de l'aide de sa mère, et lui demande de garder ses enfants. Celle-ci hésite, ayant déjà deux enfants à charge et presque rien pour prendre soin d'eux, et Lucille lui démontre, preuve à l'appui, qu'elle n'a personne pour l'aider hormis sa mère. Et la preuve, c'est... qu'elle a tué son mari Chester qui l'étouffait et l'empêchait d'être elle-même. Pour on ne sait quelle raison mystérieuse, elle lui a coupé la tête et l'a emportée avec elle, dans... un Tupperware ! Et pour appuyer ses dires, elle file à la voiture chercher le Tup' en question...
C'est là le démarrage d'une histoire rocambolesque, une course-poursuite à travers tous les États-Unis (de l'Est à l'Ouest, on ne va pas dans le Nord...). Lucille est un personnage fantasque, c'est aussi une belle femme, pleine de ressources, encore très bien de sa personne malgré six accouchements (je veux savoir comment elle a fait pour garder la ligne !!!), et elle croit en sa chance. Elle ira coûte que coûte en Californie et obtiendra ce rôle dans la série télévisée la plus regardée des États-Unis !

A cette intrigue s'en ajoute une autre, beaucoup plus sombre, mettant en scène Peejo et son frère, recueillis par leur oncle Dove. Ils vont habiter chez lui, dans une petite ville nommée Industry, où règne encore la ségrégation raciale, où les enfants de couleur ne peuvent pas se baigner dans la même piscine que les blancs, et où la haine est prégnante à chaque instant. Là aussi, l'histoire est inventive, rocambolesque aussi, improbable, et pourtant tellement bien vue qu'on y croit...

Alors j'ai juste un reproche à faire à cette histoire : après tant de rebondissements plus improbables les uns que les autres, après tant d'inventivité, de joie, d'humour noir, pourquoi, pourquoi, pourquoi une fin si convenue ???? Franchement... l'auteur aurait pu trouver mieux, non ? C'est le seul reproche que j'ai à faire à ce livre : par ailleurs, j'ai ri, beaucoup ri à certains passages, même, j'ai frémi avec les personnages, j'ai été horrifiée de ce que des hommes sont capables de faire à leurs semblables par haine... Oui, c'est vraiment bien ! D'ailleurs, le titre anglais est bien plus explicite qu'en français : Crazy in Alabama... tout un programme ! Avec une fin plus en accord avec le reste de l'histoire, ce livre aurait été un coup de cœur !

Traduit de l'américain par Yolande de Luart
Paru aux éditions Pocket, 1997. ISBN : 978-2-266-09895-3

mercredi 30 novembre 2011

Tokyo Story, des histoires japonaises, collectif



Au salon du livre de Colmar, le 26 novembre dernier, je suis tombée par hasard, au gré des stands des éditeurs et associations, sur une bande dessinée que j'avais repérée sur le blog de Frédéric Vervisch, mon cousin : Tokyo Story. C'est d'ailleurs lui qui a fait l'illustration de la couverture.
Ni une, ni deux, j'ai décidé rapidement de l'acheter, après avoir discuté un petit moment avec les responsables de l'association Fugue en bulles et je ne regrette pas mon achat.
Il est ici question, comme son nom l'indique, du Japon, bien sûr. Sous forme d'histoires courtes, les auteurs évoquent là un aspect du Japon, vu d'Europe.

La première histoire, Hibakusha, raconte en quelques pages le devenir imaginaire des survivants de la bombe atomique du 9 août 1945 à Nagasaki. L'histoire est construite sur trois double-pages et une page simple. Le dessin est beau, doux, en noir sur fond ocre, et dévoile au fil des pages l'horreur de la mort, le fond s'assombrissant petit à petit comme un ciel d'orage... c'est saisissant.

La seconde histoire, Vague à l'âme, raconte, avec un graphisme fouillé et assez sombre, bien qu'en couleurs, la vie au travail d'un homme de Tokyo. De facture plus classique que la première, avec des cases et des bulles, l'histoire se déroule simplement, jusqu'à la chute finale, dévastatrice, que rien ne laissait présager...

Tokyo X Story est la moins sombre des histoires de Tokyo Story. Là encore, un aspect de la culture japonaise est mis en avant, et il s'agit là des geisha. L'histoire pourrait se passer n'importe où. Le héros est un grand admirateur du Japon, pratique les arts martiaux, et demande à sa petite amie de jouer à la geisha pour lui. La chute est drôle, et l'histoire est vraiment de très bon goût, j'ai été étonnée : je m'attendais à tout autre chose ! C'est une très bonne surprise. Le dessin de celle-ci est aussi le plus doux de toutes ces petites histoires, sans céder à un réalisme à tout crin.

Hikikomori te salutant !, l'histoire suivante, m'a posé plus de difficultés. J'ai dû la relire pour la comprendre. Je ne suis pas une grande connaisseuse des jeux vidéos en ligne, et c'est sans doute pour cela que j'ai eu du mal à comprendre. Cette histoire est en effet une immersion dans la tête d'un jeune joueur en ligne, avec ses rêves, ses fantasmes, sa solitude... là encore, la chute est brutale, assez inattendue, mais elle symbolise bien le contraste entre cette vie virtuelle et la réalité simple de la vie quotidienne, avec l'inadaptation qui peut résulter d'une trop grande addiction aux jeux vidéo... Fin tragique, mais qui semble être plus fréquente qu'on ne le pense. Graphiquement, le dessin est sombre, épuré, dans des couleurs sombres et assez uniformes restituant l'ambiance glauque du jour ou de la nuit de jeu, d'isolement... c'est très suggestif en tout cas, et d'une grande maîtrise, très abouti.

Golgoth 666 est le récit écrit par mon cousin et illustré par son frère. Il y a là deux références au Japon : le titre est un clin d’œil à la série Goldorak (que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, mais qui a marqué tous les trentenaires, dont, comme mes cousins, je fais partie), et les Yakusa, la mafia japonaise. Si j'ai été un poil déçue par l'histoire, j'ai en revanche été subjuguée par le dessin. Tout est en noir et blanc uniquement. Pas de gris, pas d'entre-deux. Du noir et du blanc, des traits blancs sur fond noir pour suggérer les motifs de la couverture, une silhouette blanche sur fond noir ou des pieds noirs sur fond blanc pour que les éléments se distinguent bien les uns des autres : c'est tout simplement superbe. L'histoire, c'est celle d'une vengeance, à la hauteur du préjudice subi par la petite Ikuko... Assez improbable, et c'est bien cet aspect-là qui m'a gênée. A part cet aspect, l'histoire est bien menée, originale, et on y retrouve d'une certaine façon tout le rêve d'enfant, sa toute-puissance supposée aussi, la frontière très ténue entre le rêve et la réalité... La fin est grandiose, bien qu'extrêmement violente (j'ai du mal, beaucoup de mal avec la dernière case...).

