vendredi 29 avril 2011

Enquête "4e de couverture"

Je suis tombée aujourd'hui en ricochant de blog en blog (oui, ricocher, je trouve ça plus joli que surfer... on ne se refait pas !) sur In Cold Blog, qui propose depuis une quinzaine de jours un questionnaire sur la 4e de couverture des livres que nous lisons et la relation que nous avons avec elle. J'ai trouvé les questions intéressantes, pertinentes, et je vais donc laisser aux lecteurs le soin d'y répondre eux-mêmes s'ils le souhaitent (pas besoin d'avoir un blog soi-même : il suffit de remplir le questionnaire en ligne directement. A vos souris !

mardi 26 avril 2011

Une Gourmandise, de Muriel Barbery



Un grand (le plus grand, pas moins !) critique culinaire au monde va mourir demain. Il le sait, et la seule chose qu'il veut, qui lui importe encore, c'est retrouver une saveur.
Saveur d'enfance, plaisir intense et oublié : le lecteur suit sa quête, telle celle du Graal, au gré des réminiscences, des odeurs, des saveurs simples ou complexes qu'il a croisées dans sa vie. Un souvenir de vacances au Maroc lui rappelle ainsi le goût de la première bouchée de pain avant le repas ; le souvenir de sa tante Marthe le guide dans les allées du potager, lorsqu'enfant, il croquait les tomates à peine cueillies... Cet homme, agonisant dans sa chambre, est touchant lorsqu'il évoque son enfance, sa vie, ses goûts, son histoire.
Mais son agonie est observée et accompagnée par ses proches : sa femme, ses enfants, son chat, sa maîtresse... et l'on découvre là un autre homme, un être fort différent, haï de ses proches, un homme passionné exclusivement par la gastronomie au point d'ignorer ses propres enfants, déclenchant chez eux des sentiments très violents d'amertume et de rejet.

A chaque saveur, le texte renvoie le lecteur à ses propres expériences sensitives et gustatives. J'ai eu subitement envie de salade de tomates fraîches ou de façonner mon pain au lieu de laisser faire la machine à pain... Le pouvoir des mots est évocateur, et sous la plume de Muriel Barbery, il fait renaître des goûts, des saveurs, des odeurs enfouis, oubliés, parfums d'enfance et de vie.
Ce très court petit livre (165 pages) est une ode à la gourmandise, au plaisir que l'on peut éprouver en mangeant quelque chose de très simple. Mais c'est aussi une réflexion sur la manière dont nos émotions nous construisent et façonnent nos existences en fixant dans nos mémoires ces sensations éprouvées lors de ces moments particuliers. Ou comment ce que nous mangeons et les circonstances dans lesquelles nous le faisons est aussi important que ce que nous apprenons grâce à nos intelligences. La mémoire des sens est sans doute la dernière qui reste en éveil au seuil de la mort...
Un très beau texte, dans une écriture fluide, ciselée et évocatrice, qui donne envie de se (re)mettre aux fourneaux et de prendre le temps de savourer... la Vie !

Paru aux éditions Gallimard (Folio), 2008. ISBN : 978-2-07-035963-9

mercredi 13 avril 2011

Grand Amour, de Stéphane Carlier


Quand j'ai refermé ce livre, l'un des premiers mots qui m'est venu à la bouche a été « réjouissant ». Eh oui. Et « drôle » aussi. Et pourtant, je ne pensais pas aimer autant ce roman !

Agnès, traductrice de romans sentimentaux, quitte Paris sur un coup de tête. Elle vient de vivre une déception amoureuse et a décidé d'aller retrouver en Auvergne l'homme de ses rêves, un rugbyman qu'elle a vu nu dans un calendrier et sur lequel elle fantasme depuis des mois.

Ça sent le roman à l'eau de rose, mièvre, sirupeux à souhait, non ?
Eh bien... non !

