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samedi 28 mai 2011

La Préférence nationale, de Fatou Diome


Avant de publier son premier roman, Le Ventre de l'Atlantique, Fatou Diome a écrit un petit recueil de nouvelles, beau présage tant de son style que de sa vigueur dans la dénonciation de l'injustice et de la difficulté d'être ailleurs.
Une écolière et une mendiante, deux femmes brisées par leur condition, qui ne cherchent qu'une chose : s'en sortir et vire. Ces deux-là ont compris qu'en s'épaulant l'une l'autre, elles sont plus fortes face à l'adversité.
Dans la seconde nouvelle, Mariage volé, le lecteur rencontre une jeune femme et assiste à son mariage, en même temps que remontent à la surface ses souvenirs.
Le Visage de l'emploi, la troisième nouvelle, met en scène la narratrice, fraîchement débarquée en France pour y poursuivre ses études. Elle doit se débrouiller pour gagner sa vie et se trouve confrontée à la double difficulté de chercher un emploi et d'être Africaine. Elle doit faire face, en plus, aux préjugés et stéréotypes de son pays d'adoption.
La Préférence nationale aborde le même sujet sous un angle légèrement différent. Là aussi, la narratrice est à la recherche d'un emploi auquel elle peut, en toute légalité, prétendre. Mais elle n'est pas Française.
Dans Cunégonde à la bibliothèque, la narratrice a trouvé un emploi. Elle prépare un DEA et finance ses études en faisant le ménage pour un couple. Elle se heurte là à l'imbécilité de ses employeurs qui la pensent ignare parce qu'elle est Africaine.
Enfin, Le Dîner du professeur est le récit d'une soirée avec un amant où la jeune femme est légitimement en droit de se demander si elle existe en tant que personne...
A travers ces six nouvelles, Fatou Diome parle de la femme, de son statut, de l'intégration, des préjugés et du racisme ordinaire. Six textes très courts pour dire, avec l'humour et le talent de conteuse qui la caractérisent, la révolte de l'auteur devant l'injustice, le racisme et les difficultés d'intégration d'une Sénégalaise en France. Elle nous conte la vie là-bas et ici, sans concessions, dans une langue imagée, colorée et poétique qui a fait, depuis, sa renommée.
J'ai vraiment beaucoup aimé ces nouvelles, avec une petite préférence quand même pour l'histoire de « Cunégonde », pour l'humour corrosif et dévastateur, et j'ai un peu moins apprécié la dernière, qui m'a paru être quelque peu décalée par rapport aux autres. Plus crue, plus difficile aussi, mais tout aussi profonde pourtant, j'ai moins accroché. A lire absolument pour découvrir en quelques pages l'univers de Fatou Diome : on sent qu'il y a du vécu...

Paru aux éditions Présence africaine, 2001. ISBN : 978-2-7087-0722-1.

2 commentaires:

  1. Une écriture percutante! Moi aussi j'avais bien aimé "Cunégonde"...

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  2. Cunégonde a eu aussi ma préférence dans ce recueil. Je l'avais trouvé particulièrement drôle et... oui, percutant ! Les préjugés ont la vie dure...

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