Enfin, Promotion japonaise raconte l'histoire d'un homme qui travaille pour une grande firme japonaise. Il a gravi les échelons et attend sa prochaine affectation. Il est ici question, comme dans la seconde histoire, du rapport des Japonais avec le travail. Jusqu'où le dévouement du travailleur peut-il aller ? Quelle est la place de l'individu, de ses désirs, de sa vie personnelle, familiale ? Ce sont ces questions que pose cette histoire, et mon seul regret, c'est que la fin ne soit pas suffisamment claire. Quelle a été la décision de cet homme ? En quelques pages, on s'attache à lui, à sa jeune épouse qui va accoucher dans les jours qui viennent, et j'ai été presque frustrée de ne pas savoir quelle avait été sa décision, en définitive...

Globalement, ce recueil est une très très bonne surprise, même si je ne l'aurais peut-être pas acheté si mes cousins n'y avaient pas écrit. Je ne regrette rien : cette bande dessinée vaut vraiment le détour !

Paru aux éditions Fugue en bulles, 2011. ISBN : 978-2-919633-03-6. 10€


lundi 14 novembre 2011

Tag du portrait chinois

J'ai eu la surprise, à mon retour de livraison de vin avec mon mari, de voir que Marine-Rose m'avait taguée. Sur le principe du portrait chinois. C'est un exercice que je trouve assez compliqué ! Je vais tenter de m'y plier !

Donc... Si j'étais...
1- Un livre
Ben déjà, ça commence mal. Quel genre de livre ? BD ? Roman ? Ou un livre que j'ai écrit ? Parce que j'ai écrit "La Messagère du Temps". Mais je ne pourrais pas dire que ce livre me décrit... non. Si j'étais un livre, je serais peut-être simplement un petit opuscule entre deux romans, bien à l'abri sur une étagère, attendant qu'on veuille bien le lire !

2- Un pays
Ca, je trouve que c'est plus facile ! Sans doute serais-je la Belgique, pétrie de contradictions, bilingue (non, je n'ai pas cette prétention, mais j'aime beaucoup les langues, et y ai, semble-t-il, quelques facilités !).

3- Un bijou
Je ne sais pas trop, mais quelque chose de discret en tout cas !

4- Une personnalité
Ben ça... quelle question ! J'aime bien la mienne, de personnalité :) !

5- Une voiture
La mienne !

6- Une fleur
Aïe... J'y connais rien ! C'est un piège, là ! Euh... Joker ?

7- Un métier
J'aimerais bien "écrivain", mais j'ai tellement peu de temps pour écrire que, malgré mon roman, je ne me peux m'empêcher de penser que je ne le suis pas encore. Donc on va dire simplement documentaliste, parce que pour moi, c'est plus qu'un gagne-pain !

8- Une chanson
"Nos mains" de Jean-Jacques Goldman ! Je l'aime beaucoup pour tout ce qu'elle véhicule !

9- Une citation
Holà !!! Ca, c'est vraiment compliqué, il y a tellement de belles choses dans les livres ! Cependant, une citation me vient spontanément : "Les formes qui différencient les êtres importent peu si leurs pensées s'unissent pour bâtir un univers" : c'est dans "Les Titans", de la série Yoko Tsuno, de Roger Leloup (et c'est sans doute le premier livre "à moi" qui se trouve dans ma bibliothèque !)

10- Une matière
Du coton ! Matière naturelle, simple, et abordable !

Et le problème, c'est que j'ai déjà vu ce tag sur tous les blogs que je lis... Je ne sais donc pas vraiment à qui l'envoyer !

A quoi ressemble ma bibliothèque ??? Vaste question !


Semaine bizarre... je pars en week-end livraison avec mon viticulteur de mari, et quand je reviens, je me retrouve confrontée par deux fois à un exercice que je n'ai jamais fait encore : j'ai été taggée ! Si. Deux fois. Aujourd'hui par Asphodèle, à propos de ma bibliothèque, et samedi par Marine-Rose, pour le portrait chinois !
Donc voici à quoi ressemble ma bibliothèque (toute petite, quand je vois celles des autres !)...

Que contient votre (vos) bibliothèque(s) (BD, romans, essais, documentaires, jeunesse, policiers, guide de voyages, livres d’art… etc) ?
Des BD, beaucoup !, des romans, beaucoup aussi, dont un certain nombre de policiers, quelques essais, en particulier au niveau spiritualité. Les livres pour enfants sont... dans les bibliothèques de mes enfants ! Sinon, il y a aussi quelques livres de photos, dont ceux que j'ai faits moi-même !

Vos livres sont-ils classés d’une façon particulière ?
Je suis documentaliste de métier. Et j'ai un peu la manie du classement, comme toute bibliothécaire ou documentaliste qui se respecte. Alors mes livres sont inventoriés, classés par thème et rangés selon une classification que j'ai élaborée (non, je n'ai pas poussé le vice jusqu'à utiliser la Dewey ! :) )

Tous les livres de votre (vos) bibliothèque(s) vous appartiennent-ils (conjoint, enfants, prêts…) ?
La plupart m'appartiennent, oui, sauf ceux de mes enfants, qui leur appartiennent. Il y en a malgré tout quelques-uns que j'ai empruntés à la bibliothèque où je travaille. Il faudra d'ailleurs que je pense à les rendre ! J'en ai aussi un ou deux qui appartiennent à des amis...

Avez-vous lu tous les livres qui sont dans votre (vos) bibliothèque(s) ?
Tous ? Non, loin de là ! Entre ceux que j'ai reçus pour les partenariats et ceux que j'ai achetés, j'ai mis des priorités dans l'ordre de lecture. Donc les partenariats. Sauf que comme je suis un peu acheteuse compulsive, j'achète plus de livre que je n'ai de temps pour les lire... Il y en a donc sans doute une petite moitié, dans ceux qui m'appartiennent, que je n'ai pas encore lus... Oui, je sais...

Avez-vous des auteurs préférés ?
J'ai grandi avec Agatha Christie et Marcel Pagnol. En dehors de ceux deux auteurs, en ce qui concerne les romans en tout cas, je n'ai pas de préférences : j'apprécie pas mal d'auteurs ! Sinon, pour les BD, mon auteur préféré, c'est Roger Leloup ! Mais pour les BD comme pour les romans, je lis beaucoup d'auteurs écrivant dans des styles différents.

Avez-vous un livre préféré ?
Un livre, non, parce que j'en ai aimé tellement que je ne saurais faire un choix parmi eux. Une BD, en revanche, oui. Il s'agit de "La Frontière de la Vie", le 7e volume de la série Yoko Tsuno, de Roger Leloup, justement. J'ai grandi avec cette série, qui reste pour moi l'une des meilleures bandes dessinées ! Si j'aime en particulier cet album, c'est parce que je le trouve particulièrement abouti, d'une très grande sensibilité... et que je suis allée à Rothenburg-ob-der-Tauber, où se situe l'intrigue, et que je suis particulièrement attachée à cette ville aussi... L'un alimente peut-être l'autre !

