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jeudi 1 décembre 2011

La tête dans le carton à chapeaux, de Marck Childress



Un roman étonnant que celui-là ! Emprunté depuis des lustres à la bibliothèque où je travaille (oui, je suis une plaie pour les bibliothécaire, je suis incapable de rendre mes livres dans les temps !), j'ai enfin trouvé (pris ?) le temps de lire celui-là. Et, sauf un léger bémol à la fin, je ne suis pas déçue du voyage, c'est le moins que l'on puisse dire.

L'histoire commence en 1993, à San Francisco, avec Peter Joseph, adulte, qui va s'avérer être l'un des principaux personnages. Il reçoit un appel téléphonique d'une certaine Lucille, sa tante, dont il n'a plus de nouvelles depuis des années, et cet appel le replonge illico dans son enfance, en Alabama, en 1965.
Peejo, comme il est surnommé affectueusement par sa famille, vit chez sa grand-mère avec son frère aîné, depuis la mort de leurs parents. Il y coule une enfance plutôt heureuse, même si la grand-mère, pauvre, n'a pas grand-chose à leur offrir. Elle déborde d'affection pour ses petits-fils, en revanche, et ceux-ci la lui rendent bien. Peejo rêve de suivre les traces de son oncle Dove, le frère de son père et de la fameuse Lucille, et de devenir entrepreneur de pompes funèbres. Un matin, Lucille, sa tante, débarque avec ses six enfants chez sa mère, et, tout excitée, lui annonce qu'elle part en Californie pour y tenter sa chance. Elle a en effet décroché un entretien avec un agent et son rêve de faire carrière au cinéma ou sur le petit écran a peut-être enfin une chance de se réaliser. Mais pour pouvoir partir, elle a besoin de l'aide de sa mère, et lui demande de garder ses enfants. Celle-ci hésite, ayant déjà deux enfants à charge et presque rien pour prendre soin d'eux, et Lucille lui démontre, preuve à l'appui, qu'elle n'a personne pour l'aider hormis sa mère. Et la preuve, c'est... qu'elle a tué son mari Chester qui l'étouffait et l'empêchait d'être elle-même. Pour on ne sait quelle raison mystérieuse, elle lui a coupé la tête et l'a emportée avec elle, dans... un Tupperware ! Et pour appuyer ses dires, elle file à la voiture chercher le Tup' en question...
C'est là le démarrage d'une histoire rocambolesque, une course-poursuite à travers tous les États-Unis (de l'Est à l'Ouest, on ne va pas dans le Nord...). Lucille est un personnage fantasque, c'est aussi une belle femme, pleine de ressources, encore très bien de sa personne malgré six accouchements (je veux savoir comment elle a fait pour garder la ligne !!!), et elle croit en sa chance. Elle ira coûte que coûte en Californie et obtiendra ce rôle dans la série télévisée la plus regardée des États-Unis !

A cette intrigue s'en ajoute une autre, beaucoup plus sombre, mettant en scène Peejo et son frère, recueillis par leur oncle Dove. Ils vont habiter chez lui, dans une petite ville nommée Industry, où règne encore la ségrégation raciale, où les enfants de couleur ne peuvent pas se baigner dans la même piscine que les blancs, et où la haine est prégnante à chaque instant. Là aussi, l'histoire est inventive, rocambolesque aussi, improbable, et pourtant tellement bien vue qu'on y croit...

Alors j'ai juste un reproche à faire à cette histoire : après tant de rebondissements plus improbables les uns que les autres, après tant d'inventivité, de joie, d'humour noir, pourquoi, pourquoi, pourquoi une fin si convenue ???? Franchement... l'auteur aurait pu trouver mieux, non ? C'est le seul reproche que j'ai à faire à ce livre : par ailleurs, j'ai ri, beaucoup ri à certains passages, même, j'ai frémi avec les personnages, j'ai été horrifiée de ce que des hommes sont capables de faire à leurs semblables par haine... Oui, c'est vraiment bien ! D'ailleurs, le titre anglais est bien plus explicite qu'en français : Crazy in Alabama... tout un programme ! Avec une fin plus en accord avec le reste de l'histoire, ce livre aurait été un coup de cœur !

Traduit de l'américain par Yolande de Luart
Paru aux éditions Pocket, 1997. ISBN : 978-2-266-09895-3

4 commentaires:

  1. D'autres lecteurs de ta bib vont donc pouvoir rire à leur tour :-)

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  2. Ah oui ! Parce que maintenant, je vais pouvoir le rendre... !

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  3. Je suis comme toi mauvaise élève à la bibliothèque et je ne me soigne même pas!
    Que faire de ce livre si je le croise? Le lire en occultant les dernières pages?

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  4. Non ! Les dernières pages sont sympas, mais juste pas au même niveau que les autres... :)

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