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mardi 19 novembre 2013

La Femme du Ve, de Douglas Kennedy


Harry est un professeur d'université aux États-Unis, viré à cause d'une aventure avec l'une de ses étudiantes où l'on ne badine pas avec la morale. L'histoire ayant tourné au drame, sa femme Susan l'a quitté et sa fille Megan refuse de lui parler, ses collègues l'évitent et Harry a du fuir l'Ohio. Il débarque à Paris juste après Noël, avec l'ambition d'y écrire son premier roman. Il connait alors la vie des émigrés sans le sou, sans permis de travail, sans moyens de subsistance ou presque. D'hôtel miteux en chambre de bonne, de rencontre désastreuse en rencontre exaltante, il côtoie des gens dangereux, prêts à tout pour sauvegarder leur business.

J'avoue avoir eu un peu de mal à rentre dans l'histoire de cet homme déchu, dépossédé de tout. J'ai eu l'impression que l'auteur faisait pleuvoir sur lui tous les malheurs du monde et que ça ne s'arrangeait jamais, quoique fasse le héros. En gros, qu'il était trop bête ou trop naïf pour s'en sortir seul... Même la rencontre avec Margit, qui laisse un temps un peu d'espoir, m'a d'emblée aussi laissé un sentiment étrange, comme si elle semblait pleine de pièges, malsaine depuis le début.

Et puis quand même, il faut bien reconnaître que passées les premières pages, qui me sont de toute façon toujours difficiles et auxquelles je dois parfois revenir pour mieux les comprendre, j'ai été happée par l'intrigue. Avec cet énervement quand même (« Bon sang, il n'a vraiment pas de bol, c'est pas possible ! ») mais il faut bien avouer que l'auteur a un style d'écriture « accrocheur », qui ne lâche aps le lecteur. Le suspense est bien mené, les questions posées se résolvent et/ou se complexifient peu à peu... On croise dans cette histoire des marchands de sommeil, des truands, des êtres étranges, imbus d'eux-mêmes et suffisants jusqu'à l'insignifiance, des allers-retours dans le passé, une description de la vie parisienne peu commune et plutôt réaliste....
Ce que j'ai bien aimé, en revanche, ce sont les descriptions des différents états par lesquels passe Harry, son tourment intérieur, sa volonté d'être autre chose que ce que lui permet sa condition, qui le pousse en avant et l'oblige à prendre des risques. C'est un côté du personnage que j'ai beaucoup apprécié, et qui fait en quelque sorte le « moteur » de l'intrigue. L'homme peut paraître passif au premier coup d’œil, subissant les tempêtes qui s'abattent sur lui, mais en réalité, ce sont plutôt ses actes qui le poussent vers l'abîme, c'est parce qu'il fait des choix selon sa conscience et ses aspiration, avec souvent un certain courage, qu'il voit sa situation changer, en mieux ou en pire d'ailleurs...
La fin, comme ça arrive parfois, m'a un peu laissée sur ma faim, comme si le parti-pris était un peu « facile » et ne résolvait rien. C'est donc un sentiment assez étrange qui domine à l'issue de cette lecture : un livre que je n'ai pas pu lâcher, mas qui ne me laissera sans doute pas un souvenir impérissable.

Paru aux éditions Pocket, 2008. ISBN : 978-2-266-17976-8.

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