Alors il paraît que l'on se doit de passer le flambeau ? J'avoue que je ne connais encore que très peu de blogueurs/blogueuses ! Alors que ceux et celles qui souhaitent partager leur bibliothèque le fassent !

dimanche 30 octobre 2011

Tableaux, de Sébastien Chamayou



Ce petit recueil de nouvelles regroupe dix textes ayant pour point commun la contemplation d'œuvres d'art pictural. Des tableaux, comme l'indique le titre du recueil, que l'auteur s'amuse à écrire avec un point de vue pour le moins original. Selon les cas, selon les textes, le narrateur se trouve soit dans le tableau, soit en train de le regarder, et à chaque fois que l'on a un point de vue "extérieur", celui-ci fait écho à ce que vit le narrateur. Si je n'ai pas du tout accroché aux deux premières nouvelles, j'ai vraiment beaucoup, beaucoup aimé les suivantes. L'auteur a un style très poétique, parfois même un peu hermétique, mais une fois passées les premières pages, j'ai pu rentrer dans ces textes avec beaucoup de plaisir.

Les nouvelles les plus réussies, pour moi, sont celles qui s'intitulent "Triptyque", en trois parties, donc. Sans doute parce qu'elles reprennent des thèmes qui me sont chers. Ces nouvelles racontent en effet la Semaine Sainte, avec pour chacune d'entre elles le point de vue d'un témoin de l'histoire. Il s'agit à chaque fois de textes introspectifs, où l'on suit les pensées du narrateur, qui décrit la scène avec ses yeux et toute la subjectivité que cela suppose.
Si je ne devais retenir qu'un seul texte, ce serait en fait ce Triptyque, que j'ai trouvé magnifiquement bien écrit. Le retour à des textes plus "terre-à-terre" a été douloureux, parce que je n'ai pas trouvé dans les derniers, ni dans les premiers d'ailleurs, la force qu'il y a dans ces trois tableaux.

J'ai donc un regard assez mitigé sur ce recueil, parce que j’avoue ne pas avoir gardé de souvenir transcendant des autres nouvelles. J’ai malgré tout beaucoup apprécié le texte évoquant l’histoire d’Antigone, ainsi que celui qui parle de Fra Angelico, qui m’ont également transportée dans un autre monde… Pour les autres, je ne saurais qu’en dire, malheureusement : les deux premières, ainsi que le poème d’ouverture, m’ont paru assez hermétiques, ou alors je suis passée complètement à côté…
Malgré ce gros bémol, je suis vraiment très, très heureuse d'avoir pu le lire, parce que rien que le Triptyque valait le coup ! J’en ai même relu les textes tellement je les ai trouvés beaux, alors que je suis peut-être passée plus vite sur d’autres… allez savoir. Il y a des fois, dans ces moments de lecture, où le lecteur est comme happé par le texte, quand l’auteur y a mis ce petit quelque chose capable de toucher au plus profond. Je crois que c’est finalement ce qui s’est passé avec ce Triptyque, ces trois textes magnifiques qui éclairent d’une autre façon l’une des pages fondatrices du Christianisme.

Un grand merci, donc, aux Agents Littéraires et à la Société des Écrivains de m'avoir envoyé ce petit livre !

Paru aux éditions Société des Écrivains, 2011. ISBN : 978-2-7483-6664-8

mercredi 26 octobre 2011

La Malédiction des trente deniers, tome 2 : La porte d'Orphée, de Jean Van Hamme et Antoine Aubin



Nous avions laissé le Professeur Mortimer en bien fâcheuse posture, à la fin du tome 1. Le tome 2 débute donc sur les chapeaux de roues, comme il fallait s'y attendre, et l'aventure ne s'arrêtera plus.
On est ici dans le classique de Blake et Mortimer, les deux héros finissant par se retrouver et par mener conjointement l'enquête dans laquelle Mortimer s'est retrouvé plongé, un peu malgré lui, mais à laquelle il n'a pas hésité à participer.

J'ai lu ce deuxième tome il y a un petit moment maintenant (juste après la publication de ma chronique sur le tome 1, donc ça date un peu), et j'avoue que c'est un bon test. En le feuilletant, l'histoire me revient, les impressions à la lecture aussi. Et j'avoue avoir été déçue : les promesses du tome 1 d'une aventure plus originale, plus prenante, plus recherchée, ne m'ont pas semblé avoir été tenues dans cette suite attendue avec impatience. J'attendais plus de surprises, plus de fantastique, plus de... plus, quoi.
Alors bien sûr, on retrouve bien le "style", même si les auteurs qui ont repris la série ont laissé leur propre personnalité. Mais l'univers Blake et Mortimer est bien là, bien présent, et la qualité du dessin et de l'intrigue y est aussi. Mais je ne sais pas, pour moi, il manque un petit quelque chose qui semblait promis par l'intrigue mise en place dans le tome 1 et qui n'apparaît pas dans le tome 2, finalement. Pourtant, c'est bien le même scénariste. La suite me semble malgré tout moins forte que ce que laissait supposer le début, un peu comme un soufflé qui se dégonfle en sortant du four. C'est bon, mais moins beau que sur la photo...
Une petite déception, donc, même si je ne saurais exactement expliquer pourquoi. L'impression que c'est finalement une bonne histoire, mais qui ne m'a apporté rien de plus que celles d'avant... alors que j'ignore pourquoi, j'attendais autre chose...
C'est peut-être pour ça que j'ai mis autant de temps à écrire ce billet...

Paru aux éditions Blake et Mortimer, 2010. ISBN : 978-2-8709-7118-5

vendredi 21 octobre 2011

Mon bel oranger, de José Mauro de Vasconcelos



Zézé est un petit garçon de 5 ans, très doué. Sans jamais avoir été à l'école, il sait déjà lire, et il est curieux de tout, des mots en particulier, qu'il demande à son oncle Edmundo de lui expliquer, même les plus compliqués. Il est très vivant, débrouillard, espiègle... il a 5 ans, et c'est un petit diablotin qui ne tient pas en place. Il est l'avant-dernier d'une fratrie nombreuse, où chacun prend en charge un plus petit que soi. Il est donc aidé particulièrement par Totoca, son grand frère, qui lui apprend beaucoup de choses, mais se sert aussi de lui quand ça l'arrange, et par Gloria, sa sœur de quinze ans, qui l'aime beaucoup et est la seule de la famille à ne pas le battre quand il fait des bêtises. Et il en fait souvent !
Son père au chômage, la famille doit déménager parce qu'ils n'ont plus les moyens de payer le loyer. Ils arrivent dans une nouvelle maison, juste après Noël, et Zézé, dont l'imagination est très fertile, se prend d'amitié pour un petit pied d'oranges douces, à qui il donne un nom, à qui il parle, et qui lui répond. Zézé va enfin à l'école, où de nouvelles découvertes l'attendent, et au cours de cette année, il apprend aussi la tendresse et l'amitié auprès du Portugâ, un homme du village. Un drame va alors faire découvrir au petit garçon toute l'étendue de la douleur, de la souffrance humaine.

