En passant...



Voici un petit aperçu de mes lectures,
passées ou en cours.

Et comme un blog se nourrit aussi
des commentaires de ses lecteurs,
n'hésitez pas à vous exprimer, vous aussi !

mercredi 27 février 2013

L'Alsace des Romantiques (de 1815 à 1871), de Marie-Thérèse Fischer et Robert Bressy


Ce tome 10 est le dernier paru d'une série de 12 albums prévus sur l'Alsace et son histoire quelque peu tourmentée. Il s'agit d'une bande dessinée, dans la mesure où le récit est construit comme une bande dessinée « classique », mais en réalité, il n'y a pas à proprement parler d' « histoire », sauf celle de la région, justement. Les cases reprennent des différents événements qui ont jalonné l'histoire de notre région, et si l'on retrouve quelques personnages au fil des pages, ce n'est bien entendu pas l'objet ici que de les suivre d'album en album. Ce serait d'ailleurs impossible : la série est construite sur le mode chronologique, allant de l'Antiquité au tome 1 à l'époque contemporaine au tome 12.
L'intérêt de cette série est donc là historique exclusivement, puisqu'il permet de vulgariser l'histoire de la région, pour les néophytes qui, comme moi, ont plutôt été abreuvés de l'histoire de la Bretagne ou de la France, mais pas du tout de cette histoire-là.

Marie-Thérèse Fischer, scénariste de tous les albums, est historienne, et sa participation à cette série semble être un gage de sérieux. Quant aux dessinateurs (ils sont plusieurs, l'un d'eux étant mort en cours de réalisation de la série), ils prêtent leur plume de manière plutôt réaliste et très classique.
Les textes sont nombreux, parfois complexes (il faut quand même avoir une idée générale de l'histoire de la région pour bien comprendre ce qui se passe dans les albums), et toutes les scènes sont basées sur des faits réels (relatés par ailleurs dans des textes historiques, ou faisant allusion à des objets, lieux ou événements dont les références sont données à la fin de chaque tome de la série).

Ici, nous sommes au cœur du 19e siècle, en pleine industrialisation de l'Alsace. L'arrivée du chemin de fer n'est pas étrangère d'ailleurs au développement industriel de la région, particulièrement prégnant dans une ville comme Mulhouse, par exemple. Mais il est aussi question des conflits avec l'Allemagne, de l'Empire... le tout rattaché à l'histoire de la France, ce qui permet de remettre les événements dans leur contexte national.

Cette série a donc l'ambition de mettre l'histoire de l'Alsace à la portée de tous, et pour ma part, je trouve qu'elle y parvient plutôt bien, même si il faut parfois s'accrocher pour comprendre. En tout cas, ce peut être une excellente entrée en matière, capable de susciter la curiosité à propos d'une époque ou une autre. Rien n'empêche donc d'approfondir ses connaissances en allant directement sur les lieux mentionnés, par exemple, voire de se documenter plus sur un lieu, une ville ou un événement particulier.

Paru aux Éditions du Signe (Cette histoire qui a fait l'Alsace), 2012. ISBN : 978-2-7468-2732-5.

mercredi 20 février 2013

Largo Winch, tome 18 : Colère Rouge, de Jean Van Hamme et Philippe Francq


En allant à la librairie pour y trouver le dernier album de Roger Leloup, je suis tombée sur le dernier de Largo Winch. Les deux séries n'ont pas grand-chose à voir entre elles, si ce n'est la nationalité de leur auteur, mais je les apprécie toutes les deux (avec une nette préférence pour Yoko Tsuno, mais j'avoue avoir été quelque peu séduite par le charme de Largo. On ne se refait pas).

Donc, Largo Winch. Il faudrait que je vérifie dans ma bibliothèque, mais à la lecture de ce tome, j'ai eu un doute : ai-je lu le précédent ? Ces histoires fonctionnant toutes sous forme de diptyques, il est assez indispensable d'avoir lu le tome impair qui précède le tome pair pour comprendre l'histoire, en général. Et j'avoue me faire régulièrement avoir dans cette série, ce qui m'oblige à rechercher les épisodes qui manquent à ma « culture ». C'est mon libraire préféré qui est content !
Heureusement, la première page offre un récapitulatif de la première partie, permettant au lecteur de s'y retrouver même s'il n'a pas lu (ou s'il a oublié) le tome précédent. Donc, merci, ça va, l'honneur est sauf, je pense même avoir compris l'histoire !