Quand j'étais adolescente, j'ai lu un ou deux « Harlequin » et très vite, j'ai été vaccinée. Les romans sentimentaux, ce n'est vraiment pas mon truc. Mais ici, c'est différent. C'est drôle, incisif ; l'héroïne est maladroite, torturée, à la limite tordue, perdue aussi ; elle est convaincue d'être une catastrophe ambulante, pire, une calamité pour elle et pour les autres. Et le récit le prouve : la pauvre Agnès enchaîne les quiproquos, les bévues, et en plus elle y entraîne allègrement les autres.
J'ai dévoré ce livre en quelques jours (et je n'ai pas eu beaucoup de temps pour lire, ces derniers temps, vous pouvez me croire ! D'ailleurs, le blog était en friche depuis deux semaines... !). J'ai dévoré, j'ai ri aux éclats, je me suis amusée comme une petite folle en suivant Agnès dans son improbable périple, dans sa recherche du Grand Amour.
Tout y est : des personnages surprenants et hauts en couleurs, pas si simplistes que ça d'ailleurs, les déboires de l'héroïne, les rencontres improbables et touchantes, les chocs culturels entre sa vision parisienne du monde et la réalité brute de la campagne auvergnate dans laquelle elle débarque...

Plus encore, ce que j'ai aimé dans ce roman, c'est le second degré. La critique très présente mais jamais méchante, presque tendre, même, des romans sentimentaux, de cette passion amoureuse vécue par procuration par leurs lectrices (parce que ce sont essentiellement des femmes qui lisent ces livres, je ne pense pas révéler là quelque chose d'inédit). Et ce livre, qui plus est, entre lui-même dans cette catégorie des « romans sentimentaux », à la différence près qu'il est non seulement plutôt bien écrit, mais en plus très réjouissant...

Cette lecture aura donc été très divertissante (et j'en avais bien besoin !). Mais je crois aussi que sans me mettre à cette littérature qui m'insupporte, je ne verrai plus les lectrices de ces romans d'un même œil, dorénavant...

Un énorme merci aux éditions du Cherche-Midi et à BOB pour ce partenariat jubilatoire !

Paru aux éditions du Cherche-Midi, 2011. ISBN : 978-2-7491-1875-8

Et c'est à partir du 14 avril dans les bonnes librairies !

dimanche 10 avril 2011

Le Festin de Babette et autres contes, de Karen Blixen


Karen Blixen fait partie des auteurs cités dans « Au Bon roman », de Laurence Cossé, paru il y a presque un an, à la fin du mois d'avril 2010. Après ma lecture de ce livre, je m'étais promis de lire ces auteurs que je ne connaissais pas et qui sont considérés par l'auteur comme indispensables. A la librairie, j'ai donc acheté « Le Festin de Babette » qui, depuis, attendait que j'aie un peu de temps à lui consacrer. Les recherches sur le prochain prix littéraire de l'ISSM m'ont donné l'occasion de l'ouvrir enfin, et je ne le regrette pas. Avec « Le Festin de Babette », le lecteur entre dans bien plus qu'un conte ou une histoire.
Babette fuit la France et devient domestique chez deux sœurs, filles d'un pasteur, en Norvège. Pendant des années, elle est au service de ces deux femmes austères, sincèrement croyantes et n'hésitant pas à offrir aux pauvres ce qu'elles ont, quitte à vivre chichement pour cela. Babette les aide à gérer au mieux leur budget, améliorant de ce fait leur quotidien sans en faire un banquet quotidien toutefois.
Un jour, Babette gagne dix-mille francs or à la loterie et demande aux sœurs de la laisser préparer un dîner dans la plus grande tradition française, pour elles et leurs invités.