J'ai découvert ce roman il y a quelques jours par l'intermédiaire d'une amie qui le relit régulièrement, tant ce livre l'a marquée. J'y ai trouvé beaucoup de choses intéressantes, outre le fait que c'est très bien écrit : l'histoire d'un petit garçon vif et intelligent, la description sans pathos de la pauvreté, de la vie de famille quand elle est difficile, voire impossible, l'ambiance villageoise, la débrouillardise des gamins... Mais au-delà de la peinture sociale, ce qui est intéressant ici, c'est bien l'extraordinaire imagination de cet enfant, sa capacité à transformer le réel. Sa relation avec son petit frère, Luis, est à ce titre particulièrement bien campée. On y voit non plus le petit diable qui passe son temps à faire des tours pendables aux voisins, mais un gentil garçon très attentif à ce petit frère, très tendre, et véritablement ébahi par les capacités que ce tout petit garçon a déjà, son intelligence, sa capacité à parler... Il y a aussi sa relation particulière avec Minguinho, son pied d'oranger, qui prend une place importante, et qui est finalement une sorte de symbole de l'enfance magique qu'il vit. Cette relation va se transformer radicalement au moment du drame, révélant alors la nouvelle maturité de l'enfant. C'est donc un très beau conte initiatique qui nous est donné ici.

A partir de 11 ans.

Traduit du Brésilien par Alice Raillard.
Paru aux éditions LGF (Le livre de poche Jeunesse), 1986. ISBN : 978-2-253-02333-3
Réédition 2007. ISBN : 978-2-013-22415-4

jeudi 20 octobre 2011

Elinor Jones, tome 2 : Le bal de printemps, de Algésiras et Aurore


Dans ce deuxième volume, les relations entre les personnages évoluent rapidement. Cet opus relate le bal de printemps, sa préparation, sa réalisation, et tout ce qui se passe autour. Le lecteur fait la connaissance de nouveaux personnages, comme Queen, le meilleur ami d'Abel et le petit-fils de Macy, la vieille couturière. C'est aussi dans ce tome que s'ébauche l'un des rôles de Chao, le majordome, qui semble avoir plus de pouvoir que ne le laisse supposer ce titre. Enfin, la rivalité entre Bianca et son frère devient de plus en plus criante, conduisant au conflit que Bianca remporte, du moins temporairement.
Le dessin est toujours aussi somptueux, et s'il est plus question ici de l'intrigue sur fond de conflits de personnes que dans le premier tome qui posait les bases et les personnages, l'histoire se déroule sous les yeux du lecteur comme un enchantement menant, semble-t-il, à un véritable cauchemar.
Sans en révéler trop sur le tome 2, et en attendant le tome 3, je me dis qu'il y a là un véritable piège qui est en train de se refermer sur plusieurs personnages. Elinor, l'héroïne, si fragile, si frêle, va-t-elle s'en sortir, et comment ???
Ah oui, c'est digne des romans à épisodes, mais que voulez-vous, c'est une bande dessinée à épisodes ! Heureusement pour nous, ils ne sont qu'au nombre de trois...

Paru aux éditions Soleil (Blackberry), 2011. ISBN : 978-2-30201-601-9

vendredi 14 octobre 2011

1Q84, livre 1, Avril-Juin, de Haruki Murakami


Il y a des livres, comme ça, où 500 pages ne font pas peur. Où 500 pages, c'est bien trop peu. Où on en redemande. Encore. Parce qu'il y a des livres qui sont porteurs d'un véritable souffle épique, d'une histoire prenante, exigeante, incroyable.

1Q84 est l'un de ceux-là. La bonne nouvelle, c'est que le tome 2 est paru et que le tome 3 va suivre. Alors j'ai déjà acheté le tome 2, et je guetterai le tome 3.

Pourquoi un tel enthousiasme ? Je ne sais pas trop au juste. Et je n'ai pas réellement envie de le dire ici, c'est très intime, très personnel. Pourquoi ce billet, alors, si je ne peux pas en parler ?
Parce que ce livre, c'est l'histoire d'Aomamé, d'une part, de Tengo d'autre part. Et d'autres personnages, étranges, bizarres, attachants, aussi. Ayumi, Tamaru, la vieille femme, Komatsu, la petite amie, Fukaéri, le professeur Ebisuno... des personnages attachants, oui, mystérieux, assez incroyables et pourtant terriblement crédibles.
Ce roman, c'est aussi une autoroute bondée sans raison apparente, deux lunes au lieu d'une seule, une année bizarre, une secte, des meurtres, de la bonne conscience malgré les horreurs commises, d'autres horreurs, un roman, best-seller, même, dont l'auteur n'est pas l'auteur, des personnages inconnus qui changent de taille, des choses incompréhensibles...
En dire plus m'est impossible, parce que je n'ai lu que le premier livre. Il me faudrait connaître les trois pour être plus précise, pour mieux saisir les tenants et les aboutissants. Là, pour l'instant, je nage en plein mystère.

Alors si je suis si heureuse, c'est justement parce que je sais qu'il y a encore deux livres à lire, pour que l'histoire soit révélée, qu'elle soit complétée. Ce roman est magnifique, tout simplement. J'ai été happée dès les premières lignes par ce monde si semblable au nôtre et pourtant si éloigné.
Nous sommes au Japon, en avril 1984. Et très vite, Aomamé remarque que des petites choses ont changé. Des uniformes, des faits dont elle n'a pas connaissance... il n'y a que deux solutions : soit elle est folle, soit... c'est le monde qui l'est devenu. Elle continue à vivre, malgré ces petites bizarreries qui semblent n'avoir que peu d'influence sur le monde qui l'entoure. Et pourtant, cette influence se fait grandissante, de plus en plus prégnante. Une torsion, un décalage, dans le temps et dans l'espace, et les choses changent. Le monde change.
C'est le premier roman de Haruki Murakami que j'ai la chance de lire, et je dois dire que je suis subjuguée. Le texte est beau, bien construit (bien sûr, je ne sais pas lire le Japonais, alors je ne peux que rendre hommage à la traductrice, qui a fait un travail fabuleux), l'auteur distille les informations, et même quand on pense avoir compris, on en apprend un peu plus un peu plus loin, et ce qu'on lit éclaire tout ce qu'on a déjà vu d'un jour nouveau... J'ai parfois l'impression qu'il y a des redites, malgré tout. Mais c'est sans doute voulu : les éléments se mettent en place avec la répétition-ajout d'éléments nouveaux. Et je dois avouer que pour quelqu'un comme moi, qui a l'esprit d'escalier, ces répétitions sont particulièrement bienvenues : elles me permettent de mieux mettre en lien les différents faits. L'univers décrit est précis, envoûtant, étrange et en même temps étrangement familier. Les mots et les phrases sont vraiment d'une beauté à couper le souffle, et sans être pour autant hypnotisée par ma lecture, je dois avouer que je n'avais qu'une hâte : m'y replonger pour en savoir plus, tout en regrettant d'avancer si vite...


les matchs de la rentrée littéraire

J'ai au départ choisi ce livre dans le cadre de l'opération « Les Matchs de la rentrée littéraire », organisée par Price Minister (que je remercie vivement au passage de m'avoir permis de découvrir ce magnifique roman !). Et non seulement j'en suis très heureuse, comme vous avez pu le comprendre, mais je vais de ce pas me plonger dans la suite, parce que l'impatience me gagne : que vont devenir Tengo et Aomamé ? Où est donc passée Fukaéri ? Que va devenir la fillette recueillie par la vieille femme ?