Ce tome s'ouvre sur le passé, les années 80, en Géorgie. Nério Winch, le père de Largo, est en pourparlers avec le Ministre de l'Équipement et réside sur place. Il y rencontre une jeune femme dont le rôle est de prendre soin de Nério durant son séjour... et il faut croire qu'elle s'y emploie très bien. Trois mois plus tard, à New York, on retrouve Nério face à une demande d'immigration de cette jeune femme, qui se dit enceinte de lui.
La révélation de cet album, c'est donc que Nério a un autre héritier (ou une héritière) que Largo, et c'est là tout l'objet de l'intrigue de ce tome.
Bien sûr, la mère de l'héritier et l'héritier retrouvent Largo et veulent récupérer l'héritage.
Dans le même temps, on retrouve le fidèle compagnon de Largo, Simon, à Lucerne, où il est libéré de prison par sa « fiancée » et son avocat, à la condition qu'il se marie avec la fiancée en question...

Comme d'habitude, dans cette série, on oscille entre le sérieux de l'aventure où se trouve plongé Largo et les frasques de Simon Ovronnaz et sa capacité à se mettre dans des situations abracadabrantes dont il a en général quelques difficultés à se sortir seul.
L'essentiel de l'intrigue est évidemment dans l'histoire de Largo, dont je ne vous parlerai pas pour ne pas gâcher le suspense pour ceux qui voudraient lire cette bande dessinée.

Pour ma part, si j'ai passé un bon moment à la lecture de ce tome, je n'en garde pas la même impression que pour les premiers de la série, qui m'avaient laissé un souvenir palpitant. Est-ce dû au fait que j'ai sans doute raté le début (Mer Noire) ou bien un signe de mon manque d'intérêt actuel pour cette série ? Il semble que mes goûts en matière de lecture, et notamment en matière de bande dessinée, soient en train de changer. Des séries qui m'intéressaient par le passé me tentent moins maintenant, d'autres qui ne m'attiraient pas du tout m'enthousiasment réellement, comme, l'an dernier, la série Aquablue (pas la plus récente, pourtant, comme quoi la qualité d'une série n'est pas forcément liée à son actualité, là encore, il doit s'agir d'un enfoncement de porte ouverte, que mes lecteurs m'en excusent). Autre explication : il peut également s'agir là de l'essoufflement d'une série, ou d'un manque de renouvellement des auteurs. Mais peu importe, comme je le disais plus haut, si cette bande dessinée ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, au moins, je me souviens avoir passé un bon moment de détente à sa lecture. N'est-ce pas ce que l'on peut aussi demander à une bande dessinée ?

Paru aux éditions Dupuis, 2012. ISBN : 978-2-8001-5360-5.

mercredi 13 février 2013

Le Maléfice de l'Améthyste, de Roger Leloup




Sorti au mois de novembre dernier, je n'ai pas pu m'empêcher de foncer à la librairie. Il faut dire que j'ai pu suivre l'élaboration de cet album grâce aux dessins confiés par l'auteur sur le site http://yoko.tsuno.free.fr.
Du coup, la curiosité était grande de voir le résultat, d'autant que si j'avais trouvé que certains albums étaient moins bons que les autres (et pourtant, ils ont été de grands succès en librairie), les derniers opus de la série m'avaient conquise (Le Septième Code et La Servante de Lucifer en particulier). J'attendais donc beaucoup du Mystère de l'Améthyste, et je n'ai pas été déçue, loin de là.
Bien sûr, en fan qui se respecte, je me suis empressée d'acquérir l'album « Esquisses d'une œuvre », qui reprend en grand format l'histoire elle-même, ainsi que les croquis et la genèse de la bande dessinée. Du point de vue de l'objet, il est à la hauteur des autres (les autres albums grand format et les intégrales, conçues sur le même principe : les bandes dessinées augmentées de commentaires de l'auteur sur l'histoire des albums et leur genèse, ainsi que des croquis, crayonnés, recherches de couleur, etc.). Un bon matériau, donc, pour comprendre comment l'auteur travaille et comment une bande dessinée de cette qualité voit le jour.