Il y aurait sans doute mille manières de raconter cette histoire. Mais là, on touche à l'indicible. Ce texte (et les autres contes, de longueur variable, de ce recueil) va bien au-delà du simple récit. La magie des mots crée un monde, un univers qui a presque plus d'importance ici que le récit lui-même. Les mots sont justes, précis, riches de sonorités et de sens, et c'est en lisant ce type de texte que l'on fait la part des choses entre le simple récit et la littérature.
Le recueil contient quatre autres textes, quatre contes plus ou moins longs, qui, comme « Le Festin de Babette », parlent avec chaleur et justesse de l'homme, de ses choix, de ses doutes, ses peines, ses rêves... de tout ce qui fait son humanité, sa pauvreté, mais aussi sa grandeur.
En dire plus me paraît presque indécent, tant j'ai été émerveillée devant cette écriture limpide et riche, fluide, simplement belle.
Si vous ne l'avez pas encore fait, partez vite à la découverte de Karen Blixen et du chef-d'œuvre qu'est « Le Festin de Babette » !

Traduit du danois par Alain Gnaedig et Marthe Metzger.
Paru aux éditions Gallimard (Folio), 1961, 2007 (pour la nouvelle traduction). ISBN : 978-2-07-034933-3

lundi 28 mars 2011

Plagiat, suite

Je ne sais pas ce qu'il faut en penser...
Je suis retournée sur le fameux blog dont je vous parlais samedi dernier (le blog plagiaire), et surprise ! J'y ai trouvé plusieurs articles datés d'aujourd'hui. Après une recherche très rapide sur Google, j'ai trouvé l'un des site d'où l'auteur pompe les articles. J'ai écrit à l'auteur du blog en question, puis à l'hébergeur, et quand j'y suis retournée, une heure après environ... re-surprise ! Le blog est "inactif pour le moment" !
Donc au moins une plagiaire qui va arrêter pour un temps du moins de piller les contenus des autres...

Jusqu'à la prochaine fois ?
Non, je ne l'espère pas. En tout cas, c'est une bonne chose pour Dominique, Kenza, Clara et les autres...

dimanche 27 mars 2011

L'Etoile du diable, de Jo Nesbo


L'Etoile du diable est le cinquième volet de la série d'enquêtes menées par Harry Hole. Comme j'ai découvert l'auteur un peu par hasard, au gré de mes visites en librairie, je n'ai pas commencé par le début, bien sûr. Ca aurait été trop simple !

J'ai eu un peu de difficultés à rentrer dans ce livre, pour plusieurs raisons. La première, c'est que ce récit est en quelque sorte mon baptême du feu, mon entrée dans la littérature de l'Europe du Nord (non, je n'ai encore rien lu de Camilla Läckberg, et je n'ai pas encore succombé à Millenium. Mais rassurez-vous, c'est prévu !). Donc, j'ajoute à la découverte d'un auteur celle de noms. Parce que ce qui m'a le plus gênée dans la lecture, ce sont les noms, tous inconnus pour moi : Camilla Loen, Beate, Vibeke, Anders Nygard, Tom Waaler, Skarre, Oystein, Bjarne Moller... j'avoue que parfois, je ne savais plus s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme, si c'était le même personnage que celui que j'avais rencontré trois chapitres plus tôt... faute de retenir tout de suite qui était qui.
Et puis je m'y suis finalement retrouvée plus ou moins bien (et j'ai accepté de ne pas tout comprendre, aussi, dans les nombreux détails).
J'ai alors été happée par la lecture, au point de ne plus pouvoir lâcher le livre.
Nous sommes ici dans un policier, un vrai. Avec une très bonne intrigue, complexe, bien menée, avec des rebondissements plausibles... oui, j'ai vraiment, vraiment accroché !
Alors, me direz-vous ? L'histoire ?
Une femme est trouvée morte dans son appartement. Un de ses doigts a été sectionné, et les enquêteurs découvrent un diamant rouge sang sous une de ses paupières. Le diamant est taillé en forme d'étoile à 5 branches.
5 jours plus tard, une autre femme disparaît. Un de ses doigts, portant une bague ornée d'un diamant rouge en forme d'étoile à 5 branches est retrouvé non loin de son appartement. C'est le début d'une enquête longue et difficile pour les policiers, menés par Tom Waaler, assisté de Harry Hole.
Harry sait que c'est sa dernière enquête. Il est alcoolique et détruit systématiquement tout ce qui a un sens dans sa vie : sa santé, sa relation avec Rakel, et, maintenant, son travail.
Cette enquête est compliquée par une autre, plus ancienne, qui amène Harry à voir les événements sous un angle nouveau.
Je ne veux pas en dévoiler plus, pour ne pas dévoiler trop de choses et gâcher le plaisir de la lecture de ceux qui voudraient s'y mettre, alors je ne dirais que ceci : si vous aimez les policiers, foncez !