Paru aux éditions Belfond, 2011. ISBN : 978-2-7144-4707-4.

Le billet de Clara, qui est tout aussi enthousiaste que moi, et qui conduit à d'autres !

mercredi 12 octobre 2011

Elinor Jones, tome 1 : Le bal d'hiver, de Algésiras et Aurore


J'ai découvert Elinor Jones un peu par hasard, l'an dernier, sur le blog d'Audrey Alwett, directrice des collections Strawberry et Blackberry de Soleil. J'ai fini par craquer pour cette superbe bande dessinée, parce que le style graphique me plaisait. En matière de bandes dessinées, je suis très visuelle, et l'histoire dans un premier temps m'importe moins que le dessin, parce que c'est le dessin que je vois en premier (finalement, je dois être assez basique, quelque part). Mais j'ai bien sûr lu l'histoire. Et elle m'a emballée.

Question dessin, donc, j'ai beaucoup aimé le trait et les couleurs d'Aurore, dans cette série. Les dessins sont doux, riches de détails mais non surchargés, et on sent à la fois le travail dans les détails tout en ayant une nette influence manga, sans que ça fasse non plus trop "japanisant" pour autant... Les couleurs sont aussi très belles, lumineuses et tout en nuances, créant un univers foisonnant, riche, très contrasté... au service de l'histoire, la complétant parfaitement.

L'histoire aussi m'a beaucoup plu, vous l'aurez compris. Il est ici question d'une maison de couture familiale, dans l'Angleterre du 19e siècle. Elinor arrive un jour comme couturière pour y travailler, et rejoint un groupe de 4 autres couturières, 3 jeunes femmes et une plus âgée, qui travaillent et vivent toutes dans la maison des Tiffany, où vivent Hope, la mère, Bianca la fille et Abel, le fils, ainsi que Chao, le majordome et Heng le jardinier. On rencontre aussi Aleïd, la cuisinière, qui complète l'équipe. La maison Tiffany est petite, familiale, mais s'est bâti une solide réputation de qualité à travers les trois bals qu'elle organise chaque année. Ce premier opus relate le bal d'hiver, auquel toutes les couturières se doivent de participer et de donner le meilleur d'elles-mêmes. C'est l'occasion pour Elinor de montrer ce qu'elle vaut en tant que couturière, et pour nous de mieux connaître tout le petit monde qui vit dans cette maison prestigieuse. Au fil du temps, les conflits se font jour, les alliances se découvrent, les caractères se dévoilent... au point de retourner les situations qui ne sont pas aussi simples que ce que peut penser le lecteur au premier abord.

L'intérêt de cette série, outre sa beauté graphique et son histoire prenante, c'est aussi qu'on est là dans les débuts de l'ère industrielle, à un moment où ce qui deviendra une des plus grandes industries textiles au monde en est à ses débuts. Je ne sais pas ce qu'il en est d'un point de vue historique : cette maison a-t-elle existé ? A-t-elle réellement fonctionné de cette manière à ses débuts ? Je ne sais pas et n'ai pas envie de chercher pour l'instant, pour laisser la magie opérer encore un peu.
Cette bande dessinée est une véritable belle découverte en ce qui me concerne, de même qu'une autre dont je vous parlerai d'ici peu, dans la même collection !

Très bientôt, le tome 2, paru en 2011 !

Paru aux éditions Soleil (Blackberry), 2010. ISBN : 978-2-30200-974-5

samedi 8 octobre 2011

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson



Allan Karlsson va fêter ses cent ans. C'est à dire que la maison de retraite où il vit désormais a convoqué, par l'intermédiaire de Sœur Alice, la responsable de l'institution, Monsieur le Maire, mais aussi la presse à l'occasion de cet anniversaire hors du commun. Allan Karlsson est en effet un centenaire tout ce qu'il y a de plus alerte, doté d'un caractère bien trempé. Mais si la maison de retraite se pare de ses habits de fête, ainsi que les autres résidents plus ou moins conscients de l'événement qui se prépare, il n'en est pas de même pour le héros du jour. Car Allan n'a que faire de cette journée, qui plus est de la fête qui se prépare pour lui. Au lieu de ça, quelques minutes avant que Sœur Alice ne vienne le chercher dans sa chambre, Allan... fugue par la fenêtre. En charentaises.

Commence alors une course poursuite dans la ville, à la gare, puis dans toute la Suède, la police pensant dans un premier temps à un enlèvement, puis, au fil des pistes que laisse le centenaire derrière lui, à un complot, voire à un gang dont il serait le meneur. De situations rocambolesques en poursuites improbables, le centenaire fait défiler sous les yeux du lecteur non seulement son épopée présente, mais aussi toutes celles qui l'ont précédées, depuis sa naissance jusqu'à son fameux centième anniversaire.
Il faut dire que l'homme en a vu des choses dans sa vie et qu'il a rencontré les plus illustres hommes : Harry Truman, Mao Tse Tung, Staline, Franco... il a tout vu, tout fait, sans jamais se départir de sa simplicité et d'une seule envie : qu'on lui fiche la paix.

J'ai dévoré ce roman !!! Oui, je suis emballée. Il est parfaitement illogique, bourré de personnages tous plus improbables les uns que les autres, les incursions dans l'Histoire sont quelque peu téléphonées voire totalement absurdes, et pourtant, j'ai accroché, vraiment. Parce que ce livre est inventif. Il est plein d'espoir, plein de bonne humeur, de rêve, les retournements de situations sont légions et jusqu'à la fin, on ne sait pas vraiment ce qui va se passer, qui va gagner... les personnages hauts en couleurs sont particulièrement attachants... Je pourrais continuer longtemps comme ça tellement ce livre m'a enthousiasmée ! Si ce n'est pas encore fait, précipitez-vous : c'est un véritable roman jubilatoire !!