Du point de vue de la bande dessinée elle-même, maintenant, nous retrouvons Yoko et Emilia en Russie, où elles viennent d'effectuer un stage dans l'aviation civile avant de ramener le Tsar (voir Le Septième Code) en Écosse. Elles y retrouvent le cottage que Cécilia, rencontrée pour la première fois dans l'album La Proie et l'ombre, a offert à Yoko, ainsi que leurs amis Vic, Pol, Mieke et Rosée du Matin.
L'histoire commence réellement avec l'arrivée d'un notaire qui remet à Emilia une lettre venant du passé, de 1935 plus précisément, écrite par son arrière-grand-tante, à qui elle aurait sauvé la vie. C'est le début d'une aventure qui va emmener Yoko et Emilia en 1934, bien malgré elles au départ. L'aventure aidant, elles se retrouvent au cœur d'un complot dont l'instrument principal est un bijou maléfique qui détruit peu à peu la vie de Gloria, la tante d'Emilia.

Cette bande dessinée est réellement à la hauteur des dernières de l'auteur, dans la même veine. Tout y est : dessin précis, réaliste, très harmonieux au niveau des couleurs ; une aventure très bien menée, crédible, réaliste, où l'on rencontre des personnages bien trempés. Ce qui fait aussi la richesse de cet opus, c'est le festival d'avions anciens que l'on y rencontre. Les dessins de ces avions des années 30 sont très beaux, et pour une néophyte comme moi, semblent bien correspondre à la réalité. Pour ma part, connaissant la rigueur de Roger Leloup quant à son information et ses recherches, ainsi que sa passion pour les avions, je ne peux mettre en doute la véracité du dessin. En tout cas, c'est un véritable régal pour les yeux et ces avions participent à plonger le lecteur dans cette année 1934 si bien rendue sous le crayon de Roger Leloup.
Je suis donc une fois de plus conquise, d'autant plus que le complément à la bande dessinée elle-même, dans l'album grand format, offre une multitude d'informations permettant d'aller un peu plus loin dans l'univers de l'auteur et de son héroïne.

Parus aux éditions Dupuis, 2012. ISBN : 978-2-8001-5690-3 (grand format). ISBN : 978-2-8008-4862-5 (album classique).

samedi 9 février 2013

Loin de Chandigarh, de Tarun J. Tejpal


Il y avait un certain temps que je voulais lire ce livre. Et je ne sais toujours pas pourquoi. Besoin d'exotisme ? Couverture attrayante ? Pour tout dire, je l'avais acheté, mis dans ma PAL, et l'y avais laissé, au point de totalement l'oublier et de le racheter !
Bref, un acte manqué pour dire que ce livre devait quand même sérieusement m'attirer pour que j'en arrive là ! Finalement, j'ai laissé un exemplaire dans notre maison à vendre, pour les futurs propriétaires (s'il y en a un jour), et j'ai ouvert l'autre.

L'histoire semble commencer par la fin. Un journaliste constate un matin que son désir pour sa femme, Fizz, s'est émoussé, et finalement totalement tari. Au point qu'on sait dès la première page que Fizz est partie, le laissant seul avec les affres de la création (le journaliste espère écrire un jour un roman, un best-seller peut-être, et n'y parvient pas !).
On suit, ou plutôt on tente de suivre, dans ce roman, la naissance et l'évolution de ce couple. J'avoue avoir eu du mal à la lecture : rien, aucun des faits évoqués ne l'est dans l'ordre. On passe de la fin de l'histoire à son apogée, puis à l'histoire que le jeune homme écrit... Je suis plutôt cartésienne, et j'ai un peu de mal avec les histoires en désordre qui, pour moi, se doivent d'avoir un début et une fin. C'est l'aspect qui m'a le plus dérangée à la lecture, juste avant le second : il y est beaucoup (bien trop à mon goût) question de la vie sexuelle du couple. Finalement, je me suis dit qu'on s'en fichait un peu, de leurs ébats, et ces passages m'ont quelque peu lassée.

Ceci dit, je reconnais un mérite à ce livre : malgré le sujet (le désir féminin en particulier, l'amour, le sexe), jamais je n'ai eu l'impression d'être dans un livre pornographique, ni en position de voyeuse. Les descriptions et récits sont plutôt délicats, même si parfois, c'est un peu « cru »... mais en tout cas, on est loin de la pornographie, et c'est plutôt positif en ce qui me concerne, tant cet aspect dans certains livres est, pour moi, rédhibitoire.