Traduit du norvégien par Alex Fouillet.
Paru aux éditions Gallimard (Folio Policier), 2008. ISBN : 978-2-07-035872-4.

samedi 26 mars 2011

Halte au plagiat !

Je suis abonnée au blog de Clara, et j'y ai lu tout à l'heure un message dénonçant le pillage, le plagiat, le vol pur et simple des chroniques de blogueurs et blogueuses.
Mon blog est récent et sans doute peu lu pour le moment, mais je sais que personne n'est à l'abri de ce type de pratiques parfaitement illégales, à dénoncer et à combattre.
Le blog incriminé est celui de Diptyque (Amicalien), et je ne mettrai pas de lien vers lui pour ne pas faire de pub. Vous pouvez faire une recherche sur Google ou sur l'un des blogs originaux dont par contre, je vais mettre les noms et liens histoire que ceux que ça intéresse aillent à la source directement, et non sur ce blog plagiaire (dont vous trouverez de toute façon l'adresse en cliquant sur les noms soulignés juste en dessous).
Vous trouverez donc divers billets parlant de tout cela chez Clara, Delphine, Kenza, Dominique... D'autres ont eu la mauvaise surprise de découvrir leurs propres écrits que des voleurs se sont appropriés (Lali par exemple)...
Ce genre de pratique m'insupporte. Je travaille comme documentaliste dans une école supérieure, et nos étudiants sont informés des risques qu'ils encourent s'ils sont pris en flagrant délit de plagiat (pour un étudiant, c'est une note éliminatoire et une interdiction d'examen pendant 5 ans). Mais quid des blogueurs qui sévissent la plupart du temps impunément sur la blogosphère ?

Un site, DuplicateLeaks, a été créé en janvier 2011 pour lutter contre ces pratiques. Le principe : les plagiés dénoncent les plagiaires sur ce site, qui fait une enquête (prouver l'antériorité de la publication, par exemple, apporter tout document personnel prouvant qu'on est bien l'auteur...) et "pourrit" ensuite la vie des plagiaires. Si les méthodes sont quelque peu répréhensibles (ils le disent eux-mêmes), et s'ils ne sont pas des justiciers (pas question pour eux d'intenter des procès par exemple), leur but n'est autre que de bousiller la réputation des blogueurs-plagiaires. Le cas de Dyptique, c'est quand même plus de 150 billets par mois en moyenne (je suis allée voir). Même pour un blogueur acharné, un tel rythme de publication ne peut pas être honnête. En revanche, le copier-coller, c'est très simple, et surtout très rapide...

Outre le problème des droits de l'auteur (qui n'est bien sûr jamais cité), il y a l'incompréhension de la part des gens honnêtes : "mais où est l'intérêt du blogueur si ce n'est pas lui (ou elle) qui écrit ?"
L'intérêt ? Mais c'est l'argent... toujours ! Ces blogs utilisent la publicité. Et chaque clic vers une pub permet de gagner quelques centimes. Vu le nombre de billets, je vous laisse deviner la rémunération de cet "auteur"...

Allez, hauts les coeurs ! La blogosphère honnête ne se laissera pas faire !!!!