Traduit du suédois par Caroline Berg
Paru aux éditions Presses de la cité, 2011. ISBN : 978-2-258-08644-9

mercredi 5 octobre 2011

Magnitude 9, des images pour le Japon



11 mars 2011. Un séisme de magnitude 9, suivi d'un tsunami d'une ampleur sans précédent ravage la côte Est du Japon, avec les conséquences humaines, matérielles et nucléaires que l'on sait. Dans les heures et les jours qui ont suivi, et jusque dans les mois suivants, des centaines de dessinateurs ont accepté de travailler et d'offrir leurs oeuvres pour venir en aide, modestement, au peuple Japonais durement touché par cette catastrophe sans précédent dans son histoire (si on omet la catastrophe d'Hiroshima et Nagasaki, qui n'a rien de naturelle, celle-là).
Dans les faits, CFSL a créé un site internet intitulé "Des images pour le Japon", que je vous avais présenté ici, et les centaines de dessins reçus par les organisateurs ont permis d'une part la mise en ligne de ces oeuvres, mais aussi une vente d'originaux qui a rapporté plus de 31000€.
Les organisateurs avaient dès le départ aussi l'idée de réunir certaines de ces contributions dans un ouvrage hommage, et le résultat est à la hauteur du travail accompli.
Un livre sobre, couverture blanche et rouge uniquement, textes en préface et postface, et 250 pages laissées aux artistes pour exprimer leurs sentiments face à cette catastrophe qui semble avoir touché bien plus que les Japonais. C'est d'ailleurs quelque chose que je trouve assez étonnant, cette solidarité envers le peuple Japonais. Non pas qu'il ne faille pas les aider, bien loin de là. Mais qu'en est-il des autres pays où des catastrophes de même ampleur, voire pire, ont eu lieu ? Qu'en est-il d'Haïti par exemple ?

Sans entrer dans une polémique qui n'a pas lieu d'être, l'une des réponses se trouve sans doute dans les dessins, et notamment dans les dessins qui se trouvent sur le site, mais pas dans le livre. J'ai d'abord été plutôt déçue de ne pas les y voir d'ailleurs, puis j'ai compris. Dans les dessins qui ont été publiés sur le site, il y avait des références à Astro Boy, à Goldorak, aux œuvres de Miyazaki par exemple, et à tant d'autres que j'oublie. Tous ces héros qui ont bercé notre enfance, qui nous émerveillent encore aujourd'hui, font partie de notre vie quotidienne et de celle de nos enfants. Ils ne pouvaient pas être dans ce livre, car il aurait sans doute fallu demander des droits d'auteur. Et pas qu'un peu. La raison, c'est simplement que notre monde occidental (Europe, Amériques) est tellement imprégné de culture japonaise par les mangas (bds et dessins animés qui ont nourri notre enfance) que le Japon a une influence culturelle énorme chez nous, et ne peut donc laisser personne indifférent aux souffrances qu'il endure. C'est pour cette raison, je pense, qu'un tel élan de solidarité s'est manifesté envers ce pays meurtri, et de manière totalement spontanée.

Alors voilà, il reste un livre. Moins riche de ces références que ce que je pensais, mais magnifique. Il dit la douleur, la tristesse, l'espoir, la solidarité, l'amitié des dessinateurs du monde entier qui ont voulu, par les traits de leurs crayons, par leur peinture, leurs couleurs, dire aux Japonais qu'ils n'étaient pas seuls face aux drames qui se jouent chez eux.

Paru aux éditions Ankama, CFSL INK, 2011. ISBN : 978-2-35947-025-3

lundi 3 octobre 2011

Dans la vie, de Aïssa Lacheb



Voici un roman pour le moins déroutant. Il est construit en trois parties, dont la première et la dernière sont la transcription de deux "journaux", en premier celui d'un tueur psychopathe et en dernier le cahier d'une personne âgée d'une maison de retraite, qui l'a confié avant de mourir à un infirmier de l'établissement où elle réside.
Si je vois parfaitement bien le lien qu'il peut y avoir entre la seconde partie (le récit de la vie dans cette maison de retraite) et la troisième (le récit sans doute imaginaire, à moins que ce ne soit celui de sa propre vie ? de la vieille dame), j'avoue que j'ai eu beaucoup, beaucoup plus de mal à voir le lien avec la première partie, le journal du tueur. Sans doute suis-je trop obtue pour ça ? Tout était pourtant écrit noir sur blanc. Autant dire que le récit a fonctionné à merveille sur moi.
En fait, c'est en écrivant ces lignes que je commence seulement à comprendre. Et ça change totalement mon regard sur ce roman. Un détail, un seul, permet de faire le lien entre les trois parties : le temps. Temps de travail dans la seconde, temps libre dans la première. Temps de l'adulte dans les deux premières parties et temps de l'enfance dans la troisième. Cette interprétation-là n'est que le fruit de mon imagination, mais j'aime à penser que l'homme n'a pas reçu ce récit de la vieille institutrice par hasard. Et que ce petit cahier d'écolier raconte aussi son histoire à lui.

Alors sans entrer dans les détails, sinon ce n'est pas drôle pour ceux qui souhaiteraient lire ce livre, voici en gros de quoi ça parle.
La première partie est donc exclusivement consacrée au journal de bord d'un homme qui raconte d'abord par le menu, puis de manière de plus en plus urgente, de plus en plus fugace, les "comptes qu'il solde". C'est-à-dire les meurtres qu'il commet. Il est froid, efficace, redoutablement efficace même. Il sème les cadavres, de plus en plus de cadavres, qui s'effacent aussitôt de sa mémoire et de sa liste, et sont immédiatement remplacés par d'autres noms qui deviendront eux aussi des cadavres. Il solde. C'est à la fois simple, cruel, terrifiant et parfaitement calme, parfaitement ordonné, méticuleux. Cet homme est une machine à tuer.

La deuxième partie raconte la vie dans une maison de retraite. On y rencontre des personnes âgées, des personnes grabataires, "folles" ou pas, des malades d'Alzheimer, des soignants, une infirmière cadre dépressive, un infirmier aux petits soins pour les personnes qu'il a à sa charge, un homme à tout faire qui en a marre d'être pris pour un chien mais met un point d'honneur à faire son travail le mieux possible, jusqu'à ce qu'il arrive au point de non-retour, et surtout, dans cette véritable fourmilière qu'est la maison de retraite, un directeur vicieux, pervers et manipulateur qui n'a de cesse de tout contrôler à l'intérieur de son établissement. Il harcèle littéralement la pauvre cadre chargée des plannings, fait peur à tous, impose un système de transmissions par informatique où tous doivent absolument tout noter sous peine de représailles, ne tient pas compte des demandes de bon sens des uns et des autres, mais encourage la délation, le harcèlement, l'isolement des plus faibles... pour finir par arriver à un double drame.

Quant à la troisième et dernière partie, elle relate un fait divers mettant en scène une vieille femme de ménage de 64 ans et un collégien qui passe devant l'agence où elle fait le ménage tous les jours. Un jour, il voit de la lumière, entend l'aspirateur, mais quand il l'aperçoit, elle a l'air de dormir. Interpellé par la police qui se trouvait pas trop loin, il leur dit que la femme semble malade, les policiers interviennent et la vieille femme est sauvée grâce à ce jeune Jules. Mais l'histoire ne se termine pas là : Jules est en retard, le directeur ne croit pas à son histoire et le "colle", ses parents ne cherchent même pas à en savoir plus et approuvent la punition, si bien que le jeune garçon se dit qu'il a été puni deux fois pour des choses qu'il n'avait pas faites, et surtout pour avoir dit la vérité et permis à une vieille dame de rester en vie.

