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mercredi 22 septembre 2010

Nulle et Grande Gueule, de Joyce Carol Oates


Ursula est mal dans sa peau, dans son corps démesuré, mal dans son équipe de basket. Matt est dans le même établissement scolaire qu’elle, il joue sur sa personnalité de « Grande Gueule » pour amuser ses copains… mais un jour, la plaisanterie va trop loin. Il est accusé de vouloir faire sauter son lycée. La Nulle, Ursula, a assisté à la scène et sait bien que ce n’est pas vrai. Par simple souci de la vérité et de la justice, elle sera la seule à défendre Matt, qu’elle ne connaît que très peu.

De fil en aiguille, de trahison en enlèvement, les deux adolescents américains vont se rapprocher et se découvrir.

Ce roman a été publié au départ dans une édition pour adolescents, et personnellement, je l’ai bien aimé, avec quelques réserves. Au fil de ma lecture, j’imaginais sans peine ma fille, quand elle serait adolescente, lire ce livre et s’identifier soit à Ursula, soit à Matt. Il ne faisait aucun doute lors de ma lecture qu’elle l’aimerait beaucoup. C’est un récit tendre, même si les sujets abordés sont un peu difficiles : il y est question de la suspicion, de la honte de soi, de la solitude, de la mise au ban, du rejet, du mal-être allant jusqu’à la volonté d’en finir. Mais justement, ce que je reproche à ce roman, c’est précisément le fait que les différents thèmes sont tous très intéressants, mais pas suffisamment développés. La mère de Matt, par exemple, va de plus en plus mal, on sent qu’elle est détruite par le déroulement des événements, mais le récit, s’il aborde les dégâts infligés à la famille de Matt, n’insiste pas assez à mon goût sur ces aspects difficiles et ne les développe pas suffisamment… En fait, ce roman est trop gentillet. Compte-tenu du sujet, l’histoire aurait mérité un traitement plus musclé : cela n’aurait pas empêché de garder le côté tendre qu’on perçoit déjà très bien. Les chapitres reprenant les textes des messages électroniques que les deux jeunes gens s’envoient (ou hésitent à s’envoyer) mutuellement éclairent d’un jour nouveau le récit lui-même : si Ursula est la narratrice, à la première personne, ces messages électroniques sont le moyen utilisé par l’auteur pour nous faire pénétrer dans l’intimité de Matt, dans ses sentiments. Or Internet, les emails, les blogs, sont utilisés justement par les adolescents pour s’exprimer, comme des journaux intimes, et cet aspect est parfaitement rendu dans ce roman.

Paru aux éditions Gallimard (Folio), 2004. ISBN : 978-2-07-042571-6

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