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mardi 7 mai 2013

Arab Jazz, de Karim Miské


Arab Jazz, c'est un roman policier qui se déroule à Paris, dans le 19e arrondissement (et en partie dans le 18e, et en partie aux États-Unis aussi, et en plus un petit peu à Niort, mais on va dire surtout dans le 19e arrondissement).
L'histoire commence dans l'appartement d'Ahmed, dépressif chronique ne travaillant pas, vivant de l'AAH (Allocation pour Adultes Handicapés), grand lecteur de romans policiers lui-même, et qui découvre un jour sa voisine du dessus morte, suspendue à son balcon. D'entrée de jeu, le lecteur est donc plongé dans l'ambiance glauque du meurtre et il fait rapidement la connaissance de ce suspect potentiel qui a les clés de l'appartement de sa voisine pour pouvoir arroser les fleurs pendant son absence (elle est hôtesse de l'air sur des longs-courriers). Il fait aussi la connaissance des policiers en charge de l'enquête, Rachel Kupferstein et Jean Hamelot, une jeune femme juive et un Breton communiste, que tous, au commissariat, trouvent étranges, trop personnels et secrets, à l'exception de leur supérieur hiérarchique, Mercator.

L'enquête conduit très rapidement les enquêteurs à s'intéresser aux milieux religieux (juifs, musulmans, mais aussi les Témoins de Jéhovah), ainsi qu'aux amies de la victime et à leurs proches. On rencontre également au fil de l'enquête un libraire, un coiffeur, un brocanteur, des policiers ripoux d'un autre arrondissement...
Sur le coup, je me suis dit que l'auteur avait vraiment, vraiment fait fort sur les pistes à suivre. Parce qu'en plus de la piste religieuse, il y a aussi celle de la drogue, de la vengeance personnelle et de la corruption qui s'ajoutent au reste. Je me suis demandé comment l'auteur s'en sortirait de tout ce mic-mac, avec l'appréhension d'une intrigue mal terminée, de celles où le dénouement arrive trop vite et où les ficelles sont trop grosses pour être crédibles.
Alors certes, nous ne sommes pas chez Agatha Christie, où le coupable ne se révèle que dans les dernières pages. Ici, les coupables se dessinent au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue, avec des éléments qui s'ajoutent aux autres. J'avoue avoir parfois eu du mal à suivre, non pas l'intrigue, mais le raisonnement des policiers (parce qu'il y a des informations que le lecteur a du fait de sa lecture, mais que les policiers, eux, ne sont pas censés avoir, du fait de leur place dans l'histoire et du récit lui-même). Et bien finalement, je suis agréablement surprise : l'intrigue est cohérente, sans fausse note, logique et rationnelle, avec un fond de réalisme à la fin qui fait penser que non, on ne peut pas gagner sur tous les plans, mais qu'on fait du mieux qu'on peut avec les cartes qu'on a en main. C'est une philosophie qui me « parle » bien en ce moment, alors je suis bien contente de la retrouver là, même si, pour le coup, c'est assez inattendu !

Merci à mon libraire préféré, donc, de m'avoir mise sur la piste de ce bon roman policier, que j'ai trouvé divertissant, accrocheur sans être racoleur pour autant !

Paru aux éditions Viviane Hamy, 2012 (Chemins Nocturnes). ISBN : 978-2-87858-507-0

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