Je viens de finir ce roman magnifique, et je suis scotchée. La langue employée est étrange : très différente dans les trois parties (langage (mal) parlé dans la première, ton très neutre et très bien écrit dans la seconde et style très scolaire dans la troisième), ce qui transparaît, c'est l'horreur dans la simplicité. Simplement ça. L'horreur dans ce qu'elle a de simple, de facile, de net et de définitif.
J'ai dû patienter avant d'ouvrir ce livre, mais quelle découverte !


Un grand merci, donc, à NewsBook et aux éditions Au Diable Vauvert, pour ce magnifique partenariat !

Paru aux éditions Au Diable Vauvert, 2011. ISBN : 978-2-84626-344-3

jeudi 29 septembre 2011

Eloge de la faiblesse, d'Alexandre Jollien



Ce petit livre de philosophie se lit très vite. C'est peu dire : il a la particularité de compter 95 pages seulement (en comptant la préface et l'avant-propos), et d'être conçu comme un dialogue entre Alexandre, l'auteur, et Socrate. Pour ma part, le fait que ce soit de la philosophie m'a d'abord un peu refroidie (je le savais, et c'est pour ça que j'ai demandé ce partenariat, mais j'avoue que du coup, j'étais moins enthousiaste à l'idée de l'ouvrir), puis m'a emballée. Parce que c'est de la philosophie qui est loin de tous les concepts, les théories... il s'agit ici d'une expérience, du vécu de l'auteur, IMC (infirme moteur cérébral), et de ce qu'il a vu et vécu au "Centre", institution où il a été accueilli pendant dix-sept ans, avant d'aller dans un établissement scolaire normal, puis à l'université où il a étudié la philosophie, donc. Ce qui est relaté ici est simplement son parcours, atypique, certes, pour un IMC, mais révélateur en bien des points de ce que vivent les handicapés accueillis et pris en charge dans ces institutions.

Ce "dialogue" avec Socrate est l'occasion pour Alexandre Jollien de parler de son parcours, de ce qu'il a vécu, des interactions, comme on dit, entre éducateurs et handicapés, entre handicapés et gens "normaux" et entre handicapés aussi, simplement. Sans mots compliqués, l'auteur nous fait toucher du doigt la différence, la dépendance, la faiblesse, mais en montrant au lecteur dans quel sens ces difficultés (puisque c'est ainsi qu'on les perçoit dans la vie de tous les jours) peuvent devenir de véritables forces, des moyens d'être avec les autres, si tant est qu'on les accepte.
Le discours ici rapporté est facilement transposable à la vie de n'importe qui. Bien entendu, n'importe qui n'est pas Alexandre Jollien. N'importe qui n'est pas IMC, philosophe de surcroît. Mais n'importe qui doit faire face un jour à la difficulté d'être soi, au handicap, à la maladie, à la vie. Et ce que propose Alexandre Jollien, c'est tout simplement de faire de ses faiblesses une force.
J'ai beaucoup aimé ce petit ouvrage, écrit dans une langue simple, facile à comprendre (et la philo et moi, on n'est pas souvent d'accord, donc là, c'est plutôt une bonne chose !). Juste un petit regret : c'est... un peu court !

Un grand, grand merci à Bibliofolie et aux éditions Marabout pour ce beau partenariat !

Paru aux éditions Marabout, 2011. ISBN : 978-2501-07341-7
Première éditions : Cerf, 1999.

lundi 26 septembre 2011

Jours sans faim, de Delphine de Vigan


Ce court roman (125 pages seulement) a d'abord été publié, en 2001, par Delphine de Vigan, sous le pseudonyme de Lou Delvig. Il s'agit ici du premier roman de cette auteur dont j'ai déjà lu plusieurs romans, postérieurs à celui-ci. Et j'avoue que je suis une fois de plus conquise. Il est ici question d'un sujet douloureux, l'anorexie, mais là, l'histoire commence au moment où Laure, l'héroïne, est au point de non-retour, celui où elle doit prendre la décision de vivre ou de mourir. Soit elle fait quelque chose et elle se donne une chance de continuer à vivre, soit elle se laisse aller et tout est fini. Elle est aidée en cela par le médecin qu'elle rencontre in extremis, et qui la tient d'abord à bout de bras, sans jamais la forcer, mais en lui laissant entendre qu'il sera toujours là. Le fil qui relie la jeune fille à la vie est ténu, tout comme l'est celui qu'elle maintient avec la maladie, comme un filet de sécurité, un élément de sa vie d'avant qui lui permet de garder l'illusion du contrôle.
Parce que l'histoire est là : il s'agit de contrôler. Son poids, son image, sa volonté, sa vie même.
Et pourtant, malgré cette volonté farouche de tout contrôler, voire de mourir, Laure accepte d'entrer dans le "jeu", en faisant siennes les exigences et conditions du médecin qui la suit. C'est donc son histoire qui est racontée ici, où le lecteur suit petit à petit l'évolution de la santé de la jeune fille. Sa santé, bien sûr, mais aussi son histoire, les problèmes avec sa famille, la folie de sa mère...

L'histoire de Laure est celle de nombreuses jeunes femmes, et le lecteur croise ici plusieurs d'entre elles, à divers stades de la maladie. Ce qui est intéressant aussi, c'est que l'on suit ici le traitement administré à ces jeunes femmes en danger de mort. Tout y est décrit, depuis l'hospitalisation volontaire jusqu'à la sortie, en passant par les différentes phases du traitement (sonde, suppléments, alimentation, prise de poids, doutes, sortie... et rechutes éventuelles). Est-ce ainsi que cela se passe en réalité ? Je n'en ai pas la moindre idée. Mais ce que j'ai apprécié particulièrement dans ce roman, c'est le ton, juste, qui ne verse jamais dans le pathos ou le déchirant. Les éléments de la vie de Laure sont distillés au fur et à mesure de l'évolution de sa santé, sans pour autant mener à l'explication de la maladie. Il s'agit ici non pas d'une histoire où l'on cherche à savoir pourquoi cette jeune fille a décidé un jour d'arrêter de manger, et comment elle va être sauvée, mais simplement comment elle s'en sort, temporairement du moins. Elle n'a semble-t-il pas une conscience bien précise de ce qui l'a conduite ici, sinon un faisceau de présomptions...

J'ai donc beaucoup aimé ce roman, avec un seul regret : il est bien trop court. J'aurais aimé en savoir plus sur ce qui se passe après sa sortie de l'hôpital. Mais finalement, j'y retrouve bien là la "patte" de Delphine de Vigan : elle a l'art de laisser ses héros en plan, comme si ce qu'elle raconte n'était qu'une tranche de leur vie, un moment M avec quelque chose qui se passe avant, que nous ignorons, et quelque chose qui se passe après, que nous ne connaîtrons jamais...