En réalité, plusieurs histoires s'imbriquent dans ce roman de presque 700 pages : celle de Fizz et du journaliste, celle de la famille du jeune homme, celle de Catherine et Syed, plusieurs décennies auparavant, mais aussi les différents récits élaborés par le journaliste qui s'imbriquent dans l'histoire principale. Personnellement, ce sont ces histoires que j'ai le moins aimées : elles n'apportent pas, pour moi, grand-chose au récit lui-même, sinon nous dire que le jeune homme a l'esprit torturé et est incapable d'écrire. Pas de quoi en faire des dizaines de pages, à mon avis... Ceci dit, le récit principal est celui d'une quête de soi, qui aboutit à un renversement total de situation, de valeurs, à un changement radical dans la perception de la vie du narrateur. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé cet aspect, qui donne finalement un sens au chaos apparent du récit.

Bref, c'est un roman que j'ai plutôt bien aimé malgré ces différents points que vous jugerez peut-être négatifs : l'écriture est belle, poétique, le récit est prenant, et si j'ai eu du mal à le lire, ce n'est pas par manque d'intérêt, mais par manque de temps, tout simplement ! A partir du moment où j'ai eu plus de temps pour m'y mettre sérieusement, je l'ai plutôt dévoré !

Paru aux éditions LGF (Le Livre de Poche), 2007. ISBN : 978-2-253-11801-5.

mercredi 6 février 2013

Long John Silver, tome 3 : Le Labyrinthe d'Emeraude, de Xavier Dorison et Mathieu Lauffrey


J'ai découvert cette série à l'occasion d'une offre promotionnelle (elle était offerte, je crois, pour l'achat d'une autre bd, ou bien à prix réduit, je ne sais plus exactement), avec le tome 1, que je n'ai, il me semble, pas encore chroniqué ici (oui, je suis sérieusement en retard sur mes billets, je m'emploie à le rattraper !).
Bref, ce qui m'a séduite d'emblée dans cette série, c'est qu'il s'agit de l'Ile Mystérieuse, revisitée en bande dessinée. De plus, j'avais déjà croisé Xavier Dorison avec la série Le Troisième Testament, que j'avais beaucoup appréciée à l'époque. J'aime bien suivre un peu ce que font les auteurs qui m'ont enthousiasmée : je suis assez rarement déçue...

Bref, tout ça pour dire que cette bande dessinée met l'accent sur le personnage de Long John Silver (oui, je sais, j'enfonce là une porte ouverte, étant donné le titre de la série :) ), en le développant. Cette série est assez sombre (graphiquement et narrativement), assez rude aussi. J'ai lu ce volume il y a quelques mois déjà, et les souvenirs que j'en ai sont ceux d'un environnement difficile, houleux, dangereux, voire noir, sans concession. La bande dessinée a ceci de particulier par rapport à un roman que le graphisme ajoute au récit des impressions visuelles qui restent gravées dans la mémoire, de l'ordre de l'ambiance. Dans un roman, cette ambiance serait décrite (longuement ou non), ici, elle est suggérée et selon le talent du dessinateur, c'est cette ambiance qui va laisser les impressions au lecteur.

Ce volume s'ouvre sur un tempête, la mort, un bateau fantôme ou presque, dans lequel les survivants font au mieux pour sauver leurs vies malgré les dissensions qui se sont fait jour depuis les deux précédents épisodes. Long John Silver reprend les rênes de l'équipage et guide le bateau au cœur d'un labyrinthe de falaises, bien vite remplacé par le fleuve qui doit mener tout le monde au trésor que tous convoitent.

Mystères, trahisons... les pages de cette bande dessinée sont noires, sombres, et les destins des protagonistes sont incertains. L'histoire est prenante, saisissante même à certains moments, inquiétante aussi...
Dès que j'aurai réussi à retrouver les autres tomes dans mes cartons, je m'empresserai de poster ici les comptes-rendus de mes lectures. Mais pour la fin de l'histoire, il va falloir attendre : le tome 4 n'est pas encore paru !

Paru aux éditions Dargaud, 2010. ISBN : 978-2205-06348-6.