mercredi 7 octobre 2026

Lefranc, tome 15 : El Paradisio, de Jacques Martin et Christophe Simon


L'histoire commence dans la Cordillère des Andes, où a lieu un meeting aérien impliquant des avions de la seconde guerre mondiale. Lefranc (qui, apparemment, est pilote d'avions autant que journaliste), a atterri sans encombre et doit remplacer un autre pilote, empêché de concourir le lendemain.

Lefranc part avec l'avion pour se familiariser avec les commandes et est victime d'un accident en pleine montagne. Il en réchappe, mais l'avion est détruit et Lefranc est blessé. Il se retrouve dans la jungle sud-américaine, sans ressources ou si peu, et surtout sans moyen de savoir où il se trouve exactement. Il passe la nuit dans un campement improvisé, au bord du fleuve près duquel il a atterri en parachute et, au matin, il est surpris par des indigènes qui l'endorment et le transportent dans leur village, empêchant les secours dépêchés sur place de le retrouver. Le chef du village parle français, fruit du travail d'un missionnaire chrétien qui a vécu un moment auprès d'eux, permettant la communication avec Lefranc, qui, de son côté, adopte très vite les us, coutumes et savoirs des villageois. Ces derniers ne l'ont pas accueilli par hasard ni par pure bonté d'âme : ils sont face à un problème récurrent, et seul un « blanc » comme Lefranc peut les aider à le résoudre. Les jeunes filles du village sont régulièrement enlevées pour servir de main-d’œuvre pas chère et corvéable à merci. « Les frères d'El Paradisio ont besoin de jeunes filles pour coudre des vêtements afin d'entretenir les frères et sœurs d'El Paradisio et par leur dévouement rendre hommage au grand Devin »...

Lefranc va, bien sûr, les aider à résoudre le problème et mettre fin à cet esclavage moderne.


L'histoire se lit facilement, comme toujours dans cette série et les autres du même auteur. Elle m'en a rappelé une autre, « Les Proies du Volcan », dans la série « Alix »... C'est à peu près la même trame, transposée durant l'Empire romain. Là, il ne s'agissait pas de coudre des vêtements, mais de calmer la folie d'un « dieu »...

Ici, ce qui est dénoncé, c'est purement et simplement l'exploitation des croyances des villageois pour des raisons mercantiles. Une bande dessinée plutôt sympa à lire, où se mêlent des indigènes, des intérêts financiers, de pseudos-religieux d'une secte obscure et, bien sûr, l'aventure et le danger. Les ingrédients sont donc tous réunis pour en faire une bonne histoire !


Paru aux éditions Casterman, 2002. ISBN : 978-2-203-31415-3.