Paru aux éditions J'ai Lu, 2008. ISBN : 978-2-290-01338-0

vendredi 23 septembre 2011

Histoires de bouches, de Noëlle Chatelet



Histoires de bouches est un recueil de nouvelles très courtes ayant pour point commun de toutes parler d'alimentation. Sous toutes ses formes, dans des situations et conditions très variés. Les textes vont de l'anorexique à la boulimique, en passant par la grand-mère qui rate sa blanquette, le jeune pensionnaire qui dérobe du pain chaque jour, ou encore le cannibale qui s'ignore...
Ces histoires oscillent entre le dramatique et le tragi-comique, et j'ai pris un grand plaisir à les lire. Elles font partie de ces petites histoires plus ou moins horribles qu'on aime découvrir. La quatrième de couverture parle de « faits réels » qui seraient à la base de ces histoires. Si tel est le cas, ils sont au choix étranges, fantastiques ou encore horribles. Mais l'esprit humain est capable de bien des choses, et les relations que les êtres entretiennent avec la nourriture sont assez bizarres pour que cela produise des effets étonnants, voire surréalistes.

Mention spéciale pour « La femme papyrus » et « La mère nourricière », particulièrement bien élaborées, et où l'horreur le dispute à l'incrédulité...

Paru aux éditions Gallimard (Folio), 1987. ISBN : 978-2-07-037903-3

samedi 3 septembre 2011

Match de la rentrée littéraire

Comme je n'ai pas assez de lectures en cours (hem...), je me suis inscrite aux matchs de la rentrée littéraire, organisés par Priceminister. Il s'agit simplement de lire et de chroniquer le livre que vous souhaitez soutenir, et dont la liste, ainsi que le règlement de l'opération, se trouvent sur le site de Priceminister, que vous trouverez simplement en cliquant sur le logo ci-dessous.

Si vous souhaitez participer, vous pouvez être "parrainé", c'est-à-dire que vous dites simplement lors de votre inscription que vous venez de ma part, et vous pourrez à votre tour être parrain ou marraine d'un autre blogueur.
De mon côté, je participe suite au billet d'Asphodèle, que les lecteurs de mon autre blog connaissent bien, avec ma participation aux "Plumes de l'été".
Et j'ai choisi le dernier livre de Haruki Murakami, 1Q84, que j'ai hâte de découvrir, si ma participation est validée, bien sûr !



vendredi 19 août 2011

Vacances avec papa, de Dora Heldt



L'été approche, et Christine doit se rendre dans une île du nord de l'Allemagne pour y aider une amie afin que sa pension de famille et son café soient prêts pour l'ouverture de la saison. Quelques jours avant son départ, sa mère lui demande d'emmener son père avec elle. Mais Heinz, 73 ans, est du genre à se mêler de tout, et surtout de ce qui ne le regarde pas...

Le premier mot qui me vient à l'esprit quand je pense à ce roman, c'est « surprise ». Des bonnes et des mauvaises. Et pourtant, a priori, il n'y a pas de quoi. La 4e de couverture décrit bien le livre et ce qu'on va y trouver : une histoire sur les relations père-fille, de l'humour, de la légèreté, de la tendresse.
Ce qui m'a surprise, ce sont les personnages, tant par leur caractère que leur profusion. Nous avons là affaire à une femme de 45 ans, divorcée, donc en théorie déjà installée dans la vie, autonome, indépendante. Mais ce n'est pas le cas : tout, dans son comportement au cours de ce séjour, fait penser à une gamine de quatorze ans, en pleine crise d'adolescence, mais ne voulant pas aller au conflit ouvert avec son père. Petite mauvaise surprise, donc : je n'ai absolument pas trouvé le personnage principal crédible dans son rôle de femme mûre, quels que soient les rapports qu'elle peut avoir (ou a pu avoir par le passé) avec son père, et quelle que soit la personnalité du père d'ailleurs...
D'autre part, les relations entre le père de Christine et les amies de sa fille, Dorothée et Marlène (celle qui tient la pension de famille), sont assez étranges : elles le tutoient, par exemple, ce qui est assez inhabituel chez des personnes de cet âge. Le père a 73 ans, et à moins que les amies en question ne soient connues de lui de longue date, voire depuis l'enfance, une telle familiarité me semble étrange (personnellement, je n'ai jamais tutoyé les pères de mes amies, bien plus jeunes pourtant !). Une explication pourrait venir de la traduction ? Toujours est-il que ce tutoiement m'a d'abord surprise, et j'ai eu du mal à m'y faire... Là encore, un petit point qui met l'accent sur le manque de réalisme de ce roman. Mais les autres personnages (Dorothée et Marlène, les amies de Christine, Kalli, Carsten, Onno, les amis de Heinz qui donnent un coup de main également, Niels, l'architecte d'intérieur et amant de Dorothée, Théda, la tante de Marlène, Hubert, son ami, Gesa, la serveuse de la pension, GvM, le journaliste du village, Johann Thiess, la famille Berg, les « Drôles de dames », tous clients de la pension), eux, sont hauts en couleur, c'est le moins que l'on puisse dire ! Tous se greffent sur l'histoire principale, de manière plus ou moins importante, et participent à l'intrigue en la compliquant à souhait de leurs rapports plus ou moins tumultueux...
Globalement, j'ai plutôt apprécié ce roman, malgré les points négatifs mentionnés plus haut. J'ai beaucoup ri à divers moments, le comique résidant ici dans l'absurdité de certaines situations, dans l'implication à outrance de Heinz, personnage odieux mais foncièrement attachant. J'ai aussi été particulièrement énervée par Christine, l'héroïne de l'histoire, tellement j'ai eu envie de la voir devenir adulte, de la voir s'émanciper. Pour autant, elle est très touchante, elle aussi, avec ses doutes, sa tendresse sans faille pour son père, même si son comportement absurde lui tape sur les nerfs. Les autres personnages aussi sont attachants, un peu patauds, un peu nigauds, outranciers, mais aussi foncièrement généreux et altruistes, malgré une indiscutable maladresse. Globalement, aucun d'entre eux n'est réellement crédible, et ce d'un bout à l'autre du roman. En particulier le personnage de Marlène, qui laisse faire, alors que toute l'équipe risque à plusieurs reprises de ruiner totalement son projet et son outil de travail...

C'est donc pour moi un roman sympathique, drôle, aux personnages attachants, et ce malgré de grosses faiblesses tant dans le style que dans l'histoire. Point positif en revanche : il se lit très vite (deux demi-journées en ce qui me concerne), facilement, l'écriture est fluide, simple, directe, sans descriptions à outrance... Je suis donc encore une fois assez mitigée, mais ce roman me laisse une bonne impression de lecture divertissante, de vacances. En revanche, je ne comprend pas trop comment il a pu connaître un tel succès en Allemagne... (plus de 60 semaines dans le top des ventes quand même) !

Un grand merci aux éditions L'Archipel pour m'avoir envoyé ce livre et à Bibliofolie pour ce partenariat de vacances !

Paru aux éditions de l'Archipel, 2011. ISBN : 978-2-8098-0502-4