En passant...



Voici un petit aperçu de mes lectures,
passées ou en cours.

Et comme un blog se nourrit aussi
des commentaires de ses lecteurs,
n'hésitez pas à vous exprimer, vous aussi !

mardi 29 mai 2012

357 Magnum, de Christine Boetsch-Klee




J'ai rencontré Christine au salon du livre de Colmar, dont je vous ai déjà parlé ici, à la fin du mois de novembre 2011. Elle était assise à deux chaises de la mienne et nous avons beaucoup discuté et sympathisé en attendant le lecteur. Au stand se trouvant de l'autre côté de l'allée, il y avait foule... Mais il faut dire aussi qu'il y avait Richard Bohringer et Guy Marchand. Nous ne sommes pas aussi connues qu'eux, mais se dire que l'espace de quelques heures, ils étaient à quelques mètres de nous, c'est assez marrant quand même.
Christine enseigne le Français dans le secondaire, est sociologue de formation et à ses heures perdues, comme beaucoup, elle écrit. A force de discuter avec elle, j'ai été intriguée par ses nouvelles et ai fini par acheter son recueil, parce que c'est un genre que j'apprécie de plus en plus. Je ne le regrette d'ailleurs pas. D'abord, elle me l'a bien sûr dédicacé (nous étions là pour ça !) et puis je me suis bien amusée à la lecture, même si au final, c'est assez inégal (certaines nouvelles m'ont beaucoup plu, d'autres ne m'ont pas intéressée du tout).
Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est l'esprit de ces nouvelles : noires sans être gores, drôles frisant le cynisme sans dépasser la limite pour moi acceptable, horribles sans trop en dire... La plupart sont très courtes, dans un style lapidaire et très rythme. En résumé, un bon moment de lecture.
Alors de quoi ça parle ? De la mort, de la folie, de la vie... ça bascule parfois dans le fantastique, la cruauté ou l'absurde... on y trouve un imaginaire débridé exactement comme je les aime. Le seul reproche que je ferais à ce recueil, c'est que les textes y sont presque trop courts ou manquent un peu de profondeur parfois. Mais au final, plusieurs semaines après la fin de ma lecture, il me laisse une impression très agréable, avec un petit goût de « reviens-y ».

Paru aux éditions Jérôme Do. Bentzinger, 2011. ISBN : 978-2-849602-70-6.

samedi 26 mai 2012

Betrayal at Lisson Grove, d'Anne Perry





Alors là, je sens que je vais avoir un peu de mal à écrire ce billet. D'abord parce que je suis dans une situation inédite : parler en français d'un livre que j'ai lu... en anglais. Et puis parce que, bien sûr, j'ai une fois de plus pris les choses par le mauvais bout : ce roman est apparemment le dernier paru dans la série Thomas Pitt. Et qui plus est le premier que je lis, tant de cet auteur que de cette série. C'est dire si je ne connais rien à l'univers d'Anne Perry, à ses héros...

Je vais quand même essayer.

Le roman débute par un meurtre et une course-poursuite dans les rues de Londres, puis dans le train et enfin sur un bateau à destination de St Malo, en France. Pitt et son assistant Gower sont sur la piste d'un meurtrier potentiellement lié à un groupe terroriste socialiste qui semble sur le point d'ourdir un complot à l'échelle européenne. On est en 1895, en plein règne de Victoria, et Pitt et son adjoint se retrouvent donc en France, sans aucune autorisation ni raison valable, puisque rien n'est prouvé quant au complot et qu'ils n'ont aucun droit d'arrêter qui que ce soit ailleurs que dans leur pays (sauf erreur de ma part, Interpol n'était pas encore créée...).
Pendant ce temps, à Londres, le supérieur direct et ami de Pitt, Victor Narraway, se voit démis de ses fonctions sous le coup d'une accusation de détournement de fonds et de trahison. Il soupçonne très vite un Irlandais d'être à l'origine de tout cela : O'Neil se vengerait de cette manière de la mort de son frère et de sa belle-sœur, vingt ans plus tôt. Reste à savoir pour quelle raison il a attendu si longtemps.
Quant à Charlotte, la femme de Thomas Pitt, accompagne Victor en Irlande, afin de sauver la carrière de son mari, compromise par la chute de Narraway.
Je n'en dis pas plus sur l'histoire pour ne pas trop en dévoiler. Mais franchement, j'ai dévoré ce roman (toutes proportions gardées : je lis bien moins vite en anglais qu'en français, alors que je ne suis déjà pas une rapide dans ma langue maternelle. C'est dire si, là, j'ai pris mon temps ! Heureusement que j'ai passé plusieurs heures dans le train récemment. J'ai ainsi pu avancer dans ma lecture !). Je l'ai dévoré, donc, et sans problèmes. Je ne suis bien sûr pas apte à juger ici des potentielles erreurs de style, mais je dirais que je n'ai eu aucun problème de lecture, les mots inconnus prenant sens grâce au contexte. On sent que c'est une riche et belle langue qui est employée ici. Pour tout dire, je me suis délectée de la musique des mots, ce qui est assez surprenant de ma part, je l'avoue. Surtout dans une autre langue que ma langue maternelle.
Quant à l'histoire, elle est prenante (c'est pour ça que je n'ai pas pu la lâcher d'ailleurs) et je me suis amusée à suivre les débuts de Charlotte Pitt dans la bonne société de Dublin ou les démêlés de Pitt avec le responsable du Royal Mail... Cependant, j'ai parfois trouvé certaines choses un peu « faciles » (le lien avec O'Neil par exemple apparaît immédiatement comme une évidence, et je n'ai pas bien saisi pourquoi). Il s'agit peut-être là des limites de mon anglais, plus que de ressorts de l'intrigue ?

En tout cas, cette expérience me conforte dans l'idée que lire en VO, c'est une excellente expérience ! Je l'avais déjà fait avec certains romans d'Agatha Christie, mais uniquement avec des livres que je connaissais déjà en français. Là, j'ai tout découvert en anglais, et sans regrets !

Paru aux éditions Headline, 2011. ISBN : 978-0-7553-7682-7